Un crime contre l’humanité qui ne choque plus personne La faim et les droits de l’homme Jean Ziegler
posté par: Web
Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. Plus de 6 millions en 2007.
« La destruction de millions d’Africains par la faim
s’effectue dans une sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur
une planète débordant de richesses.
« La
destruction de millions d’Africains par la faim s’effectue dans une
sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur une planète débordant
de richesses. En Afrique subsaharienne, entre 1998 et 2005, le nombre
de personnes gravement et en permanence sous-alimentées a augmenté de
5,6 millions. » Jean Ziegler rappelle que le droit à l’alimentation est
le premier des droits de l’homme et exhorte à réaliser une
« distribution plus équitable des biens, qui satisferait aux besoins
vitaux des gens et les protégerait contre la faim. »
Texte de Jean Ziegler [1] à l’occasion du Forum Quelle agriculture pour quelle alimentation ?
- I. Toutes les cinq secondes, un
enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates.
Plus de 6 millions en 2007. Toutes les quatre minutes, quelqu’un perd
la vue à cause du manque de vitamines A. Ce sont 854 millions d’êtres
qui sont gravement sous-alimentés, mutilés par la faim en permanence.
Cela se passe sur une planète qui regorge de richesses.
La FAO est dirigée par un homme de courage et de grande compétence,
Jacques Diouf. Il constate qu’au stade du développement actuel de ses
forces de production agricoles,
la planète pourrait nourrir sans problème 12 milliards d’êtres humains, soit le double de l’actuelle population mondiale .Conclusion :
ce massacre quotidien par la faimn’obéit à aucune fatalité. Derrière chaque victime, il y a un assassin.
L’actuel ordre du monde n’est pas seulement meurtrier. Il est aussi
absurde. Le massacre a bien lieu dans une normalité glacée.
L’équation est simple : quiconque a de l’argent mange
et vit. Qui n’en a pas souffre, devient invalide ou meurt. Il n’a pas
de fatalité.
Quiconque meurt de faim est assassiné.
- II. Le plus grand nombre des
personnes sous-alimentées, 515 millions, vivent en Asie où elles
représentent 24 % de la population totale. Mais si l’on considère la
proportion des victimes, c’est l’Afrique subsaharienne qui paie le plus
lourd tribut : 186 millions d’êtres humains y sont en permanence
gravement sous-alimentés, soit 34 % de la population totale de la
région. La plupart d’entre eux souffrent de ce que la FAO appelle « la
faim extrême », leur ration journalière se situant en moyenne à 300 calories au-dessous du régime de la survie dans des conditions supportables.
Un enfant manquant d’aliments adéquats en quantité
suffisante, de sa naissance à l’âge de 5 ans, en supportera les
séquelles à vie. Au moyen de thérapies délicates pratiquées sous
surveillance médicale, on peut faire revenir à une existence normale un
adulte qui a été temporairement sous-alimenté. Mais un enfant de moins
de 5 ans, c’est impossible. Privées de nourriture, ses cellules
cérébrales auront subi des dommages irréparables. Régis Debray nomme
ces petits des « crucifiés de naissance » .
La faim et la malnutrition chronique constituent une
malédiction héréditaire : chaque année, des centaines de milliers de
femmes africaines gravement sous-alimentées mettent au monde des
centaines de milliers d’enfants irrémédiablement atteints. Toutes ces
mères sous-alimentées et qui, pourtant, donnent la vie rappellent ces
femmes damnées de Samuel Beckett, qui « accouchent à cheval sur une
tombe ... Le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau » .
Une dimension de la souffrance humaine est absente de
cette description : celle de l’angoisse lancinante et intolérable qui
torture tout être affamé dès son réveil. Comment, au cours de la
journée qui commence, va-t-il pouvoir assurer la subsistance des siens,
s’alimenter lui-même ? Vivre dans cette angoisse est peut-être plus
terrible encore qu’endurer les multiples maladies et douleurs physiques
affectant ce corps sous-alimenté.
La destruction de millions d’Africains par la faim
s’effectue dans une sorte de normalité glacée, tous les jours, et sur
une planète débordant de richesses. En Afrique subsaharienne, entre
1998 et 2005, le nombre de personnes gravement et en permanence
sous-alimentées a augmenté de 5,6 millions.
- III. Jean-Jacques Rousseau écrit :
« Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la
loi qui libère ». Afin de réduire les conséquences désastreuses des
politiques de libéralisation et de la privatisation à l’extrême
pratiquée par les maîtres du monde et par leurs mercenaires (FMI, OMC),
l’Assemblée générale des Nations Unies a décidé de créer et de rendre
justiciable un nouveau droit de l’homme : le droit à l’alimentation.
Le droit à l’alimentation est le droit d’avoir un accès
régulier, permanent et libre, soit directement, soit au moyen d’achats
monétaires, à une nourriture quantitativement et qualitativement
adéquate et suffisante, correspondant aux traditions culturelles du
peuple dont est issu le consommateur, et qui assure une vie physique et
psychique, individuelle et collective, libre d’angoisse, satisfaisante
et digne.
Les droits de l’homme - hélas ! - ne relèvent pas du droit positif.
Ce qui signifie qu’il n’existe encore aucun tribunal international qui
rendrait justice à l’affamé, défendrait son droit à l’alimentation,
sanctionnerait son droit de produire lui-même ses aliments ou de se les
procurer au moyen d’achats monétaires, et protégerait son droit à la
vie.
- IV. Tout va bien aussi longtemps que
des gouvernements comme celui du président Luis Inacio Lula da Silva à
Brasilia ou du président Evo Morales à La Paz mobilisent par leur
propre volonté les ressources de l’État, afin d’assurer à chaque
citoyen son droit à l’alimentation. L’Afrique du Sud est un autre
exemple. Le droit à l’alimentation est inscrit dans sa Constitution.
Celle-ci crée une Commission nationale des droits de l’homme, composée
en parité par des membres nommés ar les organisations de la société
civile (Églises, syndicats et mouvements sociaux divers) et de membres
désignés par le Parlement. Les compétences de la Commission sont
étendues.
Depuis son entrée en fonction, il y a cinq ans la
Commission a déjà arraché des victoires importantes. Elle peut
intervenir dans tous les domaines relevant du déni du droit à
l’alimentation : éviction de paysans de leur terre ; autorisation
donnée par une municipalité à une société privée pour la gestion de
l’approvisionnement de l’eau potable, entraînant des taxes prohibitives
pour les habitants les plus pauvres ; détournement par une société
privée de l’eau d’irrigation au détriment des cultivateurs ; manquement
au contrôle de la qualité de l’alimentation vendue dans les
bidonvilles ; etc.
Mais combien existe-t-il de gouvernements, notamment
dans le tiers-monde, dont la préoccupation quotidienne prioritaire est
le respect du droit à l’alimentation de leurs citoyens ? Or, dans les
122 pays dits du tiers-monde vivent aujourd’hui 4,8 milliards des 6,2
milliards d’homme que nous sommes sur terre.
- V. Les nouveaux maîtres du monde ont
horreur des droits de l’homme. Ils les craignent comme le diable l’eau
bénite. Car il est évident qu’une politique économique, sociale,
financière réalisant à la lettre tous les droits de l’homme briserait
net l’ordre absurde et meurtrier du monde actuel et produirait
nécessairement une distribution plus équitable des biens, satisferait
aux besoins vitaux des gens et les protégerait contre la faim et une
bonne part de leurs angoisses.
Dans leur achèvement, les droits
de l’homme incarnent donc un monde totalement autre, solidaire, libéré
du mépris, plus favorable au bonheur.Les droits de l’homme - politiques
et civils, économiques, sociaux et culturels, individuels et collectifs
- sont universels, interdépendants et indivisibles. Ils sont
aujourd’hui l’horizon de notre combat.
» Bonjour a toute et a tous
» QUE LA PAIX VOUS ACCOMPAGNE !
» et moi je surveille le Temple ! ( Authentique )
» Les blagues de l'Arbre
» Pratique de Tchenrezi
» Votre attention siouplaît !
» Fête du WESAK à la Pagode !
» Lama Gyurmé
» Les Samayas du Vajrayana
» Le Très Vénérable Chatral Rinpoché
» Les premiers ascètes de la forêt
» Karma
» Salutation à toute et tous, un peu sur moi...
» Bonjour, besoin de votre aide
» Jeudi 24 mai 2012, visite de Sa Sainteté le Dalaï Lama à l’Institut Yeunten Ling, Huy, Belgique
» Le Très Vénérable Lama Guendune Rimpotché
» Retraite francophone au village des Pruniers mai 2012
» Petite pose bien méritée......
» De l'abandon par matthieu Ricard
» Les Ngagphang
» Le Tcham, Danse sacrée des Tibétains
» Taklung Tsetrul Rinpoché, actuel Chef des Nyingmapa
» Le trésor du cœur des êtres éveillés
» Psycho Actif, le blog de Christophe André
» Les démons
» La chanson du moi.
» Imaginer la vie sans attachements (Dzigar Kongtrul Rimpoche)
» Les 11 évenements mentaux vertueux
» Son Eminence Chogye Trichen Rinpoché
» Penor Rinpoché
» S’envelopper du vêtement du Bouddha
» Le bon usage des facultés
» Nishijima Kazuo
» PARTAGE POUR TOUS
» Pour venir en aide au docteur Marie-Hélène Groussac
» Kōdō Sawaki
» Zen et Santé
» Visite du Dr Akong Rnpoche
» Personnalité borderline
» Ensemble NATIVITAS
» Le Voici .........
» LE BOUDDHA ENLACE
» The seven water bowl offering / L'offrande des sept bols d'eau
» Visite du Karmapa en France (suite)
» Visite du Karmapa en France
» Lejeu Des miroirs
» Le syndrome d’abandon COMMENT AIDER ?
» Présentation des messages, à lire svp.
» attendre les excuses c'est de satisfaire son ego ?