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Karma Yéshé
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La plus haute conscience

Message par Karma Yéshé le Mar 22 Nov 2011, 05:22


La plus haute conscience : samadhi parfaite — Urgyen Sangharakshita

lundi 21 novembre 2011, par Buddhachannel Fr.

Langues :



30.07.2010


Nous avons suivi, en imagination du moins, le Noble Chemin Octuple du Bouddha, et avec la huitième et dernière étape de ce chemin nous arrivons à la fin de notre long voyage. Cette dernière étape est samyak-samadhi (en pali : samma-samadhi), généralement traduit — de façon peu adéquate — par Méditation Juste. Je ne propose pas d’offrir une traduction simple du mot sanskrit samadhi ; au lieu de cela, je vais simplement appeler Samadhi Parfaite cette dernière étape du chemin. Ce que cela signifie réellement deviendra clair, je l’espère, durant cet exposé.

En règle générale, plus une étape de développement spirituel est avancée, moins il y a à dire à son sujet. Ce principe est valable tout au long de la vie spirituelle. Dans les écritures en pali, par exemple, nous constatons qu’alors que le Bouddha a eu beaucoup à dire au sujet de l’éthique, et qu’il s’est étendu avec beaucoup de détails sur les questions de comportement personnel, il a très peu parlé du Nirvana, du but ultime. En fait, il ne pouvait pas dire grand chose ! Ainsi, quoique les écritures bouddhiques soient très vastes et traitent d’un très grand nombre de sujets, elles ne nous disent généralement pas grand chose du Nirvana. Le Bouddha n’était pas très expansif sur ce sujet particulier. De fait, quand il était interrogé au sujet du Nirvana, ou de la nature de l’Éveil, ou de l’expérience de la personne Éveillée, il restait parfois parfaitement silencieux. Dans la vie courante, bien sûr, plus nous avons à dire sur un sujet, plus nous considérons qu’il est important. Si un problème est beaucoup discuté par les médias, tout le monde imagine qu’il doit être très important. Mais dans la vie spirituelle, moins on a à dire, ou moins on peut parler de quelque chose, plus cette chose est réellement importante.

Ce principe est valable en ce qui concerne le Noble Chemin Octuple. Il y a beaucoup à dire à propos de la Parole Parfaite, de l’Action Parfaite, et des Moyens d’Existence Parfaits ; il reste aussi beaucoup à dire au sujet de l’Effort Parfait et de la Prise de Conscience Parfaite ; mais quand on en arrive à la Samadhi Parfaite il semble qu’il y a beaucoup moins à dire. Il se peut même qu’ayant parlé un peu j’aurai à me réfugier dans le silence. Si cela arrive, prenez-le comme une insistance sur l’importance de cette étape du Chemin, et pas autrement.

Le mot samadhi, qui est identique en sanskrit et en pali, signifie littéralement l’état d’être fermement fixé ou établi. C’est la signification première du terme, et elle peut être comprise de deux façons bien distinctes. Elle peut tout d’abord être comprise comme représentant la fixation ou l’établissement de l’esprit sur un seul objet : c’est la samadhi dans le sens de concentration mentale. Ensuite, et allant bien plus loin, elle peut être comprise comme représentant la fixation ou l’établissement, non pas seulement de l’esprit, mais de tout l’être dans un certain mode d’attention ou de conscience. C’est la samadhi dans le sens d’Éveil ou de Bouddhéité.

Dans les textes du Théravada, ou dans les textes du Canon en pali, le mot samadhi est généralement compris dans le premier sens, comme concentration ou focalisation de l’esprit. Mais, dans les sûtras du Mahayana, le mot samadhi est souvent utilisé dans le second sens, dans le sens d’une fixation ou d’un établissement dans la Réalité Ultime ; dans ce cas, le mot qui est utilisé à la place de samadhi pour dénoter la focalisation de l’esprit est généralement samatha, mot dont la signification précise sera expliquée plus loin.

Cette distinction entre la samadhi dans le sens de concentration de l’esprit dans la méditation, et la samadhi dans le sens d’établissement de tout son être dans l’Éveil, est d’une importance capitale. Si la Samadhi Parfaite est considérée comme ne signifiant que bonne concentration, alors toute la signification de cette étape — et avec elle toute la signification du Noble Chemin Octuple — devient sérieusement déformée. Malheureusement, cela est souvent le cas : Samadhi Parfaite est traduite par Concentration Juste, ce qui donne l’impression que tout le chemin spirituel, tout l’enseignement pratique du Bouddha que représente le Noble Chemin Octuple, culmine simplement dans la concentration — le genre de chose que vous atteignez presque toutes les semaines pendant votre classe de méditation.

On pourrait en fait aller plus loin et dire qu’à l’époque moderne chacune des étapes du Noble Chemin Octuple a été sérieusement sous-évaluée, voire minimisée, une interprétation très étroite et limitée en étant donnée. Cela est malheureux, car cela fait apparaître le Noble Chemin Octuple comme quelque chose d’assez peu attrayant, d’assez restreint, et pour cette raison les gens se demandent comment le Chemin Octuple peut être considéré comme le thème central de la totalité de l’enseignement du Bouddha. Pour apprécier la signification du Noble Chemin Octuple nous avons besoin de comprendre la signification de chaque étape, et j’espère que dans cette présentation j’ai pu montrer que le Noble Chemin Octuple contient bien plus que ce que certains de ses interprètes modernes suspectent généralement.

La Samadhi Parfaite — la phase culminante du Chemin Octuple — est beaucoup plus qu’une simple bonne concentration. Dans son essence, la Samadhi Parfaite est la réalisation de tout le Chemin de Transformation. Elle représente l’état dans lequel se trouve un être complètement et parfaitement transformé, à tous les niveaux et dans tous ses aspects. En d’autres termes, elle représente la culmination du processus de transformation d’un état non éveillé en un état Éveillé, et la saturation complète et parfaite de tous les aspects de notre être par la Vision Parfaite avec laquelle on a commencé.

La Samadhi Parfaite signifie que la Vision Parfaite a enfin triomphé, et qu’elle règne, suprême, à tous les niveaux de notre être et de notre conscience. Si la Samadhi Parfaite est comprise de cette façon, alors le Noble Chemin Octuple prend tout son sens, comme le fait notre pèlerinage tout au long de ce Chemin. Samatha, Samapatti et Samadhi.

Quoique la samadhi dans le sens de concentration et la samadhi dans le sens d’Éveil soient bien distinctes et ne doivent pas être confondues, il est important de comprendre qu’elles ne sont pas mutuellement exclusives. Il ne serait pas incorrect de les décrire comme le degré inférieur et le degré supérieur de la même expérience. On pourrait aussi dire qu’entre la samadhi en tant que concentration et la samadhi en tant qu’Éveil il y a un état ou un degré intermédiaire, qui est connu dans les textes du Mahayana sous le nom de samapatti. De façon littérale, samapatti veut dire réalisations, et suggère toutes les expériences spirituelles qui, se produisant suite à la pratique de la concentration, n’arrivent cependant pas tout à fait à la samadhi dans son sens le plus complet. Nous avons ainsi trois termes : Samatha (en pali : samatha) ou concentration, samapatti ou réalisations, et samadhi dans le sens le plus complet et final de l’Éveil lui-même. Ces trois termes représentent une seule série progressive d’expériences spirituelles, chacune d’entre-elles introduisant la suivante et préparant le chemin pour l’atteindre. En les étudiant l’une après l’autre nous gagnerons, d’une façon pour ainsi dire cumulative, une idée ou un aperçu de la nature de la samadhi dans son sens le plus ultime.

Samatha.

Littéralement, samatha signifie tranquillité, quoiqu’elle soit parfois traduite par pacification, ou apaisement, voire simplement par calme. Si on la traduisait par paix, on serait assez près de la vérité, car c’est un état de paix profonde et de calme de l’esprit, et même de tout l’être. L’activité mentale dans le sens de la pensée discursive ou du bruit de la machinerie mentale est soit minimale — c’est-à-dire très subtile — soit complètement absente. La samatha est aussi un état de concentration parfaite, ou de focalisation de l’esprit, un état d’intégration de toutes les forces et énergies de l’être psychophysique. La samatha correspond ainsi aux quatre dhyanas, les quatre niveaux ou états de conscience élevée dont nous avons parlé dans le chapitre consacré à l’Effort Parfait.

La samatha est souvent divisée en trois degrés, ou niveaux, ou échelons : la concentration sur un objet matériel brut, la concentration sur une contrepartie subtile de l’objet brut, et l’absorption dans la contrepartie subtile de l’objet brut. Comme ceci n’est peut-être pas très clair, je vais en donner une illustration concrète. Supposons que vous vous mettiez à pratiquer la concentration sur une image ou une représentation du Bouddha. Cette image, cette représentation, est l’objet brut. Vous vous asseyez et vous la regardez, non pas fixement, mais simplement. Vous la regardez sans faire attention à rien d’autre. Vous ne regardez rien d’autre, vous vous fermez à toute autre impression des sens, et les yeux grand ouverts vous restez complètement concentré sur cette image ou cette représentation, la laissant entrer entièrement et complètement, et n’étant conscient de rien d’autre.

Dans le second niveau vous fermez les yeux et vous voyez l’image ou la représentation du Bouddha aussi clairement que si vous aviez les yeux ouverts et étiez en train de regarder l’image matérielle ou la représentation elle-même. Ceci demande bien sûr pas mal de pratique, et certains y arrivent mieux que d’autres. L’image que vous voyez de façon vive quand vos yeux sont fermés est la contrepartie mentale subtile de l’image ou de la représentation originale, et c’est sur cela que vous vous concentrez. Finalement, il n’y a plus de perception sensorielle : vous êtes complètement concentré sur cette image mentale — voire archétype — en vous.

Dans le troisième niveau vous continuez à vous concentrer, de manière toujours plus intense et focalisée, sur la contrepartie subtile de l’image brute originale. En vous concentrant ainsi vous devenez, si l’on peut dire, assimilé par cette image, absorbé par elle. La distinction entre le sujet et l’objet finit par disparaître, et vous vous fondez dans l’objet de votre concentration, vous vous identifiez avec lui.

J’ai choisi la concentration sur une image ou une représentation du Bouddha comme un exemple de la pratique de la samatha, parce que dans ce cas la différence entre les niveaux peut être clairement vue. Mais dans tout type d’exercice de concentration l’on commence par prendre un objet brut, on avance vers l’objet subtil, et l’on devient absorbé dans l’objet subtil, faisant ainsi l’expérience des trois degrés, niveaux ou échelons de la samatha, ou tranquillité.

Samapatti.

Littéralement, samapatti signifie réalisations, ou expériences vécues en tant que résultat de la pratique de la concentration. Tous ceux qui pratiquent la concentration et la méditation finissent par vivre des expériences d’un genre ou d’un autre. Le type et le degré de ces expériences dépendent beaucoup du tempérament personnel, et ne sont pas nécessairement liés au degré de développement spirituel. Parfois, les gens imaginent que si l’on a de nombreuses expériences de cette sorte, on est plus avancé que si l’on n’en a qu’une ou deux, voire aucune ; mais ce n’est pas aussi simple que cela.

La sorte d’expérience de nature élémentaire la plus commune est probablement celle de la lumière. Alors que l’esprit devient plus concentré, vous pouvez voir différentes sortes de lumières — habituellement une lumière blanche ou jaunâtre, parfois bleutée, et occasionnellement rouge ou verte, quoique celles-ci soient relativement plus rares. Des expériences de cette sorte sont une indication que l’esprit est devenu concentré, que le niveau de prise de conscience a légèrement augmenté, et que l’on a commencé à prendre contact avec quelque chose qui est un petit peu au-delà de l’esprit conscient ordinaire. Certaines personnes, au lieu de voir des lumières, entendent des sons. Elles peuvent entendre une note musicale soutenue, très profonde, un peu comme un mantra, ou bien elles peuvent entendre des mots prononcés, si l’on peut dire, en eux. Elles peuvent parfois entendre ces mots très clairement, comme si une voix leur parlait. Les gens qui croient en Dieu pensent souvent, bien sûr, que c’est Dieu qui leur parle, mais selon l’enseignement bouddhique ces sons et ces voix proviennent des profondeurs — sans que parfois ce soit même des profondeurs les plus profondes — de notre propre esprit et de notre propre conscience.

Il arrive aussi parfois qu’au cours de leur pratique de la concentration certaines personnes fassent l’expérience de la perception de diverses odeurs. Parfois c’est comme si la pièce dans laquelle elles sont assises était envahie par un parfum agréable tel que celui du jasmin ou de la rose, et ce parfum peut même parfois être senti par d’autres personnes. Ceci aussi est un signe que l’esprit devient plus subtil, plus raffiné et raréfié, et que l’on entre en contact avec un niveau de conscience plus élevé.

En progressant, les expériences changent. Je ne vais pas essayer de vous dresser la liste de toutes les expériences différentes que l’on peut faire, mais je vais en mentionner quelques autres, parmi les plus typiques que peuvent rencontrer la plupart des gens. On peut faire l’expérience de voir, soudain, se dérouler devant soi des paysages de diverses sortes, certains avec des arbres et des collines, et semblant parfois s’étendre sur des kilomètres. On peut voir un brillant ciel bleu, ou des formes géométriques en éclair, ou des formes semblant faites de joyaux, ou des figures et des formes ressemblant à des mandalas. On peut aussi voir d’autres formes diverses, telles que des visages ou des yeux. Toutes ces expériences sont assez communes chez les gens qui pratiquent ne serait-ce qu’un petit peu la concentration et la méditation. On peut aussi faire l’expérience de quelque chose d’un peu différent, tel qu’un changement du poids de son corps : on peut se sentir très lourd, comme si l’on ne pouvait absolument pas se lever ; ou bien on peut se sentir très léger, comme si, telles des graines de chardon, on allait s’envoler. Il peut y avoir des expériences de chaleur ou de froid intense, et ces changements de température peuvent parfois être perçus par d’autres personnes.

Certaines personnes qui pratiquent la concentration et la méditation de façon continue sur de longues périodes — quoique pas toutes, car cela est une question de tempérament — trouvent non seulement que leur esprit devient extrêmement sensible, mais qu’elles développent divers sens subtils. Elles peuvent prendre conscience qu’elles comprennent ce que d’autres personnes sont en train de penser, ou elles peuvent développer les facultés qu’en Occident on appelle clairvoyance et la faculté d’entendre à distance. Selon l’enseignement bouddhique — en fait selon l’expérience bouddhique — ces facultés se développent en résultat de la pratique de la concentration et de la méditation, quand tout l’être devient plus raffiné et subtil. Mais je dois insister encore sur le fait qu’elles ne se développent pas chez tout le monde. Certaines personnes, apparemment, peuvent même aller jusqu’au bout — même réaliser le Nirvana — sans développer aucune de ces facultés.

D’autres expériences de samapatti comprennent, de façon peut-être plus importante, l’expérience d’une joie intense, du bonheur, de l’extase, et d’une paix ineffable qui descend sur nous et nous enveloppe. Ceci arrive en particulier durant la méditation, mais peut aussi se produire à d’autres moments. De façon plus importante encore — et ici la samapatti commence à rejoindre la samadhi — vous pouvez avoir des éclairs de vue intérieure pénétrante. C’est comme si un voile s’était soudain déchiré et, le temps d’un instant, vous voyez les choses telles qu’elles sont — puis le voile se referme. Mais vous avez eu un aperçu, un éclair. Vous pouvez soudainement comprendre la vérité d’un enseignement que vous connaissez depuis longtemps, mais n’aviez jamais pénétré ni réalisé — quelque chose que vous aviez lu dans des livres, et pensiez très bien connaître. Quand vous avez cet éclair de vue pénétrante de cette vérité, de cette réalité, vous vous rendez compte qu’auparavant vous ne la connaissiez pas du tout, absolument pas. Ce n’est pas que vous la compreniez en partie, ou assez bien — ce n’est pas cela du tout. Quand vous voyez réellement, dans un véritable éclair de vue intérieure, vous réalisez que lorsque vous ne connaissiez cette vérité que pour l’avoir lue dans des livres ou pour l’avoir entendue, vous ne la connaissiez en fait pas du tout.

Toutes les expériences que j’ai décrites sont des expériences de samapatti, et nous avons vu qu’il y en a une immense variété. Personne ne fait l’expérience de toutes, mais tous ceux qui suivent le chemin de la concentration et de la méditation font au moins l’expérience de certaines d’entre-elles.

Par Urgyen Sangharakshita.

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