Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

Etudes, Pratiques & Compassion.



Bienvenue sur L'Arbre des Refuges !

Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

École de la Vérité Expérimentée


...

Adblock Plus

Surfez sans désagrément !


  • Bloque les bannières, pop-ups, malware, etc.
  • Par défaut, les publicités non intrusives ne sont pas bloquées
  • Gratuit et en source libre (GPLv3)


Accepter et installer pour Chrome


Accepter et installer pour Firefox


Accepter et installer pour Internet Explorer

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Flux RSS


Yahoo! 
MSN 
AOL 
Netvibes 
Bloglines 

Etudes, Pratiques & Compassion


Derniers sujets

» Pourquoi je suis ici
Hier à 22:24 par Vyathita

» Toc Toc Toc
Hier à 19:02 par michael19711

» L'Arbre des Refuges/- Les mots qui se suivent
Hier à 19:01 par indian

» Appel à l'aide au sujet d'un soutra
Hier à 18:06 par levitrailleur

» Prise de Refuge et Bodhicitta
Hier à 08:37 par Mila

» Préoccupation sur la situation sociale en France
Mer 12 Déc 2018, 13:32 par indian

» MATRUL Rinpoché à Bruxelles décembre 2018
Mar 11 Déc 2018, 16:15 par Pema Gyaltshen

» Sauvetage d'un éléphanteau au Kerala en Inde
Lun 10 Déc 2018, 14:54 par Mila

» Atelier de méditation « Joie de Vivre I »
Lun 10 Déc 2018, 00:11 par Tergar Bruxelles

» L’importance de l’amour dans le bouddhisme
Dim 09 Déc 2018, 11:05 par Disciple laïc

» Noorung le chien vagabond
Dim 09 Déc 2018, 07:50 par Disciple laïc

» Soutra de Celui qui Connaît l’Art de Vivre Seul
Ven 07 Déc 2018, 14:30 par Disciple laïc

» Sutra de la Voie du Milieu - sur la Vue Juste
Jeu 06 Déc 2018, 19:49 par Disciple laïc

» Le Bouddha a-il vraiment besoin qu’on lui offre de l’encens ?
Mer 05 Déc 2018, 16:15 par indian

» Discours sur l’Enseignement donné aux Malades
Mer 05 Déc 2018, 14:56 par Mila

» L’Enseignement au disciple vêtu de blanc (les laïcs)
Mer 05 Déc 2018, 14:48 par Mila

» Le Discours d’Anuradha
Lun 03 Déc 2018, 22:49 par Disciple laïc

» Le Discours sur la jeunesse et le bonheur
Lun 03 Déc 2018, 22:21 par Disciple laïc

» Bouddhisme et christianisme
Lun 03 Déc 2018, 10:04 par Disciple laïc

» Le Discours sur les Huit Réalisations des Grands Êtres
Dim 02 Déc 2018, 22:40 par Disciple laïc

» Le Discours d’Anuradha
Dim 02 Déc 2018, 15:42 par Disciple laïc

» Le Discours sur la Prise de Refuge en Soi-même
Dim 02 Déc 2018, 15:32 par Disciple laïc

» L’approche spirituelle chez les éclaireurs et éclaireuses de la nature
Dim 02 Déc 2018, 10:31 par Disciple laïc

» Présentation
Sam 01 Déc 2018, 13:52 par mabou

» Aoyama Roshi à la Demeure sans limites
Lun 26 Nov 2018, 18:25 par Disciple laïc

» Bouddhisme et animisme au Laos
Jeu 22 Nov 2018, 14:23 par Mila

» L'enfance d'un maître .
Lun 19 Nov 2018, 21:15 par Akana

» Rencontre en cercle inter-tradition
Lun 19 Nov 2018, 11:51 par Mila

» Quand le corps, l'esprit et l'instrument font un .
Dim 18 Nov 2018, 12:36 par Mila

»  Pour protéger les forêts de Thaïlande , des arbres sont ordonnés moines
Dim 18 Nov 2018, 11:30 par Mila

» Enseignements publics de Dungsey Gyétrul Jigmé Rimpoché à Bruxelles
Dim 18 Nov 2018, 11:12 par Mila

» Réouverture du site RIMAY
Sam 17 Nov 2018, 22:38 par Mila

» Des arbres , pour l'Arbre .
Sam 17 Nov 2018, 15:28 par Mila

» Bon 80 ème anniversaire Cher Dalaï Lama !
Sam 17 Nov 2018, 10:03 par Karma Trindal

» La pratique du sommeil
Ven 16 Nov 2018, 20:19 par Mila

» Pratiquer le Dharma aujourd'hui: Mindfulness Association Belgium
Ven 16 Nov 2018, 14:16 par Karma Trindal

» présentation d'oupa
Ven 16 Nov 2018, 13:59 par Karma Trindal

» Nouvelle arrivée
Ven 16 Nov 2018, 13:58 par Karma Trindal

» Je pousse la porte...
Ven 16 Nov 2018, 13:55 par Karma Trindal

» présentation
Ven 16 Nov 2018, 13:42 par Karma Trindal

» Bonjour à tous
Ven 16 Nov 2018, 13:41 par Karma Trindal

» Un grand bonjour pour vous !
Ven 16 Nov 2018, 12:55 par Karma Trindal

» Présentations
Ven 16 Nov 2018, 12:50 par Karma Trindal

» présentation
Ven 16 Nov 2018, 12:49 par Karma Trindal

» Kalou Rimpoché à Paldenshangpa La Boulaye , décembre 2018
Ven 16 Nov 2018, 12:43 par Karma Trindal

» Namasté à tous
Ven 16 Nov 2018, 12:23 par Karma Trindal

» Paroles d'animaux
Ven 09 Nov 2018, 09:33 par Mila

» Ripa International Center
Mer 07 Nov 2018, 09:05 par Mila

» Les prières du Bardo.
Mar 06 Nov 2018, 22:29 par Ortho

» Méditation : comment elle modifie le cerveau
Lun 05 Nov 2018, 22:47 par tindzin

» Quelle place et quel sens donner à la vie monacale ?
Dim 04 Nov 2018, 11:01 par Disciple laïc

» Illusion ou censure ?
Jeu 01 Nov 2018, 09:57 par Disciple laïc

» Jour de ROUE important dans le calendrier Bouddhiste
Mar 30 Oct 2018, 20:56 par Pema Gyaltshen

» Formations mentales, émotions non souhaitées
Sam 27 Oct 2018, 09:22 par Jean-François

» Visite de Kalou Rimpoche à Samye Dzong Bruxelles , décembre 2018
Ven 26 Oct 2018, 17:50 par Mila

» Qu'est devenu Larung Gar ?
Ven 26 Oct 2018, 12:08 par Mila

» Le tibétain?
Jeu 25 Oct 2018, 20:06 par Mila

» Les cent conseils de Padampa Sangye
Mer 24 Oct 2018, 14:28 par Mila

» DREPUNG GOMANG MONASTERY TOUR 2018
Mer 24 Oct 2018, 13:09 par Ortho

» Adzom Gyalsé Rinpoché Bruxelles 2018
Mar 23 Oct 2018, 10:28 par Pema Gyaltshen

» Restons Zen : Le Village des Pruniers
Dim 21 Oct 2018, 17:19 par Disciple laïc

» L’éthique dans tous ses états – 1/2 et 2/2 : « enseigner l’éthique »
Dim 21 Oct 2018, 14:16 par Disciple laïc

» poème de Jules Supervielle
Sam 20 Oct 2018, 16:42 par Abhradan

» Plongée au coeur du Bouddhisme russe : le datsan d'Aguinskoië .
Sam 20 Oct 2018, 14:14 par Mila

» Regard profond sur les 5 agrégats
Ven 19 Oct 2018, 17:19 par Disciple laïc

» Journée du Bouddhisme - 28 octobre 2018
Mer 17 Oct 2018, 22:43 par Mila

» 108 perles de sagesse du Dalaï Lama
Mer 17 Oct 2018, 10:52 par Mila

» Méditation-Addiction
Dim 14 Oct 2018, 19:46 par Ortho

» Elevage industriel , nous vivons un divorce total avec la nature .
Dim 14 Oct 2018, 19:41 par Ortho

» La pratique véritable .
Dim 14 Oct 2018, 11:36 par Ortho

» Pratique quotidienne + un "truc"
Dim 14 Oct 2018, 08:23 par Disciple laïc

» Krishnamurti, révolution psychologique
Sam 13 Oct 2018, 15:52 par Mila

» La méditation en marchant
Sam 13 Oct 2018, 09:26 par Disciple laïc

» Lettre à un religieux
Ven 12 Oct 2018, 14:55 par Disciple laïc

» Shalom, Salaam, Tournée en Israel/Palestine
Ven 12 Oct 2018, 13:43 par indian

Qui est en ligne ?

Il y a en tout 30 utilisateurs en ligne :: 0 Enregistré, 0 Invisible et 30 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Aucun


[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 605 le Dim 10 Sep 2017, 22:58

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 97989 messages dans 11282 sujets

Nous avons 4266 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est antoguerre

Meilleurs posteurs

Pema Gyaltshen (7496)
 
Karma Trindal (6916)
 
petit_caillou (4731)
 
Karma Döndrup Tsetso (3503)
 
karma djinpa gyamtso (3386)
 
MionaZen (3353)
 
Karma Yéshé (2779)
 
vaygas (2445)
 
Karma Yönten Dolma (2311)
 
hananou (1701)
 

Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Partagez
avatar
Disciple laïc
Protecteur de l'Arbre [PdA]
Protecteur de l'Arbre [PdA]

Masculin
Nombre de messages : 1096
Age : 43
Contrée : France
Arts & métiers : Agent d'accueil & surveillance au Panthéon
Disposition de l'Esprit : Variable mais se stabilisant lentement
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 30/09/2017

Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par Disciple laïc le Lun 01 Oct 2018, 08:02



Le bouddhisme, une religion tolérante ?




La cause semble entendue : le bouddhisme est une religion tolérante, sinon « la » religion de la tolérance. Mais cette tolérance - au demeurant discutable - est-elle liée à la nature du bouddhisme, ou est-elle le fruit de nécessités historiques et politiques ?


Dès son origine, le bouddhisme insiste sur la compassion envers autrui : le premier bouddhisme, dit Theravâda, toujours présent en Asie du Sud-Est et au Sri Lanka, met l'accent sur une introspection personnelle qui doit permettre de comprendre la nature de nos rapports avec l'autre (pour les débuts du bouddhisme, voir l'article, pp. 22-25 ; pour son histoire, voir la carte p. 26 et l'encadré, pp. 30-31). Il n'y a pas de dogme fondamental, en dehors de quelques notions issues de l'hindouisme. Il n'existe pas non plus d'autorité ecclésiastique ultime. Ces deux traits font qu'il est de prime abord difficile de parler d'orthodoxie, et à plus forte raison de fondamentalisme bouddhique. Les bouddhismes, par nature pluriels, ont su accueillir en leur sein les doctrines les plus diverses.


Plus tard, le bouddhisme Mahâyâna (« grand véhicule »), aujourd'hui répandu en Chine, en Corée, au Japon et au Viêtnam, prône la compassion pour tous les êtres, même les pires. Ce sentiment de communion est fondé sur la croyance en la transmigration des âmes, laquelle conduit les êtres à renaître en diverses destinées, humaines et non-humaines. Le Mahâyâna insiste sur la présence d'une nature de bouddha en tout être.


Quant au bouddhisme Vajrayâna (ésotérique, tantrique), issu du Mahâyâna et aujourd'hui localisé au Tibet et en Mongolie, il offre une vision grandiose de l'univers tout entier, qui n'est autre que le corps du Bouddha cosmique. A l'époque contemporaine, compassion et tolérance sont devenues, en partie par la personne médiatique du dalaï-lama actuel, icône moderne du bouddhisme tibétain, l'image de marque même du bouddhisme dans son ensemble.


Les penseurs bouddhistes ont rapidement élaboré des concepts propres à expliquer divers degrés de vérité. Le Bouddha lui-même, selon un enseignement ultérieurement synthétisé, notamment par le Mahâyâna, prêchait ainsi une vérité conventionnelle (accessible à tous), adaptée aux facultés limitées de ses auditeurs, réservant la vérité ultime à une élite spirituelle. Ce recours constant à des expédients salvifiques (upâya), balisant des voies différentes et plus ou moins difficiles d'accès au salut, rend le dogmatisme difficile, car tout dogme relève du domaine de la parole, donc de la vérité conventionnelle.


Un syncrétisme militant


Ces théories vont faciliter diverses formes de syncrétisme ou de synthèse, comme celles de Zhiyi (539-597) et de Guifeng Zongmi (780-841) en Chine, de Kûkai (774-835) au Japon, et de Tsong-kha-pa (1357-1419) au Tibet. Il s'agit généralement d'une sorte de syncrétisme militant, par lequel les cultes rivaux (religion bön au Tibet, confucianisme et taoïsme en Chine, shinto au Japon...) sont intégrés à un rang subalterne dans un système dont le point culminant est la doctrine de l'auteur. Ces élaborations aboutissent rapidement à faire du bouddhisme un polythéisme, qui assimile et mêle dans ses panthéons les dieux des religions qui lui préexistaient (de l'hindouisme, du bön, du taoïsme...). Au demeurant, la pratique n'a pas toujours été aussi harmonieuse que la théorie. On observe par exemple dans le bouddhisme chinois et japonais, entre les viiie et xiiie siècles de notre ère, une tendance marquée par l'adoption d'une pratique unique (par exemple la méditation assise, ou la récitation du nom du bouddha Amida), censée subsumer toutes les autres. Ainsi de certaines écoles du courant de l'amidisme, chinois et japonais, qui postulent que celui qui récite simplement une formule cultuelle au moment de mourir se voit garantir sa réincarnation au paradis de la Terre pure.


Mais c'est surtout en raison de son évolution historique que le bouddhisme est conduit à faire des accrocs à ses grands principes. Le principal écueil réside dans les rapports de cette religion avec les cultures qu'elle rencontre au cours de son expansion. L'attitude des bouddhistes envers les religions locales est souvent décrite comme un exemple classique de tolérance. Il s'agit en réalité d'une tentative de mainmise : les dieux indigènes les plus importants sont convertis, les autres sont rejetés dans les ténèbres extérieures, ravalés au rang de démons et, le cas échéant, soumis ou détruits par des rites appropriés. Certes, le processus est souvent représenté dans les sources bouddhiques comme une conversion volontaire des divinités locales.
Mais la réalité est fréquemment toute autre, comme en témoignent certains mythes, qui suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle.


C'est ainsi que le Tibet est « pacifié » au VIIIe siècle par le maître indien Padmasambhava, lorsque celui-ci soumet tous les « démons » locaux (en réalité, les anciens dieux) grâce à ses formidables pouvoirs. Un siècle auparavant, le premier roi bouddhique Trisong Detsen a déjà soumis les forces telluriques (énergies terrestres de nature « magique » qui influencent individus et habitats), symbolisées par une démone, dont le corps recouvrait tout le territoire tibétain, en « clouant » celle-ci au sol par des stûpas (monuments commémoratifs et souvent centres de pèlerinage) fichés aux douze points de son corps. Le temple du Jokhang à Lhasa, lieu saint du bouddhisme tibétain, serait le « pieu » enfoncé en la partie centrale du corps de la démone, son sexe.


Ce symbolisme, décrivant la « conquête » bouddhique comme une sorte de soumission sexuelle, se retrouve dans un des mythes fondateurs du bouddhisme tantrique, la soumission du dieu Maheshvara par Vajrapâni, émanation terrifiante du bouddha cosmique Vairocana. Maheshvara est l'un des noms de Shiva, l'un des grands dieux de la mythologie hindoue. Ce dernier, ravalé par le bouddhisme au rang de démon, n'a commis d'autre crime que de se croire le Créateur, et de refuser de se soumettre à Vajrapâni, en qui il ne voit qu'un démon. Son arrogance lui vaut d'être piétiné à mort ou, selon un pieux euphémisme, « libéré », malgré la molle intercession du bouddha Vairocana pour freiner la fureur destructrice de son avatar Vajrapâni. Pris de peur, les autres démons (dieux hindous) se soumettent sans résistance. Dans une version encore plus violente, le dieu Rudra (autre forme de Shiva) est empalé par son redoutable adversaire. Le mythe de la soumission de Maheshvara se retrouve au Japon, même si, dans ce dernier pays, les choses se passent dans l'ensemble de manière moins violente. Certes, on voit ici aussi de nombreux récits de conversions plus ou moins forcées des dieux autochtnones. Mais bientôt, une solution plus élégante est trouvée, avec la théorie dite « essence et traces » (honji suijaku). Selon cette théorie, les dieux japonais (kami) ne sont que des « traces », des manifestations locales dont l'« essence » (honji) réside en des bouddhas indiens. Plus besoin de conversion, donc, puisque les kamis sont déjà des reflets des bouddhas.


Paradoxalement, la notion d'absolu dégagée par la spéculation bouddhique va permettre aux théoriciens d'une nouvelle religion, le soi-disant « ancien » shinto, de remettre en question la synthèse bouddhique au nom d'une réforme purificatrice et nationaliste. A terme, ce fondamentalisme shinto mènera à la « révolution culturelle » de Meiji (1868-1873), au cours de laquelle le bouddhisme, dénoncé comme religion étrangère, verra une bonne partie de ses temples détruits ou confisqués. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, la religion officielle japonaise réinvestit les mythes shintos et s'organise autour du culte de l'Empereur divinisé, descendant du plus important kami national, la déesse du Soleil. Par contre-coup, le bouddhisme à son tour se réfugie dans un purisme teinté de modernisme, qui rejette comme autant de « superstitions » les croyances locales.


Le bouddhisme, les femmes et les hérésies


Comme on l'a vu, la métaphore qui inspire les récits de conversions des divinités locales est souvent celle de la soumission sexuelle. Dans ces récits, le bouddhisme est fondamentalement mâle, tandis que les cultes locaux sont souvent féminisés. La question des rapports du bouddhisme et des femmes constitue un autre cas de dissonance entre la théorie et la pratique.


L'histoire commence d'ailleurs assez mal. La tradition rapporte que le Bouddha refusa initialement, dans l'ordre qu'il venait de fonder, sa propre tante et mère adoptive, Mahâprâjapati. C'est après l'intervention réitérée de son disciple et cousin bien-aimé Ânanda que le Bouddha aurait fini par consentir à accepter l'ordination des femmes, non sans imposer à celles-ci quelques règles particulièrement sévères (en raison de l'extrême imperfection féminine). En outre, il prédit que, du fait de leur présence, la Loi (Dharma) bouddhique était condamnée à décliner au bout de cinq siècles.


En théorie, le principe de non-dualité si cher au bouddhisme Mahâyâna semble pourtant impliquer une égalité entre hommes et femmes. Dans la réalité monastique, les nonnes restent inférieures aux moines, et sont souvent réduites à des conditions d'existence précaires. Avec l'accès des cultures asiatiques à la modernité, les nonnes revendiquent une plus grande égalité. Toutefois, leurs tentatives se heurtent à de fortes résistances de la part des autorités ecclésiastiques. Tout récemment, les médias ont rapporté le cas d'une nonne thaïe physiquement agressée par certains moines pour avoir demandé une amélioration du statut des nonnes.

Le bouddhisme a par ailleurs longtemps imposé aux femmes toutes sortes de tabous. La misogynie la plus crue s'exprime dans certains textes bouddhiques qui décrivent la femme comme un être pervers, quasi démoniaque. Perçues comme foncièrement impures, les femmes étaient exclues des lieux sacrés, et ne pouvaient par exemple faire de pèlerinages en montagne. Pire encore, du fait de la pollution menstruelle et du sang versé lors de l'accouchement, elles étaient condamnées à tomber dans un enfer spécial, celui de l'Etang de Sang. Le clergé bouddhique offrait bien sûr un remède, en l'occurrence les rites, exécutés, moyennant redevances, par des prêtres. Car le bouddhisme, dans sa grande tolérance, est censé sauver même les êtres les plus vils...


La notion d'hérésie n'est que rarement employée dans le bouddhisme, et elle ne déboucha pas sur les excès de fanatisme familiers à l'Occident. On parle parfois des « maîtres d'hérésie » vaincus par le Bouddha, et en particulier de l'« hérésie personnaliste » ou « substantialiste », qui remettait en question le principe de l'absence de moi. Mais ces événements ne donnèrent pas lieu à des autodafés - peut-être parce qu'ils se développèrent au sein de traditions orales.


Le bouddhisme chinois se caractérise par une forte tendance syncrétique. Une exception est celle du chan (qui deviendra le zen au Japon) de l'école dite du Sud. Cette dernière rejette l'approche doctrinale traditionnelle, qualifiée de gradualiste, selon laquelle la délivrance ne s'acquiert qu'à la suite d'un long processus de méditation, au nom d'un éveil subit qui postule que la délivrance peut intervenir à n'importe quel moment. Le chef de file de l'école du Sud, Shenhui (670-762), s'en prend violemment à ses rivaux de l'école Chan du Nord en 732. Son activisme, exceptionnel parmi les bouddhistes chinois, lui vaut d'être envoyé en exil.


Au Japon, où les courants doctrinaux ont eu tendance à se durcir en « sectes », on trouve des exemples d'intolérance plus familiers à un observateur occidental. Ainsi, la secte de la Terre pure (Nembutusu), fondée par Hônen Shônin (1133-1212), dont les disciples, dans leur dévotion exclusive au bouddha Amida, jugent inutiles les anciens cultes (aux autres bouddhas, mais surtout aux kamis japonais) - minant par là-même les fondements religieux de la société médiévale. C'est pour réagir contre cette intransigeance, qui a conduit certains des adeptes de cette secte à l'iconoclasme, que ses rivaux la dénoncent et cherchent à la faire interdire. Hônen Shônin est envoyé en exil en 1207, et sa tombe est profanée quelques années plus tard.


Quant au maître zen Dôgen (1200-1253), fondateur de la secte Sôtô, il s'en prend à l'« hérésie naturaliste » - terme sous lequel il désigne pêle-mêle l'hindouïsme, le taoïsme, le confucianisme, et un courant rival du sien, l'école de Bodhidharma (Darumashû). Les termes par lesquels il condamne deux moines chinois, assassins présumés du patriarche indien Bodhidharma, en les qualifiant notamment de « chiens », sont caractéristiques d'un nouvel état d'esprit polémique. Une telle attitude a de quoi surprendre chez un maître en principe « éveillé », que l'on a voulu présenter comme l'un des principaux philosophes japonais.


Cet esprit se retrouve chez Nichiren (1222-1282), fondateur de la secte du même nom, qui se prend pour un prophète persécuté. Nichiren dénonce en particulier le zen comme une « fausse doctrine » qui n'attire que les dégénérés. Mais aucune des autres écoles du bouddhisme japonais ne trouve grâce à ses yeux. A l'en croire, « les savants du Tendai et du Shingon flattent et craignent les patrons du nembutsu et du zen ; ils sont comme des chiens qui agitent la queue devant leurs maîtres, comme des souris qui ont peur des chats » (Georges Renondeau, La Doctrine de Nichiren, Puf, 1953).


Il faut enfin mentionner les luttes intestines qui opposent, au sein de la secte Tendai (tendance majoritaire du bouddhisme japonais du viiie au xiiie siècle), les factions du mont Hiei et du Miidera. A diverses reprises, les monastères des deux protagonistes sont détruits par les « moines-guerriers » du rival. Les raids périodiques de ces armées monacales sur la capitale, Kyôto, défrayent les chroniques médiévales. C'est seulement vers la fin du XVIe siècle qu'un guerrier à bout de patience, Oda Nobunaga (1534-1582), décide de raser ces temples et de passer par le fil du sabre les fauteurs de troubles.


Fondamentalismes bouddhiques


Les rapports du bouddhisme et de la guerre sont complexes. Dans les pays où il constituait l'idéologie officielle, il fut tenu de soutenir l'effort de guerre. Il existe également dans le bouddhisme tantrique un arsenal important de techniques magiques visant à soumettre les démons. Il fut toujours tentant d'assimiler les ennemis à des hordes démoniaques, et de chercher à les soumettre par le fer et le feu rituel.
Avec la montée des nationalismes au XIXe siècle, le bouddhisme s'est trouvé confronté à une tendance fondamentaliste. Certes, la chose n'était pas tout à fait nouvelle. Dans le Japon du XIIIe siècle, lors des invasions mongoles (elles-mêmes légitimées par les maîtres bouddhiques de la cour de Kûbilaï Khân), les bouddhistes japonais invoquèrent les « vents divins » (kamikaze) qui détruisirent l'armada ennemie. Ils mirent également en avant la notion du Japon « terre des dieux » (shinkoku), qui prendra une importance cruciale dans le Japon impérialiste du xxe siècle. Durant la Seconde Guerre mondiale, les bouddhistes japonais devaient soutenir l'effort de guerre, mettant leur rhétorique au service de la mystique impériale. Même Daisetz T. Suzuki, le principal propagateur du zen en Occident, se fera le porte-parole de cette idéologie belliciste.


Plus récemment, c'est à Sri Lanka que cet aspect agonistique a pris le dessus, avec la revendication d'indépendance de la minorité tamoule, qui a conduit depuis 1983 à de sanglants affrontements entre les ethnies sinhala et tamoule. Le discours des Sinhalas constitue l'exemple le plus approchant d'une apologie bouddhique de la guerre sainte. Certes, il s'agit d'un fondamentalisme un peu particulier, puisqu'il repose sur un groupe ethnique plutôt que sur un texte sacré. Il existe bien une autorité scripturaire, le Mahâvamsa, chronique mytho-historique où sont décrits les voyages magiques du Bouddha à Sri Lanka, ainsi que la lutte victorieuse du roi Duttaghâmanî contre les Damilas (Tamouls) au service du bouddhisme. Le Mahâvamsa sert ainsi de caution à la croyance selon laquelle l'île et son gouvernement ont traditionnellement été sinhalas et bouddhistes. C'est notamment dans ses pages qu'apparaît le terme de Dharma-dîpa (île de la Loi bouddhique). Il ne restait qu'un pas, vite franchi, pour faire de Sri Lanka la terre sacrée du bouddhisme, qu'il faut à tout prix défendre contre les infidèles. Ce fondamentalisme est avant tout une idéologie politique.


Mentionnons pour finir un cas significatif, puisqu'il met en cause la personne même du dalaï-lama, le personnage qui personnifie aux yeux de la plupart l'image même de la tolérance bouddhique. Il s'agit du culte d'une divinité tantrique du nom de Dorje Shugden, esprit d'un ancien lama, rival du cinquième dalaï-lama, et assassiné par les partisans de celui-ci, adeptes des Gelugpa, au XVIIe siècle. Par un étrange retour des choses, cette divinité était devenue le protecteur de la secte des Gelugpa, et plus précisément de l'actuel Dalaï-Lama, jusqu'à ce que ce dernier, sur la base d'oracles délivrés par une autre divinité plus puissante, Pehar, en vienne à interdire son culte à ses disciples. Cette décision a suscité une levée de boucliers parmi les fidèles de Shugden, qui ont reproché au dalaï-lama son intolérance. Inutile de dire que les Chinois ont su exploiter cette querelle à toutes fins utiles de propagande. L'histoire a été portée sur les devants de la scène après le meurtre d'un partisan du dalaï-lama par un de ses rivaux, il y a quelques années. Par-delà les questions de personne et les dissensions politiques, ce fait divers souligne les relations toujours tendues entre les diverses sectes du bouddhisme tibétain.


Même s'il ne saurait être question de nier l'existence au coeur du bouddhisme d'un idéal de paix et de tolérance, fondé sur de nombreux passages scripturaux, ceux-ci sont contrebalancés par d'autres sources selon lesquelles la violence et la guerre sont permises lorsque le Dharma bouddhique est menacé par des infidèles. Dans le Kalacakra-tantra par exemple, texte auquel se réfère souvent le dalaï-lama, les infidèles en question sont des musulmans qui menacent l'existence du royaume mythique de Shambhala. A ceux qui rêvent d'une tradition bouddhique monologique et apaisée, il convient d'opposer, par souci de vérité, cette part d'ombre.


BERNARD FAURE


Professeur à l'université de Stanford, Californie. Auteur notamment de Bouddhisme , Liana Levi, 2001 ; Bouddhismes, philosophies et religions , Flammarion, 1998.


_________________
Dans le ciel il n'y a ni Est ni Ouest, les gens créent des distinctions depuis leur esprit puis croient qu'elles sont vérité. 
Demeurer en colère c'est prendre un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un, c'est vous qui vous brûlez. 
Traitez votre colère avec compassion, votre colère c'est votre bébé qui pleure et vous êtes la maman, réconfortez votre bébé pour qu'il ne pleure plus, traitez votre colère avec compassion. 
avatar
indian
Sympathisant de l'arbre
Sympathisant de l'arbre

Masculin
Nombre de messages : 448
Age : 45
Contrée : Planete Terre
Arts & métiers : Ingénieur pas vraiment ingénieux
Disposition de l'Esprit : Faible
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 02/07/2018

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par indian le Lun 01 Oct 2018, 13:16

Des leçons et des enseignement sont toujours neutres, sans effets.
Des enseignants, des maitres  pas toujours. Des élèves et des étudiants non plus.
Le Bouddha oui, si on en juge ses fruits.
avatar
Disciple laïc
Protecteur de l'Arbre [PdA]
Protecteur de l'Arbre [PdA]

Masculin
Nombre de messages : 1096
Age : 43
Contrée : France
Arts & métiers : Agent d'accueil & surveillance au Panthéon
Disposition de l'Esprit : Variable mais se stabilisant lentement
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 30/09/2017

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par Disciple laïc le Lun 01 Oct 2018, 14:56

Le terme de "transmigration des âmes" est malheureux car incorrect, le bouddhisme nie l'existence de l'âme dans le sens que lui donne les monothéismes et l’hindouisme. 

Le terme "réincarnation" est aussi malheureux.

Il y a différents aspects aussi bien dans le bouddhisme tibétain qu'au Japon ou ailleurs qui sont très éloignés des sutras du canon pali que j'ai pu lire. C'est regrettable quoi que pas si surprenant. Le Bouddha historique reviendrait de nos jours il désapprouverait surement un certain nombre de chemins qu'a pris son message d'origine et avec une paisible logique démontrait les dénaturations que l'on voit aujourd'hui. 

J'ai compris assez vite que le Bouddha s'occupait des hommes et de leurs souffrances avant toutes choses et exclusivement, il laisse la théologie et les affaires entre les dieux et les dieux et les hommes à d'autres. De même les discriminations sexuelles sont absurdes et monnayer de quelconques purifications du fait que l'on est une femme relève d'un commerce aussi discriminant et honteux que sans rapport avec la gratuité du Dharma enseigné par le Bouddha.  


_________________
Dans le ciel il n'y a ni Est ni Ouest, les gens créent des distinctions depuis leur esprit puis croient qu'elles sont vérité. 
Demeurer en colère c'est prendre un charbon ardent avec l'intention de le jeter sur quelqu'un, c'est vous qui vous brûlez. 
Traitez votre colère avec compassion, votre colère c'est votre bébé qui pleure et vous êtes la maman, réconfortez votre bébé pour qu'il ne pleure plus, traitez votre colère avec compassion. 
avatar
Mila
Philanthrope
Philanthrope

Féminin
Nombre de messages : 656
Age : 50
Contrée : où je me trouve
Arts & métiers : apprendre
Disposition de l'Esprit : méditation, partage
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 15/08/2018

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par Mila le Lun 01 Oct 2018, 16:47

@Disciple laïc a écrit:

Il y a différents aspects aussi bien dans le bouddhisme tibétain qu'au Japon ou ailleurs qui sont très éloignés des sutras du canon pali que j'ai pu lire. 

Forcément, puisque le Bouddhisme tibétain , ainsi que le Shingon japonais ne se basent pas uniquement sur les sutras , mais également sur les Tantras .


_________________
" Disciples venus à la rencontre d'un yogi heureux ,faites en vous naître le bonheur !  "   ( Milarepa)
                          
avatar
indian
Sympathisant de l'arbre
Sympathisant de l'arbre

Masculin
Nombre de messages : 448
Age : 45
Contrée : Planete Terre
Arts & métiers : Ingénieur pas vraiment ingénieux
Disposition de l'Esprit : Faible
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 02/07/2018

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par indian le Lun 01 Oct 2018, 16:52

les différentes compréhensions et interprétations ''occidentales'' des leçons et enseignements  du Bouddha furent et sont encore très ''teintées'' des paradigmes , connaissances , sciences et références propres à ces cultures et civilisations ''occidentales''.
avatar
Ortho
Présence spontanée
Présence spontanée

Masculin
Nombre de messages : 1357
Age : 63
Contrée : France
Arts & métiers : Vaguemestre
Disposition de l'Esprit : En attente.
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 04/08/2011

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par Ortho le Mar 02 Oct 2018, 00:52

Tout à fait d'accord! Il est évident que le "Bouddh-isme" s'est coloré des teintes de pensées, de cultures des différents pays où il a pris racine, et l'Occident n'y a pas échappé.
Il a aussi subi les avatars des différents  pouvoirs et castes qu'il a dû affronter, les puissants voulant toujours demeurer puissants.Le Japon en est l'exemple type. D'où les affrontements entre Nichiren, Dogen etc, partisans ou soutenus par les clans des empereurs ou des shoguns.

Et lorsque vous demander à un "bouddh-iste" s'il suit la bonne voie, il vous dira que oui, c'est la Vraie voie qu'il suit.Toujours le même schéma de la pensée qu'ici en Occident dans son Histoire des pouvoirs et du Christianisme, Catholique ou Luthérien, Anglican, etc...

Pour ce qui est de l'Hindhouisme, il n'y a pas de notion d'âme au sens chrétien ou biblique, car l'être est comme une émanation de la divinité originelle c'est-à-dire le "BrahmaN", manifestée par "Ishvâra": "Om Tât Sat".
Personne n'existe par soi-même, "Tât Tvam Asi".
Le tout est "Leela", le JEU Divin.
C'est pour cela sans doute que Gotama, a dit un jour, que cela n'avait pas d'importance de savoir si Dieu était ou n'était pas!
Bonne journée!


_________________
Les apparences sont trompeuses!
[i]
avatar
indian
Sympathisant de l'arbre
Sympathisant de l'arbre

Masculin
Nombre de messages : 448
Age : 45
Contrée : Planete Terre
Arts & métiers : Ingénieur pas vraiment ingénieux
Disposition de l'Esprit : Faible
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 02/07/2018

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par indian le Mar 02 Oct 2018, 13:22

@Ortho a écrit:
l'être est comme une émanation de la divinité originelle c'est-à-dire le "BrahmaN", manifestée par "Ishvâra": "Om Tât Sat".
Personne n'existe par soi-même, "Tât Tvam Asi".
Le tout est "Leela", le JEU Divin.
C'est pour cela sans doute que Gotama, a dit un jour, que cela n'avait pas d'importance de savoir si Dieu était ou n'était pas!
Bonne journée!

exact, sous d'autres formes.
c'est la question de la révélation progressive et relative.


Mais que cela ait ou pas d'importance, l'être humain a toujours eu de l' intérêt pour la question ''pourquoi?''.
Que ce soit pour lui-même, les autres et le reste.

Contenu sponsorisé

Re: Le bouddhisme, une religion tolérante ?

Message par Contenu sponsorisé


    La date/heure actuelle est Sam 15 Déc 2018, 00:34