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Inter-religieux : La transcendance originaire de l’humain

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Inter-religieux : La transcendance originaire de l’humain

Message par Invité le Dim 31 Oct 2010, 09:02

Table ronde : sens symbolique, mythe, transcendance - Blaise Ollivier, Dominique Trotignon, Mgr Anselme Sanon

La transcendance originaire de l’humain

Blaise Ollivier
Psychanalyste et sociologue
(Texte intégral)

1. Je pars du fait que toute culture se doit de tracer une frontière entre humain et inhumain.

C’est le signe que chacun reconnaît que tout ce qui est l’homme n’est pas humain. Nous ne pouvons définir universellement l’humain. L’humanisation depuis son commencement se fait au pluriel. Le concept évolue avec l’histoire. Le programme de cette université en est le signe.

Tracer une telle frontière introduit une transcendance que chaque culture pense à sa façon. L’humain en définissant de l’inhumain en nous, transcende ce qui n’est que l’homme, simplement « né d’une femme et d’un homme ».

Nous voici, à cause de ces affirmations, devant un problème de méthode. Comment penser la transcendance en nous ? Comment parler de soi-même comme mû de l’intérieur par une poussée originaire qui nous porte à nous dépasser nous-mêmes pour humaniser le monde ?

De la transcendance, nous ne pouvons rien dire parce qu’elle nous dépasse. Mais nous ne pouvons pas ne rien en dire, car un arbitraire tyrannique menace de la pervertir, si les humains n’en parlent pas entre eux.

Je peux comprendre les fortes réticences que beaucoup expriment à la seule formulation du terme de transcendance.

Ils se souviennent des totalitarismes. Tant de ravages ont été produits par les tenants de diverses idéologies, prétendant changer l’homme, pour rendre la société plus humaine. Tant d’épouvantables soumissions, de fascinations, ont réussi à interrompre la vie de tant d’esprits, du fait de ces puissances idéologiques qu’il est concevable que la transcendance, et le dépassement de soi, apparaissent à beaucoup du côté du pire dans l’ordre de l’inhumain.

Nous sommes donc obligés de parler pour arracher la transcendance à ces perversions.

2. Comment faire ?

Il faut pour cela dégager un continent de pensée différent de celui de la science. Je l’appellerai la pensée de l’origine. La pensée n’en a rien à faire car elle est toute occupée à se préoccuper à développer des connaissances pour résoudre les problèmes qu’elle se pose.

Pour penser l’origine il faudrait faire une pause, prendre une distance sur l’action et nous demander pourquoi nous cherchons ? Pourquoi dans telle direction ? Pourquoi telle forme de développements ? Pourquoi engager les combats qui font l’objet de nos passions ?

Pour entrer dans cette pensée de l’origine, de la transcendance originaire, je proposerais deux approches qui, sans prétendre à des définitions abstraites, exploreront des expériences connues.

Première approche : la question que nous posent les conflits. La question est : comment sortir du cercle vicieux de la violence ?

On le voit dans les guerres. Chaque violence subie légitime et même réclame une autre violence à infliger. La sortie à laquelle trop de gens pensent est l’épuisement complet ou l’éradication de l’adversaire.

Pour en sortir j’observe que la réflexion se limite à la question des moyens.

Tout récemment sur France Inter, Michel Barnier, en tant qu’expert européen, répondait aux questions d’auditeurs. Il en est principalement ressorti la nécessité d’organiser une forte pression sur les parties en guerre ; que c’était à l’Europe de le faire ; qu’il lui fallait pour cela se doter d’une politique étrangère commune ; et que pour y parvenir l’Europe devait produire un outil constitutionnel efficace.

Dans les réponses qui semblaient satisfaire les auditeurs, j’ai été frappé par le délaissement de la zone la plus profonde. C’est celle qui met en cause les sujets, leur rapport à eux-mêmes et à l’origine de ce qui les appelle à devenir plus humains.

Car pour construire l’outil dont parlait Michel Barnier, il faudrait que les responsables nationaux, des chefs d’Etat se déplacent intérieurement vis-à-vis de leur désir du pouvoir. Sinon par quelle magie vont-ils se mettre à construire l’outil dont ils se sont arrangés pour en manquer ? Comment vont-ils se modifier en eux-mêmes ce qui les a détourner d’y consentir ?

Et si l’outil existait, puis était mis en œuvre, qu’est-ce qui garantirait la bonne réponse des sujets ? C’est-à-dire la montée en eux du désir de passer du pouvoir de cogner à celui plus aléatoire de se parler ?

Avec ces questions qui prennent en compte les sujets humains, leur inconscient, leurs peurs et leurs désirs, nous avons changé de continent de pensée par rapport à la science.

Nous sommes dans la pensée de l’origine car la vraie question est : qu’est-ce qui fera bouger en eux-mêmes les uns et les autres ? Qui osera commencer le premier ? Qui trouvera en soi de quoi faire à l’autre la confiance qu’il ne profitera pas de ce temps de remise en question pour aggraver ses stratégies de mort mais au contraire que lui viendra, de quelque secrète attente, l’envie de participer à ce mouvement de vie et de libération ?

Là réside l’énigme : qu’est-ce qui saura réveiller en chacun ce qui à l’origine fut son désir de se faire humain, désir qui transcende celui d’imposer de force son existence.

3. Et voici la seconde approche : les commencements du « devenir soi ».

Je pars de la joie de se sentir soi-même, d’avoir trouvé sa capacité singulière de création, si modeste soit-elle.

Je parle de cette capacité d’innover qui nous assure que notre vie a un sens et que nous savons que nous apportons quelque chose à la collectivité.

Comment cela commence-t-il ? Qu’est-ce qui nous a détaché de ce besoin primordial de nous adapter à la réalité du moment et de faire ce qui plaît aux autres pour réussir notre vie, en se méconnaissant soi-même ?

Qui nous conduit dans ce mouvement « de soi à soi, pour lequel il n’est jamais trop tard » comme l’écrit Jean Lavoué dans son livre « Dans l’éclat de l’instant » ? Quelle mystérieuse puissance produit comme un éveil qui, nous ne savons comment, à un moment imprévu, au fond de nous-mêmes, ouvre un chemin où nous nous reconnaissons enfin.

C’est comme une seconde origine qui oriente notre vie d’une nouvelle façon. Rainer Maria Rilke a écrit : « Nous naissons quelque part pour ainsi dire provisoirement. C’est peu à peu que nous commençons le lieu de notre origine pour y naître chaque jour plus définitivement ».

Ces origines, vraiment personnelles, ne se font pas en une fois, ni de façon achevée.

Les questions qui concernent ces nouveaux commencements nous importent, mais ne demandent aucune réponse explicative.

Dans son livre « Cinq méditations sur la beauté », François Cheng décrit très clairement la différence entre ces deux modes de pensée : celui de l’explication et celui de l’origine.

Il imagine une conversation entre un homme de culture occidentale et un lettré chinois imprégné de culture taoïste. Celui-ci ayant parlé en poète de la beauté de la montagne, s’entend répondre par son interlocuteur : « la montagne que tu as tant aimée n’était à l’origine qu’un accident de terrain causé par le mouvement tellurique. L’Himalaya dont tu dis qu’il inspire une vénération sacrée, résulte du choc terrible des continents à la dérive ».

À quoi le lettré répond : « Je vois la chose autrement. Je crois au souffle qui anime le mouvement tellurique ; Et je sais gré à ce souffle de ne pas avoir laissé la terre plate et lisse comme une planche... Je lui sais gré d’avoir suscité la montagne qui porte haut la vie... »

D’un côté la réduction du réel à ce qui peut en être expliqué pour être maîtrisé ( la montagne n’est que... le produit d’une cause...). La cause efface l’origine ainsi qu’elle efface la subjectivité du regardant.

Dans la pensée de l’origine, il s’agit d’approfondir le regard vers l’amont de toute cause, vers les sources de la beauté des choses, et de la subjectivité humaine. L’enjeu est d’accéder à la reconnaissance (je sais gré...) et à sa propre créativité.

Pour penser ainsi nous avons besoin de poètes, d’artistes, et de ce qui en chacun lui fait chanter la vie.

Voici Jacottet, en son ouvrage « La dernière semaison » (p. 619) citant Henri Thomas dans « Le migrateur » : « Il n’y a qu’une seule bonne espèce de tâche celle d’où résulte quelque chose que je suis seul à pouvoir créer et qui soit valable aussi pour les autres... C’est par ce que chacun peut créer d’unique que la communion se réalise » : la communion, « cet arrière-pays extraordinairement paisible, que je ne suis pas le seul à entrevoir ».

Cet arrière-pays désigne ces instants où aimer s’autorise, à travers la technicité et contre la dureté de ce monde ; ce sont les « entre-nous » humains et entreprenant où chacun peut entrevoir le rapport symbolique qui relie son origine à son attente active d’humanisation.

Je conclurai sur ces « entre-nous » produits par la beauté, par la reconnaissance et par nos initiatives gratuites et nécessaires à la création desquels nous pousse la force de notre origine.

Ceci par deux réflexions :

La première veut souligner que la transcendance en cette forme n’apparaît plus au-dessus, comme les pouvoirs institués, ni en-dessous, comme l’inconscient obstiné, mais entre, c’est-à-dire dans ce vide nécessaire à tout ce qui doit circuler entre nous pour créer des liens et ouvrir des possibilités inconnues.

La seconde interroge ces entre-nous, ces lieux et ces temps d’humanisation de la vie : annoncent-ils une transcendance de la vie sur la mort ? Malgré tout ce qui, de la réalité, tend à présenter la mort comme indépassable, la question est restée ouverte.

Qu’es-ce qui la tient quand-même ouverte ?

C’est je pense l’expérience durable de l’amour humain, c’est-à-dire celle de l’inachèvement d’une relation à peine encore éveillée entre ceux qui ont choisi de s’aimer jusqu’à se reconnaître.

François Cheng a écrit un roman, « L’éternité n’est pas de trop ». ce titre signifie ce que l’amant dit à l’aimée : « L’éternité n’est pas de trop pour nous rejoindre ».

L’éternité entre nous, voici encore une manière de dire la transcendance originaire de l’humain dans chaque homme.
« Dans le bouddhisme, la question des origines ne se pose pas »

Dominique Trotignon
Directeur de l’Université bouddhique européenne
(Résumé de l’intervention par la rédaction du site)
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Le problème des origines dans le bouddhisme ne se pose pas. Bouddha a refusé d’y répondre au motif que la question rend fou.

Le bouddhisme se présente de lui-même comme une doctrine à contre-courant. Le bouddhisme a quelque chose de choquant. Il prend le contre pied d’un sentiment naturel pour l’homme : qu’il existe, en moi, quelque chose en moi qui soit moi, mien. La bouddhisme, c’est la négation de tout ce qui peut être autonome, indépendant, permanent. C’est la doctrine du non-soi.

Tous les phénomènes sont dits conditionnés. Il n’y a pas de cause unique mais un conditionnement permanent de phénomènes entre eux, à chaque instant. On ne peut s’accrocher à rien. C’est là la difficulté existentielle : vouloir croire qu’il y a quelque chose de stable auquel s’attacher. Mais l’homme connaîtra l’insatisfaction permanente. Pourquoi l’homme souffre de cette insatisfaction ? Y a-t-il une fni à cette insatisfaction ? Comment y mettre fin ? C’est ce que le bouddhisme appelle les quatre nobles vérités : la souffrance, son origine, sa fin et comment mettre fin à cette souffrance.

Il ne faut pas lire cela comme du nihilisme. Au contraire : Bouddha enseigne la juste voie du milieu, entre éternalisme et nihilisme. Nous surgissons, en fonction de conditions qui vont changer à chaque instant et nous disparaîtrons. Rien n’est stable et autonome, mais cela ne veut pas dire que rien n’existe. Tout est éphémère, évolue sans cesse. Or, nous voulons ne voir que ce qui pourrait être durable.

Si tout est conditionné, on ne peut pas trouver de cause unique à l’origine. Et la question des origines ne se pose pas. Le bouddhisme ne se demande pas pourquoi, mais comment nous sommes ? Il s’agit de comprendre le processus en cours de façon à ne pas le reproduire. C’est un processus de désir de permanence.

Le bouddhisme propose plusieurs types d’être sensible (de ressenti) : physique ou psychique, d’avidité ou d’aversion. Cela s’exprime par l’attachement à notre corps ou à notre esprit. Il ne faut pas donner une place centrale au corps ou à l’esprit mais une place médiane. Ainsi, l’homme est différent de l’animal (centré sur le corps), de Dieu (centré sur le psychique), des fantômes (centrés sur l’avidité) et des êtres des enfers (centrés sur l’aversion). L’homme va se maintenir dans une voie du milieu entre croyance en l’éternel et nihilisme.
Ce que les mythes africains nous disent des origines

Mgr Anselme Sanon
Archevêque de Bobo-Dioulasso (Burkina-Faso)
(Résume de l’intervention par la rédaction du site)
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Un mythe africain raconte que quand l’herbe et les arbres parlaient et se parlaient, quand les animaux parlaient, se parlaient et parlaient aux arbres et quand l’homme parlait aux animaux et aux végétaux, ils vivaient en harmonie. Dieu irradiait sur tout ce l’homme, les animaux, les plantes et les arbres vivaient. Alors les plantes proposaient aux animaux leurs fruits et les animaux proposaient aux hommes ce qui était bon pour eux dans la nature.

Jusqu’au jour où tout s’embrouilla. Mais on ne connaît pas l’origine de la brouille.

La relation de présence, de solidarité de vivre ensemble devient alors difficile. L’arbre a développé des épines, les animaux une peau, les hommes, des flèches, des armes, du poison et au lieu du rayon lumineux apparaît un gros trou noir. Ce qui était immédiat ne l’est plus, ce qui était rassemblé devient séparé, ce qui était proche devient distant.

Le mythe africain est un paradigme que chacun reçoit implicitement mais qui est rarement dit. On n’a pas l’explication, mais on pense que c’est comme ça. Pour accéder au mythe, on a besoin d’initiation au mystère. Du côté de l’homme, des animaux, des plantes, c’est un certain nombre de signes, de clins d’œil du créateur pour trouver sa route, ce qui semble perdu et que l’on avait au départ.

La notion d’homme, le fait d’être humain est différent du fait d’être masculin ou féminin. L’anthropologie développe le point de vue d’être homme par vocation.

La personne est un être de relation au monde, de relation à la nature, à Dieu. Par conséquent, on ne peut pas concevoir l’homme sans se positionner par rapport à l’origine et aux ancêtres.

Je nais à moi-même dans le contact avec l’autre. Il s’agit d’étudier le regard qui nous fait nous détourner pour aller ailleurs, devenir un autre.

Dans le principe du regard, la vison iconique dans la Genèse est plus qu’une image ou un symbole. On retrouve à la fois Dieu, la nature et l’homme.
Débat entre les trois intervenants

Jean-Marie Guénois : Mais comment ne pas poser la question qui rend fou sur les origines ?

Dominique Trotignon : Dans le bouddhisme, on se dira : qu’est-ce qui fait que l’on se pose cette question ? On ne se posera pas la question du « pourquoi » ou du « pour quoi », mais de comment l’esprit fonctionne. La réponse n’est pas en dehors de l’homme. Aussi, qu’est-ce qui dans notre propre esprit fait que l’on se pose cette question ?

Blaise Ollivier : Je pense que ça ne rend pas fou : je ne pense pas être fou ! Et je pense que c’est capital de penser à l’origine. Mais c’est une question qui n’a pas de réponse. C’est une énigme. Il faut donc assumer l’énigmatique de son origine. Et si l’on ne se détache pas de ça, de la réponse que l’on veut nous donner, on ne peut pas transcender la réalité que l’on veut nous imposer.

Mgr Sanon : Le mythe n’explique pas mais fait comprendre, initie. Une vérité toute nue n’intéresse pas le croyant. J’ai une question pour Dominique Trotignon : y-a-t-il des signes, des symboles dans la tradition bouddhique pour accéder à autre chose ?

Dominique Trotignon : La méditation (mais je préfère parler d’« exercices spirituels »), c’est aller au-delà de ses idées, de son imagination, des images de l’esprit, pour affronter la réalité de son propre esprit, s’y confronter. On se confronte alors à quelque chose que l’on ne connaît pas, une origine permanente de nous-mêmes et la question d’une autre origine ne se pose plus.

Jean-Marie Guénois : Blaise Ollivier, n’est-ce pas un peu facile de résumer votre propos autour de la beauté, l’amitié, l’amour ? Comment ne pas poser le problème du mal ?

Blaise Ollivier : Ce qui manque le plus aujourd’hui, c’est la culture du mal. Quand on est confronté au mal, on réagit par des pulsions parce que l’on ne sait pas penser le mal. Pour reprendre l’idée d’« embrouille » dont nous parlait Mgr Sanon. J’appellerai ça l’inconscient lié à la question de l’origine. Ca ne peut pas être nous car on s’est permis des quantités de choses sur nous que l’on ignore. Et pour penser le mal, nous avons besoin d’une culture de l’inconscient qui nous permettent de distinguer le mal embrouille du mal culpabilisant.

Mgr Sanon : La question du mal dans la religion traditionnelle est rattachée au moment de brouille. Et selon les récits on explique cette rupture par le fait que femmes étaient toutes puissantes et que les hommes ont réagi et pris leur revanche. Aujourd’hui, l’étude la modernisation, de la mondialisation, de la montée de la violence nous ramène au trou noir, à la cassure. Mais on ne sait pas comment.

Dominique Trotignon
: On parle plutôt de souffrance que de mal dans le bouddhisme. Un proverbe nous dit : « Lorsqu’un homme nous frappe avec un bâton, ce n’est pas le bâton qu’il faut accuser mais l’homme. Et ce n’est pas l’homme qu’il faudrait accuser mais la colère qui le pousse ».
Un autre proverbe dit : « On devrait aimer chaque être comme si c’était sa propre mère ou comme une mère aime son propre fils ». On vit en relation avec le monde entier, avec les êtres vivants. On évitera l’amour passion dommageable mais on prônera l’équanimité, s’aimer soi-même et de la même façpn ses amis et ses ennemis.

Pour conclure Jean-Marie Guénois invite chaque intervenant à partager ce qui l’a frappé chez les autres intervenants.

Dominique Trotignon : L’idée de relation, plus sur le fait que la relation n’est pas tant à construire qu’à constater.

Blaise Ollivier
: L’affirmation bouddhique de la méditation centrée sur la connaissance de comment fonctionne l’esprit : je crois qu’il faut être vigilant d’un point de vue psychanalytique sur l’introspection personnelle. J’ai été séduit par la question de l’harmonie présentée par Mgr Sanon. On existe par autrui. J’aime bien cette idée mais il faut s’en méfier car il y a un risque d’aliénation. Il faut aussi exister par soi-même.

Mgr Sanon : Le bouddhisme comme pensée différente. Du point de vue du dialogue entre les religions, l’interdisciplinarité, il est possible aujourd’hui d’entrer dans la mentalité et la culture des autres. C’est très positif.
Le problème culturel est un problème de violence aujourd’hui. Le « entre nous » n’existe pas. Quand on arrivera à une inter-hunmanité, on pourra être nous même devant l’homme blessé. En effet, l’humanité est engagée : c’est toute la question de l’égoïsme ou de la responsabilité.

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