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J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

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J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par petit_caillou le Mer 29 Jan 2014, 23:08

J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains



Par Tulku Pema Wangyal Rinpotche

Enseignements de Tulku Pema Wangyal Rinpotche
(Première partie)

Le 7 mai 2013 à Tergar Paris

Tulku Péma Wangyal Rinpotché est venu rendre visite au groupe de méditation de Mingyour Rinpotché, Tergar Paris, le mardi 7 mai 2013. Les enseignements de Tulku Pema Wangyal Rinpotché ont été enregistrés en audio à partir d’un téléphone portable.

Les parisiens courent, courent, ils courent partout : dans le métro, en voiture, partout ; et en plus, ils aiment beaucoup faire du bruit avec leurs voitures. Je suis vraiment très heureux que vous puissiez prendre quelques moments ici.

Je voudrais vraiment vous remercier d’être ici ce soir. Le temps est quelque chose de très précieux. Et le temps dans la semaine est si précieux, si important. Et maintenant, je vais vous dire pourquoi je suis ici aujourd’hui. Quelques-uns parmi vous ont rencontré Mingyour Rinpotché, d’autres ne l’ont pas rencontré mais ont entendu parler de lui, l’ont entendu parler ou ont lu ses livres. Combien parmi vous l’ont rencontré ?....Moi aussi, je l’ai rencontré. Et combien parmi vous ont lu ses livres ? Vous devez vraiment lire ses livres, ils sont très bien ! Il y a aussi le livre de Dzongsar Khyentsé Rinpotché qui est très bien. Combien parmi vous ont rencontré le Dalaï-lama ? Ou ont lu ses livres ? Est-ce que vous l’avez déjà vu à la télévision ?

Mingyour Rinpotché m’a parlé, avant de partir en retraite, et m’a demandé de visiter différents groupes au Canada, ici, ailleurs, aux Etats-Unis aussi. Je vis en France depuis très longtemps, trop longtemps. Je sens que c’est mon devoir, ma responsabilité de répondre aux demandes de mon maître. C’est une des raisons pour lesquelles je suis là aujourd’hui. Non pas parce que je suis quelqu’un qui peut parler, qui sait parler. Dans la réalité, en vrai, je suis beaucoup plus débutant que la plupart d’entre vous. J’en suis sûr, c’est vraiment vrai. Vous pouvez penser que je suis quelqu’un de spécial parce que je porte des robes monastiques. Je parais vraiment différent de vous. Les gens m’appellent un lama tibétain.

Oui, je suis du Tibet. Je suis né au Tibet. Je m’en rappelle très bien, même si j’ai plus vécu en France que je n’ai vécu au Tibet. Oui, c’est sûr, c’est certain, je suis tibétain, mais lama, je ne suis pas sûr, je ne sais pas. Mais vous savez, une fois, j’ai entendu : il y a des lamas au zoo. Mais ces lamas, ils ne portent pas de robes. Je suis allé visiter le zoo et l’un d’entre eux était vraiment malappris, un peu voyou. Le lama voulait quelque chose de moi mais je n’avais rien amené et le lama n’était pas content du tout. Et du coup, il m’a donné ses bénédictions comme ça : ssccchhhh, en crachant, comme font les lamas. Je pense que je suis un petit peu mieux que ces lamas-là. Car je pense que ces lamas n’ont pas eu la chance de rencontrer beaucoup de maîtres. Ils n’ont pas non plus eu l’opportunité d’entendre les enseignements. Pour cette raison, je pense que je suis beaucoup plus chanceux que ces lamas-là.

Je voulais vous dire que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains. Le premier maître que j’ai rencontré fut Kangyur Rinpotché. Et le second maître fut le 16ème Karmapa. Quand j’avais 11 ans, j’ai rencontré le 14ème Dalaï-lama. Et j’ai rencontré un autre grand maître : Pawo Rinpotché. Après, j’ai rencontré un autre grand maître Dudjom Rinpotché et après cela, j’ai rencontré un autre maître qui s’appelait Dilgo Khyentsé Rinpotché. Et après cela, j’ai rencontré un autre grand maître Trulshik Rinpotché. Et après cela, j’ai rencontré un autre maître Kalou Rinpotché. Et après cela, un autre grand maître Penor Rinpotché. Après cela j’ai rencontré un autre maître (nom non audible). Et après j’ai rencontré un autre maître, Sa Sainteté Sakya Trizin. Et j’ai aussi étudié avec de nombreux maîtres de différentes écoles, de nombreux khempos. Tous ces grands maîtres étaient des maîtres très compatissants, très gentils, très bons. Deux de mes maîtres sont morts ici, en France : le premier était Dudjom Rinpotché, et le second un autre khempo qui s’appelait Nyoshul Khen Rinpotché.

De cette manière, j’ai entendu beaucoup d’enseignements de ces maîtres mais j’étais un très mauvais élève. Dans la méditation, j’aime rester paresseux. Mes maîtres attendaient beaucoup de moi. Mes maîtres voulaient que j’utilise mes 24 heures de la journée pour étudier mais c’était impossible. Ils voulaient que j’étudie, que je pratique jour et nuit ce qui pour moi est impossible. J’ai connu certains de mes maîtres qui, dans la journée, faisaient beaucoup de bien autour d’eux et qui pendant la nuit méditaient. Vraiment des grands maîtres !

J’ai passé tant d’années avec ces maîtres, par exemple avec Dudjom Rinpotché, j’ai passé 26 ans. Et à Paris, nous avons passé 2 ans avec lui, c’était il y a longtemps, en 1976, 1977. A cette époque, tous les matins, je faisais comme tous les parisiens, je prenais mon métro à Victor Hugo, j’allais aux Buttes Chaumont et le soir, je revenais. J’avais l’habitude de faire ça. Je suis arrivé ici le 16 décembre 1975. A cette époque, certains d’entre vous n’étaient pas nés et beaucoup étaient jeunes. Quand je suis venu à Paris la première fois, j’ai été très impressionné. Les gens paraissaient très riches et les gens avaient l’air très heureux. Mais, mois après mois, année après année, j’ai découvert les vrais parisiens. Au début, je n’ai découvert que les Champs-Elysées, c’était animé jour et nuit, c’était magnifique.

En 1977, pour vraiment faire connaissance avec les vrais parisiens, j’ai rejoint un groupe de volontaires qui s’occupaient de personnes âgées : on nettoyait leur appartement, faisait leurs courses, etc. J’ai beaucoup aimé cette période. J’ai vraiment découvert des vrais parisiens, qui avaient beaucoup de difficultés.

J’ai découvert une grande richesse matérielle mais une grande pauvreté spirituelle, vraiment ! Les grands-parents n’avaient pas de petits-enfants pour venir les voir et ils étaient profondément tristes, sans futur. Vous savez, en Inde, le matériel est pauvre mais le spirituel, lui, est vraiment riche. Parce que les grands-parents et les petits-enfants, eux, de toute façon, vivent ensemble. Et les grands-parents partagent toutes leurs connaissances, toute leur expérience avec leurs petits-enfants. Les petits enfants reçoivent tout l’amour, tous les soins des grands-parents. C’est ce qui manquait ici. Toutes les personnes âgées sont mises dans des maisons de retraite.


Dernière édition par petit_caillou le Mer 29 Jan 2014, 23:10, édité 1 fois


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Re: J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par petit_caillou le Mer 29 Jan 2014, 23:09

Les couples eux-mêmes n’ont pas le temps de s’occuper de leurs propres enfants. Et donc, ils achètent de belles télévisions, et beaucoup de jouets, des gadgets… Et ils veulent que les enfants jouent avec les gadgets mais n’ont pas le temps de leur donner de l’amour. C’était un peu triste mais c’était vraiment une grande découverte pour moi. Parce que j’ai été élevé par mon père, qui était un grand maître. Selon sa théorie, les parents doivent donner de l’amour, plein d’amour à leurs enfants, du mieux qu’ils peuvent. Tout ce qu’ils peuvent faire de mieux, c’est de leur donner toutes leurs connaissances, tout leur amour, toute l’attention, tous les soins qu’ils peuvent leur porter. Surtout, l’amour, la tendresse, la chaleur des parents sont si importants pour les enfants. Et vous ne me croirez pas : j’ai dormi avec mon père et ma mère jusqu’à l’âge de 13 ans. Parce qu’ils m’ont dit : c’est très important, comme ça, tu ne manqueras jamais, jamais de rien. Et c’est vraiment vrai. Et je me sens très rassuré, je n’ai aucune peur, grâce à cet amour que j’ai reçu enfant. Ils sont toujours là, de cette manière, je ne manque de rien dans ma vie. Et comme j’ai reçu beaucoup d’amour, je veux partager beaucoup d’amour avec tout le monde.

Donc les parents doivent vraiment donner de l’amour aux enfants, particulièrement aux petits enfants. L’amour est un tel trésor, incomparable, incroyable. Quand vous pouvez donner de l’amour, vous recevez de l’amour. Et l’amour nous permet d’aller au-delà de l’égoïsme. Vous savez, quand notre mère nous donne vraiment de l’amour, elle n’est plus centrée sur elle, elle n’est plus égoïste.

Un grand maître, appelé le Bouddha Shakyamuni a connu cet amour. C’était un prince au départ, il était connu sous le nom de prince Siddhârta. Il avait un père incroyable, appelé Suddhodana. Sa mère est morte quand il était très petit. Le nom de sa mère était Mayadevi et la soeur de sa mère s’appelait Prajapati. Prajapati, à la mort de sa soeur, a beaucoup aimé cet enfant, elle lui a donné tout ce qu’elle a pu. Donc Siddhârta a reçu beaucoup d’amour. Il a réalisé que c’est important de répondre à toutes les questions que l’on se pose. Et comme sa mère était morte si jeune, il voulait savoir : pourquoi doit-on mourir ? Et il a alors découvert qu’on ne vit pas pour toujours, qu’il y a du changement. Il a découvert qu’on devient tous vieux. Mais la vieillesse ne vient pas en une nuit. La vieillesse vient de manière très subtile, très maline, elle vient petit à petit. Et le temps qu’on réalise ça, tout le temps s’est écoulé. Et après ça, arrive quelque chose de très important qu’on appelle la mort. Certaines personnes ne sont pas très contentes vis-à-vis de la mort. Mais nous devons savoir qu’il n’y a pas d’autre choix : puisqu’il y a la naissance, il y a la mort ; puisqu’on rentre par la porte de la naissance, nécessairement, on doit sortir par la porte de la mort. Cela arrive à tout le monde mais personne ne veut le savoir. C’est ce qu’on appelle quelque chose de tabou. En Inde, c’est beaucoup plus ouvert : vous voyez des personnes âgées et vous voyez des jeunes. Mais ici, on met les personnes âgées à part, loin, loin des petits-enfants et des jeunes.

Siddhârta avait ces questions : pourquoi doit-on naître ? Pourquoi doit-on mourir ? Pourquoi doit-on vieillir ? C’était une question qu’il posait à son père : peux-tu m’aider pour faire en sorte que nous n’ayons pas à mourir, que nous n’ayons pas à vieillir ? Et tout particulièrement, Siddhârta a découvert que les gens peuvent tomber malades, et toute la force, toute l’énergie peut être enlevée par cette maladie. Il voulait vraiment trouver une réponse à ça. C’est pourquoi il a demandé à son père la permission de pratiquer une recherche intensive. Il a étudié toutes les sciences, tout ce qu’on pouvait apprendre en Inde à cette époque, la médecine, toutes les connaissances possibles, il a essayé de les assimiler, de les apprendre. C’était aussi un très grand psychologue. C’était aussi un bon élève, une bonne personne. Mais il ne voulait pas se contenter d’une réponse qui soit valable uniquement pour lui, il voulait une réponse qui soit valable pour tout le monde. Et par conséquent, en Inde, dans ce processus de recherche intense, on devait passer par des épreuves, des austérités physiques très dures. Vous savez, en Inde, à l’époque, les professeurs voulaient enseigner aux élèves la pratique d’austérités (pratiques ascétiques) très dures mais les professeurs eux-mêmes pratiquaient ces austérités ; pas comme nos maîtres ici, pas comme nos ministres ici qui nous demandent de pratiquer l’austérité mais qui eux se paient de bons salaires et qui vivent très bien.

En Inde, c’est différent, le maître pratique l’austérité et demande à son disciple de pratiquer comme lui. Par exemple, le mahatma Gandhi vivait de manière toute simple, il voulait vraiment servir toute l’humanité. De la même manière, Siddhârta s’est engagé dans une recherche vraiment intense et pendant 6 ans, il a à peine mangé quelque chose, à peine bu et il est devenu pratiquement un squelette. Et puis il a réalisé que le problème n’est pas le corps mais que le problème, c’est l’esprit. C’est l’esprit qui doit être entraîné, pas le corps. Le corps est un véhicule très important. Quand on veut voyager, on a besoin d’un véhicule, quand on veut traverser l’océan, on a besoin d’un bateau ; de même, le corps est très important. Ce qu’on doit entraîner, c’est le cerveau, c’est l’esprit. Si on trouve la paix dans notre esprit, on trouve la paix dans le corps et dans la vie.

Un jour, Siddhârta décida de s’asseoir sous un arbre et il se dit : « Quoi qu’il arrive, je veux obtenir une réponse à mes questions. » Et il s’assit et demeura sous cet arbre. Et il réussit, il trouva des réponses. Il déclara en sanskrit (même si le Bouddha parlait de nombreuses langues, il s’exprimait principalement en pali et en sanskrit) : « J’ai trouvé une réponse quelque chose de vraiment profond, au-delà de toutes les limites, quelque chose qui amène la paix. » Et il voulut alors partager avec d’autres ce qu’il avait découvert. Une fois qu’il a fait cette découverte, il a pu aller au-delà de nombreuses barrières. Maintenant, par exemple, on ne sait pas ce qu’il y a derrière ce mur. Vous le savez, vous ? Peut-être que vous le savez, peut-être qu’en dehors de moi, tout le monde le sait. Nous avons aussi des barrières à cause du temps. On peut faire des plans, des projections sur ce qu’on va faire demain mais aucun d’entre nous ne peut savoir ce qui va se passer dans la prochaine seconde. Vous pouvez faire croire que vous savez ce qui va se passer mais, en fait, vous ne pouvez pas le savoir. C’est valable aussi pour la prochaine heure. Vous ne savez pas quel type de pensée va vous traverser l’esprit. Je suis sûr que vous avez déjà un certain nombre de plans, de prévisions pour demain mais vous ne pouvez pas être sûr à 100 % de ce qui va réellement se passer.

Un grand maître appelé Nagarjuna a dit dans ses écrits, reprenant ce que le Bouddha lui-même avait dit auparavant : « C’est un miracle de pouvoir simplement inspirer après avoir expiré, c’est un vrai miracle. » Depuis notre naissance, combien d’inspirations et d’expirations avons-nous vécu ? A chaque fois que nous respirons, nous nous rapprochons de notre dernière respiration, de notre dernier souffle. Bien sûr, on peut penser : « Je vais vivre jusqu’à 70, 80, 90 ans » mais quelle certitude peut-on avoir de cela ? Pendant les années 60, quand j’étais en Inde, à Darjeeling, j’ai vu une immense affiche publicitaire pour une assurance-vie. Je me suis dit : « ca, c’est incroyable, ils peuvent donner une assurance sur la vie. » J’étais vraiment curieux, je voulais comprendre comment c’était possible : je suis allé dans leurs bureaux et je leur ai demandé de m’expliquer ce qu’était une assurance-vie. Et ils m’ont expliqué : « vous nous donnez de l’argent et quand vous mourrez, cet argent, on va le distribuer à vos enfants, à votre famille, à vos amis. Et donc, vous n’avez plus à vous inquiéter. » J’ai pensé que c’était très gentil de leur part mais j’étais très égoïste, je voulais savoir ce qu’ils pouvaient faire pour prolonger ma vie et j’ai été très déçu.

De nombreuses fois, on a demandé à Siddhârta d’enseigner et au bout de 6 ans, il a été connu comme le Bouddha, l’Eveillé. C’est pour ça qu’aujourd’hui, il y a un endroit, en Inde, qui s’appelle Bodh-Gayâ, l’endroit où le Bouddha s’est éveillé. Pendant 49 jours après son Eveil, il n’a pas enseigné. Pendant la première semaine, il a fait le point sur ce qu’il avait découvert et il a vérifié tout ce qu’il avait appris. La deuxième semaine, il a passé du temps avec des êtres qui vivent sous la terre. Puis, il a réalisé que le meilleur endroit pour enseigner était Sarnath, près de Bénarès. Il a donc enseigné là-bas à des disciples humains mais aussi à des êtres célestes. Et la première chose qu’il a enseignée, ce sont les 4 nobles vérités.


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Re: J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par petit_caillou le Mer 29 Jan 2014, 23:11

La première de ces vérités est la vérité de la souffrance. Nous ne devons pas ignorer la nature de la souffrance mais nous devons au contraire la connaître, en prendre connaissance. Et, connaissant la nature de la souffrance, nous devons comprendre, pénétrer les causes de la souffrance. Connaître la souffrance ne suffit pas, il faut vraiment s’intéresser aux causes de la souffrance. Et, quand on connaît les causes de la souffrance, on peut vraiment trouver une sortie de cette souffrance et c’est ce qu’on appelle la vérité de la cessation de la souffrance. Pour atteindre cette cessation de la souffrance, on doit emprunter la voie de la fin de la souffrance. Donc il y a 4 nobles vérités : la vérité de la souffrance, la vérité de la cause de la souffrance, la vérité de la cessation de la souffrance et la vérité de la voie qui mène à la fin de la souffrance. Ce sont les 4 premières vérités qu’il a enseignées. La souffrance, c’est quelque chose que l’on peut analyser, il y a beaucoup de types de souffrances. En gros, on peut distinguer 3 types de souffrances : la première est la souffrance de la souffrance, c’est le cas par exemple quand vous êtes malade et que quelque chose de terrible arrive à votre famille, à ce moment-là, c’est la souffrance qui s’ajoute à la souffrance. Le second type est lié au changement continuel : aujourd’hui, vous avez un problème physique mais demain ce sera peut-être un souci spirituel ou sentimental. Dans ce cas, c’est le changement qui cause la souffrance. Tant que nous ne sommes pas libres de l’ignorance, nous ne sommes pas libres de la souffrance. C’est pourquoi le Bouddha a enseigné les causes de la souffrance.

En effet, les causes de la souffrance ne sont pas extérieures à nous, elles ne sont pas non plus créées par quelqu’un d’autre. Nous sommes responsables de notre souffrance et des causes de notre souffrance.

Et ces causes de la souffrance sont les actes négatifs et les émotions négatives. Par conséquent, si nous ne voulons pas souffrir, il faut diminuer le nombre d’actions et d’émotions négatives. Il existe de nombreux types d’actes négatifs : les actes effectués par notre corps, notre parole et notre esprit. Toutes les actions qui provoquent de la souffrance chez autrui sont négatives. Toute action qui produit de la souffrance, de la douleur est une action négative. Par exemple, tuer est une action négative, abréger la vie d’autres êtres est aussi une action négative. Prendre quelque chose qui ne nous est pas donné est également une action négative.

La mauvaise conduite sexuelle est aussi appelée une action négative. Quand il n’y a pas de respect mutuel, à ce moment-là cela devient une mauvaise conduite sexuelle. Par exemple, dans un couple, un homme et une femme, à partir du moment où il y a du respect entre les deux partenaires, il n’y a pas de problème, le comportement sexuel est ok. La mauvaise conduite sexuelle est plus, semble-t-il, une affaire d’hommes que de femmes. Pourquoi ? Parce que les hommes sont plus forts physiquement. Et quand ils veulent quelque chose, ils emploient la force mais les femmes, elles, ne peuvent contraindre physiquement les hommes. Si l’homme ne veut pas (avoir des relations sexuelles), la femme ne peut pas faire grand-chose. Pauvres femmes ! Elles sont, elles, forcées d’avoir des rapports sexuels, que cela leur plaise ou non. Et aussi, pendant que les femmes ont leurs règles, les hommes les contraignent à avoir des relations sexuelles : ceci est également une mauvaise conduite sexuelle. Pourquoi ? Parce que cela change le physique de la femme, cela peut même aller jusqu’à lui causer des maladies. Et quand la femme ne va pas bien, qu’elle est malade et que l’homme veut absolument assouvir son plaisir sexuel, ceci est aussi un exemple de mauvaise conduite sexuelle. Et particulièrement les jeunes filles qui ne sont pas encore pubères, qui sont encore très petites et que les hommes veulent avoir des relations sexuelles avec elles, c’est aussi un acte de mauvaise conduite sexuelle.

Donc, si nous faisons cela, les actions entraînent des réactions. Quand nous générons du mal, un désordre dans le corps d’autrui, cela c’est un mauvais comportement sexuel, rien de plus, rien de moins.

De même, dire quelque chose qui n’est pas vrai, mentir, est aussi un acte négatif. Dire quelque chose que l’on croît sincèrement vrai alors que c’est faux n’est pas vraiment une mauvaise action mais tromper de manière délibérée, ça, c’est une mauvaise action. Et dire quelque chose afin de provoquer de la discorde entre deux bons amis, afin de les séparer, c’est aussi une action négative de la parole. Et aussi dire à quelqu’un des paroles blessantes, des paroles dures, des paroles violentes, cela blesse les personnes et c’est aussi un exemple d’acte négatif de la parole. Et aussi colporter des racontars, dire qu’un tel est nul, qu’une telle est nulle ou ceci ou cela, se livrer à des interprétations douteuses sur les autres, c’est du commérage, et c’est négatif.

Et quand on veut posséder ce que les autres ont, c’est un autre exemple d’acte négatif ainsi que de vouloir blesser les autres, leur faire du mal. Et douter des autres constamment, sans justifications, est aussi une action négative. Et au dessus de tout ça, il y a l’égoïsme qui est négatif.

La jalousie est aussi quelque chose de négatif. Et aussi la haine, l’aversion, l’arrogance, l’orgueil et la stupidité, l’imbécilité sont également des émotions négatives. Si l’on s’engage dans quelque chose enraciné dans la colère, cela va produire des actions négatives.

Si l’on agit avec des motivations égoïstes, centrées sur nous-mêmes, cela va aussi provoquer des résultats négatifs. Et quand on est constamment jaloux des autres, jaloux de leur bonheur, de ce qu’ils ont mieux que nous, cela engendre aussi des résultats négatifs. Et quand on est orgueilleux, qu’on est sûr de détenir la vérité, qu’on a raison et que les autres ont tort, cela entraîne de la souffrance.

Et maintenant concernant les voies, il y a de nombreuses voies (de sortie de la souffrance). Pour réaliser la cessation de la souffrance, j’aimerais partager avec vous quelque chose que j’ai reçu des maîtres dont je vous ai parlé tout à l’heure : nous devons développer un coeur bon, avoir bon coeur. Le coeur qui est bon inclut tout, contient tout. Selon sa sainteté le 14ème Dalaï-lama et d’autres maîtres, le bon coeur devrait être à la base de la religion ou de la philosophie ou de la manière de vivre de ce 21ème siècle. Pourquoi ? Parce que le 20ème siècle a été le siècle des cruautés, des guerres, de souffrances. Donc, nous devons trouver des moyens de faire du 21ème siècle un siècle de paix.

Et selon sa sainteté le 14ème Dalaï-lama et bien d’autres maîtres, le bouddhisme doit se fonder sur la science parce que le Bouddha lui-même a dit : » Moi, je peux vous montrer la voie, le chemin mais c’est à vous de mener l’enquête, d’examiner, d’étudier. » Vous devez rechercher, analyser, ne jamais tenir les choses pour acquises. C’est pour cela que le Bouddha a dit en sanskrit : « Je vous montre la voie mais la liberté ne dépend que de vous. » Pour illustrer cela, il a pris l’exemple de l’or : quand vous allez acheter de l’or, vous n’allez pas acheter tout ce qui est jaune et brillant, vous devez examiner l’objet que vous pensez être en or, l’observer attentivement, le tester. Par exemple, vous devez commencer par le faire fondre puis vous devez le couper et ensuite vous le frottez contre une pierre spéciale pour déterminer la qualité de son or. Et là, il y a de nouveau trois étapes pour l’analyser.

Par conséquent, pour gagner du temps, vous devez intégrer comme éléments de base dans votre enquête tout ce qui a déjà été fait auparavant comme recherches. Et à partir de cette base-là, vous devez utiliser votre intelligence pour mener l’enquête, pour examiner, pour comprendre. Pour cela, vous devez réunir de l’information, puis vous devez y réfléchir, expérimenter et l’intégrer dans votre propre vie. Cette voie, c’est ce qu’on peut vraiment appeler la voie bouddhiste. Dans cette voie, vous devez étudier, vous devez réfléchir, vous devez enquêter, vous devez intégrer tout cela dans votre vie et vous devez vous entraîner régulièrement. Une fois que vous avez enquêté et analysé, à ce moment-là on peut vraiment parler de philosophie bouddhiste. Et une fois que vous êtes arrivé à des conclusions et bien là vous pouvez les intégrer dans votre pratique, dans votre vie et ça, c’est la pratique bouddhiste ou la manière de vivre bouddhiste ou la religion bouddhiste. Plus tard, cela se mélange avec différentes cultures et cela va donner différentes formes de religions bouddhistes.

A propos de l’enquête que nous devons mener, le Bouddha lui-même a dit de ne pas prendre ses paroles pour des vérités définitives mais au contraire de tester, de vérifier par soi-même, d’analyser tout ce qu’il dit. On ne doit jamais tenir les choses pour acquises et vous devez donc mener de nombreuses investigations, de nombreuses enquêtes, de nombreuses recherches et à ce moment-là, vous pouvez trouver quelque chose de vrai.

Source: http://www.buddhaline.net/J-ai-eu-beaucoup-de-chance-d-avoir


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Bonjour

Message par Karma Samten Tcheu Dreun le Lun 25 Jan 2016, 15:17

J'aime beaucoup ce message de petit caillou. Mais je ne connais pas encore connaissance du fonctionnement du site donc, j'aimerai être ami avec petit caillou. D'ici là : bon dharma et bonne semaine.

@petit_caillou a écrit:
J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains



Par Tulku Pema Wangyal Rinpotche

Enseignements de Tulku Pema Wangyal Rinpotche
(Première partie)

Le 7 mai 2013 à Tergar Paris

Tulku Péma Wangyal Rinpotché est venu rendre visite au groupe de méditation de Mingyour Rinpotché, Tergar Paris, le mardi 7 mai 2013. Les enseignements de Tulku Pema Wangyal Rinpotché ont été enregistrés en audio à partir d’un téléphone portable.

Les parisiens courent, courent, ils courent partout : dans le métro, en voiture, partout ; et en plus, ils aiment beaucoup faire du bruit avec leurs voitures. Je suis vraiment très heureux que vous puissiez prendre quelques moments ici.

Je voudrais vraiment vous remercier d’être ici ce soir. Le temps est quelque chose de très précieux. Et le temps dans la semaine est si précieux, si important. Et maintenant, je vais vous dire pourquoi je suis ici aujourd’hui. Quelques-uns parmi vous ont rencontré Mingyour Rinpotché, d’autres ne l’ont pas rencontré mais ont entendu parler de lui, l’ont entendu parler ou ont lu ses livres. Combien parmi vous l’ont rencontré ?....Moi aussi, je l’ai rencontré. Et combien parmi vous ont lu ses livres ? Vous devez vraiment lire ses livres, ils sont très bien ! Il y a aussi le livre de Dzongsar Khyentsé Rinpotché qui est très bien. Combien parmi vous ont rencontré le Dalaï-lama ? Ou ont lu ses livres ? Est-ce que vous l’avez déjà vu à la télévision ?

Mingyour Rinpotché m’a parlé, avant de partir en retraite, et m’a demandé de visiter différents groupes au Canada, ici, ailleurs, aux Etats-Unis aussi. Je vis en France depuis très longtemps, trop longtemps. Je sens que c’est mon devoir, ma responsabilité de répondre aux demandes de mon maître. C’est une des raisons pour lesquelles je suis là aujourd’hui. Non pas parce que je suis quelqu’un qui peut parler, qui sait parler. Dans la réalité, en vrai, je suis beaucoup plus débutant que la plupart d’entre vous. J’en suis sûr, c’est vraiment vrai. Vous pouvez penser que je suis quelqu’un de spécial parce que je porte des robes monastiques. Je parais vraiment différent de vous. Les gens m’appellent un lama tibétain.

Oui, je suis du Tibet. Je suis né au Tibet. Je m’en rappelle très bien, même si j’ai plus vécu en France que je n’ai vécu au Tibet. Oui, c’est sûr, c’est certain, je suis tibétain, mais lama, je ne suis pas sûr, je ne sais pas. Mais vous savez, une fois, j’ai entendu : il y a des lamas au zoo. Mais ces lamas, ils ne portent pas de robes. Je suis allé visiter le zoo et l’un d’entre eux était vraiment malappris, un peu voyou. Le lama voulait quelque chose de moi mais je n’avais rien amené et le lama n’était pas content du tout. Et du coup, il m’a donné ses bénédictions comme ça : ssccchhhh, en crachant, comme font les lamas. Je pense que je suis un petit peu mieux que ces lamas-là. Car je pense que ces lamas n’ont pas eu la chance de rencontrer beaucoup de maîtres. Ils n’ont pas non plus eu l’opportunité d’entendre les enseignements. Pour cette raison, je pense que je suis beaucoup plus chanceux que ces lamas-là.

Je voulais vous dire que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains. Le premier maître que j’ai rencontré fut Kangyur Rinpotché. Et le second maître fut le 16ème Karmapa. Quand j’avais 11 ans, j’ai rencontré le 14ème Dalaï-lama. Et j’ai rencontré un autre grand maître : Pawo Rinpotché. Après, j’ai rencontré un autre grand maître Dudjom Rinpotché et après cela, j’ai rencontré un autre maître qui s’appelait Dilgo Khyentsé Rinpotché. Et après cela, j’ai rencontré un autre grand maître Trulshik Rinpotché. Et après cela, j’ai rencontré un autre maître Kalou Rinpotché. Et après cela, un autre grand maître Penor Rinpotché. Après cela j’ai rencontré un autre maître (nom non audible). Et après j’ai rencontré un autre maître, Sa Sainteté Sakya Trizin. Et j’ai aussi étudié avec de nombreux maîtres de différentes écoles, de nombreux khempos. Tous ces grands maîtres étaient des maîtres très compatissants, très gentils, très bons. Deux de mes maîtres sont morts ici, en France : le premier était Dudjom Rinpotché, et le second un autre khempo qui s’appelait Nyoshul Khen Rinpotché.

De cette manière, j’ai entendu beaucoup d’enseignements de ces maîtres mais j’étais un très mauvais élève. Dans la méditation, j’aime rester paresseux. Mes maîtres attendaient beaucoup de moi. Mes maîtres voulaient que j’utilise mes 24 heures de la journée pour étudier mais c’était impossible. Ils voulaient que j’étudie, que je pratique jour et nuit ce qui pour moi est impossible. J’ai connu certains de mes maîtres qui, dans la journée, faisaient beaucoup de bien autour d’eux et qui pendant la nuit méditaient. Vraiment des grands maîtres !

J’ai passé tant d’années avec ces maîtres, par exemple avec Dudjom Rinpotché, j’ai passé 26 ans. Et à Paris, nous avons passé 2 ans avec lui, c’était il y a longtemps, en 1976, 1977. A cette époque, tous les matins, je faisais comme tous les parisiens, je prenais mon métro à Victor Hugo, j’allais aux Buttes Chaumont et le soir, je revenais. J’avais l’habitude de faire ça. Je suis arrivé ici le 16 décembre 1975. A cette époque, certains d’entre vous n’étaient pas nés et beaucoup étaient jeunes. Quand je suis venu à Paris la première fois, j’ai été très impressionné. Les gens paraissaient très riches et les gens avaient l’air très heureux. Mais, mois après mois, année après année, j’ai découvert les vrais parisiens. Au début, je n’ai découvert que les Champs-Elysées, c’était animé jour et nuit, c’était magnifique.

En 1977, pour vraiment faire connaissance avec les vrais parisiens, j’ai rejoint un groupe de volontaires qui s’occupaient de personnes âgées : on nettoyait leur appartement, faisait leurs courses, etc. J’ai beaucoup aimé cette période. J’ai vraiment découvert des vrais parisiens, qui avaient beaucoup de difficultés.

J’ai découvert une grande richesse matérielle mais une grande pauvreté spirituelle, vraiment ! Les grands-parents n’avaient pas de petits-enfants pour venir les voir et ils étaient profondément tristes, sans futur. Vous savez, en Inde, le matériel est pauvre mais le spirituel, lui, est vraiment riche. Parce que les grands-parents et les petits-enfants, eux, de toute façon, vivent ensemble. Et les grands-parents partagent toutes leurs connaissances, toute leur expérience avec leurs petits-enfants. Les petits enfants reçoivent tout l’amour, tous les soins des grands-parents. C’est ce qui manquait ici. Toutes les personnes âgées sont mises dans des maisons de retraite.
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Re: J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par Karma Yéshé le Mar 26 Jan 2016, 09:32

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Re: J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par Invité le Mer 27 Jan 2016, 18:28

Certaines pratiques terminent par le souhait de ne jamais , dans aucune vie , être séparé d'un maître authentique ....c'est que , sans maître , pas d'éclaircissement , pas de pratique , pas de réalisation , et du coup , bien peu de joie .
                                              
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Un saint homme !

Message par levitrailleur le Lun 12 Sep 2016, 10:12

Ce grand maître, Tulku Pema Wangyal Rinpoché, est vraiment un saint homme. D'une grande simplicité et d'un charisme incroyable, il sait écouter et ses paroles sont paroles de vérité.
Je lui rends hommage et place ses pieds au-dessus de ma tête.

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Re: J’ai eu beaucoup de chance d’avoir rencontré de nombreux maîtres tibétains

Message par seve le Lun 12 Sep 2016, 20:12

J'ai aussi de la chance d'avoir fait de belles rencontres et d'avoir un maitre avec des qualités exceptionnelles. 
Je souhaite à tout le monde de vivre ça.

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