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Uruvela Kassapa et le Bouddha

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Uruvela Kassapa et le Bouddha

Message par Disciple laïc le Dim 10 Juin 2018, 20:27



L'eau s'élève aussi



Les enfants informèrent le Bouddha qu'une communauté spirituelle conduite par un brahmane et comptant cinq cents disciples venait de s'installer dans les environs. Ils n'avaient pas la tête rasée comme les bhikkhus mais les cheveux tressés et ramenés en chignon sur la tête. Ils adoraient le dieu du Feu et le nom du brahmane était Kassapa. Tous ceux qui le rencontraient étaient très impressionnés.

Le matin suivant, le Bouddha traversa la rivière jusqu'à la communauté de maître Kassapa. Ses adeptes vivaient dans de simples huttes de branches et portaient des vêtements d'écorce d'arbre. Ils ne venaient pas au village mendier mais acceptaient des offrandes des villageois. Ils élevaient leurs propres animaux pour s'alimenter et pour les sacrifices.

Le Bouddha discuta avec un des disciples de Kassapa qui lui confia que celui-ci était un érudit dans l'étude des Védas et menait une existence éminemment vertueuse. Kassapa, ajouta-t-il, avait deux jeunes frères qui dirigeaient des communautés d'adoration du feu. Les 3 frères considéraient le feu comme l'essence originelle de l'univers.

Uruvela Kassapa était très aimé par ses deux frères, Nadi Kassapa qui vivait avec trois cent disciples le long de la Neranjara, à une journée de voyage vers le nord, et Gaya Kassapa qui s'occupait de deux cent disciples à Gaya.

L'adepte de Kassapa conduisit le Bouddha jusqu’à la hutte de son maître. Kassapa n'était plus vraiment un jeune homme mais semblait encore vif et alerte. Il se sentir immédiatement attiré par la noble prestance du nouveau venu et le traita comme un hôte de marque. Ils eurent tout deux une longue et agréable conversation. Kassapa s'émerveilla de l'érudition du Bouddha sur les Védas. Il fut encore plus étonné quand il s'aperçut que ce jeune moine avait compris certains concepts des Védas qu échappaient à son propre entendement. Le Bouddha s'évertua à éclaircir certains des passages les plus complexes de l'Atharveda et du Rigveda que Kassapa pensait à tort avoir saisis. Encore plus stupéfiantes étaient les connaissances du jeune moine en histoire, en doctrine, et en rituels brahmaniques.

Le Bouddha accepta l'invitation à déjeuner d'Uruvela Kassapa. Il plia soigneusement sa deuxième robe pour en faire un coussin, s'assit, et mangea silencieusement en Pleine Conscience. Kassapa était si impressionné par l'attitude majestueuse et calme du Bouddha qu'il ne rompit pas le silence.

Ils poursuivirent leur conversation après le repas. Le Bouddha demanda :

- Maître Kassapa, pouvez-vous m'expliquer comment l'adoration du feu peut conduire à la libération ?

Uruvela Kassapa ne répondit pas sur-le-champ, conscient qu'une réponse superficielle ne satisferait pas ce jeune moie exceptionnel. Il commença par expliquer que le feu était issu de Brahma et la substance originelle de l'univers. Le maître-autel de la communauté, le sanctuaire du feu, était illuminé d'un feu sacré perpétuel, image du dieu Brahma. L'Atharveda parlait de l'adoration du feu, symbole de la vie. Sans feu, il n'y aurait pas de vie. Il était la lumière, la chaleur, et la source du soleil. Il permettait l'existence des plantes, des animaux et des hommes, chassait les ombres, triomphait du froid, et procurait joie et vitalité à tous. La nourriture était consommable grâce au feu, et, par son intermédiaire, les défunts s'unissaient à lui. Le feu était à l'origine de la vie de Brahma lui-même. Agni, le dieu du feu, était l'une des innombrables manifestations de Brahma. Sur l'autel du feu, Agni était représenté bicéphale, une tête symbolisant l'usage quotidien du feu, et l'autre, le feu du sacrifice et le retour à l'origine de la vie. Les adorateurs du feu accomplissaient quarante rites sacrificiels. Un adepte de leur communauté devait observer des préceptes, pratiquer des austérités, et prier avec ferveurs afin de suivre le chemin qui, un jour, les mènerait à la libération.

Kassapa s'opposait fermement à tous les brahmanes qui abusaient de leur position pour acquérir des richesses et se perdre dans les plaisirs sensuels. Il affirmait que ceux-ci accomplissaient les rites et récitaient les écritures dans le seul but de s'enrichir. A cause de ces excès, la voie brahmique traditionnelle se déconsidérait elle-même.

Le Bouddha intervint :

- Maître Kassapa, que pensez vous de ceux qui voient l'eau comme la source fondamentale de la vie et prétendent qu'elle est l'élément purificateur qui amène les hommes à l'union avec Brahma ?

Kassapa hésita en songeant aux milliers de personnes qui, en ce moment même, se baignaient dans les eaux du Gange et d'autres rivières afin de se purifier.

- Gautama, l'eau ne peut pas aider à atteindre la libération car elle coule naturellement vers le bas. Seul le feu s'élève. A l'heure de la mort, nos corps s'élèvent en fumée grâce au feu.

- Maître Kassapa, je crains que ceci ne soit pas exact. Les nuages blancs nous survolant sont, de même, une forme d'eau. En conséquence, l'eau s'élève aussi. La fumée n'est elle-même rien d'autre que de l'eau qui s'évapore. Aussi bien les nuages que la fumée peuvent reprendre un état liquide. Toutes choses, comme vous le savez, se conforment à des cycles.

- Mais toutes les choses partagent une seul et même origine et retournent toutes à cette origine.

- Maître Kassapa, toutes les choses dépendent les unes des autres. Prenons l'exemple de cette feuille dans ma main. La terre, l'eau, la chaleur, la graine, l'arbre, les nuages, le temps, l'espace – tous ces éléments ont permis à cette feuille de venir au monde. Si un seul d'entre eux avait manqué, cette feuille n'existerait pas. Tous les êtres, organiques ou inorganiques, reposent sur le principe de la coproduction interdépendante. L'origine d'une chose est toutes les choses. S'il vous plaît, réfléchissez attentivement à ceci. La feuille que je tiens dans ma main n'est ici que grâce à l'inter-pénétration de tous les phénomènes de l'univers, y compris votre propre conscience.

-

Kassapa prit la parole :

- Hier, vous avez déclaré que la présence de la feuille est la conséquence de la réunion de plusieurs conditions et qu'il en est de même pour l'homme. Mais quand ces éléments cessent d'être présents, où va le soi ?

- Depuis des temps immémoriaux, l'homme a été limité par le concept d'atman, celui d'un soi éternel et séparé. Nous avons cru que lorsque le corps mourait, ce soi continuait à exister et cherchait l'union avec son origine, qui est Brahma. Kassapa, mon ami, ceci est une erreur fondamentale qui a égaré maintes générations.

Vous devriez savoir, mon ami, que toues les choses existent à cause de l'interdépendance et qu'elles cessent d'être à cause de interdépendance. Ceci est parce que cela est. Ceci n'est pas parce que cela n'est pas. Ceci est né parce que cela est apparu. C'est la merveilleuse loi de la coproduction interdépendante dont j'ai eu la révélation par la méditation. En vérité, rien n'est séparé ni éternel. Il n'y a aucun soi, ni un soi supérieur ni un soi inférieur. Kassapa, avez-vous déjà médité sur votre corps, vos sentiments, vos perceptions, vos formations mentales et votre conscience ? Toute personne est constituée de ces cinq agrégats. Ce sont des rivières en transformation permanente où il est impossible de détecter un élément permanent.

- Alors, vous prêchez une doctrine nihiliste ?

Le Bouddha sourit et répondit négativement de la tête.

- Non, le nihilisme est une vue étriquée faisant partie d'une forêt de principes erronés qui est aussi illusoire que l'idée d'un soi permanent et séparé. Kassapa, observez la surface de cet étang aux lotus. Je ne prétends pas que l'eau et les lotus n'existent pas. Je veux signifier que l'eau et les lotus apparaissent grâce à la présence et à l'interpénétration de tous les autres éléments, dont aucun n'est séparé ni permanent.

- S'il n'y a ni soi ni atman, pourquoi pratiquer une voie spirituelle pour atteindre la libération ? Qui sera libéré ?

Le Bouddha plongea intensément dans le regard de son ami brahmane. Son expression était aussi caressante que la douce lumière lunaire. Il sourit et ajouta :

- Kassapa, cherchez la réponse en vous-même.

-


Un après-midi, Kassapa déclara au Bouddha sur les bords de la Neranjara :

- Gautama, l'autre jour vous avez parlé de la méditation sur le corps, les sentiments, les perceptions, les formations mentales et la conscience. J'ai pratiqué cette méditation et je commence à comprendre comment nos sentiments et nos perceptions influencent la qualité de notre vie. J'ai vu qu'il n'y avait aucun élément permanent dans les cinq rivières. J'en suis venu à admettre que la croyance en un soi séparé est erronée mais je ne saisis pas pourquoi il faut suivre un chemin spirituel si le soi n'existe pas ? Qui est libéré alors ?

- Kassapa, acceptez-vous l'idée que la souffrance existe ?

- Oui.

- Êtes-vous d'accord pour dire que la souffrance a des causes ?

- Tout à fait Gautama.

- Kassapa, quand les causes de la souffrance sont présentes, la souffrance est présente. Quand les causes de la souffrance ont disparu, la souffrance a aussi disparu.

- Oui, je comprends cela.

- La cause de la souffrance est l'ignorance, une façon erronée de voir la réalité. Penser que ce qui est impermanent est permanent est de l'ignorance. Penser qu'il y a un soi alors qu'il n'y en a pas, c'est cela l'ignorance d'où naissent l'avidité, la colère, la peur, la jalousie et d'innombrables autres souffrances. Suivre le Chemin de la Libération consiste à pratiquer la vision profonde afin de réaliser véritablement la nature de l'impermanence, l'absence d'un soi séparé et l'interdépendance de toutes choses. Ce chemin permet de vaincre l'ignorance. Une fois celle-ci terrassée, la souffrance est transcendée. C'est la vraie libération. Il n'y a aucun besoin d'un soi pour atteindre cette libération.

- Gautama, je sais que vous parlez à partir de votre expérience et que vos propos n'expriment pas seulement des concepts. Vous avez déclaré que la libération ne peut surgir que de la pratique de la méditation. Pensez-vous que toutes les cérémonies, rituels et prières soient inutiles ?

Le Bouddha montra la berge opposée de la rivière et déclara :

- Kassapa, si une personne veut se rendre de l'autre coté, que devra-t-elle faire ?

- Si le niveau n'est pas trop profond, elle pourra traverser à gué. Autrement, elle devra nager ou emprunter une embarcation.

- Que se passera-t-il si elle ne peut ni traverser à gué, ni nager, ni ramer ? Qu'arrivera-t-il si elle reste simplement de ce coté de la rivière et prie pour que l'autre rive vienne jusqu'à elle ? Que penseriez-vous d'un tel homme ?

- Je dirais que c'est un insensé !

- Exacte, Kassapa. Si quelqu'un n'arrive pas à dépasser son ignorance et ses barrières mentales, il ne peut pas atteindre la rive de la libération, même s'il passe toute sa vie à prier.

Soudain Kassapa s'effondra en larmes et se prosterna aux pieds du Bouddha.

- Gautama, j'ai gaspillé plus de la moitié de ma vie. Je vous en prie, acceptez-moi comme disciple et laissez-moi étudier et pratiquer le Chemin de la Libération avec vous.

Le Bouddha aida Kassapa à se relever et déclara :

- Je vous prendrais bien comme disciple, mais qu'adviendra-t-il de vos cinq cents élèves ? Qui les guidera si vous les quittez ?

- Gautama, je vais leur parler. Demain après-midi, je vous ferai part de ma décision.

Le Bouddha déclara :

- Les enfants d'Uruvela m'appellent le Bouddha.

Kassapa manifesta une certaine surprise.

- Cela signifie l’Éveillé ! Eh bien, je vous appellerai ainsi.

Le lendemain, Kassapa confia au Bouddha que ses cinq cents adeptes avaient aussi décidé de devenir des disciples.  


_________________
Dans le ciel il n'y a ni Est ni Ouest, les gens créent des distinctions depuis leur esprit puis croient qu'elles sont vérité. 
Demeurer en colère c'est prendre un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un, c'est vous qui vous brûlez. 
Traitez votre colère avec compassion, votre colère c'est votre bébé qui pleure et vous êtes la maman, réconfortez votre bébé pour qu'il ne pleure plus, traitez votre colère avec compassion. 

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