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Sexisme, andocentrisme, et misogynie

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Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Lun 30 Avr 2018, 16:04



Ajahn Sujato (Anthony Best) is an Australian Buddhist Monk. He was a member of the Australian rock band, Martha's Vineyard (est. 1986). One album reached number 77 on the Australian charts. In 1994 he left his music career to take higher ordination in Thailand in the forest lineage of Ajahn Chah. As well as living for several years in forest monasteries and remote hermitages in Thailand, he spent three years in Bodhinyana Monastery (Perth) as secretary of Ajahn Brahmavamso, and over a year in a cave in Malaysia.
He has combined his love of meditation with study of the Buddha's Teachings, and in 2001 published his first book, "A Swift Pair of Messengers", a compilation of Sutta passages on the theme of tranquillity and insight. He has since published many books. He studies and teaches Buddhist texts from comparative and historical perspectives.
He served as founding Abbot of Santi Forest Monastery from 2003-2012.
He currently resides at Bodhinyana Monastery where he is actively involved with Sutta Central . He teaches in Australia and internationally.

30 novembre 2009



Dans cet écrit, j’aimerai regarder d’un peu plus près certains aspects du problème de la discrimination envers les femmes dans la Sangha.

C’est un sujet difficile qui peut engendrer beaucoup de résistance intérieure face à mes conclusions.

Tout ce que je demande est que le lecteur soit attentif à ses propres réactions, et qu’il prenne en considération le fait que l’auteur de ce billet a lui aussi eu à gérer des réactions similaires pendant les nombreuses années où il a travaillé sur cette question.

Pour cet article, je me concentrerai sur la « forme courante » du sexisme, c’est-à-dire celle où ce sont les hommes qui pratiquent la discrimination envers les femmes.

Sexisme

Tout d’abord, qu’est ce que le «sexisme»?
Je donnerais la définition suivante: le sexisme est une discrimination injustifiée et disproportionnée envers quelqu’un en raison de son sexe.

Le sexisme est, par définition mauvais, car il fait du mal aux femmes en les privant de leur pleine humanité.
D’une manière plus subtile, le sexisme nuit également aux hommes, car ceux-ci entretiennent un sentiment de sécurité en blessant les personnes qu’ils aiment.

Pour donner un exemple :

Le Bouddha a dit qu’il ne faut pas juger une personne quelque soit la caste à laquelle elle appartient : qu’elle soit khattiya, brahman, vessa ou sudda, elle devrait être jugé par ses actes, et non par sa naissance.

De la même façon, il ne faut pas juger une personne ou faire preuve de discrimination à son encontre simplement en raison de son sexe.

Comme Bhikkhuni Soma a déclaré: «Tout ce qui pense « je suis un homme « , ou » je suis une femme », ou« je suis quoi que ce soit d’autre » est du combustible pour Mara. (Samyutta Nikaya 5.2).

Dans les écritures bouddhiques, c’est Mara qui exprime des opinions sexistes, pas le Bouddha.

Il existe certains cas où la discrimination est tout à fait appropriée. Par exemple, c’est une question normale de demander si une femme enceinte va beneficier d’un congé maternité. La même question ne peut se poser pour un homme. Bien entendu, un homme pourrait bénéficier d’un congé paternité, mais c’est une autre question.

Dans ce cas, accorder un congé maternité aux femmes enceintes est une discrimination basée sur des motifs pertinents et n’est pas contraire à l’éthique. Il faut encore gérer des questions pratiques. Combien accorder, et sous quelles conditions ?
Il n’y a pas de réponse toute faite à cela. Cependant, n’importe qui serait d’accord qu’un jour c’est trop peu, et que quarante ans serait trop long. Ces options, bien qu’étant une discrimination qui semble appropriée, seraient rejetées comme étant disproportionnées.

En ce sens, la position structurelle de la Sangha Theravada est clairement sexiste. Car il n’existe pas de justification valable à la discrimination.

Le Bouddha, et la tradition toute entière, affirment que les femmes sont tout aussi capables de vivre la vie sainte et d’en récolter les fruits. Il n’y a pas d’arguments valables dans la réponse de la Sangha.
Les détails des procédures légales, la réticence à changer les traditions, ne sont pas des motifs suffisants pour refuser aux femmes leur capacité à vivre pleinement la vie spirituelle, si elles le désirent.

Je voudrais faire une distinction supplémentaire.

Le sexisme doit être divisé en deux aspects: androcentrisme et la misogynie.

L’androcentrisme

L’androcentrisme c’est voir les choses d’un point de vue masculin.

Notre langue l’incarne, par exemple, lorsque nous utilisons le «il» ou «l’homme» pour désigner toutes les personnes, ne remarquant pas combien cela exclut et marginalise les femmes.

La culture androcentrique traite l’homme comme le sexe par défaut, et la femme est l ‘«autre».
Dans un système androcentrique, les femmes sont exclues des ressources, de l’éducation et des opportunités qui sont de façon naturelle offertes aux hommes.

Cela peut se produire simplement par le conditionnement social, ou cela peut être renforcé par des règles et des lois.

Nous pouvons juger de l’androcentrisme d’une institution en examinant le pourcentage de femmes qui y sont impliquées et quelles positions elles y atteignent.

Selon cette norme, la Sangha du Theravada moderne est l’une des formes la plus absolue d’androcentrisme jamais atteint, avec un refus total de la participation des femmes à tous les niveaux.

Puisque l’androcentrisme est essentiellement une construction sociale, il doit être changé par des moyens sociaux.

Ce changement social, dans un premier temps, doit être conduit par celles qui souffrent le plus du sexisme, c’est à dire les femmes.

Comme Mahapajapati, qui a désobéi aux instructions du Bouddha, ignorant à plusieurs reprises son avis, et a revêtu la robe ocre sans avoir été ordonnée, les femmes auront à désobéir aux patriarches si elles veulent voir se réaliser un changement.

Toutefois, pour réussir ce changement il faudra également l’aide des patriarches eux-mêmes, c’est-à-dire des moines.

Je dirais qu’il y a trois choses essentielles que les moines doivent faire.
Premièrement, admettre que le sexisme existe et qu’il est mauvais.
Deuxièmement, travailler énergiquement pour venir à bout du sexisme.
Troisièmement, écouter et répondre à la voix des femmes.

C’est, je crois, tout ce qui est nécessaire.
Ce n’est pas impossible.

Il ne s’agit pas de questions morales complexes ou d’innovations radicalement nouvelles.
Cela demande juste l’application d’un certain sens moral afin de s’attaquer à une injustice flagrante et néfaste dans le monde.

La misogynie

Tandis que l’androcentrisme est avant tout un phénomène social, et se définit par l’absence de femmes, la misogynie est un phénomène psychologique, défini par la présence de haine envers les femmes.

La misogynie est une névrose, une tendance profondément ancrée de peur irrationnelle des femmes et d’aversion à leur égard.
Elle se développe généralement en réponse à un traumatisme impliquant une femme, soit durant l’enfance ou, depuis une perspective bouddhiste, dans des vies antérieures.

Le traumatisme peut être le résultat d’actes malveillants de la part d’une femme, par exemple si une mère maltraite son fils, ou bien avoir une autre origine, une femme peut être tout à fait innocente, par exemple si un fils conçoit une haine jalouse envers une sœur nouvelle née.

La caractéristique essentielle de la misogynie, c’est qu’elle s’empare des défauts et de la malveillance d’une seule femme et les projette sur toutes les femmes.

Bien sûr, nous le faisons tous; une projection est un phénomène classique de la psychologie humaine.
Nous avons tous eu de bonnes et de mauvaises expériences avec des hommes et des femmes, et celles-ci conditionnent nos attentes à venir et les pensées que nous pouvons avoir d’autres hommes et d’autres femmes.

Cela est normal, mais lorsque le modèle devient figé et extrême, et quand il aboutit à des schémas de comportement néfastes, il convient de le traiter comme une névrose.

Puisque nous faisons l’expérience du genre opposé comme «l’autre», la projection joue un rôle particulièrement important dans les relations entre « genres ».
Ce genre de tendance se retrouve dans la littérature bouddhique, par exemple les histoires Jataka.

Chaque fois qu’un homme fait quelque chose de mal, ou qu’une femme fait quelque chose de bien, cet homme ou cette femme est loué ou blâmé en conséquence.

Mais quand une femme fait quelque chose de «mal» (même quand c’est l’homme qui a agi de façon immorale) alors ce sont les femmes en général qui sont blamées.

Les histoires Jataka, et d’autres formes de littérature bouddhique populaire, sont remplies de misogynie.
Il est franchement impossible d’espérer que ces attitudes puissent disparaitre purement et simplement de la culture bouddhique qui s’enorgueillit de sa continuité avec la tradition.

Un homme qui souffre de misogynie est coupé et aliéné d’une partie de lui-même.
Il ne peut accepter le féminin, et par conséquent, dénie et réprime cet aspect de lui-même.
Cela confirme un principe fondamental de l’éthique bouddhiste: puisque tous les êtres sont également dignes de respect, quand une personne fait du mal ou diminue tout autre être, elle se fait du mal à elle-même.

La misogynie est quelque chose de subtil et d’insaisissable.
Notre société ne tolère plus l’expression ouverte de la misogynie, alors elle s’exprime de façon plus souterraine.
On peut l’entendre dans l’ambiance détendue des conversations privée entre « garçons », mais elle apparaît rarement dans la sphère du discours public.

Et bien sûr, le misogyne est la dernière personne à percevoir son propre préjugé.
Néanmoins, je pense qu’il est assez clair qu’un certain pourcentage d’hommes sont misogynes dans le sens que j’ai décrit.

Et de ces hommes, un certain pourcentage entre dans la Sangha.
Il n’est que trop naturel qu’un misogyne cherche un contexte où sa valorisation exclusive du masculin est encouragée, un contexte où il a rarement besoin de côtoyer des femmes, et quand il les rencontre, où elles sont encadrées par une hiérarchie qui les subordonne et ne leur accorde aucun pouvoir, ce qui lui permet d’ignorer leur voix et de se regarder comme un être d’un statut spirituel supérieur.

Cela peut être un choc d’apprendre que certains membres de la sangha ont un équilibre mental douteux. Néanmoins, c’est vraiment tout à fait évident.

Je ne parlerai ici que de la Sangha occidentale.

Dans les pays de tradition bouddhiste, il existe un soutien culturel fort pour les hommes qui souhaitent rejoindre la Sangha. Par conséquent, selon mon expérience, il n’y a pas de raison particulière pour les moines d’être soit personnellement misogyne, soit d’avoir des problèmes mentaux plus que la normale.

En revanche, dans le bouddhisme occidental, beaucoup de ceux qui s’y intéressent ne le font qu’après avoir subi un traumatisme. Dans n’importe quel centre bouddhiste occidental, vous trouverez un grand nombre de personnes qui ont eu ou continuent d’avoir, de graves difficultés psychologiques. C’est pourquoi ils viennent.

Et pour ceux qui souhaitent prendre la robe monastique, c’est encore plus vrai.
Je dirais que plus de la moitié de ceux qui souhaitent prendre la robe monastique ont, selon mon experience, un certain degré de problèmes psychologiques et de troubles de la personnalité.

Beaucoup de ces troubles rendent difficile de vivre la vie consacrée: schizophrénie, dépression, anxiété.
Les personnes ayant de tels problèmes ont tendance à ne pas rester dans la Sangha.
Mais il y a certains types de troubles qui sont pratiquement encouragés par le milieu monastique, notamment le narcissisme et la misogynie.

Pour ce qui concerne le narcissisme, l’histoire du bouddhisme occidental est jonchée d’épaves résultant du culte excessif du gourou. La misogynie n’a pas à être pas si flagrante, car elle est nourrie par la légitimité supposée des structures androcentriques de la Sangha.

Il doit être suffisamment clair que les misogynes sont naturellement attirés par des institutions andocentriques comme l’est la Sangha. Ils vont tendre à renforcer les préjugés déjà existants et chercher activement, même si c’est inconscient, à nuire aux femmes grâce à la position qu’ils occupent.

En retour, nous pouvons nous attendre à ce que l’institution androcentrique tende à renforcer la misogynie, la justifie, stimule une misogynie latente, offre des modèles de comportement et forge un lien comme celui d’un club de garçons, présentant les instincts les plus bas de l’homme comme une valeur spirituelle.

Néanmoins, cela n’est pas toujours le cas.
Le problème individuel de la misogynie et le problème institutionnel de l’androcentrisme sont relativement indépendants.

Il est possible, par exemple, d’avoir une institution androcentrique qui n’est pas constituée de misogynes, ou d’avoir un misogyne qui est indépendant de toute institution.

Quand un misogyne rejoint l’institution, cela peut conduire à une multitude d’effets.
Par exemple, les comportements misogynes les plus flagrants peuvent alerter les autres membres de l’institution. Ils peuvent en être personnellement choqués, ce qui peut les amener à réfléchir sur le rôle qu’ils jouent au sein de l’institution, et à vouloir faire quelque chose.

Je sais que cela arrive: c’est ce qui m’est arrivé.


D’autre part, quand un misogyne rejoint la Sangha, en surface, il embrasse les valeurs de la Sangha et pratique pour atteindre la libération, en réalité, il est craintif et blessé, et il cherche un endroit pour se cacher des femmes.
Mais la guérison peut se produire, parfois le temps est tout ce qui est nécessaire. S’isoler et se protéger des femmes peuvent en fait être bénéfiques pour quelqu’un qui est véritablement dans l’incapacité de faire face à ce problème.


Après un certain temps, il développe une plus grande stabilité et plus de confiance. La motivation inconsciente qui est à l’origine de la prise de robe s’est éteinte, et il peut la quitter, se marier, et jouir d’une relation normale et saine avec des femmes, ce qui n’était pas possible pour lui avant de rejoindre la Sangha.

Le coeur du problème surgit lorsque l’institution androcentrique et les misogynes allient leurs forces. Cela se produit surtout quand le misogyne détient une position de pouvoir. Bien sûr, c’est généralement ce qu’il veut. Il peut alors élever des murs, renforcer sans cesse la séparation avec les femmes, et aider à conditionner les nouvelles générations de moines, à affirmer et à perpétuer les vieux schémas.

À long terme, tout cela n’aidera pas du tout le misogyne. Cela va simplement accentuer son problème originel, et lorsqu’un jour, les murs s’écrouleront, il n’en tombera que de plus haut.
Le problème ici ne se situe pas au niveau de l’individu, mais de la Sangha puisqu’en tant qu’institution, la communauté des moines est toujours dans le déni du problème du sexisme, qu’elle refuse de reconnaître la misogynie et continue de placer des misogynes à des positions de pouvoir.

Ceux-ci une fois en place, la pratique institutionnelle «normale» de simplement ignorer, de marginaliser et d’exclure les femmes, se transforme en une suppression active de celles-ci. Le problème qui se pose alors est qu’il faut la présence de femmes pour satisfaire le fantasme misogyne. Par conséquent, les femmes doivent être attirées vers les monastères, encouragées et soutenues, afin qu’elles puissent y rester et y être maltraités. S’il n’y a pas de femmes dans les monastères, comment peut-on les confiner à la cuisine ?
C’est la transposition dans un cadre spirituel du même phénomène qui se perpétue dans certains mariages.

Le futur

Les problèmes que je mets en évidence dans cet essai sont douloureux et inconfortables. Ils ne sont pas faciles à accepter, même s’ils sont en fait assez évidents.

J’ai lutté avec ces questions pendant de nombreuses années, et je suis reconnaissant que la controverse actuelle sur les bhikkhunis l’ait fait surgir, me faisant sentir la nécessité de parler ouvertement de questions d’une telle importance.

Les faits sont indéniables. La Sangha Theravadin moderne est une forme extreme d’institution androcentrique. La tradition bouddhique, par exemple les histoires Jataka font preuve de misogynie répétée. Cette tendance se poursuivra jusqu’à ce qu’il y ait un effort actif pour la surmonter.

Quand nous voyons une déconstruction cohérente de ces formes de sexisme à l’intérieur de la Sangha ; une reconnaissance de la valeur de la voix des femmes dans le façonnement de notre avenir, et un effort actif pour démanteler et remodeler les formes modernes des institutions de la Sangha, en s’appuyant sur le modèle égalitaire du Vinaya, alors nous avons des raisons de croire que les choses puissent changer.

D’ici là, on peut s’attendre à ce que des hommes et des femmes de bonne volonté partout dans le monde se détournent du bouddhisme, soient déçus par la Sangha, et doutent de la valeur de la pratique du Dhamma.

Ainsi que le Bouddha a dit aux Kalamas: «Vous doutez dans une affaire douteuse».

Banthe Sujato

Site : bouddhisme au féminin.


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Lun 30 Avr 2018, 17:36

Des moines misogynes parmi les moines occidentaux ? oh oui, il y en a beaucoup .....ils finissent souvent par rendre leurs voeux , pris sur de mauvaises bases . A vrai dire , tous les moines et nonnes occidentaux que j'ai connus ont fini par rendre leurs voeux ....après 1 an ou 2 . Celle qui a tenu le plus longtemps a tenu  21 ans .
Elle aussi avait pris les voeux sur de mauvaises bases , vivant en couple avec une femme et n'en ayant pas parlé en prenant ses voeux. Et aussi un moine -homo qui est resté moine une vingtaine d'années jusqu'à ce que son supérieur lui demande de rendre ses voeux .
Tous ces gens ont créé plus de problèmes et de mauvais karma qu'autre chose .

Quelque chose ne va pas à propos des voeux de moines et moniales , c'est clair .
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Lun 30 Avr 2018, 17:57

Voila qui n'est guère encourageant dans la pratique, même pour de simples laïcs. 

Après, ce n'est pas parce que l'on a rencontré soi-même quelques cas regrettables que l'on peut généraliser. 


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Lun 30 Avr 2018, 19:00

Tout a fait!
Ce sont juste des situations qui rejoignent ton article , qui indique des problèmes en ce qui concerne les moines, pas tous,bien sûr.

Et puis, la pratique des laics n' rien a voir avec cela.
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Lun 30 Avr 2018, 19:11

En plus, ces exemples me motivent encore plus à persévérer 
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Vyathita le Lun 30 Avr 2018, 20:10

Penser en termes de discrimination pour prétendre la combattre est une façon de la légitimer.
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Lun 30 Avr 2018, 20:18

?


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Lun 30 Avr 2018, 20:55

Tu pourrais expliquer?
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Akana le Mar 01 Mai 2018, 10:48

Denoncer n'a jamais voulu dire discriminer, Vyathita
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Mar 01 Mai 2018, 11:22

Dans les communautés monastique bouddhiques il y a parfois des "séances" régulières d'aveu public des fautes il me semble. 

Ne pas signaler un problème c'est aussi se rendre complice de sa persistance. Par inaction. Après il y a la forme : comme on signal, et l'intention : si on le fait sans jugement et avec compassion, cela peut être correct. Le Bouddha dans sa vie rencontra des situations ou il exprima de la désapprobation et plusieurs soutra anciens montrent qu'il décrivait clairement certaines conceptions philosophiques de son temps comme incorrectes, erronées et néfastes. 

De plus, si l'on écoute certains maîtres, avoir des formations mentale néfastes comme le sexisme ou la discrimination, n'est néfaste que si on les met en application, si on les laisse nous dominer. Etre conscient de ses pensées néfastes est une bonne chose afin justement de ne pas les manifester et de chercher à les transformer. 

Accepter de reconnaître qu'il y a un problème c'est une manifestation de la 1ère noble vérité. 


Dans le cas présent : les discrimination sexuelles au sein du bouddhisme. 


Si l'on refuse même de reconnaître l'existence d'un problème source de souffrance comment peut-on espérer le résoudre ?


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Mar 01 Mai 2018, 12:32

J'ai retrouvé ceci dans un Folio offert en gratuit : 3 leçons sur le Zen. 

Extrait du 28ème chapitre du Shôbôgenzô (:Trésor de l’œil de la Vraie Loi), 28ème chapitre nommé "Raihai tokuzui": saisir la moelle en se prosternant. 

Par Eihei Dôgen, un des plus grands maîtres du bouddhisme japonais (1200-1253) : 

Dans la 1ère partie du 28ème chapitre il est dit : 

"En quoi l'homme serait-il plus précieux que la femme ? Le vide est vide, les 4 éléments sont les 4 éléments, les 5 agrégats sont les 5 agrégats. Il en est de même pour l'homme et pour la femme, et l'un et l'autre peuvent atteindre l'Eveil. C'est pourquoi il faut les respecter et les honorer l'un comme l'autre quand ils ont obtenu la Loi, et ne pas arguer du fait qu'ils soient homme ou femme. Tel est le principe de la suprême et merveilleuse Voie bouddhique."


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Mar 01 Mai 2018, 13:12

N'oublions pas non plus que sexisme et discriminations sur le sexe malvenues sont des notions récentes dans l'histoire du monde . 

....que les traditions , dirigées en grande partie par des hommes , n'aient pas encore tout assimilé n'est pas très étonnant .
Mais certaines sont ainsi faites que spontanément elles sont peu sexistes , et d'autres , si .
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Mar 01 Mai 2018, 13:47

Pour situer les choses dans leur contexte : les voeux de moines et moniales se comptent en centaines .Parmi tous ces voeux , un seul semble être le principal , celui qui fait que l'on est moine ,dans la plupart des esprits , c'est le voeu d'abstinence sexuelle . Cette réduction est éloquente , autant pour nous laïcs que pour bon nombre de nouveaux moines .

Par contre , il y a des moines à vie , comme le Dalaï Lama , Le 17 e Karmapa Ongyen Trinlé Dorjé , Ringu Tulku , qui n'ont absolument rien de misogynes , et au contraire travaillent à éliminer les discriminations sexistes là où elles se trouvent : dans les esprits .
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Mar 01 Mai 2018, 14:09

Etant donné que chacun est libre d'embrasser ou non la voie monastique, et que l'abstinence fait partie des voeux aussi bien chez les moines que chez les moniales, je ne vois aucun problème là dedans. 


Et parmi les 5 entraînements pour les laïcs il y a le fait d'éviter la méconduite sexuelle. 


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Vyathita le Mar 01 Mai 2018, 17:40

@Vyathita a écrit:Penser en termes de discrimination pour prétendre la combattre est une façon de la légitimer.

J'explique, c'est très simple.

Nous avons des gens qui agressent d'autres personnes en fonction de leur sexe, de leur religion, de leur tendance sexuelle, de leur race, etc...

Alors nous avons des lois qui protègent expressément les catégories visées, par exemple en alourdissant les peines que risquent leurs agresseurs.

Ceci ne fait que valider le système de pensée des agresseurs, pour qui ces catégories sont protégées en tant que telles, et en plus cette reconnaissance est officielle et s'impose à tous !

Pourtant, des lois sont déjà censées protéger l'être humain en tant qu'être humain contre toute agression. Faire mine de surprotéger certaines catégories d'êtres humains n'aboutit qu'à faire disparaître la notion même d'être humain derrière ces catégories.

Voilà pourquoi je dis que penser en termes de discriminations, même pour les combattre, ne fait que les légitimer. Il faut en finir avec ce système pervers et reconnaître l'être humain en chacun plutôt que de le considérer comme une sous-catégorie.

C'est tellement simple, mais le formatage des esprits est tel que rares sont ceux qui le comprennent...
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par vaygas le Mar 01 Mai 2018, 17:57

Je suis raccord avec toi Vyathita,
mais hélas tout le monde n'a pas une vision aussi humaniste que toi, la discrimination positive au USA ne marche pas si mal que cela.
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Invité le Mar 01 Mai 2018, 18:18

En résumé , mieux vaudrait développer le respect pour tous plutôt que pointer les différences . 
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Mar 01 Mai 2018, 18:26

Je comprends je crois la logique, toutefois j’émets 2 objections : 

- Si ce qui se fait actuellement n'est pas correct, que proposez vous, concrètement, comme solution pratique ? Parce que c'est bien joli de dire : ce qui se fait n'est pas bien, mais de ne fournir aucune solution viable de remplacement. 

- Les sociétés, histoires, cultures etc... des différentes ethnies et cultures humaines du monde, cette diversité, font qu'une solution unique "simple", pour tous, me paraît difficile à trouver devant la complexité et la variété de l'ensemble. 

En attendant je préfère une lutte imparfaite que pas de lutte du tout. 

Enfin la discrimination sexuelle des femmes par les hommes est nettement plus courante et ancienne que l'inverse, cela justifie selon moi une inégalité de traitement dans le sens d'une répression plus poussées visant à protéger les femmes. On s'adapte à la réalité des faits, non à un souhait théorique d'égalité de traitement inadapté au réel. Quelqu'un peut me citer au travers de l'Histoire des cas fréquents ou des hommes ont souffert de discrimination de la part des femmes ? 


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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Akana le Mar 01 Mai 2018, 19:54

Je suis assez d'accord avec Disciple Laic. La non-discrimination, effectivement mais il ne faut pas confondre discriminer et denoncer des faits qui necessitent d'etre denonces.
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Re: Sexisme, andocentrisme, et misogynie

Message par Disciple laïc le Mar 01 Mai 2018, 20:42

N'est-il pas préférable de considérer ceux qui pratiquent la discrimination à caractère sexuel au sein même du bouddhisme non comme des ignorants ou des délictueux condamnables en les montrant du doigt, mais de la considérer comme des malades, qui s'ignorent, des êtres en souffrances et malades. Ils souffrent d'une maladie spécifique qui est une vue non-correcte, une perception erronées à  base d'inégalité des sexes.
 
A partir du moment ou on les considère comme des malades qui en plus contaminent et font souffrir leur entourage monastique, alors on ne les blâme plus, on les traite avec compassion, comme un médecin traite ses patients. On cherche à faire comprendre au malade qu'il est malade, puis ensuite on cherche les causes de la maladie (névrose ou préjugés culturels ou trauma du passé etc...) puis on élabore un remède pour que tout le monde aille mieux. 

Il n'y a pas de discrimination là dedans, puisque nous sommes tous malades, c'est jusque que certains ont une maladie que nous nous n'avons pas et dans ce cas précis non pouvons les aider car nous, nous ne sommes pas atteints. Mais à l'inverse, nos patients du moments eux pourrons peut être nous aider à l'avenir à vaincre une de nos propres maladies du mental que eux n'ont pas mais que nous avons. Et nous avons tous en nous des ferments ou des graines de sexisme, tous sans exception. C'est juste que chez certains elles sont plus développées que chez d'autres. 

C'est aussi à cela que sert une sangha, l'entraide réciproque. 


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