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Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

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Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

Message par Karma Trindal le Dim 07 Déc 2008, 15:27



Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français


D'après une information du 4 novembre 2008, donnée par le site phayul.com (http://phayul.com/news/article.aspx?id=23144&article=China+Arrests+Monk+...) ce moine a été de nouveau arrêté, emmené le 4 novembre vers 13h par environ soixante-dix policiers armés. On est sans nouvelles de lui depuis.

Pour la deuxième fois en quatorze ans, un Tibétain ordinaire, pas un représentant du Parti, témoigne de ce qu'est de vivre au Tibet chinois. Akhu Jigme (Akhu est le terme par lequel on désigne les moines en Amdo) est un moine du monastère de Labrang qui a été interviewé secrètement sur son expérience de l'arrestation et de la torture à la suite de la révolte tibétaine de mars et notamment des manifestations pacifiques de Labrang.

Le fait que seuls deux Tibétains aient souhaité témoigner de leurs souffrances en quatorze ans peut être interprété de deux manières :

- soit les Tibétains sont heureux et seule une poignée d'irréductibles persiste à ignorer les bienfaits de la grande Chine

- soit les Tibétains ont peur.

A votre avis ?

Lien vers le témoignage, sous-titré en français : http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20080919.OBS1979/?xtmc=tibetmo...

Des photos de Akhu Jigme sur son lit d'hôpital, après les mauvais traitements subis entre les mains de la police armée chinoise, sont visibles sur http://woeser.middle-way.net/2008/09/blog-post_16.html

www.tibet-doc.org s'est procuré la traduction de ces dix minutes de témoignage. La voici :

Akhu Jigme

Moine du Collège trantrique de Gyüto, monastère de Labrang

https://www.youtube.com/watch?v=GZLIKmInP24

Traduction

Le 18ème jour du 2ème mois tibétain de cette année, après que notre tshogs (assemblée religieuse) a été terminé, je suis allé en ville. J’ai fait réparer mes chaussures près de la gare routière. Alors que je m’en retournais au monastère, j’ai reçu un coup de fil. J’ai regardé l’écran de mon portable : aucun numéro ne s’affichait. Peut-être qu’ils m’observaient depuis un véhicule à proximité. Une voiture blanche a soudain déboulé et s’est arrêtée devant moi. Quatre soldats m’ont attrapé et m’ont tiré dans leur voiture. J’ai regardé derrière moi : j’ai vu une nonne et j’ai crié à plusieurs reprises : « Ma sœur ! Ma sœur ! » afin qu’elle voie qu’on m’avait attrapé. Dans la voiture ils m’ont recouvert la tête d’un tissu noir, m’ont passé les menottes, ils m’ont posé le canon d’un fusil contre la tête et m’ont poussé à terre, m’ont emmené dans un hôtel de policiers armés qui se trouvait derrière le poste de police, ils m’ont ôté le tissu noir mais pas les menottes.

Ils m’ont fouillé, ont pris mon téléphone et mon porte-monnaie. Ils m’ont fait asseoir sur une chaise, les mains attachées dans le dos. Un jeune soldat chinois m’a mis en joue et a dit en chinois : « Ces fusils ont été fabriqués exprès pour vous tuer, vous les Tibétains. Tu fais un pas et je t’assure que je te tire dessus. Une fois mort, ton cadavre sera jeté dans les ordures, je te le promets. » Quand je l’ai entendu dire : « Ces fusils ont été fabriqués pour vous tuer, vous les Tibétains, et si vous n’obéissez pas, on vous tuera et on jetera votre cadavre dans les ordures, et personne ne le saura », je n’ai pas eu peur malgré le fusil pointé contre ma tête. Mais qu’un policier de l’Etat, ou un soldat de l’Etat, qu’un gardien de l’ordre de l’Etat tienne de telles paroles à un citoyen ordinaire, le fusil pointé vers la tête, j’ai ressenti une douleur comme si mon cœur éclatait en deux. Qu’un peuple puissant fasse subir à un peuple faible de telles épreuves, une telle répression, qu’un pays fabrique des armes pour réprimer une ethnie faible, il va sans dire que, s’ils font ça à un petit niveau, ils font encore pire à des niveaux plus élevés. Qu’ils oppriment et tuent les Tibétains, qu’ils puissent parler ainsi en nous visant avec leurs fusils, ça m’a vraiment surpris.

Deuxièmement, s’ils disent qu’ils vont jeter aux ordures les cadavres des Tibétains tués, que personne ne les réclamera, et que personne ne le saura, c ’est qu’ils ne font pas plus de cas de ous que des chiens ou des porcs. Même quand on tue le chien ou le porc d’autrui, il y a toujours quelqu’un qui s’en dit être le maître. Ca veut dire quoi de nous tuer, les Tibétains, et qu’il n’y aura personne [pour réclamer des cadavres] ? Cela veut dire que personne n’aura le droit de s’occuper du corps, que personne ne saura rien. J’ai alors pris conscience de l’inégalité ethnique. Ils m’ont posé beaucoup de questions. L’une d’elles : « Est-ce le Dalaï-lama qui t’a incité ? » « Est-ce le Dalaï-lama qui a incité au vol, aux incendies, aux destructions et au pillage ? Que penses-tu du Dalaï-lama ? »

J’ai répondu : « Je suis un adhérent au bouddhisme, et je suis un disciple du Dalaï-lama, le Dalaï-lama est comme ma force de vie, mon cœur, ma conscience, au fond de mon cœur. Je ne suis pas le seul. Pour les six millions de Tibétains, le Dalaï-lama est le refuge dans cette vie et dans la vie suivante. Il agit pour la paix dans le monde. C’est un grand leader pour la paix dans le monde. Le Dalaï-lama a tracé une voie non-violente. Je refuse qu’on dise que c’est le Dalaï-lama qui a prémédité ces vols, ces incendies, ces destructions et ces pillages. Le Dalaï-lama ne dirait jamais une chose pareille. Moi-même, simple moine, je serais incapable d’inciter qui que ce soit à voler, brûler, détruire et piller. Le « Précieux Protecteur » est la conscience de six millions de Tibétains. Nous ne pouvons pas être séparés de lui. Tout au long de l’histoire, nous les Tibétains avons entretenu des liens de maître à disciple avec les Dalaï-lamas. Et nous devons encore maintenir ce lien de maître à disciple. Nous avons une foi complète dans le « Précieux Protecteur » ». Voilà l’opinion que j’ai donnée.

Après nous avoir gardés quelques jours dans une centre de détention, ils nous emmenés en prison. Si nous ne comprenions pas le chinois, quand ils comptaient « 1, 2, 3 », ils nous disaient : « Vous êtes des animaux. Vous êtes des idiots » et ils nous frappaient avec la crosse du fusil. Quand on leur a demandé pourquoi ils nous frappaient, ils nous répondaient que c’était parce qu’on ne comprenait pas le chinois. Mais dans la Constitution et les lois de la République Populaire de Chine, il est écrit qu’il faut mettre en œuvre l’autonomie des zones ethniques et utiliser la langue locale. Il est écrit qu’il faut accorder à l’ethnie locale le droit de gouverner. Et nous, en zone tibétaine, on n’utilise pas le tibétain, et on traite d’animaux ceux qui ne connaissent pas le chinois. On nous traite d’idiots, on nous frappe au point qu’on ne peut plus se relever. Pourquoi ?

De plus, ils ne font pas la différence entre moines coupables et innocents, entre jeunes et vieux. Ils ont arrrêté des moinillons de 14, 15 ans, des vieux moines de 60, 70 ans. Ils ont arrêté sans distinction ceux qui avaient ou non participé aux manifestations. Ils ont attaché les moines 2 par 2 avec des menottes, sans vêtements, pieds-nus, les ont mis dans des véhicules. Ils les ont jetés dans les véhicules comme des bûches de bois qu’on balance, certains étaient blessés à la tête, d’autres avaient les poignets cassés, mais ils les ont tous emprisonnés. La famille n’avait pas le droit d’apporter de nourriture, de vêtements, de draps. Collés les uns contre les autres, nous avons essayé de nous réchauffer. Quand on a été témoin de tout ça, on se dit que, du point de vue des Tibétains, on subit ça parce qu’on est Tibétain. Nous ne pouvions même pas nous vêtir ni nous chausser. Nous n’avions personne pour nous nourrir, nous donner à boire, nous donner une literie. Ignorant le chinois, cela nous a valu des coups. Cela me rend très triste. On nous a emmenés dans la prison de Kachu [Lingxia]. Tous les prisonniers étaient des Chinois et des Musulmans. Nous étions les seuls prisonniers tibétains. Nous devions transporter tous les jours, pieds nus, les excréments et l’urine, laver le sol. En prison, on nous a forcés à enlever notre robe de moine et porter un vêtement de laïc serré. Je suis un moine qui a foi en la doctrine bouddhique. Alors, pour moi, ôter mon châle et ma robe de moine, et porter un vêtement de laïc, être forcé à marcher pieds nus, menotté, la tête enveloppée dans du tissu, qu’on m’emmène ainsi en voiture, je considère que c’est du mépris, du dédain.

En prison, la nourriture et la boisson sont mauvais, on n’a rien à se mettre, et pas même une serviette pour faire sa toilette. Pour moi ça a duré comme ça un mois, les menottes aux mains pendant trois jours et trois nuits. Ils m’ont dit que je devais avouer être le meneur n°2, que je devais avouer avoir des liens, à l’étranger, avec le Dalaï-lama, avec Samdong Rinpoche, avec Akya Rinpoche. Et, à l’intérieur [de la Chine], avec des intellectuels et des enseignants religieux. « Tes actions à l’intérieur ont un effet. Tu es le leader de ceux qui ont fondé un groupe. Tu as passé des tas de coups de fil dans d’autres provinces, quelles sont tes activités ? Où as-tu fait imprimer les drapeaux tibétains ? Combien en as-tu fait imprimer ? Combien de membres compte ton groupe ? Tu n’as pas d’autre choix que d’avouer ». Ils m’ont attaché au plafond par les mains et mes pieds n’ont pas touché le sol pendant plusieurs heures. Ils m’ont donné des coups de poing sur le visage, dans la poitrine, dans le dos, ça ne ressemblait pas aux coups assenés par un humain à un autre humain, mais par un humain à un chien ou à un porc. J’ai perdu connaissance et ils m’ont emmené à l’hôpital.

Quand j’ai repris conscience, on m’a ramené en poste de détention, et là ils m’ont frappé, m’ont attaché au plafond, je me suis encore évanoui et ils m’ont emmené à l’hôpital. Ils m’ont frappé sans discontinuer pendant 2 jours et deux nuits dans le poste de détention. Je n’ai rien eu à manger, j’avais mal à l’estomac et à la poitrine, je suis resté 6 jours inconscient à l’hôpital, sans pouvoir ouvrir les yeux ni prononcer un mot. Finalement, alors que j’étais sur le point de mourir, ils m’ont rendu à ma famille. Ils ont menti aux dirigeants de la province, disant qu’ils ne m’avaient pas frappé, ils ont dit ça aussi à ma famille. Ils m’ont fait apposer mon empreinte sur un document attestant qu’ils ne m’avaient pas frappé. J’ai versé plus de 20000 yuan [2000 euros] pour être traité à l’hôpital pendant 20 jours.

Quand je suis retourné au monastère, mes camarades m’ont dit que 180 moines avaient été arrêtés, des moines complètement innocents. Deux maîtres de discipline et un lama fonctionnaire avaient été arrêtés. Ils ont dû rester toute une nuit sur la pointe des pieds, on les a frappés avec les fusils dans le dos. Ils les ont maintenus par terre en appuyant avec leurs pieds sur leur cou et ont pris des photos avec leurs téléphones portables. »


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Re: Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

Message par Karma Trindal le Dim 07 Déc 2008, 15:27

Traduction (2éme partie)

Les soldats et les policiers ont pillé chaque cellule de moine. Ils ont emporté les statues, l'argent, les objets, les téléphones, la viande et la nourriture qui se trouvaient dans les cellules des moines. Quand j'ai vu ça, je me suis dit qu'en réalité, les pillards, les assassins, ce sont les soldats du parti communiste. Ils enfreignent la loi, mais c'est nous qu'ils arrêtent. Ils nous frappent et nous torturent. Ils massacrent les Tibétains. En plus de ça, ils nous accusent d'obéir à la clique du Dalaï-Lama et d'avoir agité et soulevé la population. S'il y a une vraie égalité entre les nationalités, une vraie liberté d'expression, s'il y a une vraie liberté religieuse, pourquoi n'avons-nous pas le droit d'exprimer notre foi envers le Lama que nous vénérons au fond de notre cœur ? Pourquoi n'avons nous pas le droit de demander sa protection ?

Ils ont aussi piétiné les photos du Dalaï-lama, et cassé les cadres avec la crosse de leur fusil. Ils ont déchiré et brûlé ces photos. Quand on est Tibétain, quand on est bouddhiste, voir piétiner des photos du Dalaï-Lama, l'objet de notre foi la plus profonde, et voir déchirer ces photos, c'est quelque chose qu'aucun prix ne peut compenser. Le gouvernement chinois a dit que des Tibétains avaient cassé des vitrines et que les pertes s'élevaient à des centaines de millions de yuans, mais le fait de voir piétiner les photos du Dalaï-Lama, que nous vénérons dans notre cœur, cela n'a pas de prix.

Les moines ont été battus. Un moine de Labrang qui avait parlé à un journaliste a été frappé avec une matraque, et il a eu le fémur cassé. Il ne pouvait plus marcher. Certaines personnes ont été électrocutées avec des matraques électriques, qu'ils avaient mis sur leur tête et dans leur bouche, ce qui a abîmé leur cerveau : certains sont devenus fous. Nous avons subi de telles tortures.

Notre plus grand espoir, c'est que des journalistes étrangers et l'ONU puissent venir enquêter au Tibet, et dire quelle est la situation réelle. C'est notre principal espoir. Le gouvernement chinois nous frappe et nous arrête en disant que nous avons enfreint les lois, et beaucoup de gens ont été tués. Beaucoup de gens se sont enfuis les montagnes et ne peuvent plus retourner chez eux. Il serait très utile que les journalistes du monde entier connaissent la situation véritable et transmettent l'information. Ils comprendront que le Dalaï-Lama n'est pas l'instigateur de notre soulèvement, qu'il ne nous a pas dit « Faites sécession ! ». Le Dalaï-Lama n'a jamais dit de telles choses. Beaucoup d'entre nous soutiennent les décisions qui seront prises pour le Tibet selon la voie du milieu du Dalaï-Lama et les discussions pacifiques. Mais nous sommes désespérés par la répression que nous subissons.

Aujourd'hui, j'espère vraiment pouvoir transmettre en toute honnêteté au monde, grâce aux journalistes, les preuves des souffrances des Tibétains qui sont tués, de ceux qui sont actuellement torturés dans les prisons, ou encore de ceux qui s'enfuient dans les montagnes sans pouvoir rentrer chez eux.

Des membres du bureau de la sécurité publique, des services secrets et des équipes de propagande sont venus me surveiller dans ma cellule du monastère, et un homme est spécialement chargé de ma surveillance. Je n'ai pas le droit de sortir, pas le droit d'appeler l'extérieur. On m'a apporté un gros exemplaire de la Constitution à étudier, et je dois rédiger une lettre d'autocritique. Je ne suis pas en prison, mais je n'ai pas la moindre liberté.

Ces temps-ci, la répression s'intensifie. Ce n'est pas seulement à Labrang, ni même en Amdo. Cela se produit partout, dans les trois provinces du Tibet [traditionnel]. Beaucoup de Tibétains sont tués, massacrés, opprimés et emprisonnés. On dit que plus de deux cents personnes ont probablement été tuées, et des milliers d'autres arrêtées. Les tortures et les arrestations ne cessent pas. Ils nous ont coupé l'accès aux informations, nous n'avons pas le droit de regarder les informations ni d'avoir une antenne parabolique, et nous n'avons pas le droit d'écouter les informations en provenance des Etats-Unis ou de l'étranger. On nous a ordonné de suivre les informations et la télévision nationales. On nous a interdit d'écouter ce qu'on dit à l'étranger, et de parler aux étrangers. Où est la liberté d'expression ? Où est la liberté religieuse ? Nous éprouvons toutes sortes de souffrances.

Moi, par exemple, personnellement, je suis un moine de Labrang. Et j'ai été arrêté cette année. Je les ai regardés en face et je leur ai dit : « Si vous me tuez, alors, tout est fini. Mais si jamais je suis libéré et que j'ai l'occasion de parler, j'apporterai la preuve au monde de la manière dont j'ai été torturé, comment mes amis ont souffert, et je le diffuserai par la voie médiatique. » Quand j'ai été libéré, je n'avais pas même le droit de dire que j'avais été battu. On m'a dit que je n'avais pas le droit d'avoir des relations avec l'extérieur, mais je ne peux pas m'abstenir de dire quelles tortures j'ai subies, et quelles cruautés mes amis ont vécues. Voilà la raison pour laquelle je dois parler aujourd'hui.

Il y a aussi eu des restrictions, les Tibétains n'ont pas le droit de circuler librement. On ne nous a pas non plus donné la possibilité d'aller voir les Jeux Olympiques. Nous n'avons pas le droit d'aller à Beijing ou même à Lanzhou [capitale de la province]. Nous ne pouvons pas sortir de notre localité. Pendant les Jeux Olympiques, nous n'avons pas le droit de faire du commerce, pas le droit de pratiquer notre religion, pas le droit de faire des courses de chevaux, pas le droit de pratiquer les danses religieuses. A cause des Jeux Olympiques, aucun évènement culturel tibétain ne peut avoir lieu.

L'armée fait des rondes dans toutes les localités. Sur le terrain de Labrang, l'administration a fait ériger des figures de paille, qu'ils ont habillées en tibétains. Les soldats chinois s'entrainent à la baïonnette sur ces effigies. Leurs ennemis sont la population tibétaine et les moines, reconnaissables à leur robe.

Les Tibétains qui ont été arrêtés ne sont pas uniquement des jeunes qui ont pris part à un mouvement de révolte. Pourquoi est-ce que les militaires s'entraînent sur des effigies habillées en Tibétains ? Ce ne sont pas seulement les moines qui souffrent du fait que les Tibétains soient considérés comme des ennemis, mais aussi les fonctionnaires, les étudiants, les Tibétains ordinaires. Un grand gouvernement, un grand pays, une grande population domine et écrase une petite population comme la nôtre, une population faible. Ils nous tirent dessus. Des dizaines de milliers de soldats chinois nous encerclent, on ordonne que ceux des Tibétains qui n'obéissent pas soient tués.

Au 21ème siècle, la population mondiale avance sur le chemin de la paix, mais on emprisonne un peuple qui aime la paix et des gens qui recherchent la vérité. Les journalistes sont arrêtés, on leur interdit d'aller au Tibet, et ceux qui parlent aux journalistes sont aussi arrêtés. Il n'y a aucun espoir si on n'arrive pas à trouver quelqu'un à qui raconter la souffrance d'être battu et presque tué. Mais si on accède à un interlocuteur, il faut que le récit de cette souffrance soit transmis au monde entier.

Il faut non seulement le faire savoir au monde, mais l'ONU, aux associations des droits de l'homme, les associations de soutien au Tibet, connaissant la véritable situation, pourront aussi faire pression sur la Chine. Ils pourront faire en sorte d'arrêter le massacre des Tibétains ainsi que les arrestations, et ils pourront également permettre à ceux qui se cachent dans les montagnes de revenir chez eux. Il faut un dialogue avec les envoyés du Dalaï-Lama et une réconciliation entre Chinois et Tibétains. Le Dalaï-Lama doit être invité au Tibet. Ce sont les plus grands espoirs et les souhaits des Tibétains du Tibet. Il n'y a aucune raison pour que la paix ne revienne pas lorsque le Dalaï-Lama aura été invité au Tibet et que les problèmes auront été réglés par un accord entre Chine et Tibet. Les deux personnages vers lesquels nos pensées se tournent sont le Dalaï-Lama et le Panchen-Lama. Si on rejette le Dalaï-Lama et le Panchen-Lama, nous autres, six millions de Tibétains, ne connaîtront pas l'harmonie.

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Re: Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

Message par Invité le Dim 07 Déc 2008, 16:15

Quelle tristesse
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charpa
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Re: Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

Message par charpa le Dim 07 Déc 2008, 16:37

bonjour, il n est pas le seul combien en prison sans proces dans des camps de rheabilitation je prefere parler des droits humain n oublions pas les femmes



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Re: Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

Message par karma younten zongmo le Dim 07 Déc 2008, 16:54

Et les enfants Charpa, malheureusement

KYZ.


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Re: Le témoignage unique d'un moine tibétain, sous-titré en français

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