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Troubles bipolaires

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Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Lun 09 Mai 2011, 00:03

La maladie bipolaire : qu’est-ce que c’est ?


Autrefois appelé psychose maniaco-dépressive, le trouble bipolaire fait partie des troubles de l’humeur auxquels appartient également la dépression récurrente (ou trouble unipolaire).


C’est une maladie qui dans sa forme la plus typique comporte deux phases : la phase maniaque et la phase dépressive. Entre les deux pôles, la personne qui souffre de maladie bipolaire, retrouve un état normal que l’on appelle « euthymie » ou « normothymie ».


La phase maniaque se définit comme un épisode d’excitation pathologique : le sujet qui en souffre est hyperactif et euphorique, inhabituellement volubile et fait de multiples projets. Il peut présenter divers troubles comportementaux, perdre toute inhibition ou engager des dépenses inconsidérées.


La phase dépressive est en quelque sorte le miroir de la phase maniaque : le sujet présente des signes de grande tristesse, il est ralenti et n’a goût à rien, parfois il veut mourir ; les formes les plus sévères sont qualifiées de «mélancoliques». Le danger principal de cette maladie est le risque de suicide.


En France, le trouble bipolaire est sous-diagnostiqué. Il faut en moyenne 10 à 12 ans et quatre à cinq médecins différents avant qu’il ne soit nommé. De même, on estime que 40 % des dépressifs sont en réalité des bipolaires qui s'ignorent.


Aujourd'hui, on préfère le terme de trouble bipolaire à celui de psychose maniaco-dépressive. D'une part, parce que les formes cliniques sont en fait très diverses, alors que le terme de psychose maniaco-dépressive laisse penser que seules les formes où alternent des épisodes maniaques et des épisodes dépressifs sont prises en compte. D'autre part, parce que le terme de psychose renvoie à certaines théories explicatives mais correspond mal à l’observation purement descriptive de la maladie : entre les accès, le patient dans la plupart des cas a une vie psychique et sociale tout à fait normale, ce qui est inhabituel dans les cas de maladies psychotiques chroniques.



Ne pas confondre avec la dépression?
Certains états de souffrance psychique peuvent évoquer la dépression sans pour autant constituer un état dépressif au sens médical du terme.
Ainsi peuvent évoquer un syndrome dépressif :

Un état de tristesse normale, isolé, non durable, adapté en réaction à un contexte douloureux, déplaisant, menaçant ou de frustration, par exemple à la suite d’un deuil.

Certaines affections médicales qui peuvent être à l’origine de symptômes d’allure dépressive :
- certaines maladies neurologiques comme la démence, la maladie de Parkinson, l’épilepsie, les accidents vasculaires cérébraux
- certaines maladies hormonales au premier rang desquelles l’hypothyroïdie mais aussi certaines maladies des glandes surrénales
- certains cancers
- certaines maladies infectieuses comme la grippe, l’hépatite, la mononucléose infectieuse…

L’alcoolo-dépendance, la toxicomanie et la prise abusive de certains médicaments. Elles peuvent provoquer un syndrome d’allure dépressive qui régresse lors du sevrage. Mais il faut garder à l’esprit que ces formes de dépendance toxicomaniaques ou médicamenteuses sont aussi très souvent concomitantes de la dépression et du trouble bipolaire (voir « comorbidités »).

Certaines autres maladies psychiatriques :
- les troubles anxieux sévères, qui peuvent comporter un repli sur soi, une insomnie (plutôt d’endormissement) et une démoralisation liée au handicap et à la chronicité du trouble,
- les troubles psychotiques, notamment schizophréniques




A ne pas confondre avec l’état maniaque

De nombreuses affections peuvent être associées à un état d’excitation :

intoxications médicamenteuses (corticoïdes) ou toxicomaniaques (alcool, cocaïne, haschisch, produits hallucinogènes)

affections cérébrales organiques comme certaines tumeurs cérébrales ou l’épilepsie

hyperthyroïdie ou d’autres maladies hormonales

autres affections psychiatriques qui peuvent comporter une importante excitation psychique et motrice mais au cours desquelles les comportements ludiques et l'euphorie sont souvent plus discrets que dans la manie typique :
- certaines formes de schizophrénies,
- la bouffée délirante aiguë,
- certaines manifestations rencontrées dans des troubles de la personnalité notamment de type hystérique.


Dans les suites d’un deuil certaines personnes vont développer une excitation psychomotrice appelée manie de deuil qui peut atteindre une intensité pathologique.



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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Lun 09 Mai 2011, 00:06

Un peu d’histoire

On retrouve les premières traces de la manie et de la dépression au Vème siècle avant JC à l’époque d’Hippocrate, premier à en établir une description qui soit parvenue jusqu’à nous : la transformation de la mélancolie (du grec « melas kholé » ou bile noire) en folie (« mania » en grec).


C’est seulement en 1854 que deux psychiatres français, Falret et Baillarger, indépendamment l’un de l’autre, regroupent ces deux états en une même maladie : « folie circulaire » pour le premier, « folie à double forme » pour le second.


Il faudra attendre 1899 pour qu’un médecin allemand, Kraepelin, décrive la conception moderne et actuelle de la maladie maniaco-dépressive (ou « folie maniaco-dépressive ») dont le nom sera véritablement énoncé pour la première fois en 1907 par Deny et Camus.


Dans les années 1960, on établit la distinction entre maladie bipolaire et maladie unipolaire dans laquelle ne surviennent que des épisodes dépressifs.


Au cours des deux dernières décennies les travaux de recherche se sont multipliés aboutissant à de nouvelles classifications internationales notamment la « classification internationale des maladies» (CIM ou ICD) et le « diagnostic and statistical manual of mental disorders » (DSM) aux Etats-Unis, et à de nouvelles dénominations (troubles bipolaires I, II, III). L’une des classifications les plus utilisées est le DSM IV qui figure en annexe.



Epidémiologie : quelques données chiffrées


Source: http://www.troubles-bipolaires.com
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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:01

Etre Bipolaire: Témoignages

Lucie, 42 ans, dirige une entreprise d’ambulances
Elle a commencé en tant que conductrice d’ambulance dans les années 80, et a rencontré son futur mari qui faisait le même métier qu’elle. Quelques temps après leur mariage éclair, qui eut lieu deux semaines après leur rencontre, ils décidèrent de démissionner et de fonder leur propre entreprise de transport ambulancier. « J’étais alors speed tout le temps », déclare Lucie. «J’avais une pêche d’enfer et je pouvais bosser facilement 80 heures par semaine, voire plus. Je n’arrêtais pas et à certaines périodes, je travaillais jour et nuit pour faire tourner la boîte, ce qui ne me faisait pas peur parce que 2 ou 3 heures de sommeil par nuit me suffisaient largement.
Je me rendais bien compte que je n’étais pas dans mon état normal, parce que j’étais fofolle, complètement impudique et sans gêne avec mes clients, allant même jusqu’à leur faire des propositions sexuelles, moi qui suis d’une nature timide et vieille France ».
L’entreprise faillit alors péricliter lorsque le mari de Lucie s’aperçut que sa jeune épouse sortait la nuit avec certains clients et dilapidait les bénéfices de l’entreprise dans les casinos de la région. Le couple se sépara. Quelques mois plus tard, Lucie connut un état d’épuisement psychique et physique : « J’étais lessivée, je pleurais tout le temps, je me sentais inutile, coupable, me persuadant que j’étais responsable du désastre financier de mon entreprise, que j’allais entraîner la ruine de toute ma famille, qu’il était préférable de mettre fin à mes jours ».
C’est au cours d’une hospitalisation, suite à une tentative de suicide par défenestration, que le diagnostic de trouble bipolaire fut posé, et qu’un traitement stabilisateur de l’humeur fut instauré. « Pour faire plaisir au médecin, je lui disais que je prenais bien mon traitement, mais au fond de moi je me trouvais toutes les excuses pour ne pas le prendre, ce d’autant plus que j’allais alors très bien depuis plusieurs semaines. Quelques semaines sans traitement et sans souci m’avaient confortée dans l’idée que ces cachets ne servaient à rien. C’est tellement facile d’oublier les périodes mouvementées récentes, de mettre tout ça sur le dos du stress ou de la fatigue ».
Malheureusement, quelques semaines plus tard un nouvel épisode dépressif grave survint, avec des idées suicidaires qui la conduisirent à ingérer de la soude caustique. Elle fut sauvée in extremis moyennant 3 opérations délicates, dont une ablation complète de l’œsophage. Après 2 mois d’hospitalisation, Lucie put enfin reprendre sa vie, et cette fois ci, après mûre réflexion, accepta de vivre avec le trouble bipolaire, c’est à dire de mettre tout en œuvre pour minimiser les risques de rechute. Elle accepta de réorganiser sa vie professionnelle, en évitant les surcharges de travail, en suivant des techniques cognitives et comportementales de gestion du stress, et en prenant chaque jour son traitement stabilisateur de l’humeur. Elle est aujourd’hui tout à fait stabilisée depuis de nombreux mois.
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.

François, professeur d’anglais
Il s’est stabilisé récemment sur le plan professionnel car sa vie a été émaillée de nombreux changements d’études, de régions, de concubines. Il est d’ailleurs père de 3 enfants qui ont chacun une mère différente. Le trouble bipolaire a été diagnostiqué et traité très récemment, ce qui a transformé la vie de François. Il comprend enfin pourquoi sa vie a été jusqu’ici si tumultueuse et chaotique. La psychothérapie qu’il a entamée récemment lui convient et l’aide petit à petit à se déculpabiliser, à retrouver confiance en lui. François est devenu un véritable expert de sa maladie, bien décidé à la contrôler plutôt que d’être sous son joug. Il évoque facilement sa maladie avec ses proches et peut enfin ré-analyser avec un certain humour les anecdotes qui ont ponctué ses anciens accès dépressifs ou hypomaniaques. Dernièrement il a établi un contrat moral avec son psychiatre : pouvoir être reçu au plus vite dès les premiers symptômes évocateurs d’une rechute.
C’est dans ce contexte qu’il a téléphoné la veille à son psy, lui signalant qu’il sentait « la pression monter ». Le lendemain, il est reçu comme convenu et explique qu’il ressent les mêmes sensations qu’au cours de ses accès hypomaniaques précédents, c’est à dire une tension intérieure désagréable et difficilement maîtrisable, des « idées qui partent dans tous les sens », une quasi absence de besoin de sommeil. Son médecin lui prescrit alors un traitement sédatif pendant quelques jours, associé à son habituel stabilisateur de l’humeur et à quelques jours d’arrêt de travail et des séances de relaxation. Grâce à cette prise en charge précoce, François se sent à nouveau tout à fait bien en moins de 48 heures. Très vraisemblablement, un nouvel accès hypomaniaque a été évité.
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.


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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:03

Camille, 43 ans sculptrice
« Ce sont des périodes de crises, d'abattement ou d'énervement, que je ne vois pas venir. Ca me tombe dessus, comme un mécanisme qui se déclencherait sans prévenir, et que je ne suis pas capable de dominer par la volonté ! Car je subis totalement. Je n’ai rien demandé à personne, je suis obligée de faire avec et je sais que mon angoisse durera autant que moi ! J’avance pour mon mari et mes enfants mais personnellement, je ne sais pas ce que je fous sur cette terre.
Pendant mes insomnies, je suis très angoissée, sois désespérée avec des idées suicidaires. La journée, je suis irascible, tout prend des proportions dramatiques et je peux piquer des colères terribles.
Mon mari repère dès le matin, dit-il, mes humeurs par des phrases-clignotants, mais c’est difficile pour lui, pour le couple… et pour moi. S’y ajoute en plus la culpabilité ! »
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.

Il est important de savoir faire la différence entre une « baisse de morale » et une véritable dépression, car les conséquences peuvent être lourdes. Les proches ont un rôle prépondérant à jouer.

Thomas, 39 ans, après son 4è épisode maniaque
« Après-coup, je peux me dire que je l’ai échappé belle. Au cours de mes accès, je perds non seulement le contrôle de mes actes mais, surtout, je ne mesure plus le danger et je prends alors des risques démesurés. Par exemple, juste avant mon hospitalisation, je me sentais invincible, immortel, et je m‘amusais à rouler à 180 km/h sur l’autoroute, vitres ouvertes, en hurlant et en fermant les yeux le plus longtemps possible. (…) La veille, je me suis saoulé dans une boite de nuit après deux nuits blanches consécutives et j’ai repris ma voiture alors que je ne tenais plus debout. (…) J’ai failli frapper un type qui se proposait de me raccompagner chez moi, et je me souviens l’avoir insulté en clamant haut et fort que j’étais indestructible. Aujourd’hui, j’ai peur de moi, j’en ai des sueurs froides en y repensant. Je ne veux plus jamais revivre ça. »
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.


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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:05

Cathy, 26 ans, secrétaire
« Je suis secrétaire médicale dans un cabinet de groupe en privé. Ce jour là j’étais hyper énervée, ressentant une énorme tension nerveuse à l’intérieur de moi sans pouvoir l’évacuer : je bouillonnais à l’intérieur tout en étant très speed, avec un sentiment très bizarre d’empathie, d’être profondément en phase avec tout l’univers, les personnes qui m’entouraient. Je ne supportais pas de rester en place, j’avais trop chaud et j’ai commencé à me déshabiller et à me retrouver en sous-vêtements devant les patients de la salle d’attente, moi qui suis d’un naturel si pudique, prétextant qu’il faisait beaucoup trop chaud et invitant les patients à faire de même. Une personne m’a interpellé et m’a demandé de me rhabiller. C’est alors que j’ai fondu en larmes, et que j’ai ressenti en moi une profonde dépression avec une envie de mourir, mêlée de honte. J’ai frappé violement cette personne avec le téléphone et je me suis jetée par la fenêtre ».
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.

André, 63 ans, ancien cheminot à la retraite
André a reçu le diagnostic de trouble bipolaire il y a 3 ans. Il semble que sa maladie se soit révélée sur le tard, mais deux épisodes dépressifs avaient déjà été diagnostiqués et soignés vers la quarantaine. Quelques semaines après son départ à la retraite, André, qui jusqu’ici était considéré comme un homme calme et tranquille, grand-père affectueux, s’est mis en tête de construire un train avec un toit de cristal qui abriterait les plus belles œuvres d’art du monde… « Je suis choqué du fait que les plus belles œuvres d’art du monde ne sont réservées qu’à la nomenklatura parisienne. Je vais prendre ses œuvres et les offrir à la vue du peuple dans toutes les gares et je parcourrais le monde avec mon train musée ! ». Cet accès caractérisé par un délire mégalomaniaque ne reste pas qu’une idée puisque très vite, André hypothéqua sa maison, vendit sa voiture pour une bouchée de pain et fit de nombreux chèques sans provision afin de débuter la construction du train-musée…
L’histoire finit bien puisqu’il accepta d’être accompagné par son épouse en consultation psychiatrique, fut aussitôt hospitalisé, et bénéficia d’un traitement adapté qui fut rapidement efficace. Depuis quelques jours, André est pris de fous rires à table qu’il refuse d’expliquer. Il est d’humeur joviale, semble être à nouveau rempli de projets puisqu’il s’affaire, passe divers coups de fils vers des cabinets d’architecte,… Situation qui rappelle rapidement à son épouse l’épisode maniaque antérieur.
« Chéri, je pense que tu présentes à nouveau des symptômes qui me rappelle ton accès maniaque.
- Tu crois ?
- Pour moi ça ne fait pas de doute : tu te rappelles ce que nous avions convenu ensemble ?
- Oui, oui : que nous allions revoir ensemble mon psy. On lui téléphone maintenant ?
- Non, non André, il est presque minuit, je pense que ça peut attendre demain matin.
- Je pense que tu as raison ma chérie : c’est vrai que je me sens très énervé en moi, je suis très tendu à l’intérieur, il faut que je lui en parle ».
André fut reçu dès le lendemain après-midi par son psychiatre, qui diagnostiqua le début d’un accès hypomaniaque et révisa immédiatement le traitement. André retrouva rapidement son état d’humeur habituel : tout revint dans l’ordre grâce à l’intervention précoce et au « contrat » préalable passé entre André et son épouse.
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.


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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:07

Ariane, 19 ans, étudiante
Tout a commencé il y a quatre ans. Quand ma fille Ariane, dix-neuf ans à l’époque, est rentrée de cours, je l’ai trouvée bizarre. Habituellement peu bavarde, elle parlait sans arrêt et me racontait qu’elle avait des projets particuliers pour son avenir, en refusant de m’en dire d’avantage. Elle m’a affirmé que son professeur d’espagnol avait porté une tenue spéciale, un tailleur noir destiné à lui « faire comprendre quelque chose ». Ariane parcourait les pièces de l’appartement en riant. Comme je lui demandais pourquoi elle était si agitée, elle m’a insultée, est allée dans sa chambre, m’a claqué la porte au nez et a mis la musique à pleine puissance. Je voyais bien qu’Ariane n’était pas dans son état normal mais j’ignorais de quoi il s’agissait. J’ai poussé timidement la porte de sa chambre pour lui demander de baisser le volume de la musique. Ariane dansait en criant devant la fenêtre grande ouverte. Des voisins la regardaient. Cela a duré une heure.
J’ai appelé mon mari et lui ai raconté ce qui se passait. Il m’a répondu de ne pas m’inquiéter. J’ai rétorqué : « Il y a quelque chose. » En voyant Ariane, mon mari a essayé de la calmer. Sans succès. Elle est restée dans sa chambre et a refusé de dîner.
Mon mari et moi avons violemment discuté. Il persistait à nier qu’il pouvait y avoir un problème, évoquait seulement l’adolescence et une crise de nervosité passagère. Je lui ai dit que j’allais appeler notre médecin généraliste et il m’a jeté un regard ironique. J’ai quand même décrit l’état d’Ariane à notre médecin. Il s’est déplacé et sa réponse a été très ferme : nous devions la conduire immédiatement dans un service de psychiatrie pour une évaluation.
Ariane a refusé en hurlant qu’elle se sentait en pleine forme et que nous étions complètement fous. Nous avons fini par lui dire : « Il est presque minuit, tu n’arrives pas à dormir, il faut consulter l’hôpital. »Le psychiatre de garde l’a fait hospitaliser. Elle avait un accès de manie. J’entendais ce terme (au sens médical) pour la première fois. Nous n’avons pas pu la voir pendant une semaine…
Témoignage tiré du Miroir de Janus, de Sami-Paul Tawil, éditions Pocket.

Source: http://www.bipol.org/temoignages_bipolaires.php


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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:18

La créativité ne s’exprime pas uniquement dans l’art. De nombreuses personnes présentant des troubles bipolaires deviennent très brillantes et débordantes d’idées, sans pour autant l’exprimer par un élan artistique.

Quelques noms de dépressifs bipolaires :
-Montaigne
-Molière
-Voltaire
-Chopin

Les accès de dépression de ces personnes ne permettent pas d’affirmer qu’elles souffraient de troubles de l’humeur.

Quelques noms d'acteurs et comédiens bipolaires :
- Jim Carey
- Winona Rider
- Roseanne
- Marlon Brando
- Audrey Hepburn
- Ben Stiller
- Cary Grant
- Linda Hamilton
- Marilyn Monroe


Quelques noms de politiques et figures mondiales bipolaires :
- Napoléon Bonaparte
- Alexandre Le Grand
- Princesse Diana
- Abraham Lincoln (politicien)
- Théodore Roosevelt (politicien)
- Winston Churchill (politicien)
- Barbara Bush
- Howard Robard Hughes


Quelques noms d'écrivains et poètes bipolaires :
- George Byron (poète)
- Gérard de Nerval (poète)
- Ernest Hemingway (écrivain)
- Honoré de Balzac (écrivain)
- Virginia Woolf (écrivain)
- Graham Greene (écrivain)
- Cesare Pavers (écrivain)
- Eugene O’Neill (écrivain)
- Charles Dickens (écrivain)
- Emily Dickinson (écrivain)
- William Faulkner (écrivain)
- Michael Crichton (écrivain)
- Edgar Poe (écrivain, poète)
- Agatha Christie
- Jack London

Quelques noms de compositeurs et musiciens bipolaires :
- Hector Berlioz
- Gioacchino Rossini
- Georg Haendel
- Sergueï Rachmaninov
- Ray Charles
- Nathalie Cole
- Peter Gabriel
- Alanis Morisette


Quelques noms de peintres bipolaires :
- Jackson Pollock
- Michelangelo
- Vincent van Gogh
- Georgia O'Keeffe


Quelques noms de scientifiques et philosophes bipolaires :
- Sigmund Freud
- Isaac Newton
- Friedrich Nietzsche
- John Ford Nash


John Ford Nash, prix Nobel de sciences économiques, a inspiré le film aux 4 oscars "Un homme d'exception".

Source: http://www.bipol.org/bipolaire_celebres.php


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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:29

Vivre avec la maladie

Vivre avec sa maladie c’est tout d’abord l’accepter et pour cela la connaître. Accepter sa maladie ne veut pas dire s’y résigner, mais au contraire en prendre acte et y faire face. Le patient et ses proches peuvent se documenter auprès du psychiatre référent, mais aussi de groupes de patients, groupes de familles, ouvrages destinés aux patients…


Les épisodes, s’ils viennent à se répéter, permettent au patient de détecter les signaux annonciateurs de ses rechutes, souvent les mêmes, véritables signaux d’alerte et les éléments les favorisant. Il peut alors lui-même attirer l’attention de son médecin et discuter avec lui de la réponse qu’il faut apporter : repos, arrêt de travail, ajustement du traitement médicamenteux, hospitalisation, etc… Il prend aussi conscience de l’importance de respecter les conseils d’hygiène de vie : sommeil, rythme, stress...


Vivre avec, c’est aussi prendre conscience de l’impact parfois sévère de la maladie et de ses conséquences sur l’entourage. En parler avec ses proches, démêler les situations, les interpréter ensemble avec le filtre de la maladie permet souvent de désamorcer les conflits en les comprenant mieux.


C’est aussi réaliser que la « nostalgie » de la manie ou de l’hypomanie ressentie par certains patients n’est qu’un leurre bien dangereux. Le caractère agréable de l’hypomanie ou de la manie débutante ne persiste jamais très longtemps, et laisse au contraire la place, en l’absence de prise en charge adaptée, à toutes les conséquences parfois délétères de l’accès maniaque, ou bien au contraire au vécu si douloureux d’un nouvel épisode dépressif.


Vivre avec sa maladie c’est enfin savoir solliciter l'aide de son entourage et de son médecin en cas de difficultés ou de suspicion de la moindre rechute plutôt que d’en attendre l’instauration.



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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:30

Troubles de la libido

En phase maniaque on peut constater une exacerbation de la libido, véritable desinhibition sexuelle, les pulsions se libérant, et les fantasmes habituellement contrôlés s’exprimant soudain. Ces situations mènent parfois à des comportements sexuels à risques dont les conséquences peuvent être graves.


En revanche dans la dépression la libido s’éteint, le désir disparaît.


Entre les épisodes, les médicaments sont parfois à l’origine de difficultés sexuelles avec perte de plaisir. Une adaptation du traitement voire un changement de celui-ci et le recours pour les hommes à des traitements médicamenteux favorisant les érections peuvent permettre de très largement améliorer cette situation souvent difficile à supporter et à l’origine de nombreux arrêts de traitement intempestifs.



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Re: Troubles bipolaires

Message par petit_caillou le Mer 11 Mai 2011, 14:31

Vivre avec un bipolaire

La maladie bipolaire dans les accès aigus est souvent à l’origine de conflits ou d’affrontements qui peuvent aller jusqu’à la désorganisation de la vie familiale. L’entourage vit souvent dans l’anticipation anxieuse des rechutes, supportant mieux les dépressions que l’excitation. La vie de famille suit les ressacs de l’humeur du patient. Les patients ont souvent conscience qu’ils font souffrir leur entourage : pendant les phases dépressives les proches se sentent démunis, impuissants voire même culpabilisés face à cette grande souffrance qui semble impossible à soulager. Les tâches de la vie courante leur incombent. A l’inverse pendant les phases maniaques ou hypomaniaques, les proches sont souvent des empêcheurs de tourner en rond aux yeux du patient, obstacles aux projets grandioses contemporains de l’accès d’excitation. Le maniaque impose le tempo, son ancien rythme lui apparaît morne, il est difficile de suivre sa cadence et d’en supporter les conséquences (achats, provocations publiques, familiarité, adultère...). Le conjoint, dans la crainte d’aggraver les conflits, supporte plus ou moins sereinement ces comportements dont il a souvent à assumer les conséquences.


Outre les aspects financiers ou professionnels, ce sont les ruptures affectives qui marquent le plus profondément les biographies des bipolaires qui sont parfois, dans les cas sévères insuffisamment pris en charge ou résistant aux traitements, émaillées de séparations entraînant solitude et isolement. Pourtant une situation affective stable serait un facteur protecteur des rechutes. Le psychiatre par sa position de tiers peut aider à désamorcer les conflits, à supporter ces difficultés en explicitant le contexte pathologique. Dans les situations extrêmes il doit savoir rappeler aux patients et à leur conjoint qu’aucune décision définitive engageant la vie familiale ne doit être prise en période aiguë maniaque ou dépressive.


Bien sûr le sujet bipolaire n'apporte pas que souffrance à son entourage, loin de là. Les personnalités des bipolaires sont souvent généreuses, créatives, sensibles. Les états hypomaniaques légers sont souvent bien perçus par l'entourage. La vie avec un « bipolaire » peut s'apparenter à une aventure affective mouvementée, avec ses peines et ses joies, plus qu'à un pénible accompagnement dans la maladie.


C'est grâce au soutien des proches et à leur présence chaleureuse et soutenante, résistant aux tempêtes, que le bipolaire va pouvoir comprendre et analyser sa maladie, apprendre à en déceler les signes annonciateurs et à se fixer des objectifs utiles et raisonnables.



Source: http://www.troubles-bipolaires.com/
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Re: Troubles bipolaires

Message par Naocona le Sam 19 Mai 2012, 00:41

J'ai republié le début de cette présentation dans la catégorie maladie.
Je ne sais pas si il faut que je la supprime...

J'ai poster ensuite que la méditation permettait de mieux contrôler ce trouble et de le stabiliser en calmant le flux des pensées, surtout en phase maniaque.


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