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NAKULA SUTTA

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NAKULA SUTTA

Message par Tinhy le Jeu 16 Aoû 2007, 15:05

Ainsi ai-je entendu : Une fois, le Bienheureux séjour­nait parmi le peuple Bhagga, au parc des Daims, dans un endroit appelé Sumsumàragiri, au bois de Bhesakalâ.

En ce temps-là, un jour, le chef de famille Nakula-pità rendit visite au Bienheureux. S’étant approché, il lui rendit hommage, puis s’assit à l’écart sur un côté. S’étant assis à l’écart sur un côté, il dit : « Bienheureux, je suis quelqu’un de brisé, un vieillard, quelqu’un qui a atteint un âge très avancé ; j’ai un corps malade, souvent souffrant. Et en plus, je suis quelqu’un qui ne voit plus souvent le Bienheureux ou les disciples qui s’engagent dans les méthodes du progrès mental. Que le Bienheureux me donne des conseils. Que le Bienheureux me donne des instructions nécessaires pour qu’elles soient utiles pour mon bien-être pendant longtemps. »

Le Bienheureux dit : « C’est vrai, ô chef de famille, c’est vrai. Votre corps est faible. Il s’est courbé. Pour celui qui possède un tel corps, le fait de réclamer une bonne santé au moins momentanée n’est autre qu’un fol espoir. C’est pourquoi, ô chef de famille, vous devez vous entraî­ner ainsi : “Bien que mon corps soit malade, que mon men­tal ne soit pas malade.” C’est de cette façon que vous devez vous entraîner. »

Le chef de famille Nakula-pitâ se réjouit des paroles du Bienheureux, et il lui rendit hommage, fit la circumambulation et s’en alla. Puis il s’approcha de l’Àyasmanta Sâriputta. S’étant approché, il s’assit à l’écart sur un côté.

Lorsque le_chef de famille Nakula-pitâ fut assis à l’écart sur un côté, l’Àyasmanta Sâriputta lui demanda : « Ô chef de famille, aujourd’hui vos sens ont une allure calme et pure. Votre complexion est claire. Sans doute aujourd’hui, avez-vous eu une discussion doctrinale avec le Bienheureux ? »

Le chef de famille Nakula-pitâ répondit : « Ô hono­rable, comment peut-il en être autrement? J’étais aspergé avec le nectar de la doctrine par le Bienheureux.

Dites-moi, ô chef de famille, de quelle façon étiez-vous aspergé avec le nectar de la doctrine par le Bienheureux ?

O honorable, aujourd’hui, j’ai rendu visite au Bien­ heureux. M’étant approché, je lui rendis hommage, puis m’assis à l’écart sur un côté. M’étant assis à l’écart sur un côté, je lui dis : “Bienheureux, je suis quelqu’un de brisé, […] souvent souffrant. […]

” Le Bienheureux dit : “C’est vrai, ô chef de famille, c’est vrai. Votre corps est faible.

[…] C’est pourquoi, ô chef de famille, vous devez vous entraîner ainsi : ‘Bien que mon corps soit malade, que mon mental ne soit pas malade.’ C’est de cette façon que vous devez vous entraîner”, dit-il.

Mais, ô chef de famille, n’avez-vous pas pensé à poser la question au Bienheureux, en disant : “Dites-moi, Bien­heureux, dans quelle mesure le mental peut-il rester sans être malade, tandis que le corps est malade ?”

Justement, ô honorable, si je suis venu de si loin pour vous voir, c’est pour savoir de votre bouche quel est le véri­table sens de cet énoncé du Bienheureux. Cela me ferait tellement de bien si l’honorable Sâriputta m’expliquait le sens de cet énoncé exprimé par le Bienheureux.

Alors, ô chef de famille, écoutez, fixez bien votre attention. Je vais vous en parler.

« Oui, ô honorable, répondit le chef de famille Nakula-pitâ. »

L’Ayasmanta Sâriputta dit : « Tout d’abord, ô chef de famille, voici comment le corps et le mental deviennent malades. Un puthujjana non instruit (assutavâ puthujjano) qui n’apprécie pas les êtres nobles, qui est incapable de suivre l’enseignement des êtres nobles, qui n’est pas entraîné dans l’enseignement des êtres nobles, qui n’appré­cie pas les sages, qui est incapable de suivre l’enseignement des sages, qui n’est pas entraîné dans l’enseignement des sages, considère la forme matérielle (rûpa) comme Soi, ou il considère le Soi comme ayant la forme matérielle, ou le Soi comme étant la forme matérielle, ou bien le Soi étant dans la forme matérielle. Il se dit : “Je suis la forme matérielle” ou bien il se dit : “La forme matérielle est à moi”, et possède cette idée. Lorsque cette forme matérielle change à cause de la nature de l’impermanence, lorsque cette forme matérielle devient autrement, chez lui se produisent les lamentations, les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce puthujjana non ins­truit, qui n’apprécie pas les êtres nobles, […] considère la sensation (vedanâ) comme Soi, ou il considère le Soi comme ayant la sensation, ou le Soi comme étant la sensa­tion, ou bien le Soi étant dans la sensation. Il se dit : “Je suis la sensation” ou bien il se dit : “La sensation est à moi”, et il possède cette idée. Lorsque cette sensation change àcause de la nature de l’impermanence, lorsque cette sensa­tion devient autre, chez lui se produisent les lamentations. les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce puthujjana non instruit qui n’apprécie pas les êtres nobles, […] considère la per­ception (sauna) comme Soi, ou il considère le Soi comme ayant la perception, ou le Soi comme étant la perception, ou bien le Soi étant dans la perception. Il se dit : “Je suis la per­ception” ou bien il se dit : “La perception est à moi”, et il possède cette idée. Lorsque cette perception change à cause de la nature de l’impermanence, lorsque cette per­ception devient autre, chez lui se produisent les lamenta­tions, les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce puthujjana non instruit, qui n’apprécie pas les êtres nobles, […] considère les com­posants volitionnels (sankhâra) comme Soi, ou il considère le Soi comme ayant les composants volitionnels, ou le Soi comme étant les composants volitionnels, ou bien le Soi étant dans les composants volitionnels. Il se dit : “Je suis les composants volitionnels” ou bien il se dit : “Les composants volitionnels sont à moi”, et il possède cette idée. Lorsque ces composants volitionnels changent à cause de la nature de l’impermanence, lorsque ces composants volitionnels deviennent autres, chez lui se produisent les lamentations, les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce, puthujjana non instruit qui n’apprécie pas les êtres nobles, […] considère la conscience (vinnâna) comme Soi, ou il considère le Soi comme ayant la conscience, ou le Soi comme étant la conscience, ou bien le Soi étant dans la conscience. Il se dit : “Je suis la conscience” ou bien il se dit : “La conscience est à moi”, et il possède cette idée. Lorsque cette conscience change à cause de la nature de l’impermanence, lorsque cette conscience devient autre, chez lui se produisent les lamentations, les peines, le chagrin, les afflictions et les malaises.

« Ô chef de famille, c’est de cette façon que le corps et le mental deviennent malades. Maintenant examinons comment le mental peut rester sans être malade tandis que le corps est malade. Un disciple noble bien instruit (sutavâ ariya-sâvako) qui apprécie les êtres nobles, qui suit l’en­seignement des êtres nobles, qui est entraîné dans l’ensei­gnement des êtres nobles, qui apprécie les sages, qui suit l’enseignement des sages, qui est entraîné dans l’ensei­gnement des sages, ne considère pas la forme matérielle comme Soi, ou il ne considère pas le Soi comme ayant la forme matérielle, ou le Soi comme étant la forme maté­rielle, ou bien le Soi comme étant dans la forme matérielle. Il ne se dit pas : “Je suis la forme matérielle” ou “la forme matérielle est à moi”, et il ne possède pas une telle idée. Alors, lorsque cette forme matérielle change à cause de la nature de l’impermanence, lorsque cette forme matérielle devient autrement, chez lui ne se produisent pas les lamen­tations, […] les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce noble disciple bien instruit qui apprécie les êtres nobles, […] ne considère pas la sensation comme Soi, ou il ne considère pas le Soi comme ayant la sensation, ou le Soi étant la sensation, ou bien le Soi comme étant dans la sensation. Il ne se dit pas : “Je suis la sensation” ou “la sensation est à moi”, et il ne possède pas une telle idée. Alors, lorsque cette sensation change à cause de la nature de l’impermanence, lorsque cette sensation devient autrement, chez lui ne se produi­sent pas les lamentations, […] les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce noble disciple bien instruit qui apprécie les êtres nobles, [•..] ne considère pas la perception comme Soi, ou il ne considère pas le Soi comme ayant la perception, ou le Soi comme étant la per­ception, ou bien le Soi comme étant dans la perception. Il ne se dit pas : “Je suis la perception” ou “la perception est à moi”, et il ne possède pas une telle idée. Alors, lorsque cette perception change à cause de la nature de l’imperma­nence, lorsque cette sensation devient autrement, chez lui ne se produisent pas les lamentations, […] les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce noble disciple bien instruit qui apprécie les êtres nobles, […] ne considère pas les composants volitionnels comme Soi, ou il ne considère pas le Soi comme ayant les composants volitionnels, ou le Soi étant les composants volitionnels, ou bien le Soi comme étant dans les composants volitionnels. Il ne se dit pas : “Je suis les composants volitionnels” ou “les compo­sants volitionnels sont à moi”, et il ne possède pas une telle idée. Alors, lorsque ces composants volitionnels changent à cause de la nature de l’impermanence, lorsque ces com­posants volitionnels deviennent autrement, chez lui ne se produisent pas les lamentations, […] les malaises.

« Et encore, ô chef de famille, ce noble disciple bien instruit qui apprécie les êtres nobles, […] ne considère pas la conscience comme Soi, ou il ne considère pas le Soi comme ayant la conscience, ou le Soi comme étant la conscience, ou bien le Soi comme étant dans la conscience. Il ne se dit pas : “Je suis la conscience” ou “la conscience est à moi”, et il ne possède pas une telle idée. Alors, lorsque cette conscience change à cause de la nature de l’imper­manence, lorsque cette conscience devient autrement, chez lui ne se produisent pas les lamentations, les peines, le cha­grin, les afflictions et les malaises.

« C’est de cette façon, ô chef de famille, que le mental peut rester sans être malade, tandis que le corps est malade. »

Ainsi parla l’Âyasmanta Sâriputta. Le chef de famille Nakula-pitâ, heureux, se réjouit des paroles de l’Âyas­manta Sâriputta.

Samyutta Nikaya 1-5

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Re: NAKULA SUTTA

Message par djinpa le Jeu 16 Aoû 2007, 20:02

Merci pour ce texte qui tombe très bien,ô Racine de l'Arbre,j'ai de quoi méditer....

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