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Bouddhisme et christianisme

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Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Jeu 06 Sep 2018, 08:45




Bonjour Smile


Avec prudence je poste ce file ici. Le Vénérable Nhat Hanh, par la force des événements et malgré lui s'est longtemps retrouvé exilé en France de tradition chrétienne catholique, loin de son Viêt Nam natal de tradition bouddhiste. Il a donc été confronté à des pratiquants du christianisme pendant de nombreuses années. Sa communauté apparemment accepte toutes les confessions religieuses pour des retraites sans chercher à convertir. Dans des enseignements il a déjà mentionné la présence de chrétiens catholiques, de juif et de musulman israéliens, venus faire retraite un moment au Village des Pruniers. Dans des enseignements filmés avec des séances de question-réponses j'ai pu voir des pratiquants d'autres traditions (des chrétiens surtout), s'exprimer. 

Le Vénérable Nhat Hanh (tout comme sa "Sainteté" le Dalaï Lama) encouragent à conserver les traditions religieuses dans lesquelles on est né et on a grandit. A garder ses "racines". Le Vénérable Nhat Hanh base beaucoup son enseignement sur la pratique de la non-discrimination comme voie d'accès à la compréhension, à la compassion et à la libération. 

Etant né et ayant été élevé de nombreuses années dans la foi chrétienne catholique, mon cheminement personnel m'a amené à "migré" vers la pratique bouddhique (un travail intérieur qui ne s'est pas fait sur un coup de tête ni en un claquement de doigts). Néanmoins je m’efforce, de temps à autre, de creuser un peu mon ancienne tradition spirituelle, non pour y retourner mais pour essayer d'y trouver des passerelles avec la pratique bouddhique. 

J'ai constaté qu'il y a bien plus de passerelles que l'on peut penser (même si il aussi des obstacles qui ne peuvent être franchis en tout cas par moi). 

Petit à petit j'ai eu tendance à penser qu'il était possible d'aller au delà de certaines discriminations de forme et de trouver des éléments du dharma bouddhique partout, y compris dans la tradition chrétienne. Dans une autre partie du forum j'ai posté il y a un certain temps un texte au titre assez provocateur de Buddhadasa Bikkhu (un moine de la tradition de la Forêt - Véhicule des Anciens donc) qui cultive cette idée du fait que tous les discours spirituels humains étant liés, faire des distinctions sur la forme peut avoir du sens mais pas sur le fond. 

J'aimerais partagé certaines de mes découvertes ici, évidemment à l'écart des enseignements du dharma spécifiques à ce forum afin de ne pas troubler les lecteurs. Respecter un peu de forme. 

Je crois que les 2 communautés ont des choses à se dire. Pour avancer paisiblement. Cela se fait en tout cas entre spécialistes des 2 traditions depuis un moment déjà. 

Pour commencer évidemment un texte du Vénérable Nhat Hanh. 


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Traitez votre colère avec compassion, votre colère c'est votre bébé qui pleure et vous êtes la maman, réconfortez votre bébé pour qu'il ne pleure plus, traitez votre colère avec compassion. 
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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Jeu 06 Sep 2018, 08:59



Bouddhisme et Christianisme


Dans le Christianisme je pense que la pratique doit être réalisée comme cela. Au début vous avez une idée de Dieu, de l’âme, de vous-même. L’énergie de la foi vous permet de commencer et de continuer. La foi c’est quelque chose qui est en rapport avec nos notions, nos perceptions et qui se développe, Dieu est d’abord une personne, vous priez Dieu en tant que personne. Non seulement vous priez Jésus en tant que personne mais aussi Dieu le père. Parce que Jésus se réfère à Dieu comme à une personne :



" Mon père qui êtes aux cieux "
" je suis envoyé par mon père qui est aux cieux
et vous pouvez toucher mon père à travers moi "


Dans le Christianisme il est donc très clair que nous devons faire attention en parlant de l’incompréhensibilité de Dieu.


Voici un passage de St Jean Chrysostome sur l’incompréhensibilité de Dieu :


" Déclarons qu’il dépasse tout le pouvoir de la parole humaine, qu’il échappe à la grâce de toute intelligence mortelle. les anges ne peuvent le pénétrer, ni les séraphins le voir en pleine clarté, ni les chérubins le comprendre entièrement parce qu’il est invisible aux pouvoirs, principes et vertu de toute créature sans exception. Seuls le Fils et le Saint-Esprit peuvent le connaître ".


C’est comme dire que seule la sagesse non discriminative peut connaître le Nirvana.




Voici un passage de St Grégoire de Nysse ( Eglise Orthodoxe ) :


" la nuit désigne la contemplation des choses à la manière de Moise qui entra dans l’obscurité où Dieu se trouvait. Ce Dieu qui fait de l’obscurité sa cachette. Entourée par la nuit divine, l’âme le cherche dans l’obscurité, elle possède enfin l’amour de celui qu’elle cherche mais l’aimé s’échappe de la grâce de ses pensées".


En observant la pratique du Christianisme à partir de l’expérience d’un bouddhiste nous voyons que Dieu le père doit être l’objet de notre expérience quotidienne. Si le moine chrétien et le laïc ne pratique pas le toucher de Dieu le père dans leur vie de chaque jour, l’image et la notion de Dieu ne suffiront plus pour soutenir sa joie, sa paix et son bonheur.



Dans le Bouddhisme l’essence de la pratique c’est la méditation. Dans le Christianisme, c’est la prière. la prière est au Christianisme ce que la méditation est au Bouddhiste. Dans le Christianisme le moine ou le laïc doit prier et l’objet de sa prière c’est l’amour. Mais il faut qu’il apprenne à prier de telle façon que l’objet de la prière ne soit plus une image mais que la prière devienne une pratique : toucher Dieu en tant que réalité et non en tant que concept. Pour moi la force du Christianisme réside dans la prière à Dieu en tant que personne.


C’est très difficile de prier une non-personne. le chrétien établit une relation interpersonnelle avec Dieu et c’est une chose merveilleuse pour canaliser votre énergie, votre amour. A partir du moment où Dieu cesse d’être une personne vous ne pouvez plus continuer ainsi. Il faut trouver un autre moyen de façon à établir votre relation avec Dieu. Parce que Dieu n’est plus ni une personne ni une non- personne. Vous ne pouvez plus utiliser les notions, les sensations que vous utilisiez avant d’établir une relation avec Dieu.



A mon avis dans le Christianisme il y a eu des efforts répétés pour enlever la frontière entre l’objet et le sujet des relations. Dans le Christianisme plusieurs personnes conçoivent le créateur comme distinct de la créature. Dieu nous a créé comme des créatures de Dieu et il semble qu’une ligne sépare les deux. Dans le Bouddhisme cette notion de dualisme n’existe pas. Dans le Bouddhisme la dimension historique est parfois appelée lokhadathu. la dimension ultime peut être appelée Dharmadathu. le monde de lakshana et le monde de Svabhava : noumène et phénomène. Nous pouvons distinguer deux sortes de relations. Dans la relation historique tout dépend de tout le reste et le Bouddha nous a donné les clés de l’impermanence et du non-moi pour que nous puissions voir la relation étroite entre toutes les choses.


Par exemple dans la fleur vous pouvez voir le soleil, les nuages, la terre, tout. Il y a une interpénétration libre entre chaque chose et tout le reste parfois nous l’appelons interpénétration.



Dans le monde des phénomènes tout est votre père ou votre mère. Tout est la manifestation d’un père, d’un fils, d’une fille et de tout le cosmos.


les vaches, les oiseaux, les fleurs. On ne peut. pas dire que Dieu a crée l’homme puis la vache pour que l’homme puisse manger la vache. Ce n’est pas juste parce que la vache est notre sœur, notre mère. On ne peut pas dire que Dieu après avoir créé l’homme a créé les oiseaux, les arbres, les fleurs et toutes sortes d’animaux pour nous nourrir, ce n’est pas juste. Nous naissons tous du Lokhadathu mais aussi du Dharmadathu et en principe, nous sommes égaux à Jésus, nous sommes son frère et sa sœur. Non seulement nous mais aussi les fleurs, les oiseaux et même les dindes. On pense souvent à la dinde en cette saison et je suis désolé parce que ce n’est pas la meilleure façon de toucher la dimension profonde - : tuer la dinde au moment de Noël.



Pourquoi dit-on que seul " Le Fils et l’Esprit saint connaisse Dieu. "



Et nous ?



Avons-nous la capacité de toucher la dimension ultime ? La réponse c’est oui, positivement oui. Dans la tradition Bouddhiste vous apprenez que vous êtes un futur Bouddha, que vous avez le potentiel d’un Bouddha. Avec l’énergie de !a Pleine Conscience en vous et sa culture, vous pouvez développer l’énergie de la vue profonde, de la compassion profonde et toucher la dimension ultime tout de suite.



Dans le Christianisme il est pour moi très clair que pas seulement Jésus mais nous tous sommes capables de toucher Dieu, de le voir, de le connaître, d’être Dieu. Dans l’Eglise Orthodoxe d’Orient il est clairement exprimé que l’on peut devenir saint, c’est à dire un avec Dieu. La façon de vivre la réalité de Dieu, doit être libre de la notion de dualité.


De nombreux théologiens Chrétiens ont cherché à éliminer cette division entre les créatures et le créateur et Paul Tillich cherche à montrer que Dieu est la base ontologique de l’être. A ce moment cette dualité entre Dieu et nous-même est éliminée.


Un Bouddhiste dirait que Dieu et le royaume des cieux sont la dimension ultime et Jésus le Fils est envoyé par le Père de la même façon que nous sommes envoyés par la dimension ultime, le Nirvana étant la base de notre être. Nous pouvons toucher la réalité du Nirvana à tout moment.



Le Saint-Esprit est conçu par de nombreux Chrétiens comme l’énergie envoyée par Dieu. C’est cette énergie qui crée Jésus le Fils. Il est facile de comprendre que seul le Fils et Esprit saint peuvent connaître Dieu.


Parce que cette énergie a le pouvoir de balayer la discrimination, i’ignorance, l’oubli de façon que nous puissions toucher la dimension ultime. Si le Fils est le Fils c’est parce que le Saint-Esprit l’habite. Il est descendu en lui sous la forme d’une colombe.


Lorsque nous voulons toucher la dimension ultime de la fleur nous devons être là. Nous devons concentrer notre attention sur ce qui est et toucher la dimension historique de la fleur profondément. A ce moment nous touchons sa dimension ultime. Nous n’avons pas besoin de rejeter la dimension historique pour toucher la dimension ultime. C’est la différence de vue sur Dieu qu’il y a entre Bouddhistes et Chrétiens.



Si vous rejetez les vagues il n’y aura pas d’eau. Pour toucher la vague il n’est pas nécessaire de toucher la notion de la vague mais il suffit de toucher la vague en elle-même. De la même façon vous pouvez toucher seulement la notion de fleur mais il est aussi possible de toucher la réalité de la fleur. Si vous êtes libéré de notions vous pouvez toucher la fleur profondément et à ce moment vous touchez la dimension ultime de la fleur.



C’est merveilleux de savoir que le non-moi, l’impermanence sont des clés; permettent de débloquer la réalité. C’est pourquoi avec la pleine conscience vous touchez tout ce qui vous entoure, vous vous touchez vous-même et en vous touchant profondément vous vous débarrassez des notions de moi, de non-moi, de permanence, d’impermanence. A ce moment les choses se révèlent à vous de façon profonde et vous touchez la dimension ultime.



Le Saint-Esprit est décrit comme l’énergie envoyée par Dieu le Père et vous faites l’expérience de cette énergie lorsque vous rencontrez le Fils. Cette énergie, nous pouvons la reconnaître lorsqu’elle est présente, elle a le pouvoir d’illuminer, de montrer la voie, de guérir. Lorsqu’elle est là vous êtes capable d’aimer, de comprendre, de guérir. Parce qu’elle était là en Jésus il était capable de comprendre des choses que personne ne pouvait voir, d’aimer ce que vous ne pouvez pas aimer, de guérir ce que vous ne pouvez pas guérir.



En vivant profondément votre vie vous découvrez que chaque fois que l’énergie du Saint-Esprit est dans une autre personne, vous vous rendez compte que cette personne est capable de voir des choses que vous ne pouvez pas voir, d’aimer ceux que vous ne pouvez pas aimer, de guérir ceux que vous ne pouvez pas guérir. Cette personne n’a pas besoin d’être Jésus.



Lorsque ce pouvoir d’aimer, de guérir, de comprendre est là, vous savez que le Saint-Esprit est présent. Dans le Bouddhisme, on l’appelle la Pleine Conscience.



Si elle est présente nous avons la capacité de voir les choses plus profondément, de les comprendre, d’aimer et de guérir plus facilement.



C’est donc plus sûr d’approcher la Trinité par la porte du Saint-Esprit. Vous et moi pouvons reconnaître cette énergie quand et où elle apparaît. Ce n’est pas un sermon ou un enseignement du Dharma, c’est une chose que vous pouvez toucher et vous voulez avoir cette énergie. En vivant dans la Sangha nous reconnaissons parfois que cette énergie est faible en nous mais qu’elle est plus présente dans un frère ou une sœur. En regardant ce frère ou cette soeur nous faisons le vœu de cultiver notre patience, notre compréhension.



Nous avons tous cette énergie mais son intensité
est différente en chacun de nous.



Notre pratique de chaque jour cherche à développer, renforcer cette énergie de Pleine Conscience. Une Eglise, une communauté qui n’est pas habitée par l’Esprit saint est comme morte. C’est pourquoi nous devons cultiver la Pleine Conscience, la compréhension et l’amour pour que la Sangha soit une véritable Sangha qui contienne le Bouddha et le Dharma. Une Eglise où les gens se haïssent, sont cruels entre eux n’est pas habitée par Esprit Saint. Si vous voulez reconstruire votre Eglise, vous savez comment le faire. Les talents d’organisateur ne permettent pas de reconstruire une Eglise Il faut reconstruire votre Eglise avec la force du Saint-Esprit. Lorsque les gens se reconnaissent comme des frères et des sœurs, se regardent et se sourient, le Saint-Esprit est présent. La Pleine Conscience, la compassion sont là et alors l’amour et la compréhension sont là Le Bouddha est là. Lorsque Esprit saint est là Jésus est là.


Il n’a pas besoin d’être ressuscité pour que vous le sentiez en vous.
Pourquoi attendre un certain jour ?
Pourquoi attendre le Jugement Dernier ?


La foi est un sujet très important, sans foi vous ne pouvez pas vivre et pourtant la foi est vivante. Ce n’est pas un nombre de notions, objets de notre croyance. La foi se développe chaque jour, vous amène joie, paix et force. Elle implique la pratique qui est de vivre ici sa vie de chaque jour. Dans les cercles chrétiens la pratique c’est de prier. Certains Chrétiens pensent que prier c’est avoir son esprit dans son cœur, d’autres que c’est agir et personne n’est d’accord avec son voisin. Nous approfondirons ces éléments la prochaine fois.




Un enseignement de Maître Thich Nhat Hanh donné à la veille de Noël 2000
Le Vénérable Nhat Hanh a écrit aussi ce livre : 




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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Jeu 06 Sep 2018, 17:01



Dans le Nouveau Testament en plus des Évangiles (qui racontent vie et enseignement de Yeshua) et aussi des lettres (ou épîtres) de la part d'apôtres (ou disciples si vous voulez, certains ayant connu Yeshua d'autres non). 

Ci-dessous une petit présentation de celui que l'on nomme Jacques le Mineur (pour le distingué de Jacques le Majeur) ainsi que son épître figurant dans le Nouveau Testament. J'ai souligné certains passages que je trouve parlants.  

Jacques d'Alphée ou Jacques, fils d'Alphée, du grec Iάκωβος ὁ τοῦ Ἁλφαίου, est un Juif de Galilée qui fait partie des douze apôtres de Jésus. Dans la tradition du christianisme occidental, il est aussi appelé Jacques le Mineur, pour le distinguer de Jacques de Zébédée, dit Jacques le Majeur, frère de l'apôtre Jean.



LETTRE DE SAINT JACQUES APÔTRE


01 JACQUES, SERVITEUR DE DIEU et du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus de la Diaspora, salut !


02 Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves.


03 Vous le savez, une telle vérification de votre foi produit l’endurance,


04 et l’endurance doit s’accompagner d’une action parfaite, pour que vous soyez parfaits et intègres, sans que rien ne vous manque.


05 Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, lui qui donne à tous sans réserve et sans faire de reproches : elle lui sera donnée.


06 Mais qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite ressemble aux vagues de la mer que le vent agite et soulève.


07 Qu’il ne s’imagine pas, cet homme-là, qu’il recevra du Seigneur quoi que ce soit,


08 s’il est partagé, instable dans toute sa conduite.


09 Que le frère d’humble condition tire sa fierté d’être élevé,


10 et le riche, d’être humilié, car il passera comme l’herbe en fleur.


11 En effet, le soleil s’est levé, ainsi que le vent brûlant, il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée, la beauté de son aspect a disparu ; de même, le riche se flétrira dans toutes ses entreprises.


12 Heureux l’homme qui supporte l’épreuve avec persévérance, car, sa valeur une fois vérifiée, il recevra la couronne de la vie promise à ceux qui aiment Dieu.


13 Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne.


14 Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.


15 Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort.


16 Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés,


17 les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses.


18 Il a voulu nous engendrer par sa parole de vérité, pour faire de nous comme les prémices de toutes ses créatures.


19 Sachez-le, mes frères bien-aimés : chacun doit être prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère,


20 car la colère de l’homme ne réalise pas ce qui est juste selon Dieu.


21 C’est pourquoi, ayant rejeté tout ce qui est sordide et tout débordement de méchanceté, accueillez dans la douceur la Parole semée en vous ; c’est elle qui peut sauver vos âmes.


22 Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion.


23 Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est,


24 et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était.


25 Au contraire, celui qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s’y tient, lui qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi.


26 Si l’on pense être quelqu’un de religieux sans mettre un frein à sa langue, on se trompe soi-même, une telle religion est sans valeur.


27 Devant Dieu notre Père, un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et de se garder sans tache au milieu du monde.



Commentaire que l'on peut trouver sur wikipédia : 


Les épreuves de la vie ne peuvent pas venir de Dieu (Jc 1:13) : chaque tentation vient de notre propre convoitise. Le culte qu'on lui rend doit comporter des actes de démonstration de sa foi. Une attitude préférentielle pour les choses courantes du monde (matérialisme, égoïsme, etc.) entrave les relations que l'on peut avoir avec Dieu.


Dans les premier et troisième chapitres, Jacques met en garde contre les dangers de la parole. Il exhorte les chrétiens à écouter les autres plus que vouloir parler. Il leur conseille également de ne pas avoir comme but de devenir prêcheurs ou enseignants, car quiconque prêche a la responsabilité de l'enseignement qu'il donne à ses élèves. 


"Épître de paille"


C'est ainsi que Luther qualifiait l'Épître de Jacques pour signifier sa réserve à son égard, car elle lui paraissait refuser la théologie de l’apôtre Paul de la justification par la foi.



Cela me fait aussi penser à "l'hérésie pélagienne" : 



Le pélagianisme est une doctrine développée à partir de la deuxième moitié du ive siècle par l'ascète breton PélageCélestiusJulien d'Eclane et leurs disciples, caractérisée par l'insistance sur le libre arbitre de l'homme.


Établi à Rome et devenu le maître spirituel d'un groupe d’aristocrates, Pélage enseigne qu'il est possible de choisir le bien et de vivre sans péché, de suivre les commandements de Dieu en exaltant la primauté et l'efficacité de l'effort personnel dans la pratique de la vertu.



Pélage a en fait été influencé par un ouvrage de jeunesse d'Augustin d'Hippone, De libero arbitrio (Traité du libre arbitre), écrit pour combattre le manichéisme. Il cite dans son De natura un passage du livre III du traité d'Augustin.



Le pélagianisme soutenait que l'homme pouvait, par son seul libre arbitre, s'abstenir du péché. Il contestait le péché originel.



En effet, pour le moine breton les hommes ne doivent pas supporter le péché originel d'Adam - qui n'a nui qu'au seul Adam - dans leurs actions et ne doivent donc pas se racheter à jamais. 


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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Sam 08 Sep 2018, 07:45

En écoutant un documentaire hier j'ai entendu un point de ressemblance qui j'ignorais jusque là entre Yeshua et Siddharta. 

Tout deux ont été confrontés au clergé local "officiel" "rigidifié" ou en dégénérescence. 

Le Bouddha fut confronté aux brahmanes et même si apparemment il ne cherchait pas l'affrontement, il eut régulièrement des paroles assez dures a leur encontre, ou du moins expliquait ce que devait être ou ne pas être selon lui un brahmane (dans le Dhammapada on en parle il me semble). A son époque cette caste avait acquis une importance et une influence considérable car maîtresse des rituels liés aux dieux. Et bien-sûre, même si on ne peut généraliser, ceux-ci usaient et abusaient de cette position centrale, appréciant et faisant tout ce qui était possible, pour rester au coeur de la vie sociale et en tirer des avantages matériels. Non sans que le petit peuple en souffre parfois car les services des brahmanes n'étaient pas gratuits loin de là. Le Bouddha évidemment fustigeait ce comportement et eu droit à des attaques de leur part. Le Bouddha faisait l'éloge du détachement vis à vis des possessions matérielles. 

Hors on trouve exactement la même situation chez Yeshua qui fustigeait les Sadducéens, l'un des 4 courants juifs de son temps. Ceux-ci étaient des conservateurs, une aristocratie sacerdotale qui donc dirigeait le clergé et en tirait de juteux avantages via le commerce des offrandes à faire au Temple. C'est d'ailleurs contre ce commerce fait au Temple que Yeshua s'emporta violemment (la seule manifestation de violence physique qu'on lui connait). Yeshua attaquait directement leur pouvoir sur la société, leur richesse, leur influence. Et bien sûre ils complotèrent sa perte. Et Yeshua aussi encourageait au détachement vis à vis des bien matériels. 

Au passage, le fameux "Zoroastre" ou "Zarathoustra", fondateur du Zoroastrisme, était lui aussi un réformateur en but à la sclérose de la religion perse : le mazdéisme. Il s'opposa aux sacrifices sanglants comme Yeshua et le  Bouddha. 

Et plus récemment, Martin Luther se posa aussi, malgré lui, en réformateur du christianisme après une visite à Rome ou il fut choqué par les rapport entre l'Eglise et l'argent, notamment le fameux "commerce des indulgences". L'Eglise proposait contre argent des "indulgences" a savoir une période en moins à subir les tourments du purgatoire après la mort. Purgatoire qui est une "invention" post période christique. Par contre dans la religion zoroastrienne il n'y a aucun enfer mais un "paradis" ou au pire un "purgatoire" temporaire pour ceux qui se sont mal conduits durant cette vie mais tout le monde finit au "paradis". 

On retombe sur les mêmes mécanismes régulièrement. 



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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Ven 05 Oct 2018, 18:24



Un dialogue bouddhisme / christianisme
Feu & Lumière.


J’ai organisé l’année dernière plusieurs rencontres inédites entre un lama tibétain et un père abbé bénédictin, qui a donné lieu à un livre à deux voix sur le chemin spirituel dans le bouddhisme et dans le christianisme. Cet échange chaleureux et enrichissant m’a permis de me faire une opinion plus précise sur ce qui rapproche et sépare ces deux grandes voies spirituelles. Les préjugés et les visions caricaturales présentent dans bien des esprits, tendent en effet à entretenir l’idée dominante d’une différence radicale entre ces deux traditions. Il existe effectivement, et nous y reviendrons, certaines divergences profondes. Mais, comme l’a montré ce dialogue, les points d’accord sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense communément. Je retiendrai cinq grands pôles de convergences. 

Le premier concerne la situation existentielle de l’homme : de part et d’autre on considère cette vie comme décisive, avec un enjeu majeur : celui du salut ou de la libération à obtenir et pour lequel l’homme est invité à consacrer d’importants efforts. La mort est également considérée comme un moment crucial, auquel l’homme doit se préparer, un passage vers un autre mode d’existence, laquelle est conditionnée par les actes posée en cette vie. Même si certaines divergences se font jour quant aux différents modes d’existence de cette vie future, on retrouve dans les deux traditions les notions d’états bienheureux et d’états malheureux, avec la possibilité d’accéder de manière ultime à un état de suprême béatitude au delà de toute représentation et de tous mots (nirvana ou vision béatifique).


Le deuxième pôle de convergence, le plus important, concerne le chemin spirituel et plus précisément les dispositions intérieures nécessaire à l’homme pour atteindre ce salut ou cette libération. Le Moine et le Lama s’accordent ainsi sur la nécessité de libérer l’esprit des nombreuses agitations et distractions pour créer un véritable « espace intérieur ». Sur l’utilité de la pratique de la méditation pour créer ce silence intérieure et les conditions d’une prise de recul, d’une distanciation par rapport à tous ce qui nous perturbe. Sur la nécessité d’ouvrir son cœur à l’Absolu, de développer un état d’abandon, de confiance, de lâcher prise. Sur le caractère décisif de l’intention altruiste dans toute pratique spirituelle, cette motivation aimante qui vise à agrandir son cœur aux dimensions de l’univers, à refuser d’être heureux sans les autres, à mettre, en fin de compte, l’amour et la compassion comme source et but suprême de toute activité spirituelle. Dans cette perspective, l’orgueil, la suffisance, le repli sur soi au détriment des autres, sont perçus de part est d’autre comme les principaux obstacles à la réalisation spirituelle. On insiste par contre avec force sur la nécessité d’une « reliaison » avec un principe supérieur capable d’aider l’homme à grandir et à se dépasser. Cette notion d’influence spirituelle, de grâce, est bien au cœur du christianisme comme du bouddhisme du Grand véhicule. Cela réduit considérablement l’écart entre une conception du christianisme où le salut ne relèverait que de la grâce et une conception limitée du bouddhisme, où le chemin spirituel ne reposerait que sur les seuls efforts de l’homme, sans aucune médiation et appel à un soutien spirituel extérieur. L’écart demeure évidemment sur l’origine ultime de grâce : le don de la vie divine du Créateur d’un côté, l’influence positive des êtres « éveillés » et un processus d’identification à leurs qualités, de l’autre. Le discours tenu par le Moine et le Lama sur ce que la tradition chrétienne appelle « les passions » et le bouddhisme « les émotions » est aussi très similaire. L’idée maîtresse est de ne pas réprimer, de ne pas refouler ces passion ou ces émotions, mais de les reconnaître, de les identifier et de faire un travail spirituel qui permet de les transformer (ce qui rejoint le concept freudien de sublimation). On retrouve enfin une conception très similaire de bonheur, de la manière dont il doit être recherché sans constituer un absolu en cette vie, ainsi que de la souffrance qui ne doit jamais être recherché pour elle même, mais qui, vécue d’une certaine manière – ici les conceptions pourront diverger fortement – peut servir de tremplin à un progrès spirituel.


Troisième pôle de convergence : l’exigence éthique. Bouddhisme et christianisme sont deux religions éthiques qui proposent de nombreuses règles de l’agir humain. Les dix actes négatifs et positifs du bouddhisme font écho aux dix commandements bibliques et on insiste de part et d’autre avec force sur la nécessité du respect de la vie, ce qui conduit à une condamnation sans équivoque de l’avortement comme un acte grave. Le discours sur les valeurs est très similaire et se polarise – avec des arrières fond métaphysiques différents – sur l’idée centrale de respect et d’amour du prochain.

Quatrième pôle de convergence, l’importance de la tradition. Les deux interlocuteurs insistent sur le fait qu’une quête spirituelle doivent s’enraciner dans une tradition. L’idée maîtresse est à la fois celle d’un apprentissage auprès d’un maître ou au sein d’une école spirituelle (comme un ordre monastique) et celle d’une communauté – le sangha ou l’Eglise – au sein de laquelle l’homme progresse de manière plus bénéfique que s’il reste isolé. Ils rappellent l’importance de la cohérence interne d’une religion et le danger de picorer ou de « bricoler » entre plusieurs systèmes.

Cinquième pôle de convergence enfin, la relation de l’homme à l’Absolu. Les conceptions de l’Absolu sont différentes – et nous allons y venir tout de suite – mais j’ai été frappé de voir les étonnantes similitudes qui existe dans la manière dont bouddhistes du Grand véhicules et Chrétiens considèrent que l’homme est participant, de part sa nature même, à cet Absolu et tend ensuite par sa démarche et par la grâce à le « réaliser » ou « l’atteindre ». Lama Jigmé explique que tout homme possède « la nature du Bouddha » et que ses efforts spirituels tendent à réaliser pleinement, en dissipant les voiles de l’ignorance, sa nature véritable. Dom Robert rappelle quant à lui que tous les hommes sont « participants de la nature divine » et que le but ultime du chemin spirituel chrétien est également de dissiper tous les voiles et les obstacles qui empêchent l’homme de vivre pleinement cette vie divine. Dans un regard phénoménologique sur le chemin qui conduit l’homme à réaliser ou atteindre cet Absolu, on peut encore souligner l’étonnante parenté entre les trois vertus théologales de foi d’espérance et de charité et les trois « piliers » de la voie tibétaine dont parle Lama Jigmé. De même que le chrétien est habité par la foi en Dieu qui l’amène à croire non seulement en Son existence, mais aussi à reconnaître en Lui certaines qualités : amour, toute puissance, omniscience etc., le bouddhiste est habité par « deupa », que le Lama définit comme une « foi solide » qui lui permet de reconnaître les qualités du bouddha et de l’Eveil. De même que le chrétien développe la vertu d’espérance, qui lui fait espérer participer pleinement un jour à la vie divine et le soutient tout au long des difficultés du chemin spirituel, le bouddhiste tibétain développe « meugu » une aspiration forte à atteindre l’Eveil. De même enfin que le chrétien se dit « porté » par l’amour divin et tend vers la réalisation plénière de cet amour, le bouddhiste tibétain affirme s’appuyer sur « djampa-nyindjé », l’amour et la compassion, pour développer toutes les autres qualités spirituelles et considère la compassion comme la qualité essentielle de l’Eveil.


Tout ces points d’accord ou ces similitudes, et on pourrait en mentionner d’autres, ne doivent pas dissimuler cependant quelques profondes divergences qui apparaissent très nettement au cours de ce dialogue.


La première d’entre elle porte évidemment sur la compréhension même de l’Absolu. Les chrétiens, à la suite des Juifs, croient en un Dieu personnel et créateur. L’Absolu des bouddhistes est beaucoup plus impersonnel et demeure totalement étranger à cette notion de création. Certes, comme le rappelle les deux interlocuteurs, le bouddhisme ne nie pas explicitement l’existence d’un Dieu créateur et on peut sans soute parler du bouddhisme comme d’une voie apophatique (c’est à dire qui reste silencieuse à ce sujet). Il n’en demeure pas moins que la notion biblique d’un Dieu source, créateur, qui existe indépendamment de sa création, est étrangère au bouddhisme. Il s’en suit une manière existentielle fort différente de se relier à l’Absolu : d’un coté la prière chrétienne qui est vécue tel un dialogue entre la créature et le créateur, de l’autre la méditation bouddhiste qui permet un travail sur l’esprit humain sans aucune relation avec l’ « Autre », même si, comme on vient de l’évoquer, la notion de « relaison » avec des « êtres éveillés », vient en quelque sorte suppléer cette absence d’altérité.


La définition que les uns et les autres donnent de l’homme
découle directement de cet compréhension de l’Absolu. Tandis que le bouddhisme conçoit l’homme comme le produit d’un évolutionisme naturel dont les origines premières restent assez floues, le christianisme le considère comme une créature divine, la seule à posséder un esprit ou une âme spirituelle lui permettant de retourner à son créateur.

Sur la question du mal et de son origine, la situation est presque inverse. Tandis que le bouddhisme apporte une explication causale logique, abondamment développée – la loi universelle du karma – les chrétiens restent presque muets sur la question et renvoient, à travers le mythe du péché originel, au mystère de l’acte créateur face à la liberté humaine.


Sur la question de l’au-delà, même si on a pu noter quelques points importants de convergences, subsiste un point de désaccord fondamental. Les chrétiens affirment avec force que chaque homme ne vit qu’une fois et qu’il est ensuite jugé et rétribué en fonction de ses mérites. La récompense suprême est d’ailleurs la participation totale à la vie divine : la vision béatifique ou la Vie éternelle. Les bouddhistes sont quant à eux convaincus de l’existence de nombreuses vies – même si la question de ce qui transmigre d’une vie à l’autre reste très complexe et fortement débattue au sein même des différents courants du bouddhisme – et pensent que l’homme ne peut atteindre l’Eveil qu’au terme d’un parcours d’un parcours extrêmement long.


Ce dialogue enfin a mis en lumière deux autres différences fondamentales. Au regard de l’histoire, on peut constater que le bouddhisme a mis fortement l’accent sur le travail sur soi, la transformation de soi, tandis que le christianisme, sans négliger cette dimension (du moins jusqu’à une période récente) a également développé de nombreuses oeuvres caritatives et d’éducation, répondant à un impératif de transformation du monde.


La question, à laquelle il est très difficile de répondre, est de savoir jusqu’où cette différence résulte uniquement de conditionnements spatiaux et historiques différents, ou si elle relève aussi des divergences métaphysiques entre les deux religions. Autrement dit, la conception d’un Absolu comme Dieu personnel et créateur, qui s’incarne en la personne du Christ pour manifester son amour de tous les hommes, est-elle la source fondatrice d’un profond élan de transformation du monde, qui va non seulement amener des milliers d’individus à consacrer leur vie aux plus pauvres ou à fonder toutes sortes d’institution caritatives, mais aussi engendrer les notions – aujourd’hui laïcisée – de justice sociale et de droits de l’homme ? Personnellement, je répondrai par l’affirmative.


La dernière grande divergence concerne la manière dont bouddhisme et christianisme se situent par rapport aux autres religions et le prosélytisme qui en découle. Le Lama insiste sur le fait que chaque religion ou voie spirituelle de l’humanité est égale en dignité – même si les moyens divergent – chacune pouvant conduire les hommes à l’Eveil. A l’inverse le Moine a sans cesse rappelé la position catholique qui pose la prééminence du christianisme sur les autres religions, même si l’Eglise reconnaît des parcelles ou des germes de vérité ailleurs. Si le ton et les formes ont évolué, la position actuelle de l’Eglise vis à vis des religions en général et du bouddhisme en particulier reste fondamentalement la même que celle du pape Clément XII qui écrivait en 1738 au Dalaï-Lama : « Nous avons l’espérance motivée que, par la miséricorde du Dieu infini, vous en arriverez à voir clairement que seule la pratique de la doctrine de l’Evangile, dont votre religion se rapproche beaucoup, peut conduire au bonheur d’une vie éternelle. »


On touche en fait ici à la question cruciale du statut de la vérité. Car si bouddhisme et christianisme insistent fortement l’un et l’autre sur la nécessité de « chercher la vérité », comme un nécessaire discernement à opérer entre ce qui est vrai et ce qui est faux, les chrétiens se sentent dépositaires de la vérité ultime. Ils donnent à la vérité de leur message un caractère absolu, trans-historique et immuable. A l’inverse, les bouddhistes ne prétendent pas être les dépositaires d’une vérité divine et établissent une subtile distinction entre vérité absolue et vérité relative. Ils admettent que si la vérité absolue existe bien, elle n’est pas accessible en concepts ou en mots. Autrement dit, tant que nous n’avons pas atteint l’Eveil, tant que nous sommes limités par nos catégories mentales, on ne peut professer que des vérités relatives – conception qui rejoint celle de Kant et qui apparaît aujourd’hui comme un des postulats majeur de la modernité. Une telle conception, qui fait aussi paradoxalement le lit du succès du bouddhisme en Occident, conduit nécessairement à une attitude missionnaire beaucoup plus pacifique et finalement à une certaine compréhension pluraliste des religions qui se distingue de la compréhension exclusiviste ou inclusiviste du christianisme. Au delà d’un discours de politesse, c’est la raison pour laquelle le Dalaï-Lama ne cesse de dire aux Occidentaux qu’ils ne doivent pas chercher à changer de religion et à se convertir au bouddhisme. A l’inverse, on considère du catholique que l’Eglise est dépositaire de la vérité universelle ultime, révélée par Jésus-Christ, et qu’elle se doit, comme le Christ l’y a engagé, de transmettre cette vérité à tous les hommes. C’est la raison pour laquelle le pape tient le discours exactement inverse du Dalaï-Lama et encourage fortement les missions en terres bouddhistes ou autres.


Ce livre de dialogue entre un lama tibétain et un moine profondément fidèle au magistère catholique reflète bien cette différence profonde, qui ne remet pourtant nullement en cause l’utilité et la fécondité d’un échange inter-religieux permettant aussi de confronter les religions sur la manière dont elles se conçoivent et dont elles se situent les unes par rapport aux autres. De cette confrontation jaillit une clarification utile. A chacun ensuite de se situer par rapport à cette divergence, qui est peut-être la plus radicale de toutes.
(le texte date un peu je précise).


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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Mer 10 Oct 2018, 18:53

Enseignements de Frère Phap Dê, moine zen catholique






Posté le novembre 10, 2016 par Soeur Dao Nghiem


Le 4 août 2016 Frère Phap Dê, âgé de 81 ans, est décédé entouré de l’amour de ses frères et soeurs monastiques de notre monastère du Parc des Cerfs en Californie et de sa famille. La mémoire de son sourire chaleureux et de sa présence bienveillante continue à nous tenir compagnie. Notre Frère qui, dans sa jeunesse, était un prêtre catholique, a offert de magnifiques enseignements sur la double appartenance et sa pratique guidée par notre maître.



13 Août 2014 – Le Nouveau Départ et la Joie


Chers Thây, Soeurs, et Frères,


Ceux parmi vous qui sont nouveaux ici remarquent peut-être que je commence en disant « Cher Thây » – Thich Nhat Hanh, notre maître. Je commence ainsi parce que je ressens vraiment profondément sa présence. Nous, qui avons commencé à prendre le relais de son enseignement. Pour moi, prendre le relais de son enseignement, sa générosité, son amour, sa sagesse, dont je fais l’expérience comme de la sagesse du Bouddha. Il est la continuation du Bouddha. De tous les hommes au monde que j’ai connus, il est ma meilleure expérience de Jésus. Il y a quinze ans, avant de devenir moine, j’ai dit un jour à Thây: « Je pense que vous comprenez Jésus mieux que tous les éminents professeurs de théologie que j’ai eu dans les années 1950 et 1960 ». Et j’avais eu de très bons professeurs de théologie. Il répondit simplement: « C’est parce que j’ai Jésus dans mon coeur ». Si vous avez lu ses livres Bouddha vivant, Christ vivant, ou Le voyage de retour: Jésus et Bouddha sont des frères, ce doit être clair pour vous. Pour moi, ce n’est pas qu’une idée. Beaucoup de mon savoir à propos de Jésus, dans les années 1950, n’était qu’idées. Mais avec Thây et sa sagesse, les idées sont plus devenues une réalité, une expérience vécue. En cela, je me sens très chanceux.


C’était il y a à peu près onze ans qu’il m’a ordonné moine à l’âge de 68 ans. Ce n’est plus possible maintenant. Cinquante ans est l’âge limite. Quand il ma donné le nom Chan Pháp Dê, tout le monde s’est mis à rire. J’étais en train de me demander: « Qu’est-ce qui les fait rire? ». Eh bien, »Dê » comme vous le savez, signifie petit frère. Alors, j’étais le cadet d’un moine de cinquante ans qui mesurait trente centimètres de moins que moi. Mais ce ne fut qu’en 2008 que j’entendis Thây énoncer la raison qui l’avait amené à me donner ce nom. J’avais écrit un article, »Une Journée dans la Vie d’un Moine Zen Catholique ». Il fut traduit en vietnamien et parut au Vietnam, ce qui amena Thây à parler à l’échelle internationale et à expliquer aux Vietnamiens qu’il m’avait donné ce nom de »Dê », petit frère, parce qu’au paravent, on s’adressait à moi en me disant »mon Père ». Thây a un bon sens de l’humour. Un Grand amour, une grande sagesse, et un grand humour.


Il s’est trouvé être la manifestation de beaucoup de bonnes choses pour moi et aujourd’hui, je veux partager avec vous la Bonne Nouvelle de la pratique du Village des Pruniers qu’on appelle le »Nouveau Départ ». Thây a transmis l’enseignement de Bouddha et l’enseignement de Jésus d’une façon très fidèle et très créative, de manière à ce que ces enseignements prennent vie. Mais je donne crédit à Thây pour l’invention de la pratique du Nouveau Départ telle qu’on la connaît dans notre communauté du Village des Pruniers. C’est une pratique particulièrement importante pour moi. La première fois dont j’en ai fait l’expérience, ce devait être autour de 1998, cinq ans avant que je ne devienne moine.


Cela me ramène aussi cinquante ou soixante ans en arrière. Moi-même et beaucoup d’entre nous qui sommes Occidentaux et Catholiques, avons grandi dans une culture d’honneur et de honte, une sorte de culture de culpabilité et de peur. Mais nous autres Catholiques avions un moyen d’y échapper. Nous avions le sacrement de la pénitence, ou Confession, grâce auquel les Catholiques pouvaient aller parler à un prêtre. Quand j’étais un jeune prêtre, j’avais le pouvoir d’absoudre les gens de leurs péchés avec les mots ego te absolve abicatus tuis. Je t’absous de tes péchés. Nous, les prêtres, nous figurions que nous avions le pouvoir de Dieu. Il se trouve que même maintenant, mes anciens amis catholiques et mes frères génétiques veulent savoir si je suis allé me confesser à un prêtre parce que dans leur esprit, les seuls à avoir le pouvoir de pardonner les péchés sont toujours les prêtres. Et je pensais aussi de cette manière jusqu’à ce que je découvre cette pratique et l’enseignement du Bouddha.


Toujours cinquante ans plus tôt, je commençais à prendre conscience du fait que beaucoup des personnes qui venaient à confesse n’avaient pas besoin d’avoir la preuve que Dieu leur en tenait quitte. Dieu n’était pas offensé. J’entendais des maris catholique venir confesser qu’ils étaient tout simplement antipathiques et méchants avec leur femme, irritables, remontrants, et pas du tout serviables. Ils venaient donc confesser tout cela auprès de moi, se rendant compte que ce n’était pas bien beau. Ils voulaient se sentir délivrés d’un sentiment de culpabilité d’être ainsi. Dans l’ancienne tradition, pour ceux d’entre vous qui sont assez vieux pour pouvoir vous le rappeler, le prêtre disait: "D’accord, vous êtes pardonné. Allez maintenant réciter cinq Notre Mère et cinq Je vous salue Marie. C’est votre pénitence. » Au cours des dernières années que j’ai passées dans la prêtrise, je me suis rendu compte que cela ne réglait pas le problème. Je choisissais alors de renvoyer cet homme chez lui avec pour pénitence d’inviter sa femme à dîner au restaurant et de lui faire savoir certains des traits qu’il appréciait chez elle. Et je renvoyais la femme chez elle et au lieu de lui donner dix Notre Père et Je vous salue Marie, je lui suggérais de préparer un gâteau pour son mari afin de célébrer leur amour et en témoignage de la gratitude de pouvoir partager leur vie ensemble. Ce n’est qu’en me rapprochant de la pratique du Village des Pruniers que j’ai commencé à voir un moyen très naturel de gérer nos erreurs, notre méchanceté, nos insuffisances, et les causes de l’absence de bonheur les uns avec les autres. C’est notre pratique du Renouveau ou Nouveau Départ.


Tout d’abord, au sujet du Renouveau, c’est une pratique qui demande qu’avant de commencer à parler à notre bien-aimé, notre enfant, ou à un ami, à propos de ce qu’on regrette qui a pu se passer, ce dont nous sommes irrité, ou n’importe quelle complainte, on arrose leurs fleurs. En fait, dans cette pratique, on commence par se la faire à soi-même. Nous considérons ce qui s’est passé dans nos interactions et nous considérons aussi la façon dont nous avons pu, ou non, prendre soin de nous-même. Beaucoup d’entre nous ont un sens très développé d’auto-critique. Beaucoup de Catholiques comme nous ont grandi avec cela. Nous avions une pratique qui renforçait encore cette posture vis-à-vis de soi, et qu’on appelait l’examen de conscience. Dans l’examen de conscience, on s’attache à se demander, »Au cours de la dernière semaine, ou des deux dernières semaines, comment me suis-je comporté? Qu’est-ce que j’ai fait de mal? ». C’est plutôt cela qu’on souligne. Cette pratique du Nouveau Départ ne commence pas ainsi. Elle commence par l’arrosage des fleurs. Demandez-vous: » Quelles sont certaines des bonnes choses que j’ai été capable de faire, de penser, ou de dire, au cours de cette dernière semaine? Quels bonheurs ai-je causés? »; ainsi nous arrosons d’abord un peu nos propres fleurs, nous nous aidons à nous revigorer nous-même.


Quand j’avais 8 ou 10 ans, il y avait une expression commune qu’on entendait. Quand nous faisions quelque chose de bien, nous devions l’annoncer à maman et papa. Je me rappelle la fois où j’étais dans une école d’été de catéchisme, et le dernier jour, nous eûmes un pic-nique et des courses, et je gagnai la course. Je suis allé voir ma maman en courant et je lui ai dit: »Maman, tu sais quoi? J’ai gagné la course! ». Elle répondit par une de ses réplique classiques: »Ne fais pas la grosse tête ». Les anciens qui sont assis ici ont peut-être aussi entendu cela. C’est le contraire de l’arrosage des fleurs. Nous avions une très bonne famille. Ma vie de famille et mes relations avec maman et papa m’ont donné beaucoup de bonheur, mais nous n’étions pas tout à fait versés dans l’arrosage des fleurs. Nous étions sans atout pour l’arrosage des fleurs, et nous nous mettions assez rapidement à dire: »Ne fais pas la grosse tête ». J’ai survécu à cela et j’ai trouvé le moyen de devenir prospère et tous mes frères et ma soeur ont très bien réussi.


Cette pratique du renouveau demande à ce que nous soyons en pleine conscience. Ainsi, quand nous méditons, nous nous arrêtons. Nous sommes silencieux et nous revenons en nous, conscients de la condition de notre corps et puis peut-être ensuite de quelque chose qui nous énerve en ce moment et qui vit encore en nous. Avec la pleine conscience, nous regardons silencieusement l’énervement ou la colère. Thây parle de considérer notre colère comme un enfant et de prendre cet enfant dans ses bras. Enfant, j’ai plutôt reçu le message: »Pfff. Jette-la et écrase-la ». Mais ici, nous tenons notre colère comme un petit enfant énervé. Avec l’énergie de la pleine conscience, des visions profondes et des indices nous viennent peu à peu sur les raisons pour lesquelles nous sommes si enfermés dans cette colère. Je me souviens que très tôt dans une de mes phases ici au monastère, j’étais coordinateur du travail. J’étais le type qui, tout au long de sa vie, avait appris à faire en sorte que les choses se fassent. J’étais coordinateur du travail et nous avions un grand projet en cours, nous étions en train de réaménager le jardin circulaire avec toutes sortes de nouvelles plantations, de l’herbe de Corée, et une pelouse particulière. Un frère arriva avec une cargaison de terre qu’il déversa; je désapprouvai cela et je lui fis savoir qu’il devait la retirer de là. Je le lui dis sur un ton de réprimande. Il me dit plus tard: »J’avais l’impression d’être en face de mon père qui me criait dessus ». Mais ce n’est que le jour suivant, alors que je marchais tranquillement, qu’une vision profonde s’éleva en moi. La raison pour laquelle j’avais été si en colère contre lui était la peur. J’avais peur que ce qu’il était en train de faire ne ruine le projet. Ce fut une des premières fois de ma vie que je commençai à voir: »Je pense que j’ai été l’homme prêt à tout affronter et à défier tout le monde toute ma vie, mais profondément à l’intérieur de moi, je dois faire face au fait qu’il y a une rivière de peur ». J’eus donc l’occasion de m’occuper de cela. La pleine conscience pendant la marche méditative mena à la vision profonde selon laquelle la colère de hier surgissait de la peur. Et cela m’aida ensuite aussi à mettre au clair ce qui s’était passé avec mon frère.



Dans l’énergie de la pleine conscience qu’on pratique, on a l’énergie de Thây. C’est pour cela que j’ai dit »Bonjour cher Thây ». Quand on vit, qu’on s’imprègne, et qu’on fait l’expérience de l’enseignement de Thây, on est aussi en train de faire l’expérience de l’enseignement de la pleine conscience. C’est aussi l’énergie du Bouddha. L’énergie du Bouddha qui s’est manifestée il y a deux-mille cinq cent ans continue dans l’enseignement et en nous. Et nous incarnons l’énergie. En ce qui me concerne, au cours de ces dernières années, j’ai commencé à comprendre qu’en ce qui concerne cette énergie de pleine conscience, il faut que je donne crédit à Thây. Thây a dit: »L’énergie de la pleine conscience est l’énergie du Saint Esprit ». Or, c’est une énergie dont on peut faire l’expérience ». Beaucoup d’entre nous sont passés par de grandes expériences sacramentelles comme la confirmation et des ordinations pour ceci et cela. Mais parfois, il s’agissait plus d’une idée que d’une expérience. Ainsi, pour moi, aujourd’hui, la bonne nouvelle est que nous avons cette expérience de l’énergie de la pleine conscience, de l’énergie du Saint Esprit, dans nos veines.


En cela, je me sens très chanceux et très reconnaissant. Une autre façon de présenter les choses serait de dire que la pratique bouddhiste m’a aidé à revenir en moi et à devenir un bien meilleur Catholique, un bien meilleur Chrétien. Cette pratique du Nouveau Départ est une pratique à travers laquelle on va évoluer dans l’énergie de la plein conscience, on va libérer cette énergie en soi. J’espère que vous aussi, comme moi, pourrez avoir une expérience de vision profonde.


En l’an 2000, j’étais encore un laïc. Ma compagne et moi-même avions formé une communauté résidentielle de laïcs comme vous et nous vivions ensemble sur le versant des montagnes du côté de Santa Barbara, lieu idyllique où vivre. Nous étions à peu près sept à vivre ensemble dans cette si belle propriété au dessus de Santa Barbara, ayant vue sur la ville et le port, ainsi que sur les îles à côté des forêts nationales. Un dimanche matin sur deux, à dix heures, nous nous asseyions en cercle dans notre salon et nous faisions un Renouveau. Mon expérience de regarder alors une fille de treize ans arroser les fleurs de sa mère fut très inspirante. Je vois cette même capacité dans les jeunes gens qui sont ici dans cette retraite à apprendre cette pratique et à commencer à évoluer dans l’énergie de la pleine conscience.


J’aimerais que vous connaissiez les quatre points essentiels du Nouveau Départ. Tout d’abord, nous arrosons les fleurs avant de dire quoi que ce soit d’autre. Quelques soient les complaintes qu’on peut avoir ou la lourdeur qu’on peut porter, on doit trouver un moyen d’identifier deux ou trois choses en l’autre personne, ou en soi-même, qui méritent un compliment. Bien sûr, pas juste de la flatterie, ou quelque chose pour adoucir la situation, mais un compliment véritable. Toutes les deux semaines, nous aussi, les moines, nous réunissons en cercle et pratiquons le Renouveau. Si nous nous y prenons bien, un moine ou quelqu’un d’autre mentionnera deux ou trois choses qu’il admire et complimente vraiment au sujet de quelqu’un. Ce qui se passe, c’est que la plupart du reste d’entre nous qui sommes assis ne sommes pas au courant de ce qui s’est passé entre eux, et donc cet arrosage des fleurs augmente mon appréciation de la personne à qui il s’adresse. Ce n’est pas seulement un rafraîchissement, mais cela aide à développer plus d’appréciation au sein de la famille. Cette pratique peut être faite non seulement entre moi-même et ma campagne, ma fille, ou ma femme, mais aussi dans l’équipe de ma corporation. La formation en pleine conscience est devenu »en vogue » tout autour du monde mais je me souviens d’un homme d’affaire allemand que j’ai connu il y a quinze ans. Sa corporation avait divisé ses membres en équipes et toutes les deux semaines, ils pratiquaient le Nouveau Départ en équipes, managers et subordonnés, simplement pour approfondir leur connexion.


Après l’arrosage des fleurs vient l’expression des regrets, qui nous permet d’exprimer quelque chose qu’on a fait dont on est désolé. On peut alors constater qu’envers quelqu’un qui voit qu’on l’apprécie et le respecte, en venir à l’aspect négatif des choses devient plus acceptable et plus aisé. Il sera important au cours de cette étape que nous soyons habiles à ne pas nous exprimer d’une façon qui se fasse accusatrice envers l’autre personne.


Le troisième niveau est l’expression d’un heurt. Dans l’expression d’un heurt, il est important de ne pas adresser une accusation comme: »Quand tu ne t’es pas pointé l’autre jour et m’a laissé poireauter là et à gâché toute ma journée… »; cela est une accusation. On doit faire usage de la communication non-violente. On dit »Quand je t’ai vu… » ou »Quand je t’ai entendu me faire ce commentaire, je me suis senti blessé ». C’est une moyen de communication non-violente qui fait que quand on exprime son heurt, on n’en fait pas une attaque qui ferait passer l’autre personne au tribunal. On s’exprime plutôt en disant: »Voici ce qui est arrivé. Voici ce que tu a semblé faire ou dire et cela m’a laissé avec un sentiment de blessure, de colère, de tristesse… ».


Dans la quatrième étape, on partage une difficulté à laquelle on est confronté sur le long terme. On peut dire: »J’ai tendance à perdre mon tempérament. Je me mets à parler trop vite et je commence à accuser les autres. C’est une vieille habitude. Elle m’a accompagné toute ma vie durant et je suis encore en train de travailler sur elle. Je veux que tu saches que je suis confronté à une difficulté quand j’essaie de la maîtriser. » Il s’agit de faire savoir à nos amis et à notre famille que nous ne l’avons pas oublié. Nous travaillons dessus. Mais s’il vous plaît, nous apprécierions aussi leur patience et leur soutien attentionné et créatif, alors que nous continuons à grandir.


Pour moi, la joie est le signe infaillible de la présence de Dieu. Beethoven pensait la même chose quand il composa la Neuvième Symphonie. Si on écoute l’Ode à la Joie et qu’on en regarde la poésie, on voit que cela parle de la joie, cette étincelle divine. La joie est l’énergie qui vient de la pleine conscience appliquée. C’est l’énergie de l’Esprit Saint qui travaille en nous. C’est quelque chose de très concret. Et le Renouveau, ou Nouveau Départ, est aussi une pratique. Ne rentrez pas chez vous avec seulement quelques idées dessus. Faites en sorte de rentrez chez vous et de le pratiquer. Si vous n’avez pas de partenaire, d’enfant, ou d’ami avec qui pratiquer, s’il vous plaît, trouvez quelqu’un. Apprenez à faire cette pratique. Mais il y a aussi une autre façon de faire qui est plus sûre. Vous devez appartenir à une Sangha. Tout ceux d’entre vous qui ne sont pas encore dans une Sangha, assurez-vous de trouver l’endroit où il y a une Sangha avec laquelle vous pouvez vous asseoir et pratiquer. Une Sangha devrait elle-même pratiquer le Renouveau toutes les deux semaines. Par ce moyen, notre Sangha devient un terrain d’entraînement qui nous aide à apprendre les détails sur la façon dont mettre en pratique le Renouveau. J’estime notre patriarche du huitième siècle, Lin Chi, celui qui a dit un jour »Si vous rencontrez le Bouddha dans la rue, tuez-le ». Lin Chi était l’homme qui voulait couper court à toute conversation et tout bavardage, toute spéculation, toutes ruminations, et imaginations. C’était un maître qui disait essentiellement »Contente-toi de faire » (en anglais »Just do it »: je pense que Nike lui a volé sa phrase!). Ce sur quoi je veux mettre l’accent, c’est la nécessité de ramener la pratique chez soi et de le faire de façon à ce qu’on prenne le relais et qu’on commence à faire l’expérience de la joie qui vient de se faire arroser ses fleurs. Il y a de la joie dans une famille où les fleurs se font arroser. Quand on pratique, nos pensées, nos paroles, et nos actions créent de la joie. Le Bouddha s’y connaissait bien en ce domaine. Jésus s’y connaissait bien en ce domaine. Ils nous ont transmis cette énergie et nous avons besoin, nous aussi, de prendre plaisir à bien nous y connaître en ce domaine.


Merci pour votre écoute. J’espère que cela va devenir pour vous une expérience vivifiante.



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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Dim 04 Nov 2018, 14:38



Un prêtre catholique zen !



Le Père Jacques Breton, prêtre catholique initié au Zen par Karlfried Graf Dürckheim, et en contact permanent avec un monastère Zen Rinzaï du Japon, illustre merveilleusement ces rencontres inter-religieuses Orient/Occident qui deviendront sans doute courantes au 21ème siècle.






Qu’est-ce qui vous a amené au Zen ?




En 68, j’étais aumônier à St Louis, un lycée qui prépare aux grandes écoles et se trouve face à la Sorbonne. Ainsi étais-je en plein cœur de ce mai 68 de toutes les remises en questions, que j’ai vécu avec les jeunes, me demandant, pour ma part, si je connaissais si bien que ça ce Dieu dont je leur parlais.



La réponse s’étant révélée négative, j’ai été solliciter auprès du Cardinal Marty la permission de quitter mon ministère pour me consacrer à une vie plus spirituelle. Heureux de rencontrer enfin un prêtre qui ne vienne pas lui demander l’autorisation de se marier, le cardinal m’a laissé partir, et c’est comme ça que je me suis retrouvé ermite, sous la dépendance d’un évêque très ouvert - dont on pourrait dire qu’il était le Jacques Gaillot de l’époque - et qui m’a suivi dans ma démarche.



Malheureusement, cette vie d’ermite n’était pas facile, car on est face à soi-même, face à toutes ses difficultés psychiques, à ses problèmes ; et je me sentais très en insécurité. Il me fallait donc trouver en moi-même des possibilités pour libérer cet inconscient qui m’empoisonnait.



C’est dans cet esprit que je me rendais à une session organisée par les dominicains, qui s’intitulait « Sagesse du corps, prière chrétienne » et qui, en fait, était essentiellement consacrée à Dürckheim. Très heureux qu’on me parle enfin de ce corps que j’habitais si mal, j’y suis retourné l’année suivante, et y ai rencontré Dürckheim. J’ai immédiatement sympathisé avec lui, et décidé de suivre sa formation, tout au moins pendant un peu plus d’une année, jusqu’à ce qu’il fasse venir un Roshi, un maître spirituel japonais, qui nous a introduit au vrai Zen.



Pour moi, qui avait été élevé dans une religion un peu traditionaliste, et pour qui le Bouddhisme était plus ou moins démoniaque, cette rencontre a été marquante. D’autant que je me suis longuement entretenu avec le Roshi, lui posant même une question un petit peu perverse en lui demandant comment devenir instrument d’amour. Je ne sais plus trop ce qu’il m’a répondu, mais quand je suis sorti de cet entretien, il m’avait transmis un formidable dynamisme intérieur, et j’étais animé par un amour tel que j’aurais donné toute ma vie. J’ai alors pensé qu’il y avait quand même des valeurs spirituelles extraordinaires chez eux.



Ca n’était quand même pas une conversion ?



Non, mais enfin, c’était une ouverture sur des valeurs authentiques qui se trouvent dans le Bouddhisme.
Ensuite, j’ai bien sûr continué de pratiquer et, finissant par être reconnu par ma hiérarchie, j’ai été invité, en 84, à participer à un échange spirituel, organisé par le Vatican, qui eut lieu au Japon entre moines chrétiens et moines bouddhistes. Et là, ça a été la seconde grande découverte ! J’ai rencontré des moines de grande valeur, et ça m’a énormément aidé dans mon cheminement intérieur.



Maintenant, quel regard jetez-vous sur vos frères catholiques qui restent enfermés dans leur seule confession ?




Je ne peux plus porter de jugement, parce que tout mon travail consiste précisément à accueillir. Quand un prêtre vient me trouver, je l’accueille comme il est. Quelquefois, il est mal dans sa peau, d’autres fois il est trop intellectuel... mais je rencontre aussi des gens qui ont une grande dimension spirituelle.



Qu’est-ce que le Zen a changé dans votre foi catholique ?



Il faut dire que le corps n’avait pas beaucoup de place dans notre vie spirituelle catholique. Or, un tel rejet du corps est finalement contraire à ce christianisme basé sur un Dieu qui a pris corps. En tout cas, j’en souffrais, et ce que j’ai trouvé chez Dürckheim, c’est justement une unification de ma personne, corps-âme-Esprit.



J’avais aussi beaucoup de mal à quitter mon mental, à me rendre présent, à m’intérioriser, à être en communion avec les autres. Et surtout, j’éprouvais une énorme difficulté à m’abandonner, à me lâcher... J’étais souvent hypertendu. Le Zen m’a donc aidé dans ces domaines.



Enfin, bien que j’ai toujours admis que tout était Grâce, je ne savais pas comment vivre cette Grâce. J’avais une grande dévotion pour l’Esprit Saint, mais ce n’est qu’avec le Zen que j’ai compris à quel point l’Esprit, c’est le souffle. Avec Zazen, j’ai découvert qu’un geste juste, une parole juste doivent être portés par le souffle intérieur, l’énergie. Ce qui est important c’est que ce ne soit pas moi qui... mais le souffle en moi qui anime ma parole et mes gestes.



Et là où je ne suis pas d’accord avec les mouvements charismatiques, c’est que l’Esprit n’agit pas sans nous. Il faut que l’Esprit se mette en œuvre en nous. Et j’ai trouvé dans le Zen une méthode pour me laisser animer par ce souffle intérieur.



Dans les moments forts de méditation, je célèbre l’Eucharistie. En ces occasions, le Zen me met dans une telle attitude de réceptivité, d’accueil et de présence, que j’obtiens un climat de présence extraordinaire où je participe vraiment à ce qui est vécu, et que ma parole est portée...



Le prêtre reprend sa dimension...



Et voilà ! Le prêtre redevient intermédiaire entre Dieu et les hommes. J’ai lu la dernière encyclique du Pape. C’est très beau, mais ça ne répond pas aux vrais questions, ça reste au plan intellectuel. Je crois profondément à la philosophie, mais si je ne suis pas en attitude pour pouvoir l’accueillir, ça ne sert à rien. Si ça n’atteint pas une expérience, ce sont des mots, tout ça !



Jusqu’à présent vous m’avez parlé de la technique du Zen, mais vous n’avez pas dit un mot de la philosophie bouddhiste ?



Je distingue un tout petit peu le Zen du Bouddhisme, parce qu’on peut pratiquer le Zen sans être Bouddhiste. Cela dit, je ne suis pas opposé à la philosophie bouddhiste, dans la mesure où elle nous aide à entrer dans un certain vide intérieur, à nous dégager de toutes choses. Je crois à cette harmonie.



En fait, je suis en accord avec tout ce que disent les Bouddhistes. Par contre, là où je suis en désaccord, c’est avec ce qu’ils ne disent pas. Quand vous leur demandez quelle est la nature du Bouddha, quel est ce Dieu, ils ne vous répondent pas. Ils vous laissent sur votre faim en ce qui concerne toutes les grandes questions qui donnent sens à mon existence et à ma vie.
D’autre part, pour eux, il n’y a pas de relation possible avec l’Absolu. Il n’y a pas de « je » et de « tu ». Or, je ressens autant la nécessité d’une vie intérieure que d’une vie extérieure. Il n’y a pas de « je » sans un « tu ». Et si je ne vis pas ce « tu » intérieurement, je ne le vivrais pas bien avec quelqu’un d’autre. Pour ma part, je suis toujours en relation avec ce « tu ». Et c’est ce qui nous distingue. Je crois profondément que cette nature divine, je la reçois, je l’accueille en moi pour la redonner. Mais chez les Bouddhistes, il y a un terrible principe de non-dualité qui les rend prisonniers. Quand je leur parle comme je le fais en ce moment, ça les touche très fort, mais en même temps ils refusent. La relation les dérange. C’est quelque chose qu’ils n’ont pas résolu en eux-mêmes. Alors, ils parlent de la Pure Conscience... mais qu’est-ce que c’est, la Pure Conscience ?



Du point de vue de mon Christianisme, c’est quand même le Christ qui nous révèle l’amour Divin. Il y a une source d’amour profonde qui se donne entièrement, un courant d’amour qui est au cœur même de la divinité, et c’est lui que nous avons à vivre.



De leur côté, ils me reprochent d’avoir un Dieu extérieur, ce à quoi je leur répond que tout l’intérêt de la spiritualité c’est que Dieu passe justement de l’extérieur à l’intérieur.



Je ne suis donc pas en total accord avec le Bouddhisme, mais c’est pourtant ce même Bouddhisme qui m’a aidé à révéler en moi le Christianisme dont je vous parle.



En fait, je rejoins les Bouddhistes au niveau de l’expérience profonde. C’est au niveau de la doctrine que je suis à l’opposé. C’est l’expérience qui nous rapproche. C’est en exprimant notre expérience que l’on s’aperçoit qu’on a plein de points communs. Mais cette rencontre ne peut se faire que par l’intérieur. Tant qu’on restera au niveau extérieur on sera toujours en opposition.



Il n’y a qu’un Absolu. La seule chose qui puisse nous différencier, c’est l’aspect par lequel nous apparaît cet Absolu.



Est-ce que vous auriez pu, de la même manière, vous intéresser au Yoga ?



Le Zen est une méthode pour aider à l’unification de la personne, mais il y a d’autres méthodes, effectivement comme le Yoga qui, d’ailleurs, se pratique dans de nombreux monastères chrétiens.



Pour ma part, j’aurais pu adopter n’importe quelle autre méthode, mais je n’ai, par contre, jamais remis en question ma foi chrétienne, du fait que j’ai fait une expérience religieuse profonde très liée au Christ durant ma jeunesse. Et c’est parce que ma foi au Christ est ancrée, que j’ai pu m’ouvrir aux Traditions orientales.



Cette orientalisation de votre christianisme ne vous rapproche-t-elle pas des gnostiques, cathares ou autres Rose-Croix ?



Oui, c’est ça ! Bien sûr, je ne suis pas gnostique, mais ça me rapproche en partie du courant ésotérique, tout au moins d’un ésotérisme qui est demeuré fidèle à l’église. Mais pour tout dire, je me sens surtout proche des Orthodoxes dans la mesure où ils sont restés dans le courant mystique beaucoup plus que nous.



Comment votre démarche est-elle accueillie par les catholiques ?



Je suis très peu en relation avec les catholiques ne pratiquant pas le Zen. Quant aux pratiquants, il y en a qui viennent pour approfondir leur foi, et d’autres parce qu’ils ont rejeté l’église pour différentes raisons, quelquefois valables. Ils savent que je suis prêtre catholique, et retrouvent petit à petit, par l’intérieur, le Christ et l’église.



Enfin, il y en a qui ne sont pas Chrétiens et qui se trouvent simplement motivés par une démarche spirituelle. D’ailleurs, je prévois toujours un entretien préalable pour savoir si le nouveau venu vient pour des raisons psychologiques ou spirituelles. Dans le premier cas, je n’accepte pas sa candidature. Je ne leur demande pas d’être Chrétiens, mais il faut avoir une recherche spirituelle.



Comment se déroule votre enseignement ?



Il y a plusieurs niveaux. Tout d’abord, rue Quincampois, chaque premier mercredi du mois, je présente Zazen et expose ce qu’on fait à Assise. Le dimanche, je propose une séance d’initiation. Ensuite il y a des séances hebdomadaires, avec des exercices pour se détendre, et une demie heure de Zazen ; et le mercredi un temps plus fort de méditation.



D’autre part, dans le centre de Saint Gervais, j’organise des week-end, avec des Seshin, ces temps forts de méditation, et un certain travail dans l’esprit de Dürckheim avec Zazen et investigation psychologique. Un autre week-end est également prévu pour partager et communiquer au niveau spirituel et philosophique. Et tout cela s’articule toujours avec l’office chrétien, bien qu’il reste facultatif.



Bibliographie
* « Vers la Lumière, expérience chrétienne et Bouddhisme zen » - Jacques Breton - Bayard
Adresses
· Père Jacques Breton - Centre Assise - 29-31 rue Guesnier - 95420 Saint-Gervais - Tél. 01.34.67.00.39 - ou 40 rue Quimcampoix - 75004 Paris - Tél. 01 42 72 88 44
· Père Benoit Billot - La Maison de Tobie - 8 avenue Léon Gourdault - 94600 Choisy-le-Roi - Tél. 01.48.53.50.81
· Père Bernard Durel - Renseignements : 03 88 21 24 12
· Frère Reginald Stoffel - Claire Demeure - 12, rue de la porte de Bucq - 78000 Versailles
Novembre 2000


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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Disciple laïc le Mer 07 Nov 2018, 12:37



Réflexions d’un moine chrétien sur le zazen






Les moines ont été des pionniers du dialogue sous la forme d’échanges entre chercheurs de différentes religions et nous pouvons être sûrs que moines et moniales continueront à jouer un rôle crucial dans cette importante forme de dialogue. Toutefois, le dialogue interreligieux monastique ne porte pas essentiellement sur la théologie mais sur la pratique spirituelle.



Les moines et moniales chrétiens et ceux qui ont inclus les pratiques et les valeurs monastiques dans leur vie spirituelle recherchent des occasions de dialogue avec des praticiens spirituels d’autres religions, je pense, pour trois raisons principales : ils espèrent qu’en apprenant d’autres manières de progresser dans la vie de l’esprit ils seront à même de grandir spirituellement en tant que chrétiens ; ils souhaitent offrir à d’autres praticiens ce qu’il ont trouvé valable dans leur propre tradition ; et ils veulent collaborer ensemble dans un effort commun pour promouvoir la pratique spirituelle pour la guérison et le salut du monde.

Tout échange entre praticiens religieux qui porte sur la pratique spirituelle soulèvera inévitablement des questions qui sont plus spécifiquement théologiques puisque la pratique dépend toujours du but de la vie religieuse. Mais si ces questions théologiques ne sont pas enracinées dans la pratique et n’en dérivent pas, elles risquent de n’être guère plus qu’un intéressant exercice intellectuel. Le dialogue purement intellectuel peut même détourner de la question fondamentale qui est de promouvoir la transformation et la perfection de la personne humaine, un processus dont les Chrétiens comprennent et expriment le but comme ‘le Christ parvenu à sa pleine stature’ (cf. Eph 4,13).




A mon arrivée au Japon, voici près de six ans, j’ai donc décidé de m’impliquer dans le dialogue interreligieux au niveau de la pratique, et de le faire en cherchant un maître pour me guider dans la pratique du zazen. Je l’ai fait parce que j’espérais qu’en apprenant à pratiquer le zazen je serais en mesure de vivre mon engagement monastique chrétien plus délibérément et plus intentionnellement. Mes recherches me conduisirent au San-un Zendô à Kamakura (près de Tokyo) et je commençai à pratiquer le zazen sous la direction du Roshi Yamada Ryōun. Malheureusement son transfert à Londres pour trois ans (il travaille pour la Banque Mitsubishi de Tokyo) et mon envoi dans un autre monastère à environ deux heures de Tokyo font que maintenant nous ne pouvons nous rencontrer que rarement. Cependant je continue à pratiquer le zazen quotidiennement et, dans la mesure du possible, je participe à un sesshin (retraite Zen) dirigé par une sœur américaine de Maryknoll, Kathleen Reilly, qui a appris le zazen avec le père du Roshi Yamada, le célèbre maître Zen, le Roshi Yamada Kôun.



Sr Kathleen dirige une dizaine de sesshins par an à Shinmeikutsu, un centre Zen catholique situé dans les contreforts de la chaîne de montagnes à l’ouest de Tokyo. Le centre a été fondé par le Père Hugo M. Enomiya-Lasalle, un Jésuite allemand qui vivait au Japon, pratiquait la méditation Zen depuis plus de 50 ans et a passé les 20 dernières années de sa vie à diriger des sessions de méditation au Japon et en Europe. Il était un proche associé du Roshi Yamada Kôun, et, par coïncidence, tous deux sont morts la même année, en 1990.



La plupart des sesshins proposés à Shinmeikutsu ne durent que deux ou trois jours. Un sesshin normal dure une semaine, mais la plupart des adeptes du zazen ne peuvent pas se libérer pour une semaine entière de leur travail et autres obligations. A Shinmeikutsu les ‘mini’ sesshins et les sesshins réguliers suivent le même horaire de base quotidien. Cet horaire commence à 5h du matin et comporte 15 assises (zazen), la possibilité d’une Eucharistie, du travail manuel et une rencontre individuelle avec le Maître.



Chaque assise dure 25 minutes suivies de 5 minutes de marche méditative (kinhin). Cela représente plus de sept heures et demie de méditation par jour, sept heures et demie d’effort intense consacré simplement à prendre conscience ‘d’être’. Cela peut paraître une perte de temps ridicule. De plus, si l’on souhaite simplement perdre du temps, on peut facilement le faire dans un décor plus agréable et dans des positions plus confortables ! Pourtant j’ai trouvé l’expérience si bénéfique que je continue encore insatiablement.



Lorsque j’essaye de décrire ce que je retire de ma pratique du zazen et de ma participation à des sesshins, je me rappelle un dokusan que j’ai eu avec le Roshi Yamada il y a environ cinq ans. Il me demanda si j’avais remarqué quelque chose après avoir médité sur le Mu (rien ou la négation) pendant neuf mois. Je lui dis que j’avais conscience de quelques ‘effets secondaires’, tels qu’une meilleure capacité de concentration, une plus grande créativité, un sentiment d’être mieux stabilisé et centré. Il me dit que les effets secondaires étaient importants pour nous encourager à persévérer dans la pratique, et il ajouta que lui aussi il était conscient des effets du zazen sur son travail : sa capacité de prendre des décisions, par exemple, ou de parler sans crainte devant un auditoire nombreux.



A une autre occasion, deux ans plus tard, je demandai au Roshi si c’était bien ou non de ne pas se préoccuper de recevoir le kensho (une expérience de prise de conscience de sa vraie nature), et de se contenter simplement des bons ‘effets secondaires’ qui accompagnent la pratique du zazen. Il me dit que ma question était à la base de la différence entre les sectes Soto et Rinzai du bouddhisme. La position Soto est que, puisque nous avons tous déjà la nature de Buddha, cela n’a pas de sens de chercher ‘quelque chose de plus’. Cependant le Roshi Yamada me dit qu’à moins d’atteindre la conscience expérimentale de ce que nous sommes, et d’être alors tellement comblés de cette expérience que nous ne voulons et ne cherchons rien de plus, nous continuerons toujours à accepter la vérité que nous possédons déjà notre nature vraie (Buddha) ‘avec les yeux de la foi’. Cela ne signifie pas, ajouta-t-il que l’on doive s’efforcer d’atteindre le kensho. Nous devons plutôt continuer simplement à méditer et laisser cela venir en son temps.



Je continue donc à pratiquer le zazen, je continue à essayer de faire un sesshin plusieurs fois par an, plein de reconnaissance pour les effets secondaires qui ont été le résultat de cette pratique et dans l’espoir qu’au moment voulu, dans le lieu voulu, je pourrai prendre conscience de ma vraie nature, du vrai moi qui demeure en Dieu et en qui Dieu demeure, et qu’avec cette prise de conscience je grandirai en amour et en compassion.



Coordinateur du MID américain
DIMMID
Commissions pour le Dialogue Interreligieux Monastique
Pierre-François de Béthune
Monastère de Clerlande B-1340 Ottignies Belgique 
Tél. : 32 010 42 18 33 - Fax 32 010 41 80 27



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Re: Bouddhisme et christianisme

Message par Ortho le Jeu 08 Nov 2018, 16:33

Articles et question très intéressante.
Voici un lien qui emmène sur le site d'Eric ROMMELUERE "Un Zen Occidental" et sur la question des relations et évolutions du rapport du ou des Zen avec les adeptes Occidentaux :

http://www.zen-occidental.net/articles2/possible.html


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Re: Bouddhisme et christianisme

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