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Les maximes de Han Shan Dàshi

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Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:44

Les maximes de Han Shan Dàshi


D’un voyage au pays des rêves...

1. Prêcher le Dharma à qui n’a de considération que pour les illusions égotiques et mondaines, c’est prêcher en vain. On peut aussi bien prêcher à un mort.
Combien stupides sont ceux qui se détournent de ce qui est réel et vrai et durable pour courir après les formes passagères du monde physique, formes qui sont de simples reflets dans le miroir de l'ego. Ne prenant pas la peine d’observer ce qui se trouve sous la surface, ces êtres abusés se satisfont de clichés. Ils pensent que le flux d’énergie qui constitue le monde matériel peut se transformer en formes permanentes, qu'ils peuvent discriminer et nommer ces formes et, comme de grands seigneurs, exercer sur elles leur domination.
Les choses matérielles sont comme des choses mortes que l'ego ne peut pas vivifier. Comme le grand seigneur lie son identité à son royaume, l'ego, quand il s’attache aux objets matériels, règne sur un royaume de cadavres. Le Dharma, c’est pour les vivants. Le permanent ne peut pas se contempler dans l'éphémère. La joie sincère, inaltérable ne peut pas être trouvée dans le monde illusoire et contingent de l'ego. On ne peut pas boire l’eau d’un mirage.


2. Il y a aussi ceux qui, prétendant être illuminés, affirment comprendre l’insubstantialité de la réalité. Se vantant de n’être pas atteint par la maladie du matérialisme, ils veulent montrer leur pureté en évitant soigneusement tous les plaisirs terrestres. Mais eux aussi sont dans les ténèbres.

3. N’est pas plus juste l’attitude de ceux qui s’exposent volontairement aux perceptions des sens. La vérité c’est que les perceptions liées à un objet matériel provoquent un désir sauvage. La vérité, c’est qu’une fois compris que l’objet de notre désir est sans valeur, de sauvage notre désir diminue jusqu’à devenir une timide pensée. Mais nous ne pouvons pas limiter notre pratique spirituelle à dissiper l'illusion. Il y a plus dans le Dharma que la compréhension de la nature de réalité.

4. Quelle est la meilleure manière de trancher notre attachement aux choses matérielles ?
D'abord, nous avons besoin d’un sabre bien aiguisé, du sabre du jugement, celui qui dissèque l’apparence pour dégager le réel. Nous commençons par noter combien rapidement nous nous lassons des choses et combien rapidement le plaisir des sens tourne à l’ennui. En persévérant dans cette conscience, nous aiguisons et affûtons notre sabre. Avant longtemps, nous constaterons pourtant que nous en auront rarement besoin. Car nous avons déjà taillé dans tous nos vieux désirs et les nouveaux n'osent pas nous déranger.

5. Ceux qui, cherchant vraiment le Dharma, vivent dans le monde, utilisent leur activité quotidienne comme une pierre à polir. De l’extérieur, ils peuvent sembler être très occupés, comme l’acier frotté sur silex fait mille étincelles. Mais intérieurement, ils progressent dans le silence. Bien qu'ils puissent travailler très durement, ils travaillent pour le travail, sans escompter de profit. Sans s’attacher aux résultats de leur travail, ils transcendent la frénésie pour atteindre à la tranquillité essentielle de la Voie. Un torrent rapide, violent n’étincelle-t-il pas lui aussi comme l’acier sur le silex - cependant qu'il polit doucement chaque pierre de son lit ?

6. Dans l’illusoire monde de l'ego, tout change continuellement. Mais la transformation incessante, c’est le chaos permanent. Si l'ego se voit comme le centre de gravité de cette activité tourbillonnante, il ne peut pas éprouver l'harmonie cosmique.
Ce que l'ego, par exemple, envisage comme un ouragan dévastateur, capable de bouleverser l'univers, n’est qu’un événement parfaitement naturel, un maillon dans la chaîne infinie des causes et des effets. L'univers, sans ego, persévère dans son être sans faire de différence entre un ouragan et la brise océanique.
Vides d'ego, nous aussi, nous pouvons poursuivre notre existence dans l'acceptation calme des changements dans nos vies. Quand nous cessons de discriminer - doux ou dur, beau ou laid, bon ou mauvais - un calme paisible envahit notre esprit. S'il n'y a pas d’ego, il n'y a pas d’agitation.

7. Notre esprit et corps sont purs, par nature ; mais nous les souillons avec des pensées et des actes coupables. Pour nous rétablir nous-mêmes dans notre pureté originelle, nous n’avons qu’à dégager la saleté qui s’est ainsi accumulée. Mais comment faire ? Devons-nous nous couper des occasions de nos mauvaises habitudes ? Devons-nous éviter les situations de tentation ? Non. On ne peut pas prétendre à la victoire en évitant la bataille. L'ennemi n'est pas notre environnement, il est en nous-mêmes. Nous devons nous confronter et essayer de comprendre notre faiblesse humaine. Nous devons adopter un regard honnête envers nous-mêmes, sur nos relations et sur nos possessions et nous demander tout ce que nous devons à notre complaisance. Nous a-t-elle rendus heureux ? Bien sûr que non.
Si nous sommes intègres nous reconnaîtrons que c’est seulement notre égoïsme idiot qui nous salit. Cet aveu est difficile ? Certes. Mais si nous voulons que la glace fonde, il faut de la chaleur. Plus chaud sera le feu, plus la glace fondera rapidement. Il en est de même avec la sagesse. Plus intense et minutieux sera l’examen, plus vite nous atteindrons la sagesse. Notre sagesse augmentant, notre vieil égotisme disparaîtra. Alors le combat prendra fin.

8. Parfois, nous ne comprenons pas bien la situation mais agissons avec une foi inébranlable dans le Dharma. D’autres fois, alors que nous comprenons parfaitement, nous craignons d’être fidèles au Dharma.
Dans le premier cas, nous avons le cœur ; dans le second, nous avons l'esprit. Nous devons les réunir ! Compréhension ET foi !


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:45

9. Avec un petit pivot, un levier peut soulever des tonnes. Une seconde d’avidité peut ruiner des années d’intégrité. Cette seconde d’avidité est une graine de crainte et de confusion. Elle va croitre sauvagement. Le gain matériel obtenu avec avidité est un gain minuscule. Perdre parce que l’on agit sans avidité, c’est ne pas perdre grand chose. En revanche, perdre son intégrité, quelle perte immense ! La personne éclairée vit dans le respect de ce pivot.

10. Pour quoi les gens luttent-ils ? L’argent, la gloire, la notoriété ou même le Dharma. D’accord. Mais un homme peut devenir très riche et être détesté par sa famille. On peut être aimé, mais ne pas avoir un sous en poche. De même, on peut être fêté comme un héros mais n’être ni riche, ni aimé des siens. D'habitude, on a fait tant d'effort pour atteindre son objectif que l’on n’a plus de force pour en réaliser d’autres. Mais qu’en est-il de celui qui s’efforce de suivre le Dharma. S'il y parvient, il en aura tiré beaucoup plus de profit que d’atteindre tous les autres objectifs. Celui qui possède le Dharma n’a besoin de rien d’autre.

11. Mettez un poisson sur terre, il se languira de l'océan jusqu'à sa mort. Mettez un oiseau dans une cage, il n'oubliera pas le ciel. Chacun reste nostalgique de son véritable environnement, de sa place dans le cosmos.
L'homme nait innocent. Son milieu originel est amour, grâce et pureté. La situation de l’homme qui quitte négligemment son milieu, sans même un regard en arrière, n’est-elle pas plus triste encore que celle des poissons et les oiseaux ?

12. Ceux qui courent après l’argent sont toujours pressés, toujours préoccupés par mille affaires urgentes. Ceux qui recherchent le Dharma, vont lentement et avec aise. « Ennuyeux » ? Peut-être. Peut-être que ce n’est simplement pas excitant de s’arrêter pour sentir une fleur ou écouter un oiseau. Peut-être qu’un trésor est plus attirant que notre Visage Originel. Peut-être avons-nous besoin d’une meilleure définition du mot « de trésor ».

13. Le temps dans notre esprit devrait toujours être clair, toujours calme, ensoleillé. Le temps peut devenir mauvais quand les nuages de la soif et de l'attachement se forment. Ceux-ci portent en eux les tempêtes de souci et de la confusion.

14. Une seule tache dans l'œil trouble la vision, nous voyons les images en double ou triple. Une seule sale pensée embrouille un esprit d’habitude raisonnable. Beaucoup d'erreurs dans le jugement peuvent en résulter. Enlevez cette tache pour voir clairement ! Débarrassez-vous des sales pensées pour penser clairement !

15. Une grande réalisation est la somme de détails infimes. Ceux qui réussissent dans la réalisation du Tout ont suivi soigneusement chacune des parties. Ceux qui échouent ont ignoré ou pris trop à la légère ce qu'ils ont considéré comme insignifiant. Une personne éclairée ne néglige rien.

16. Pourquoi des certains objets sont-ils si prisés ? Une pierre précieuse est pratiquement inutile et un fourreau doré n'est pas plus commode qu'un simple fourreau.
L'homme donne de la valeur à l'or parce que c’est un métal rare et brillant. Il pense qu’en possédant de l'or, il deviendra lui-même précieux, que sa valeur en tant qu’individu augmentera et qu'on le considérera aussi comme un camarade brillant. Il peut être si obsédé par ces idées idiotes qu’en essayant d’acquérir de l’or, il gâchera cette vie qu’il voulait pourtant rendre plus agréable.
Dans l'obscurité de l’illusion les personnes non-illuminées pensent que les qualités qu’ils ont assignées à leurs biens rejaillissent sur elles. Ceux qui vivent selon la Voie du Bouddha discernent aisément que les qualités d'un objet ne sont pas transférables à son propriétaire. Même un trésor déposé sur leur chemin n'entravera pas leur vision. Ils peuvent voir droit, par eux-mêmes. L'or qui se trouve dans la poche ne fait pas un caractère en or.

17. Regardez les gens qui gardent des tigres comme animaux de compagnie. Même quand ils rient et jouent avec eux, ils ont peur que leur animal de compagnie les agresse soudainement. Ils n'oublient jamais que les tigres sont dangereux.
Mais ceux qui sont avides, se procurant des biens les uns après les autres. Ils restent complètement inconscients du danger.
Pourtant, le tigre ne mangera que de la chair, tandis que l’avidité peut dévorer l’âme.

18. Il est plus facile d'agir justement quand nous savons ce qu’il faut faire. Nous ne pouvons pas compter sur l'instinct pour trouver la Voie. Nous avons besoin de conseils.
Mais une fois que l'on nous a montré le chemin et que l’on commence à l’emprunter, nous constatons qu’à chaque pas nous grandissons en sagesse et en force. Un coup d’œil sur le bas côté et nous pouvons compter combien de nos vieux désirs sont tombé morts dans l'accotement. Ils semblent si faibles, là, que nous nous demandons pourquoi nous avons jusqu’alors pensé que nous n’aurions jamais le courage de leur résister.
La Montagne de la Sagesse diffère des autres montagnes. Plus haut nous grimpons, plus nous avons de force.

19. Les gens cherchent toujours la solution de facilité. Le chemin ardu – celui que l’on parcourt d’expériences difficiles en réalisations douloureuses - ne les intéresse pas. Ils veulent du raccourci. Les vrais chercheurs du Dharma appréhendent les raccourcis. Ils savent que sans effort, il n'y a pas d'accomplissement. Ils ont raison. C'est cette intuition qui les ardents.
Ceux qui n'apprécient pas l’effort de l’ascension ne peuvent pas comprendre ce qu’ils furent, prendre conscience de ce qu’ils sont et manquent de détermination pour s’élever. C'est pourquoi ils n'atteignent jamais le Dharma.

20. Quels sont les deux objectifs les plus communs pour les mondains ? La richesse et la gloire. Pour atteindre ces objectifs, les gens sont prêts à tout et même à y perdre leur santé physique et mentale. Cela en vaut-il le coût, vraiment ? La richesse et la gloire se perdent si facilement que l’on peut se demander qui, de l’argent, de la gloire ou de l’homme durera le plus longtemps ?
Considérons l’objectif de l’illumination, le but d’atteindre à la richesse du Dharma. Ceux qui y parviennent restent vigoureux de corps, saints d’esprit et spirituellement sereins… Pour l'éternité.


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:45

21. Il y a des gens qui, quoique n'ayant rien accompli, se complaisent dans les honneurs et les places d’autorité. Soit, mais ceux qui gagnent de hauts rangs sans l’avoir mérité ressemblent aux arbres mal enracinés. Ils vivent dans la crainte qu’une brise les renverse.
Un honneur immérité est une prémisse de disgrâce.

22. Les riches sont admirés parce qu'ils ont su économiser. Mais ce qui été économisé peut être dépensé. L'admiration va avec l'argent. Le peuple est loyal envers son roi parce qu’il le considère comme noble. Si le peuple juge qu’il se comporte mal, le roi peut être déchu. Ceux qui sont riches du Dharma et nobles comme le Bouddha conservent pour toujours leur richesse et l’agrément du peuple.

23. Quelqu’un qui dissimule ses crimes, même avec succès, ne peut pas se considérer comme honorable. Il sait qu'il a mal fait. Un vantard ne peut pas prétendre à la célèbrité, quand bien même entendrait-il son nom mentionné partout. En affectant les manières d'hommes saints les moines peuvent être aussi vénérés, mais un comportement pieux n'a jamais fait de personne un saint. Quel sont le véritable honneur, les vraies gloire et piété ? Ce sont des qualités internes, pas des exploits superficiels ou des apparences. Quand la conscience d'un homme est sans tache, il est honorable. Quand sa réputation d’intégrité le précède, il est célèbre. Quand l'humilité et la révérence pour le Dharma transpirent naturellement du caractère, c’est la sainteté.

24. Si les hommes ne peuvent éviter d’obéir aux ordres de leur père et de l’empereur, a plus forte raison ne peuvent-ils se dérober à la mort. Cependant qu’ils protestent avec amertume, leur hurlement déchirant le ciel, ils ne peuvent la fuir. Et celui qui crie le plus fort est bien sûr celui qui pense avoir atteint le zénith du succès.
L'éclairé comprend la vie et la mort. Il vit toujours bien et ne se plaint jamais.

25. Dès qu’ils ont un peu de savoir, les gens s’imaginent tout connaître. Mais c’est inexact. Même quand tout est maîtrisé, il y a une marge d’erreur. Et si les meilleurs archers peuvent parfois manquer leur cible, qu’en est-il des médiocres ? Connaître le Dharma, c’est savoir tout ce dont nous avons besoin. Peu importe le savoir que nous acquérons ensuite, quoique profonde la coupe est déjà pleine.

26- Tout dans l'univers est sujet au changement. Il n’y a qu’une seule exception : la mort suit toujours la vie. N'est-il pas étrange que les gens ne s’en soient pas aperçu, qu'ils continuent à mener leur vie comme s'ils allaient vivre éternellement, sans s’inquiéter de leur mort ? S'ils veulent vraiment vivre aussi longtemps qu’ils le souhaitent, ils feraient mieux de suivre le Dharma. Le Dharmakaya outrepasse la vie, la mort et le changement lui-même.

27. Je glane ce que les paysans ont oublié ou rejeté. Aussi pourquoi donc leurs paniers sont-ils vides alors que le mien est comblé de tant de bonne nourriture ? Simplement, S’ils ont bien vu leur nature de Bouddha, ils ne l’ont pas reconnue.
Tout dans la vie dépend des choix que nous faisons.

28. Dans nos sociétés policées, chacun remarque si les mains d'un homme sont sales. Tous les honnêtes gens regarderont le pauvre avec dédain et il sera considéré comme minable jusqu'à ce qu'il puisse se laver les mains. Mais dans ces mêmes sociétés, n’est-il n'est pas étrange qu’un homme puisse être souillé d’avidité et de haine sans que personne n’y prête la moindre attention ? Certes, un cœur-esprit sale est moins voyant que des mains sales. Mais, il est bien plus facile de rendre ses mains propres, il suffit de se nettoyer, que de purifier un cœur-esprit corrompu.

29. À trop porter de fardeaux, le corps d’un homme s'use bientôt. A trop s'inquiéter de problèmes mondains, il s’épuise au plan psychologique. Se consacrer à des choses matérielles est donc une dangereuse manière de vivre, une perte idiote d'énergie. L’homme doit restreindre ses besoins et utiliser sa force à des fins spirituelles. Personne n'a jamais ruiné son esprit ou son organisme en s’exerçant à plus de retenue.



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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:46

30. Quelle est, en fin de compte, la différence entre la privation et le plaisir ? Une privation est une épreuve et une épreuve est un défi et un défi est une incitation à user de la force du Dharma. Est-ce qu’il y a plus agréable que cela ?
Les gens ont toujours tellement peur des privations. Ils passent leur vie à essayer d'éviter ce qui est difficile et à courir après ce qui est facile. Pour moi, c'est juste le contraire. Je ne fais aucune distinction entre la privation et le plaisir. Que le chemin qui se trouve devant moi soit facile ou difficile, je n’hésite pas un instant à le suivre.

31. Les gens condamnent avec indignation ceux qui volent des biens matériels. Mais quid de ceux qui volent les âmes. Les gens protègent leur propriété. Ils érigent des murs, installent des systèmes de sécurité et arrêtent tous ceux qui veulent les voler. Mais quelles mesures prennent-ils pour protéger leur esprit de la corruption et des préjudices ?

32. Un homme de bon caractère est doux, humble et satisfait de peu. Un homme de mauvais caractère est dur, fier et rongé par l’avidité. La douceur indique une force plus importante que la rudesse. L'humilité est bien plus admirable que l’arrogance. On préfère toujours la liberté à l’esclavage.
C'est évident, avec un bon caractère l’homme créé les conditions d’une vie meilleure.

33. Il y a des gains matériels et des gains spirituels. Pour obtenir ce qu’il désire matériellement, l'esprit se tourne vers le monde. Mais pour parvenir à ses objectifs spirituels, il tourne son regard vers l’intérieur. Celui ou celle qui ignore son cœur s’attache au monde matériel. Le chercheur de Dharma regarde et s'occupe de son cœur. C'est à cela qu’il s’attache.
34. Vous ne pouvez pas être bien si vous avez des échardes dans la peau. Pire, si vous ne les enlevez pas, vous risquez l’infection, puis la nécrose. C'est pareil pour le cœur. Vous ne pouvez pas être bien si y sont plantés des épines d’avarice. Et si vous ne les enlevez pas, votre cœur s’infecte. Que ferez-vous s’il s’éteint ?

35. Une catastrophe naturelle ne distingue pas entre ses victimes. Elle touche chacun, riche et pauvres, bon et mauvais. Dès que vous avez un peu de pouvoir sur autrui, ayez cela en tête. Soyez comme la nature dans votre équanimité.

36. Le meilleur moyen de convertir les autres au Dharma, c’est de se convertir soi-même. Soyez un exemple à suivre. Agir de bon caractère est plus convaincant que le discours le plus éloquent.

37. Il est plus facile de passer de la pauvreté au luxe que le contraire. Tout le monde sait cela. Être pauvre, c’est comme être jeté en eaux troubles. Une personne débrouillarde peut s’en sortir. Mais s’adonner au luxe, c’est comme dériver doucement dans le courant d’un fleuve. On s’endort et ne se réveille pas avant d’avoir atteint l’océan. Souhaitez la bienvenue aux difficultés. Regardez la pluie comme s’il s’agissait de rosée. Craignez les jours de soleil. Il est dur de s’élever écrasé de soleil.

38. Notre Nature de Bouddha est toujours claire et brillante. Si nous ne pouvons la voir, c’est parce que nos yeux sont encombrés de poussière émotionnelle. Nous ne pouvons pas nous nettoyer la poussière en saupoudrant de la poussière, nous ne pouvons pas calmer nos émotions avec des émotions. Alors comment nous débarrasser de ce voile ? En utilisant la sagesse du Dharma. L’illumination lève le voile et éclaire notre visage originel.
39. La grande qualité de la sagesse est qu'elle répond toujours précisément par ce qui est nécessaire. Comme un sabre bien aiguisé – elle pourfend toujours la cible. Quand nous grandissons en sagesse nous comprenons et pouvons contrôler notre esprit. Un sage est toujours gentil et prévenant. Il voit toujours ce dont on a besoin. Il laisse les flocons de neige se poser sur un corps surchauffé et fournit de l'eau fraîche pour apaiser une soif désespérée.

40. La solution de facilité est toujours tellement séduisante. Pourquoi préférer le chemin difficile ? Sur le chemin facile nous prenons des choses pour acquis. Nous nous ennuyons et devenons paresseux. C'est le meilleur moyen de se troubler et de se perdre. Sur un chemin difficile, nous devons rester vigilants, alertes pour pouvoir relever les défis qui s’y dressent. Résoudre des problèmes rend notre esprit plus aiguisé et nous rend plus forts de caractère. C'est ça le but ! C'est ça le vrai profit !


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:46

41. Nous avons tous tendance à aimer ceux qui écoutent nos conseils et à n’aimer pas ceux qui refusent de nous écouter. Nous devrions nous garder de cette attitude. Si nous permettons à nos émotions de nous influencer, nous nous rendons coupables d'ignorer les conseils du Dharma. L'amour et la haine peuvent gâter notre conscience et risquent de nous empêcher de percevoir clairement la réalité, avec un regard sans préjuger. Dans l'obscurité nous pouvons trébucher. Si nous contrôlons nos émotions, nous préservons la lumière.

42. Les gens sollicitent les stimulations sensorielles. Ils jouissent d’être excités. Je considère pourtant ce genre d’excitation venant de l’extérieur comme une forme de souffrance. Plus nous sommes stimulés sur le plan sensoriel, plus nous désirons l’être : toujours plus et plus fort. Les gens se détruisent eux-mêmes et avec eux les autres pour parvenir à être satisfaits. Le plaisir tiré de la sagesse du Dharma est une excitation interne. Le bonheur grandit avec notre capacité pour d’en jouir. Quand l’alternative de ces deux sortes de plaisir s’offre aux personnes éclairées, elles choisissent toujours le plaisir tiré du Dharma.

43. Voyons, tous les succès mondains ont un revers. Plus on est riche, plus on est arrogant. Plus haut est notre rang, plus on est autoritaire. Plus grande est notre ambition, moins on est apprécié. Les succès obtenus dans le Dharma fonctionnent différemment. Meilleur on devient, Meilleur on devient.

44. Les vagues de la mer se déchaînent et les hélices du moulin à vent tournent à cause du vent. Enlevez le vent et la mer retrouve son calme, les hélices des moulins restent au repos. A chaque effet, une cause. Les vagues du désir des choses baratte nos esprits, les agitent constamment, l’envoient dans toutes les directions. Que se passera-t-il à votre avis sin nous éliminons ce désir ?

45. Le flux d'un cours d'eau est peu puissant si son lit n’est pas profond. Il ne pourra pas faire tourner une roue d'eau. Un grand bâtiment ne tiendra pas longtemps debout si ses fondations ne sont pas solides. Les murs craquent et bientôt les étages tombent. La profondeur et la solidité sont indispensables à un bon travail, à l'endurance. Les sages le savaient. C'est pourquoi ils se sont enracinés eux-mêmes, profondément, dans le Dharma. Ils sont devenus des tours de bonté que rien n’a pu renverser. Leur illumination fut un phare qui a guidé et a inspiré des générations. Ne vous contentez pas d'étudier le Dharma, d’en mémoriser la surface. Plongez dedans, aussi profondément que vous pouvez.

46. Le ciel illimité et l’énorme terre peuvent être facilement observés; mais il suffit d’un minuscule morceau de tissu pour rendre toute observation impossible à l’œil. Un cœur plein d’amour peut remplir tout l'univers; mais il suffit d’une seule pensée haineuse pour perforer ce cœur et laisser s’échapper tout son amour. Ne sous-estimez jamais le pouvoir des petites choses. Les saints ont toujours accordé la plus haute attention aux pensées les plus minuscules.

47. Même si cent érudits prévoient son échec, un sage qui a confiance en lui-même persévérera et réussira. Même si ces cent érudits prévoient un succès à celui qui n’a pas cette confiance en lui-même née de la sagesse, quelle que soit sa connaissance, il échouera.
Les connaissances livresques seules augmentent le doute et le doute est cause de confusion. Ainsi, aucune confiance en soi ne peut se développer. Mais la sagesse mène à la confiance et la confiance rend clair et perspicace. Ceux qui étudient le Dharma suivent le chemin de la sagesse pour éliminer le doute et utiliser leurs connaissances à bon escient.

48. Il n’y a pas si longtemps, quand une personne tombait plus bas que terre, elle se sentait tellement mal qu’elle jurait de laver le sol avec son sang et de ne plus jamais chuter. De nos jours, quand une personne chute, elle envoie des invitations à la rejoindre. N’est-ce pas triste ?

49. La seule chose dont nous pouvons être sûrs, c’est que nous ne pouvons être sûrs de rien. Le seul fait qui ne change pas, c’est que tout change constamment. Les saints cultivaient la patience. Peu importe la situation dans laquelle ils se trouvaient, ils attendaient calmement que cela passe. Ils avaient aussi compris qu’en matière de cœur, le sujet pouvait changer autant que ses objets, le désir étant inconstant entre tout.


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:46

50. Cultivez l'habitude de dormir tôt. C'est la meilleure façon de conserver un esprit clair et fort. Les gens qui veillent tardivement ont besoin d’amuser, de complaire à leurs amis de veillée. Ou ils s’ennuient et souhaitent trouver de l’excitation. Même s'ils font la grasse matinée, ils sont toujours fatigués, lents de corps et d’esprit). Ils ne peuvent pas bien penser et travailler. Ceux qui suivent le Dharma mènent des vies plus pleines, plus riches. Ils n'ont pas besoin de personnes. Les bonnes habitudes sont comme des muscles, plus on les exerce, plus on les renforce.

51. Toutes les rivières, petites ou grandes, claires ou boueuses, se jettent dans l'océan, lequel s’évapore et gonfle des nuages, dont tombe la pluie qui remplit les rivières. Tel est le cycle. Les saints éprouvent de l'amour et du respect à tous sans distinction, riches ou pauvres, bons ou mauvais. Les gens, constatant telle impartialité, vénèrent les saints et essaient de les imiter. Ceci aussi, est un cycle. Considérez le Dharma comme une rivière regarde l'océan, la source de sa nature et son infinie destinée. Considérez le Dharma comme les saints regardent les gens, comme des objets d'amour et la récompense de cet amour.

52. Si vous traitez les autres comme des autres, comme quelque chose de séparé, ou différents de vous, vous ne serez pas enclins à être justes ou charitables dans vos jugements envers eux. Mais si vous considérez les autres comme d’autres versions de vous-mêmes, vous comprendrez leurs erreurs et apprécierez leurs qualités. N’est-ce pas une chance pour nous que ce soit-là la façon dont le ciel considère la terre ?

53. Si on voit seulement les formes de la matière et ne pénétrons pas la vraie nature de la réalité visible, on est spirituellement aveugle. Si on entend seulement la fonction provisoire du bruit et ne pénétrons pas la vraie nature de la réalité auditive, on est spirituellement sourd. Les formes et les sons sont seulement des illusions. Nous devons utiliser la vision et l’audition pour déterminer et pour comprendre la vraie nature de la réalité.

54. Le courant irrésistible des pensées conscientes de l'ego ne peut pas rester calme assez longtemps pour comprendre la vérité. Alors les gens essaient de stopper ce flux, et utilisent des pensées pour arrêter de penser. Les pensées ressemblent aux chats sauvages. Nous n'utiliserions jamais un chat sauvage pour en apprivoiser un autre.
Comment entre dans l'état de non-pensée ? Nous comprenons la nature non-substantielle de celui qui pense autant que de la pensée elle-même. Nous comprenons qu'en réalité il n'y a pas la plus petite pensée de pensée, pas plus que de penseur. Quand nous attestons cette réalité, notre propre témoignage nous libère de la pensée de n’avoir aucune pensée.

55. La vraie nature de l’esprit et du corps est claire, calme et ne possède pas une seule pensée. C'est l'ego qui pense, de même que c'est l'ego qui pense qu'il désire ne pas penser. L'ego est la cause des problèmes qu'il essaie de résoudre. Être vide d'ego, c’est entendre le son sans son, voir l’invisible du visible, penser la pensée sans pensée.

56. Quand quelqu’un atteint l'état de pensée sans-pensée, il pense être éveillé au Dharma. Il pense à son expérience de méditation et à la manière dont elle va changer ses pensées sur son environnement. Il pense qu'il est absolument merveilleux d’avoir réussi à contrôler esprit. Ce ne serait pas juste de dire qu'il a plus à penser. En réalité, il a moins.

57. Plus clair le corps, plus brillants les éclats de sa nature de Bouddha. Au début, nous avons toujours besoin du corps. Il est comme une bougie, dont la nature de Bouddha Nature est la flamme. Mais nous pouvons toujours prendre conscience de l’ombre. A mesure que nous progressons, nous rendons compte que le corps est l'univers lui-même et qu’éclaire de toutes parts, comme le soleil notre nature de Bouddha.


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:46

58. Il n'y a pas de commencement au commencement ni de fin à la fin. C’est notre pensé qui interrompt le flux de temps et le divise. C’est notre pensée qui infère que la nuit va suivre le jour, que la mort suit la vie, que certaines choses sont minuscules et d’autres énormes. Du point de vue de l’univers, qu’est-ce que grand ou gros, brillant ou sombre, futur ou passé ?

59. Les actes sont petits; le Principe est grand. Les actes sont divers; le Principe est unique. Ceux qui vivent le Principe, qui laissent son flux irriguer leur système sanguin, n'agissent jamais en discordance. Quoi qu’ils fassent, ils accomplissent le Principe. Occupés ou tranquilles, ils ne sont jamais sournois, jamais manipulateurs. Ils n'ont rien à cacher et n'ont besoin de personne.

60. Rien au monde n'est gagné sans désir, sans motivation. Vous pouvez prendre un chemin honnête et être sincère dans la recherche de la satisfaction de votre désir ou vous pouvez prendre un chemin malhonnête et obtenir ce que vous voulez par des mensonges. De toute façon, quand vous aurez acquis l'objet de votre désir vous y deviendrez attaché - au moins le temps que vous vous épreniez d’autre chose. Mais entre les deux voies de l’honnêteté et de la ruse, se trouve une voie sur laquelle vous n’avez besoin de déployer aucune stratégie. C'est celui qui mène à la compréhension des désirs mondains pour ce qu'ils sont. Sur cette route, ce qui vous motivait disparaît au fur et à mesure que vous avancez.

61. Quand vous pensez à quelque chose, vous lui donnez l'existence. Les objets qui provoquent le désir disparaissent si l'œil de l'esprit se ferme à leur présence. Ils se fondent dans le paysage.
Il en est de même avec les émotions. Les espoirs, les craintes, les jugements sur le vrai ou le faux, la sensation du plaisir ou le sentiment de la misère disparaissent l’esprit reste dégagé des événements qui les provoquent. S’il ne répond pas aux invitations de ce monde, l’esprit vide peut contenir l'espace infini. La paix répand sa pureté, le ciel devient lumineux et l'harmonie des sphères résonne alentours.

62. Plus les gens usent de volonté pour chasser le désir, plus il se renforce. Ce supplément de force participe de leur confusion. Ils deviennent comme hantés, obsédés. Plus les gens parlent du Dharma sans en avoir la réelle connaissance, plus ils renforcent leur ignorance. Ils se nourrissent ainsi et se considèrent bientôt comme des modèles. Ce faisant, ils ressemblent au poisson qui essaie d'enseigner à d'autres à nager, ou comme les oiseaux en cage qui donnent des leçons de vol.
Si vous voulez vaincre le désir, enlever lui son masque et observez-le pour ce qu'il est. Ainsi deviendra-t-il immédiatement insignifiant – ne valant pas la peine d’y repenser. Si vous voulez parler du Dharma, laissez-le d’abord vous imprégner, qu’il vous devienne naturel. Soyez chez vous en lui. Familiarisez vous avec la nature humaine en reconnaissant vos propres erreurs et les désirs de base. Ainsi pardonnerez-vous les erreurs, serez humble et doux pour l'humanité. Vous deviendrez un exemple pour les autres. Le rigorisme orgueilleux n’est pas droiture. C’est la rigor mortis de l’esprit.

63. Ceux qui sont sérieux dans leur pratique du Dharma cherchent une intuition de sagesse dans tout ce qu'ils font. Qu’ils soient occupés ou au repos, seul ou dans une foule, où qu’ils se trouvent, ils s'efforcent scrupuleusement de rester conscients. Une telle vigilance n'est pas facile. Mais une fois qu'ils s'habituent à la pratique, cela devient une activité si naturelle que personne autour d'eux ne soupçonne ce qu'ils font.

64. Soustrayez un seul brin d’herbe à l'univers et celui-ci sera divisé. Permettez-vous une minuscule pensée d'avidité et l'esprit ne peut plus prétendre être non souillé.
Soyez attentifs aux détails. Ils peuvent tout changer.


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:47

65. L'esprit se déploie dans tout l'univers; le corps a la taille d’une souris. Être éclairé c’est apprécier la dynamique du Dharma. Quand l'esprit s’élève dans l'espace illimité, le corps reste confiné sur terre, souvent agité et dans l’obscurité.

66. Quelle perte de temps et d’énergie demande la satisfaction du désir. Aucune satisfaction durable ne peut résulter de l'acquisition des objets, à peine obtenus ils cessent d'être des objets de désir. Ils se consument comme le bois de chauffage et des « offrandes d’encens ». Nous soufflons sur les cendres et cherchons un autre arbre à abattre.
Les saints ont cherché une certaine perspicacité spirituelle. Ils ont questionné le sens de la vie. En devenant perspicaces, ils ont gagné l'univers. Ne faisant rien d’autre que d’arrêter de désirer, ils n'ont pas allumé de feu sacrificiel.

67. Aussi vaste l’univers est-il, notre esprit s’y accorde. Aussi petit le corps est-il, la création n’est pas suffisante pour le satisfaire.

68. Toute chose dans l’univers a sa propre nature. Les gens qui vivent selon cette nature ont tout ce qu’ils pourraient vouloir. Les Éveillés possèdent. Les ignorants désirent.

69. La personne qui se considère elle-même comme supérieure aux autres, juge et discrimine constamment. Avec rigidité, elle élève des oppositions : bon ou mauvais, vrai ou faux. Selon critères de sélection, c’est au moins la moitié de la création qu’il faut rejeter.
Une personne qui suit le Dharma cherche à s’unir avec le reste de l’humanité. Elle ne porte pas de jugement discriminant et est indifférente aux distinctions qualitatives. Elle sait que la Nature de Bouddha est réalité unique et indivise. Une personne qui suit le Dharma cherche à rester toujours consciente de son inclusion dans le Un.

70. Les montagnes, les rivières, la terre elle-même font partie de l’Un. Un esprit clair est miroir limpide ; toutes les existences peuvent s’y refléter. Un esprit troublé par l’illusion de l’ego ne reflète rien d’autre que lui-même. Cherchez à réaliser que vous faites partie de l’Un ! Votre corps peut demeurer dans le monde matériel, mais votre esprit doit comprendre qu’il n’y a rien en dehors de lui qui puisse désirer.

71. Dans le calme parfait du Dharma, le cœur perçoit et comprend tout. Il n'y a aucun mot à dire, aucun son à entendre, rien à voir. Ceux qui vivent dans le Dharma vivent en leur cœur. Il est étrange que quoique leurs corps puissent se délabrer, leur souffle soit toujours comme une brise fraîche et parfumée. Comme il doit être merveilleux d’être près d'eux !

72. J'ai appris tellement des gens qui ont évité la société. Oui, c'est vrai. Suivez mon conseil. Si vous voulez trouver de bons professeurs, recherchez ceux qui ont été parce qu’aveugles, sourds ou ignorants.

73. Les objets du monde matériel sont les piliers, les décors et les personnages d'un rêve dramatique. Quand on se réveille, la scène disparaît, les acteurs et l'auditoire aussi. Le réveil n'est pas la mort. Quelles vies de rêve peuvent mourir ; mais le rêveur, lui, a une existence réelle, qui ne cesse pas en rêve. Tout est bon pour qu’il arrête de rêver, cesse d’être fasciné par les images du rêve et se rende compte qu'il a simplement rêvé.


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Re: Les maximes de Han Shan Dàshi

Message par petit_caillou le Sam 19 Nov 2011, 17:47

74. La plupart des personnes perçoivent seulement le changement. Pour eux les choses apparaissent et disparaissent. Tôt ou tard, ce qui est neuf devient vieux, ce qui vaut beaucoup devient sans valeur. Leurs egos déterminent la destinée de chaque chose.
Quand l'existence est pensée en de tels termes de finitude, le pouvoir de contrôler les gens et les choses est naturellement considéré comme un exercice égotique. Et pourquoi pas ? L'ego ne fait-il pas autorité au sujet du changement ? Bien sûr, quand il rencontre l’Unité, ce qui ne change pas, l'ego est singulièrement ignorant. De nos jours, les gens n'apprécient pas ce qui ne change pas. Ils courent après chaque phénomène de mode et cherchent à être au courant de toute nouvelle manie sociale. Ils ressemblent aux comiques, qui essaient désespérément de trouver de nouvelles plaisanteries. Leur vie est suspendue aux rires de leur auditoire.
Ce qui est vraiment drôle, c’est leur conviction d’être libres, puissants et sous contrôle. Alors qu’en vérité, ils sont les esclaves impuissants d’une illusion.

75. Il y a deux façons de percevoir le Dharma : La voie de l’Éveil subit, sur laquelle l'obstacle de l'illusion est supprimé par une conscience saisissante ; et la Voie de l’Éveil graduel, sur laquelle l'illusion est dissipée avec au fur et à mesure, par un effort continu. D'une façon ou d'une autre, l'obstacle doit être renversé.

76. Le l’esprit de Bouddha contient l'univers. Dans cet univers, il y a seulement une substance pure, une Vérité absolue et indivisible. La notion de dualité n'existe pas.
Le petit esprit ne contient que les illusions de la division, de la discrimination. Il imagine des objets innombrables et définit la vérité en termes d'opposés relatifs. Grand est défini par petit, bon par mal, pur par souillé, caché par révélé, plein par vide. Qu’est-ce que l'opposition ? C'est l'arène des hostilités, du conflit et du trouble. Là où la dualité est dépassé règne la paix. C'est la vérité suprême du Dharma.

77. Quoique, en fait, la Vérité du Dharma ne puisse pas être exprimée par des mots, les enseignants parlent sans arrêt, essayant de l'expliquer. Je suppose que c'est dans la nature juste humaine de dire que quelque chose n’est pas explicable et de passer ensuite des heures à essayer de l'expliquer. Pas étonnant que les gens s'éloignent. Nous pourrions en fait être plus attrayants. Nous pourrions composer des histoires amusantes et flatter notre auditoire de cajoleries. Bien sûr, nous ajouterions de l'illusion sur l'illusion. Mais quel rapport avec le Dharma ?

78. Une personne seule ne peut pas tenir une conversation. Un tambour doit être creux pour que le son résonne. Le compte des absences. La limite des mots. Les différences d’interprétations. Ce qui n'est pas dit est aussi approprié. La vérité Absolue ne peut pas être exprimée dans des mots. Elle doit être vécue.
Alors, dans le silence éloquent nous révélons au mieux notre Éveil au Dharma.

Source: http://kalyanamitra-fasheng.blogspot.com/2010/12/les-maximes-de-han-shan-dashi.html


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