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    PADMA Than Yng

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    PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Mer 18 Fév 2009, 11:01

    En cette bienheureuse Terre-de-Buddha d'Illumination définitive,
    sur le palais célèste du Vide, nature intrinsèque des choses,
    ayant dépouillé surface, profondeur et largeur, de nulle mesure,
    sur le Plan Idéal sans dehors ni dedans les crénaux de voyance s'éclairent.
    -------------------------------------------------------------------------
    Sans rien qu'il ne sache et ne voie,
    en haut dressant comme dais de la Loi du Grand Véhicule
    en bas fondant le trône du lumineux lotus franc de désir
    entassant les coussins des quatre connaissances immenses, quadruple joie,
    déployant en franges les Ailes de l'Eveil aux huit points des quatre horzons,
    formant dans l'impartiale synthèse les Lois d'indifférence,
    par le lotus qui ne blesse pas annulant l'espoir et la crainte, qu'il n'a plus à suivre ou bannir,
    exhalant le parfum d'encens, pur depuis toujours, de l'observance,
    n'ayant pour auteur personne, apparu de lui-même de toute éternité, accompli d'un coup,
    concentré fixement au Plan d'Essence, cet océan limpide,
    conscience incréée primordiale, procédant parfaite du lotus,
    avec les ornements égaux de son omnimiséricorde,
    en ce palais le Buddha Amitâbha réside.
    -------------------------------------------------------------------------------------------
    Les dix forces et les quatre intrépidités forment sa belle parure
    Son corps porte les signes fastes qu'on ne peut se lasser de voir.
    Rayons venus de tous les cieux et l'arc irisé l'enveloppent.
    Il diffuse aux dix points de l'espace une rougeoyante radiance de merci.
    Parfait Buddha, il a la noblesse; mâle, il a la vigueur.
    Son oeuvre par corps, verbe, esprit, on ne se rassasie de la voir.
    Océan de victoire, son cortège s'amasse en nuages.
    Oeil immuable, il est toute sérénité dans la sphère élyséenne.
    Il diffuse au dix points de l'espace maints rayons généreux d'amour.
    De la pointe de chaque rayon il fait apparaître un Buddha.
    Il diffuse l'Ineffable sans nombre, impénétrable à la pensée.
    Il dispense le bienfait d'une conversion universelle selon tous les modes adéquats.
    Et dans ce ciel, où nul Noble que lui ne demeure,
    sont l'émanation, l'émanation seconde et l'émanation tièrce, distinctes et inconcevables.
    _________________________________________________________
    De l'Histoire en teneur intégrale des existences
    du Guru d' Oddiyâna Padmasambhava
    tel est le chant premier,
    la Révélation du Paradis occidental
    Serments scellés !


    _________________


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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Dim 08 Mar 2009, 13:56

    Alors la princesse Mandâravâ
    sortit du palais par une porte secrète
    et gagna vers l'orient, un lieu au loin fameux.
    Otant ses vêtements, détachant toutes ses parures,
    elle dit à sa confidente: "Emporte celà et retourne ! "
    Mais celle-ci : Comment pourrais-je, te laissant en arrière ? "
    Que fais-tu ? Dis-moi ! Reviens ! "
    La jeune fille se leva, joignit les mains et fit
    maintes références aux Dieux des huit points de l'étendue,
    "Les oeuvres de la Loi Bouddhique sont de savoir, non de désir", dit-elle
    Ses ornements, tous ses nombreux bijoux,
    elle les écrasa sous une pierre et les lança au ciel antérieur
    Je prie que ma pensée se réalise selon la Loi,
    que je ne laisse pas place aux tentations de la fiancée ! "
    Et, lacérant ses vêtements de soie fine,
    elle les jeta aux huit points de l'étendue.
    "Que je ne reprenne pas un corps vêtu de même !
    Que je me sépare du monde aux huit principes ! "
    Puis elle fit, à droite et à gauche, tomber ses cheveux
    et, devenue aussi chauve qu'un urne,
    labourant d'égratinures son visage, elle le ravagea.
    _________________________________
    ...........
    _________________________________
    Alors le roi saillit du palais.
    Avec la reine, cherchant la princesse, il s'enquit,
    La confidente haletante, essuya ses larmes:
    " Cher seigneur, maître des hommes, ô roi, écoute !
    Première de toutes les jeunes filles, divine,
    le palais ne l'a point étourdie, elle l'a quitté.
    De peinture rouge elle a humilié son corps,
    elle m'a donné ses parures et dit : Confidente, retourne !
    J'ai eu beau courir, elle n'est pas revenue.
    Ainsi Mandâravâ, consacrée à un Dieu,
    vêtements rejetés, affublée en pauvresse,
    se désaltérant d'eau, se nourrissant de terre,
    jambe pliée, sans bouger, demeure à même le sol,
    rassasiée qu'elle est de mets et de luxe."
    __________________________________
    Or afin que la jeune fille présidât à la loi,
    les cinq cents servantes aussi y accédèrent.
    Avec elles la princesse délaissa le palais.
    Roi, ministres, sujets l'honorèrent.
    Au matin, dans le calme d'esprit, elle s'adonnait à l'extase
    Au soir, par le sud verdoyant et doux,
    elle-même azurée, le long des prairies,
    parcourant la belle campagne embaumée, par toutes les fleurs,
    elle s'en allait au dehors.
    _______________________________
    De l'Histoire...du Guru...
    tel est le chant trente-neuvième,
    le délaissement du siècle pour la Loi par la princesse Mandâravâ
    Serments sellés !


    _________________


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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Dim 08 Mar 2009, 14:33

    Alors celui de 'Oddiyana, Padmasambhava
    vit qu'il fallait convertir Mandâravâ et ses suivantes.
    Tel un frisson irisé, soleil mêlé à l'embrun des nuages,
    de l'ile du lac du Danakoça, dans l'Oddiyana,
    il gagna par la voie du ciel le Zahor.
    L'année du singe, le mois du porc, le dixième jour,
    la princesse et ses suivantes étant au parc des Délassements
    il plana jambes croisées au-dessus.
    Majesté radieuse dans un halo diapré,
    il montrait l'aspect serein, il paraissait avoir huit ans,
    il souriait, il suivait la Loi des symboles.
    Lorsqu'elle le vit, la princesse
    défaillit par ferveur de foi et roula à terre.
    Padma éleva pour elle sa bienveillance
    et, messager de conjuration, maîtrisa les trois activités.
    Elle repris sens, toute en joie.
    A des suivantes elle dit de préparer un trône,
    à d'autres de se tenir attentives,
    à d'autres de guetter vers la route
    Le Prince de Victoire se posa sur le sol
    et Mandâravâ, satisfaite, heureuse,
    chanta, pour la venue au palais cette stance :

    "Emaho !
    Triomphateur, joyau capital entre les fils du Buddha !
    parfait Buddha personnel qui assumes encore le bien des autres,
    toi qui prend les vivants à l'hameçon de la grâce,
    toi qui leur vaux la guérison d'amour,
    épiphanie éclatante et joyeuse,
    ô toi égal pour tous, qui passes amis et adversaires dans ta barque de salut,
    unique protection des êtres aveugles,
    Veuille séjourner ici et dire la Loi ! "
    ___________________________________________
    ....
    Quel est le pays de ta naissance ? Quel est ton nom ?
    Quelle ta famille ? Qui tes père et mère ?
    Dispense-moi le nectar de tes saintes paroles !
    ____________________________________________
    Ici le Vainqueur dit à la moniale :
    " Sans père qui m'ait engendré, que par le Vide du Plan d'Essence,
    sans mère qui l'ait enfanté, que la Sagesse du Vide,
    du lignage libérateur qui délie du monde, don suprême à l'homme,
    je procurerai la perfection par le bonheur.
    En les glorieux Buddha qui convertissent
    je me révèle à chacun comme maître, manifesté du Corps Métamorphique;
    aux temps premiers, Amitâbha dans ses Corps d'Essence et de Métamorphose;
    au mont Potala Avalokiteçvara Protecteur ;
    au Dhanakoça, incarné comme Padmasambhava,
    ....
    _______________________________________________


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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Dim 29 Mar 2009, 19:29

    Or, un matin, chez le maître d'une grande gagnerie,
    un bouvier au Karma impur
    partit chercher ses boeufs, qu'il ne trouva pas, et en revenant,
    vit le Vainqueur se poser à terre,
    puis la princesse l'inviter au palais,
    enfin, tendant l'oreille, entendit une voix mâle.
    En ce temps, le royaume de Zahor tout entier
    louait hautement la princesse Mandârava.
    A ceux qui, hommes et femmes , étaient dans cet esprit
    le bouvier dit, chez le maître de la grande gagnerie :
    " Un vagabond samanéen, mêlant la Loi à qui sait quelle loi
    fait quelque chose qui n'est point la Loi."
    Le lendemain matin, les enfants le redirent quand ils rassemblèrent les chèvres.
    Et ce fut redit par un, par deux, par les grands du pays
    et, tour à tour, par les ministres du dehors, par ceux du dedans, par les reines.

    Une jeune reine le répéta au roi.
    Et le roi : " Que dit-elle ? Est-elle folle ?
    Bouche de femme est magasin de malice.
    Femme ment beaucoup, femme est démoniaque ;
    Qu'on amène celui qui a dit celà le premier ! "
    La reine amena au roi les ministres du dedans,
    ceux-ci les ministres du dehors et ceux-ci, à leur tour, les grands.
    Et les grands convoquèrent le peuple :
    " A la princesse Fleur Mandâravâ
    un Samanéen tient compagnie. Qu'il soit livré,
    s'il est vu par un homme, à l'officier d'un ministre;
    s'il est vu par une femme, à l'officier d'une reine !
    Qui a oeil pour voir, main pour saisir, qu'il parle ! "
    Ainsi rugit la voix du grand héraut,
    mais mains soleils se levèrent sans que nul s'avançât qui eût vu.
    Et le mauvais renom gagna la surface de la terre.
    -------------------------------------------------------


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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Sam 11 Avr 2009, 23:21

    Alors les ministres appréhendèrent les grands
    et les citèrent devant le roi,
    qui prononça : "Je ne déciderai pas au degré qu'il faudrait.
    Qu'à tous les rois qui convoitent la jeune fille
    on dise la chose ! Qu'on ne tue pas ceux-ci,
    qu'on les lie étroitement et les mette au donjon ! "
    Et le roi au palais où était la princesse
    vint et partout dedans épia, mais ne vit rien.
    Alors, allant au dehors du palais :
    "Ministres, battez ensemble le tambour des édits ! "
    Et les gens du Zahor, de tout rang, accourus,
    accumulèrent au bazar les richesses.
    Et le grand héraut de vociférer :
    "A la princesse qui rejeta le siècle pour suivre la Loi des Dieux
    un samanéen tient compagnie. Qui l'a vu ?
    A qui dira l'avoir vu on donne cet amas de richesses."
    Mais maints soleils se levèrent sans que nul se présentât.
    _____________________________________________
    .........
    _____________________________________________-
    Alors la femme d'un grand
    dupa le bouvier :
    " On ne donne pas l'équivalent de la pitance de tes boeufs:
    tu n'as qu'a dire parmi la foule que tu as vu."
    Et les femmes des grands toutes ensemble
    satisfirent avec divers objets ce bouvier.
    Et vint dans la foule bigarrée du bazar
    Et après la proclamation du grand héraut,
    un homme se leva du milieu de la foule.
    Il était marqué des neufs signes de laideur :
    grosse tête, fesses proéminentes, chair rugueuse, goître comme une montagne,
    grande bouche, nez plat, oeil creux, taille excessive,
    une incisive supérieure saillante et noire.
    Il dit : " J'ai vu. Regardez à l'intérieur ! "
    Et l'homme admis à liesse et bombance,
    le roi commanda : "Ministres, allez voir ! "
    Mais la reine: " Moi, je regarderai." Et elle y fut la première.
    Or les servantes avaient, pour empêcher d'entrer, barré la porte.
    La reine pensa : C'est vrai ! et se pâma.
    Les ministres avertirent le roi,
    et celui-çi : "Aspergez d'eau la reine
    et reconduisez-la ! Cassez le ventail à coups de hache,
    empoignez le samanéen et amenez-le ! "
    Donc les ministres enfoncèrent la porte et pénétrèrent.
    Au plus haut d'un haut trône escarbouclé, le Saint,
    éclat d'un miroir où donne le soleil,
    radieuse splendeur éblouissant la vue,
    enseignait la Loi, d'une voix de Brahmâ retentissante.
    ____________________________________________
    La princesse et les suivantes joignirent les mains en pleurant.
    N'osant le saisir, les ministres
    une fois encore supplièrent le roi:
    " Ce çramana étranger est admirable,
    c'est Vaçravania ou un fils de Brahmâ,
    il est comme le Guru de la princesse, nous n'osons pas."
    A cette prière, le roi sursauta :
    "Cet étranger déshonore ma fille.
    Qu'on lie bien ce samanéen de male race,
    qu'on lève le tribu d'huile et qu'avec des feuilles de palmier on le brûle vif !
    Pour la princesse qui a reçu et abrité un homme
    et qui maintenant a eu commerce avec un aubain vagabond,
    qu'on la mette en un trou tapissé d'épines,
    et pour vingt-cinq années humaines !
    Et qu'elle soit sous un dôme, si qu'elle ne voie pas le ciel bleu !
    et qu'on dispose deux écrans, si qu'elle ne voie briller le soleil !
    Qu'on ne laisse pas les cinq cents servantes franchir le seuil
    et qu'on jette dans un cul-de-basse-fosse ceux qui ont entendu la voix de l'homme!"
    ____________________________________________
    Là-dessus, le roi regagna le palais.
    Puis on fit sortir du donjon les grands,
    dont les longs cheveux, la chair, la peau, les os, les yeux étaient farcis de poux et de lentes.
    Et leurs femmes se réunirent,
    leur apportant à manger, leur prenant le nez, montrant le fond de leur joie.
    Alors les grands aux chefs des commanderies du voisinage
    dépêchèrent des exprès, et le çramana fut jeté à terre.
    Et ministres du dehors et du dedans, joints aux grands,
    les uns creusant le trou, les autres coupant les épines,
    vinrent au palais où était la princesse.
    ________________________
    De l'histoire...du Guru...
    tel est le chant quarantième,
    la rencontre avec la Princesse Mandâravâ,--- Serments scellés !


    _________________


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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Jeu 14 Mai 2009, 10:28

    Alors les grands redressèrent la loi :
    " Samanéen ! Tu as souillé la princesse.
    Les grands quoiqu'innocents, ont subi le châtiment du roi.
    La princesse n'a pas regagné la demeure, en sorte que,
    le sang royal profané, on nous a accusés faussement."
    A ces mots, la princesse :
    "Ce fils des Vainqueurs n'est que mon maître spirituel ! "
    Mais elle eut beau le dire exempt des péchés du siècle,
    ce fut en vain, ils se jetèrent sur le Guru,
    qui arrachant ses vêtements, qui lui tenant pieds et mains.
    La princesse alors: " Mon coeur va se fendre,
    mon corps souffre une peine intolérable
    et, de chagrin, mes yeux sont dévorés de larmes."
    L'amitié impuissante à lui porter le moindre secours,
    le Guru eut les mains liées derrière le dos
    et une hart de chanvre attachée au cou.
    Las ! Hélas ! Des hommes l'osèrent :
    ils le poussèrent devant avec des coups, par un sentier de chevaux et de vaches
    puis, halte faite en un lieu désert, à la jonction de trois vallées.
    Ils choisirent et entassèrent sarments épineux,
    avec une fois autant de feuilles de palmier,
    recouvrirent la surface d'huile de sésame,
    à raison d'une mesure par charge de santal,
    et, y encordant l'Etre de Victoire,
    le placèrent au milieu, mirent le feu aux quatre coins,
    éventèrent, et la fumée en nuage tourbillonna dans le val.
    Les ministres retournèrent alors.
    ________________________________________

    Mais survint avec fracas un grand tremblement de terre.
    Les Dieux de l'Empyrée, ne supportant pas la chose,
    creusèrent les assises de sardoine, et les Dieux du Désir entendirent.
    Du ciel des Trente-Trois, les Quatre Régents,
    oyant un opprimé sans lutte, vinrent à l'aide.
    Du ciel Insurpassé comme du ciel Formé-Seul,
    les Bienvenus s'assemblèrent tels qu'une pléiade d'étoiles.
    Et, avec cris et rumeurs, accoururent les Dâkinï
    les unes apportant de l'eau, d'autres en jetant,
    les unes retirant le bois, d'autres déliant les liens,
    les unes faisant pleuvoir, d'autres barrant la nappe d'eau.
    Sept jours durant, la fumée persista.
    Des autres bûchers, pensa le roi, la fumée s'en allait en trois jours
    et cette fois-ci, en sept, elle ne s'est pas dissipée.
    Il fit préparer les moyens de transport, éléphants et chevaux,
    et, incrédule, vint voir.
    Le lieu était changé en un océan d'eau,
    que ceignaient larges fosses de feu.
    Toutes les flammes brûlaient renversées.
    Du centre de l'océan issait une tige de lotus,
    et le lotus portait un enfant de huit ans,
    au corps comme teint de la pourpre des coquillages
    et qui émettait fraîcheur et froidure.
    Tout le ciel s'entourait de lumière irisée.
    Cent jeunes filles semblables à la princesse disaient des louanges.
    Il y avait cent mille octillions de splendeurs, bénédictions accumulées.
    Le roi, n'y pouvant croire, regarda des quatre côtés,
    mais d'où qu'il regardât, c'était pareil.
    Est-ce que mes yeux me trompent ? Pensa-t-il,
    Et, se frottant les yeux, il regarda encore et encore.
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    Pema Gyaltshen
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    Re: PADMA Than Yng

    Message par Pema Gyaltshen le Jeu 16 Juil 2009, 19:39

    L'enfant parla au roi ainsi :
    " Brûler vif un Buddha des Trois Ages, essence suprême,
    est-ce que pareille offense triomphe ?
    Quand le monde abusé aspire à la Loi,
    porter une sentence insensée, est-ce que pareille offense triomphe ?
    S'en tenir aux cinq poisons de misère, racines d'ignorance,
    et maintenant et plus tard, est-ce que pareille offense triomphe ?
    Le bonheur des êtres, ce fondement des conseils,
    est-ce que le roi et ministres, fiers de leurs crimes, l'ont assuré ?"
    A ces mots, le roi culbuta par terre.
    " O père, j'ai conscience d'avoir fait de telles choses ! "
    Se frappant rudement des deux mains la poitrine,
    prosterné tête et corps, il roula,
    comme poisson jeté dans l'arène ardente.
    " Oui, tel je suis ! ", disait-il en se lamentant.
    Les ministres éplorés regardaient le roi Dhara et l'enfant.
    Or on vint là, d'abord un, puis deux;
    Le bruit se répandit que le Cramana étranger n'était pas mort
    et l'affaire devenue notoire, hommes et femmes accoururent tous :
    d'abord ceux même du pays de Zahor,
    jusques aux vieux courbés, portés ou piquant du bâton;
    puis, de cent mille lieues et de maints pays
    afflua la foule bigarrée des chefs du sol.
    Alors le roi, écroulé face contre terre, pleura
    et, s'humilia en adorations sans nombres.
    "J'ai commis des actes mauvais, que mon remords ne compense pas.
    Le feu ardent n'a fait aucun mal.
    Entre les fosses incandescentes l'huile de sésame flue en océan.
    Au milieu de l'Océan a surgi une tige de lotus,
    et au coeur du lotus siège un Buddha des Trois Ages.
    A toi exempt de fautes, qui n'as point de vicissitudes,
    bienheureux Padmasambhava, louange !
    Mon esprit coupable a méconnu l' Etre célèste,
    mais sans rien celer ni garder secret, je l'expie en le confessant.
    Je t'offre le trône et te prie de l'accepter.
    - Puissant roi Arsadhara !
    Je te succède et deviens roi.
    - Prends donc soin de cet empire d'ignorants
    et que ta seigneurie daigne entrer au palais ! "
    ___________________________________________
    Il mit la robe royale de soie bariolée à fond bleu,
    puis la robe historiée, la rouge, celle de samit,
    puis le grand mantel, les cinq superposants.
    Et il mit couronne à pétales de lotus
    où avec un joyau de cinq couleur étagées
    un vajra d'or à neuf pointes était fixé
    et qu'ornait comme aigrette une plume d'aigle.
    Il mit encore la tiare de diapre aux écharpes propitiatoires,
    le diadème étincelant de gemmes, de soleils et de lunes d'or.
    Enfin, coiffure la plus admirable, il arbora un Cintâmani.
    Dans les onze millions de Jambudvipa, aires à convertir,
    il montra le prodige d'onze millions de Padmasambhava
    Invité sur le char, il y prit place.
    Mais qui va haler le char ? Déchu maintenant,
    le roi ôta ses habits,
    se passa au cou la corde et tira.
    Cent athlètes frayaient passage, puis se pressait la foule,
    les uns saluant, d'autres disant des prières,
    les uns pleurant, d'autres qui défaillaient,
    d'autres précédant ou suivant, regardant vers la face de Padma.
    Alors il fut invité au palais,
    palais des sept substances précieuses, et prié
    de monter sur le trône orné de pierreries.
    ________________________

    De l'histoire, ...du Guru
    tel est le chant quarante et unième,
    le Bûcher dressé par le Roi de Zahor.___ Serments scellés !
    .


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