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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:24

Enseignement de Son Eminence Kalou Rinpotché


Ces quatre préliminaires sont dits "communs" car ils sont, au Tibet, utilisés par toute les lignées (Nyingmapa, Sakyapa, Kagyupa et Guélougpa) et, au-delà même du Tibet, ils constituent un fondement partagé par toutes les écoles bouddhistes. Sans s'imprégner de ces quatre réflexions, on ne peut pas véritablement comprendre quelle est la nécessité du Dharma et quelle est sa fonction.

Ce sont les quatre idées qui tournent l'esprit vers la religion. Nous sommes encouragés à les méditer, à réfléchir à leur signification et à la façon dont elles affectent notre vie. Il est présumé qu'une fois que nous avons tout à fait intériorisé ces pensées, notre esprit se détourne des préoccupations mondaines à court terme et s'oriente vers celles à long terme de la religion, ce qui nous fournit une base pour un engagement toujours plus profond dans la pratique du Dharma. Voici ces quatre pensées :

1)- Le précieux corps humain, qui donne une juste appréciation de la valeur unique de l'existence humaine. L'existence humaine est unique car les facultés physiques, verbales et mentales d'un être humain sont exceptionnelles et le nantissent de qualités uniques pour choisir et vivre une action constructive. La naissance humaine a de la valeur parce que l'Etat de Bouddha (existence illimitée dotée d'une valeur ultime) peur être apprécié et réalisé plus facilement par un être humain que par n'importe quel autre.

2)- L'impermanence nous confronte à l'imminence de la mort et au simple fait que nos espoirs de faire durer nos jouissances actuelles au-delà du moment présent sont sans fondement. Nous sommes exhortés à utiliser notre crainte de la mort comme motivation pour notre pratique du Dharma. La religion n'est pas présentée comme échappatoire à la mort, mais comme antidote aux expériences effrayantes qui, habituellement, précèdent, accompagnent et suivent la mort.

3)- La loi du Karma (l'action, la cause et les effets). selon la doctrine bouddhique du karma, une action est tout ce que l'on fait, dit ou pense. Une cause est l'émotion ou l'intention qui motive un acte. Un effet est une expérience qui provient d'un acte et de son intention. Les effets sont rarement vécus avant la vie suivante ou même beaucoup plus tard.

4)- La nature défectueuse du samsara nous conforte dans la condition croissante que la Libération est le seul but véritable. L'existence samsarique est dévalorisée systématiquement. On découvre que tous ses aspects sont emplis de souffrance et dépourvus de satisfaction durable. M^me le monde humain, exalté auparavant comme le plus richement pourvu, est présenté comme celui qui contient la plus grande variété de souffrances.


pratiques - Les 4 préliminaires Blank



La Précieuse Existence Humaine

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000002Nous possédons maintenant la précieuses existence humaine, caractérisée par huit libertés et dix qualifications. Il serait trop long d'examiner ici en détail ce que sont ces libertés et ces acquisitions. On peut, pour ce faire, se reporter à des ouvrages comme L'Océan de la certitude, le Flambeau de la certitude, la Voie progressive des trois types d'individus ou L'Ornement de la libération.

Déficiences du Monde Animal



Les possibilités d'existence se répartissent en six classes, dont quatre ne sont pas perceptibles par nos sens : les enfers, les esprits avides, les demi-dieux (asouras) et les dieux. Nous ne communiquons qu'avec les hommes et les animaux, encore que, parmi ces derniers, certaines espèces, restent invisibles, bien qu'évoluant dans le même environnement que les poissons, les tortues ou certains insectes. D'autres animaux sont plus proches de nous par leur morphologie, qu'ils soient sauvage comme les tigres, les léopards, les biches, etc. ou domestiques, comme les chiens, les chats, les vaches, les chevaux...

Les animaux ont ceci en commun qu'ils ne peuvent ni comprendre ce que nous leur disons ni exprimer ce qu'ils voudraient dire, si ce n'est à un degré très rudimentaire. Leur esprit est enveloppé d'une opacité qui les prive de ces facultés. Ils ne peuvent pas d'avantage développer la foi, la dévotion, la compassion ou la connaissance transcendante, qualités qui mènent vers les mondes supérieurs et vers la Libération. Si vous parlez de dévotion et de compassion à un animal, ce sont des notions qu'il ne peut saisir. Il est, par contre, inutile de lui enseigner la colère, l'agressivité ou le désir : ces défaut sont naturellement présents dans son esprit.

Les possibilités de développement spirituel des animaux sont quasiment nulles car ils ne peuvent accumuler du mérite par des actes physiques comme les prosternations ou l'offrande du mandala, ni par la parole en récitant des mantras ou des prières ; leur esprit ne peut pas non plus cultiver la foi ou la sagesse. Leur existence est affectée de limitations beaucoup pus grandes que celles des humains : non seulement il leur est très difficile de se protéger des dangers et des difficultés qu'ils rencontrent, mais ils n'ont pas la possibilité d'accomplir des actes vertueux qui leur assureraient le bonheur et le bien-être dans les vies futures. Le plus souvent, au contraire, ils tuent, ils volent, ils accomplissent de nombreux actes négatifs qui sont la cause de souffrances à venir. On peut, pour ces raisons, qualifier d'inférieure l'existence animale.

Comparée à la leur, notre situation est bien préférable. Nous possédons la capacité de comprendre ce qui nous est dit, d'exprimer ce que nous voulons et de discriminer entre ce qui est positif et négatif. Pourvu d'un bon support d'existence, nous faisons partie des mondes supérieurs.

Trois Catégories d'Humains



Encore faut-il apporter des nuances à cette vision générale de la condition humaine. Il est possible en effet de répartir les humains en trois catégories :

  • La première regroupe les hommes qui ne suivent aucune vois spirituelle et commettent sans cesse des actes négatifs. C'est une existence humaine funeste dans la mesure où elle conduira nécessairement à renaître dans des mondes où la souffrance est très grande.
  • La deuxième concerne ceux qui ne pratiquent pas non plus de voie spirituelle, mais n'accomplissent rien de très négatif ni rien de très positif. Leur existence est moyenne car elle conduira à renaître dans une condition moyenne, ni très heureuse ni très douloureuse.
  • La troisième catégorie s'applique à ceux qui connaissent le Dharma, ont rencontré des maîtres et suivent leurs enseignements. Dans ce cas, l'existence humaine est dite "précieuse".

Certaines matières comme l'or et le diamant sont regardés comme précieux parce qu'ils permettent, grâce à leur valeur marchande, d'acquérir tout ce que l'on veut. De la même manière, la vie humaine passée au service du bien et de la pratique spirituelle est précieuse non pas parce qu'elle engendre des possessions matérielles, mais parce qu'elle prépare des richesses beaucoup plus grandes : le bonheur et la libération.

A la valeur de cette existence s'ajoute sa rareté. On dit traditionnellement que les humains ordinaires sont aussi nombreux que les étoiles qui brillent la nuit dans le ciel, tandis que ceux qui possèdent la précieuse existence humaine ne sont pas plus fréquents que les étoiles du ciel diurne. Sans même nous référé à cette comparaison, il nous est facile de regarder autour de nous et de voir combien peu de gens sont engagés sur une voie spirituelle. Réfléchissons simplement à la ville où nous habitons et nous constaterons rapidement la rareté de ce type de personnes.

Ne pas Gaspiller



La précieuse existence humaine n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat de la pratique des actes positifs dans nos vies antérieures ainsi que d'une connexion s'étant déjà établie avec le Dharma. Nous possédons maintenant cette condition de vie extraordinaire ; il est nécessaire de prendre pleinement conscience de sa valeur pour lui donner tout son sens. C'est pourquoi il nous faut réfléchir aux libertés et aux qualifications qui la caractérisent, réfléchir aussi à la condition des autres êtres, les enfers, les esprits avides, les animaux, les demi-dieux et les dieux, afin de mieux saisir, par comparaison, le caractère exceptionnel de notre situation. Sachons bien que nous la gaspillons si nous ne l'utilisons par pour pratiquer le Dharma.

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pratiques - Les 4 préliminaires Empty Re: Les 4 préliminaires

Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:25


L'Impermanence

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000001Bien que précieuse, notre existence n'est pas éternelle ; elle est soumise à l'impermanence.

Un Flot Incessant



L'impermanence caractérise tous les phénomènes : autant l'univers que les êtres qui les peuplent. La succession des saisons nous en donne un exemple frappant : printemps, été, automne, hiver offrent l'incessant spectacle du changement. Plus courtes sont les durées que nous observons, moins l'impermanence est manifeste. Elle est pourtant présente d'instant en instant : l'année ne peut exister sans les douze mois qui la composent, les mois sans les jours, les jours sans les heures, les heures sans les minutes, les minutes sans les secondes, etc. Dans cette succession ininterrompue se déroule et s'épuise notre vie.

Lorsqu'elle arrivera à son terme, quelle qu'en soit la durée, si nous ne l'avons pas mise à profit, la précieuse existence humaine aura simplement disparu. Il n'en restera rien. si nous ne nous appliquons pas maintenant à la pratique du Dharma, il sera rapidement trop tard. L'occasion aura été perdue irrémédiablement.

La Fin d'un Rêve



D'un certain point de vue, les préoccupations temporelles ne sont pas totalement vaines : nous avons besoin de nous nourrir, de nous vêtir et de nous loger. Tout ceci requiert une activité. Il serait cependant indu d'accorder aux affaires de ce monde une importance trop grande. Nous aurons beau, au cours de cette vie, avoir accumulé les biens matériels les meilleurs, lorsque la mort viendra, nous ne pourrons rien n'emporter avec nous. Nous devrons tout laisser. Notre vie sera comme un beau rêve qui se termine : rien de ce qu'il contenait ne nous accompagne. Milarépa disait : "Par peur de la mort et de l'impermanence, j'ai fui dans les montagnes. J'y ai médité et j'ai atteint l'état qui transcende la mort et l'impermanence".

L'impermanence ne procède pas par à-coup mais s'inscrit dans la succession des instants. Prenons une personne âgée de soixante dix ans. Cette personne est vieille, mais cela ne signifie pas que cette vieillesse se soit produite à un moment déterminé. Le processus de sénescence s'est déroulé d'une manière ininterrompue tout au long de sa vie.

Ne Jamais Oublier



Lorsqu'on est pris par de nombreuses activités dans ce monde, soumis à de multiples sollicitations, il est essentiel de ne jamais perdre le souvenir de l'impermanence, de se rappeler que la mort ne saurait manquer de venir et qu'il faut profiter du temps qu'il nous reste. Si nous reprenons l'exemple de Milarépa, il connut au cours de sa vie des période où il souffrait d'un froid extrême, d'un cruel manque de nourriture ou de menaces pesant sur sa vie. Jamais il n'en fut découragé. Il pensait : "Que j'aie froid, que j'aie faim ou que je meure, tout ceci est secondaire. Ce qui importe c'est que maintenant, avant que l'impermanence m'emporte, je pratique la méditation"./:

Djikmé Lingpa ne Répare pas les Marches



L'histoire de Djikmé Lingpa illustre parfaitement le souci de l'essentiel. Il vivait en retraite dans une grotte à laquelle on accédait par des marches. Or, celles-ci, au fil des ans, s'étaient considérablement dégradées si bien que Djikmé Lingpa songeait parfois à les réparer. Chaque fois que cette pensée lui venait dans sa grotte, loin de la suivre, il se disait :
"Si j'entreprenais ces travaux maintenant et que la mort venait, j'aurais perdu mon temps. Il vaut mieux que je médite. quand, dehors, la même pensée se présentait encore à son esprit, il pensait : Et si la mort était proche ? Mieux vaut que je rentre méditer."// ce souvenir de l'impermanence lui a procuré suffisamment de diligence pour qu'il puisse obtenir la réalisation.

Soyons nous-mêmes convaincus de la possibilité de notre mort prochaine. Nous échapperons à coup sûr à l'attrait qu'exerce les distractions du monde extérieur et nous mettrons beaucoup d'énergie dans notre pratique.

Nous savons bien que la vieillesse, la maladie et la mort existent, mais nous pensons qu'elles viendront plus tard et que nous avons le temps. Nous ne pouvons nous empêcher d'accorder au monde et à nous-mêmes une certaine permanence. Lorsqu'on s'engage sur la voie du Dharma, on apprend au contraire à reconnaître que tout est impermanent.
pratiques - Les 4 préliminaires Blank

La Loi du Karma

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000003
Etymologie



Après avoir compris l'occasion exceptionnelle que nous donne la précieuse existence humaine et après avoir pris conscience de sa nature transitoire, il nous faut connaître les règles qui régissent son usage et donc d'étudier la loi infaillible du Karma. L'expression tibétaine qui la nomme, composée de trois mots (lé-gyou-dré/Smile, en comprend le principe :

  • lé signifie "acte", dans un sens élargi à toute notre personnalité : ce que nous faisons par notre corps, notre parole et notre esprit ;
  • gyou signifie "cause" : tous nos actes, positifs ou négatifs, laissent dans notre esprit une empreinte qui est la cause d'un évènement à venir ;
  • dré signifie "résultat" : procédant de la cause positive ou négative, les actes produisent un résultat correspondant sous la forme d'une situation heureuse ou douloureuse.
La loi du Karma signifie donc que nos actes sont des causes engendrant, selon leur nature, des résultats définis.

Négatif et Positif



Les actes sont dits négatifs quand leur résultat sera, pour leur auteur, souffrance dans l'avenir. Leur nature est décrite en détail dans différents textes, mais on les résume à dix :

  • Trois actes négatifs du corps :


  • ôter la vie,
  • prendre ce qui n'est pas donné,
  • avoir une conduite sexuelle incorrecte ;


  • Quatre actes négatifs de la parole :


  • le mensonge,
  • les paroles blessantes,
  • les propos créant la discorde,
  • les paroles oiseuses ;


  • Trois actes négatifs de l'esprit :


  • la convoitise,
  • la malveillance,
  • les vues erronées.
Inversement les actes sont dits positifs quand ils entraînent le bonheur à venir de leur auteur. Ils sont le contraire des dix actes négatifs : protéger la vie eu lieu de tuer, cultiver la bienveillance au lieu de la malveillance, etc.

Les actes négatifs conduisent d'une manière générale à renaître dans les mondes inférieurs, les esprits avides et les animaux. Les actes positifs produisent des renaissances dans les mondes supérieurs : les hommes, les demi-dieux et les dieux.

Le Présent Fruit du Passé



Si nos actes présents conditionnent nos vies à venir, nos actes passés conditionnent notre vie actuelle. Le fait que nous possédions une existence humaine est, par exemple, le résultat d'actes positifs passées. mais si nous sommes, au cours de cette vie, souvent malade et si nous sommes appelés à mourir jeune, nous pouvons en déduire que nous avons tué ou blessé.

La variété des destins humains est extrêmement grandes : certains ont une vie courte, d'autres une vie longue ; certains jouissent d'une bonne santé, d'autres souffrent d'une complexion maladive ; certains sont riches, d'autres pauvres. La plupart des gens ne voient pas d'explication à cette diversité. "C'est ainsi", pensent'ils simplement. En réalité, le hasard n'y est pour rien : la disparité des destins est due à la disparité des karmas. De nombreuses histoires ont pour but de l'illustrer.

L'Ombre Bienveillante



Il y avait autrefois dans le même pays deux personnes dont les pensées étaient tout à fait opposées : la première était sans cesse tourmentée par l'idée de tuer, de voler, de s'emparer des possessions des autres ; son rêve était notamment de tuer le roi du pays et de prendre sa place. La seconde ne pensait qu'au bien d'autrui et songeait parfois : "Si je gouvernais, je mettrais tout en oeuvre pour le bonheur du peuple."

Alors que le premier de nos deux hommes marchait un jour sur le bord d'un chemin, il glissa. A ce moment précis une charrette passait par là : une roue lui roula sur le cou et lui coupa la tête.
Pendant ce temps, l'autre s'était endormi à l'ombre d'un arbre. Or, il se trouvait qu'à ce moment là des habitants d'un certain pays cherchaient quelqu'un pour les gouverner ; il leur fallait un homme doté d'un très grand karma positif. Lorsqu'il passèrent près de l'homme assoupi, les heures s'étaient écoulées et l'ombre des arbres avait tournée... sauf celle de l'arbre sous lequel il sommeillait. les visiteur ont compris qu'un tel prodige ne pouvait être le signe que d'un excellent karma. Ils ont fait de l'homme le chef de leur pays et, grâce à son gouvernement, le peuple entier vécut dans la prospérité.

Les Epis d'Or



A l'époque du Bouddha, vivait en Inde un couple âgé qui avait passé toute sa vie à travailler. L'homme et la femme avaient beaucoup de foi dans le Bouddha ainsi qu'une grande confiance dans le Dharma, mais le temps leur avait manqué pour le pratiquer.

Se voyant bien vieux, ils se dirent : "Nous n'avons guère pu nous consacrer au Dharma ; il faudrait, avant de mourir, que nous accomplissions un acte qui nous permette d'accumuler beaucoup de mérite." Comme ils n'étaient pas bien riches, ils n'avaient pas grand chose à offrir. après avoir bien réfléchi à ce qu'ils pouvaient faire, ils décidèrent d'inviter pour un repas Sharipoutra, l'un des plus grands disciples du Bouddha et de lui faire des offrandes.

Ainsi firent-ils. Cet acte tout simple provoqua un grand changement dans leur vie. Ils possédaient en effet un petit champ ; or, ne voilà-t-il pas que désormais le riz qu'ils cultivaient donnait des épis d'or !

La nouvelle de ce prodige se répandit rapidement et ne tarda pas à venir aux oreilles du roi. Celui-ci, quelque peu incrédule, fit procéder à une vérification : oui, c'était bien de l'or. Ebloui par un tel trésor, le roi ne put résister à la tentation de s'en emparer. Il décréta qu'il donnerait ses propres champs au vieux couple et qu'en échange le champ en épis d'or lui reviendrait. Force était de lui obéir. Malheureusement pour lui, si le champ lui appartenait désormais, le mérite restait celui des vieillards, si bien qu'à peine l'échange effectué, le petit champ se mit à redonner des épis ordinaires tandis que les nouvelles propriétés du couple produisirent de l'or à leur tour. Dépité, le roi décida un nouvel échange en sens inverse. L'or regagna aussitôt ses premiers épis. sept fois de suite, le roi ordonna l'échange, sept fois de suite l'or se rangea du côté des vieillards. Le roi dut admettre qu'il ne pouvait en être le propriétaire. seul le karma positif des deux vieillards produisait de l'or sur les épis, faute de quoi on ne pouvait récolter que du riz.

Le Bouddha a énoncé 84.000 types d'enseignements. Leur fondement est la loi du karma. Il est indispensable de la comprendre, d'admettre sa validité et de mettre tout en oeuvre pour abandonner les actes négatifs et pratiquer les actes positifs.
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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:25

La Nature Douloureuse du Samsara

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000004Bien comprendre le karma et se servir de cette compréhension pour se détourner du samsara implique que l'on perçoive comment il engendre les souffrances des six classes d'êtres. La quatrième réflexion préliminaire nous conduit à prendre conscience de ces souffrances, à nous imprégner à l'idée que le samsara est défectueux par nature, car il n'échappe jamais au jeu de la souffrance.

Souffrances des Mondes Inférieurs



Les enfers constituent le monde le plus douloureux qui existe. On décrit traditionnellement dix huit sorte d'enfers, huit grands enfers brûlants, huit grands enfers glacés, les enfers périphériques et les enfers occasionnels, qui se distinguent par la variété et l'intensité des tourments éprouvés. Karmiquement, les enfers son principalement provoqués par la haine et la colère ainsi que par l'acte de tuer. de nombreuses autres causes peuvent cependant aussi les engendrer.

Les esprits avides, deuxième des six mondes, sont affligés d'un très grand nombre de souffrances dont la principale est d'être continuellement tourmentés par une faim et une soif insatiables. Le vol et la possessivité sont les causes qui conduisent à y renaître.

Les animaux se répartissent en animaux visibles et animaux invisibles, comme les nagas. La renaissance dans le monde animal est induit par l'aveuglement, plus particulièrement par l'absence de perspectives spirituelle et le refus de la validité de la loi du karma. Enfers, esprits avides et animaux constituent les trois mondes inférieurs.

Souffrances des Mondes Supérieurs



Les hommes forment le premier des trois mondes supérieurs. Les souffrances, pour être moins intenses, n'en sont pas moins présentes. On en compte quatre principales : la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort. Celles-ci sont cependant accompagnées d'une nombreuse suite, notamment, les souffrances de ne pas obtenir ce que l'on veut, d'être dépossédé de ce que l'on possède, d'être séparé de ceux qu'on aime et d'être associé à ceux qu'on aime pas. Les textes répertorient et décrivent en détail toutes les difficultés que rencontrent les humains, mais notre propre expérience suffit à nous en donner une idée vivante et précise.

Quant aux demi-dieux et aux dieux, ils souffrent pour les premiers de querelles et de conflits continuels et, pour les seconds, de la chute et de la transmigration.

Si nous ne tirons pas maintenant profit de notre précieuse existence humaine, il nous sera impossible de progresser vers les mondes supérieurs et vers la libération. Nous resterons inéluctablement prisonniers du samsara. Nous en prendrons conscience en connaissant les souffrances des différentes classes d'êtres et plus encore en observant les nôtres et celles des personnes qui nous entourent. Voyant que, dans le samsara, personne n'échappe à la souffrance, nous nous tournerons vers le Dharma avec beaucoup d'énergie.

La Souris et la Turquoise



Langri Tangpa, un très grand Lama du Tibet, pensait continuellement aux souffrances des êtres prisonniers du samsara si bien que personne ne l'avait jamais vu rire, ni même sourire. Il avait gagné le surnom de "Langri Tangpa grise mine". Au cours d'un rituel, il procédait à une offrande de mandala est il avait posé devant lui la base sur laquelle était placée, au milieu des grains de riz, une grosse turquoise. Une souris vint à passer par là et, plutôt que de choisir le riz, voulut emporter la turquoise. Mais la turquoise était grosse, la souris était petite, si bien qu'elle ne parvenait pas à ses fins. Après diverses tentatives, elle poussa un cri perçant ; aussitôt, une autre petite souris vint à la rescousse. La première souris se mit à pousser, la seconde à tirer, de sorte qu'elles réussirent à dérober la pierre bleue. Langri Tangpa fut si amusé par ce spectacle qu'il éclata de rire. Un disciple qui ne se trouvait pas loin n'en crut pas ses oreilles : son maître avait ri, lui qu'on avait jamais entendu rire de sa vie ! Qu'est-ce qui avait provoqué un événement si extraordinaire ? Il ne put se retenir d'aller le demander à Langri Tangpa. Deux petites souris ce sont associées pour emporter une grosse turquoise, répondit celui-ci. C'était si drôle !

Trois Erreurs



En tant qu'êtres ordinaires, nous commettons trois erreurs fondamentales sur le monde :

  • nous prenons pour permanent ce qui est impermanent ;
  • nous prenons pour bonheur ce qui est souffrance ;
  • nous prenons pour réel ce qui est irréel, tous les phénomènes n'étant qu'une projection de l'esprit, dénués de réalité en eux-mêmes.
Ces trois erreurs, nous empêchent de nous détourner du samsara. Se pénétrer des quatre réflexions que nous venons d'aborder nous permet au contraire de comprendre son caractère vain et de nous tourner vers la Libération.

Une Nécessaire Imprégnation



On pense parfois qu'il suffit de prendre connaissance de ces quatre idées, d'entendre les Lamas en parler ou de lire leur exposé dans les livres. Mais il est nécessaire d'aller plus loin : il faut méditer sur elles, y réfléchir, s'en pénétrer. Prenons l'exemple de la précieuse existence humaine : il est nécessaire de comprendre quels facteurs la caractérisent, comment ces facteurs s'appliquent à nous, comment nous échappons à des conditions d'existence défavorables... Nous devons appliquer de la même manière notre réflexion personnelle aux quatre idées. En nous imprégnant des quatre préliminaires communs nous construisons le fondement qui fournira une assise solide à notre pratique et nous empêchera d'être empotés par la paresse et la nonchalance.


http://pagesperso-orange.fr/bouddhisme-tibetain/
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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:30

Enseignement de Son Eminence Kalou Rinpotché


Après avoir intériorisé les quatre préliminaires communs, quatre réflexions communes à toutes les écoles du bouddhisme dont la fonction est de convaincre qu'il n'est pas d'autre solution ni autre urgence que la pratique du Dharma. Les préliminaires spécifiques supposent que les quatre préliminaires communs ont été assimilés. Ils visent à une réorganisation profonde de notre personnalité : en la plaçant dans la perspective de la foi, en purifiant notre inconscient des obstructions karmiques, en l'enrichissant de potentialités positives et, enfin, en l'ouvrant à la force de l'Esprit Eveillé du Maître.

Lorsqu'on veut s'engager profondément sur la voie du Vajrayana, on accomplit cent mille fois chacun des préliminaires spécifiques :

  • cent mille récitations de la prise de Refuge accompagnées de cent mille prosternations ;
  • cent mille récitations du mantra de Vajrasattva (tib. Dordjé Sempa) :
  • cent mile Offrandes du Mandala ;
  • cent mille récitation de la prière du Gourou Yoga.
On parle donc des quatre cent mille ou des cinq cent mille selon qu'on réunit ou qu'on sépare la prise de refuge et les prosternations.

Bien que Kalou Rinpotché expose ici ces différentes pratiques, il est évident qu'on ne saurait les aborder sans recevoir au moins des instructions directes d'un Lama, aux mieux une initiation pour la pratique de Dordjé Sempa.


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Prise de Refuge et Bodhichitta

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000002Nous avons précédemment examiné les "quatre préliminaires communs" qui conduisent à se détourner du samsara. Les préliminaires spécifiques sont une avancée plus profonde dans la pratique.

Les Trois Joyaux



Le samsara véhicule un flot incessant de souffrances, de difficultés, d'angoisses et de peurs. Nos ressources propres, extérieures et intérieures, se révèlent tout à fait insuffisantes pour nous protéger. Les lieux de refuge, les Trois Joyaux (Bouddha, Dharma, Sangha) et les Trois Racines (Lamas, Yidams, Protecteurs) peuvent seuls nous accorder une protection réelle.

Le Bouddha



Bien que notre esprit soit fondamentalement vacuité, clarté et intelligence sans obstruction, ces qualité pures sont recouvertes par des voiles qui les empêchent de s'exprimer. Le soleil brille constamment, mais, tant que les nuages ou le brouillard encombrent le ciel, sa splendeur et sa lumière son entravées. De la même manière, la pureté fondamentale de l'esprit, bien que présente depuis toujours, est obstruée par les voiles. Lorsque se dissipent les nuages et le brouillard, la clarté du soleil de révèle spontanément car elle était déjà là. Le processus est identique pour l'esprit : quand il est totalement purifié (tib. Sang), ces qualités s'épanouissent (tib. gyé) d'elles-mêmes. On l'appelle dès lors "Bouddha" (tib. Sangyé).

Bien que les qualités propres à un Bouddha soient innombrables, on en définit néanmoins un certain nombre pour son corps, sa parole et son esprit :

  • 112 pour le corps, regroupant les 30 marques majeures et les 80 signes mineurs ;
  • 60 pour la parole ;
  • 32 pour l'esprit.
Le Bouddha Shakyamouni, qui vécut autrefois en Inde, était paré de toutes ces qualités. Son existence terrestre n'eut qu'une durée limitée, mais l'impermanence d'un Bouddha est différente de celle d'un être ordinaire. Lorsqu'un Bouddha décède, il cesse d'être visible pour un certain nombre de personnes, mais son activité pour le bien des êtres se poursuit dans des champs purs et dans d'autres mondes.

Bien qu'un Bouddha, en raison de sa compassion infinie, puisse secourir tous les êtres, il ne peut le faire sans une réponse de leur part. Il faut que ceux-ci soient animés de foi et de confiance à son égard. On compare la compassion d'un Bouddha à un crochet ; pour qu'il puisse se révéler utile, il est nécessaire qu'il rencontre l'anneau de la foi des disciples.

Le Dharma



Le Dharma, expression de la compassion du Bouddha, représente le principal moyen qu'il met en oeuvre pour aider les êtres. Le Dharma constitue donc le deuxième des Trois Joyaux.

La Sangha



Ceux qui enseignent le Dharma, qui transmettent l'enseignement du Bouddha, forment la Sangha. Celle-ci est double : on parle de "Sangha supérieure" pour ceux des membres qui ont atteint la libération et de "Sangha ordinaire" pour les autres. Au Bouddha et au Dharma s'ajoute ainsi la Sangha comme troisième joyau.

Les Trois Racines



Tous ceux qui suivent la voie du Bouddha, quelle que soit l'école à laquelle ils se rattachent, prennent refuge en les Trois Joyaux ; le Bouddha, le Dharma et la Sangha. Toutefois, pour ceux qui sont porteurs d'un karma particulier, le Bouddha à enseigné la voie rapide du Vajrayana. Cette voie repose principalement sur la pratique des Yidams, émanations du Bouddha, pratique engendrant les accomplissements. Afin de pouvoir accomplir la méditation des Yidams, il est cependant nécessaire de recevoir en premier lieu la transmission de l'énergie spirituelle,la grâce, qui leur est liée. Cette transmission est effectuée par le biais d'une initiation, conférée par le Lama. Les Yidams sont donc, sur cette voie, le "racine" des accomplissements et les Lamas la "racine" de la grâce.

La grâce et la puissance des Lamas et des Yidams sont suffisantes pour que l'adepte du Vajrayana obtienne la libération en l'espace d'une seule vie. Des obstacles et des interférences risquent cependant d'empêcher ou de freiner sa progression. Les Dakas, les Dakinis et les divinités protectrices ont pour fonction de les écarter.

Aux Trois Joyaux, le Vajrayana ajoute ainsi trois autres lieux de refuge, les Trois Racines :

  • les Lamas, racine de la grâce,
  • les Yidams, racine des accomplissements,
  • les Dakas, Dakinis et Protecteurs, racine de l'activité.

La confiance et la foi sont la base de la prise de refuge dans les Trois Joyaux et les Trois Racines. C'est pourquoi nous l'accomplissons et effectuant des prosternations ou bien en récitant la prière du refuge. Nous allons maintenant voir comment s'effectue la prise de refuge dans le cadre de l'école Karma Kagyu lors des préliminaires spécifiques.

L'Arbre du Refuge



Nous imaginons, en premier lieu, que nous nous trouvons dans une plaine vaste et belle, agrémentée de fleurs et d'arbres. Face à nous s'étend un lac limpide, pur et frais, au milieu duquel pousse un arbre immense et magnifique dont le tronc se divise en cinq branches principales sur lesquelles se tiennent les différents aspects du refuge :

  • sur la branche centrale les Lamas,
  • sur la branche avant les Yidams,
  • sur la branche droite les Bouddhas,
  • sur la branche arrière le Dharma représenté par des textes,
  • sur la branche gauche la Sangha supérieure.
Quant aux divinités protectrices, elles se tiennent sur un nuage légèrement en avant de l'arbre.

Visualisation du Lama



Au milieu de la branche centrale, nous imaginons un trône porté par huit lions, paré de brocarts. sur ce trône sont posés l'un sur l'autre une immense fleur de lotus, un disque de soleil et un disque de lune. sur le siège ainsi composé est assis Vajradhara (tib. Dordjé Tchang) dont l'essence est notre propre Lama racine. Il est entouré d'une multitude de Lamas ; plus particulièrement, disposés en étage au-dessus de sa tête, nous visualisons notre Lama racine sous sa forme ordinaire, puis les principaux Lamas de la lignée, jusqu'à Marpa, Naropa, Tilopa et finalement, de nouveau Dordjé Tchang, représentant cette fois-ci l'origine de la lignée.

Nous ne pensons pas à ces Lamas en termes de réalité matérielle : leur corps rendu apparent par la visualisation est l'union de la manifestation et de la vacuité, semblable à un arc-en-ciel. Penser autrement présenterait l'inconvénient de faire peser ceux qui sont au-dessous sur ceux qui sont au-dessus ! On cite souvent l'exemple d'un méditant tibétain qui se faisait une idée très matérielle du Lama visualisé au-dessus de sa tête ; comme il était chauve, il avait toujours peur que le Lama glisse et tombe par terre... Il finit par porter un chapeau !

Dans le ciel autour de l'arbre sont présent des Lamas des autres lignées, Nyingmapa, Sakyapa, Guéloukpa, ainsi que des autres écoles Kagyupas. Tout en sachant que nous appartenons à l'école Karma Kagyupa, nous exprimons ainsi notre confiance dans toutes les lignées, sans aucun sectarisme.

Au Nom de Tous



Nous tenant sur la rive du lac, nous pensons qu'à notre droite se trouve notre père de cette vie accompagné de tous nos pères de nos vies passées, à notre gauche notre mère de cette vie accompagnée de toutes nos mères de nos vies passées. Nous imaginons par ailleurs que, devant nous, sont présents nos ennemis et derrière nous des esprits faisant obstacle à notre pratique. Lorsque nous prenons refuge, nous le faisons au nom de tous et en même temps que tous.

La place accordée à notre père et à notre mère de cette vie s'explique par la dette de reconnaissance spéciale que nous avons à leur égard. Souvenons-nous que notre mère nous a gardé neuf mois dans son ventre, supportant toutes les difficultés de la grossesse. Puis, jusqu'à ce que nous puissions nous débrouiller seul, nos parents nous ont nourris, lavés, vêtus, fourni tout ce qui nous était nécessaire. Nous leur avons aussi, grâce à la précieuse existence humaine obtenue par leur intermédiaire, d'avoir la possibilité d'avancer sur le chemin de la libération.

Pourquoi, par ailleurs, penser que devant nous se tiennent nos ennemis et derrière nous les créateurs d'obstacles ? Ceux qui cherchent maintenant à nous nuire ont été, dans nos vies passées, un très grand nombre de fois, notre père et notre mère ; ils se sont alors occupés de nous avec autant de soin que nos parents de cette vie. Leur malveillance actuelle à notre encontre tient d'une part à un karma passé qui nous lie à eux et, d'autre part, au voile de l'ignorance qui recouvre leur esprit. D'une certaine manière, la père et la mère ne reconnaissent pas leur enfant. Ils méritent un amour particulier dans la mesure où ils accumulent par leur action un mauvais karma qui les conduira à de grandes souffrances.

Une Attitude Complète et Constante



La prise de refuge, dans les pratiques préliminaires, implique la participation de toute notre personne : l'esprit engendre la foi et la dévotion en pensant aux qualités des lieux de refuge ainsi qu'à leur pouvoir de nous libérer, tandis que le corps accomplit des prosternations et que la parole récite la formule de refuge, comprenant six vers correspondant aux six lieu de refuge, les Trois Joyaux et les Trois Racines.

Lorsque nous faisons les prosternations, le plus important est de garder en notre esprit le sentiment de dévotion et de respect. de temps en temps nous imaginons aussi que les Trois Joyaux et les Trois Racines émettent des lumières très vives qui viennent nous toucher, nous purifient de nos fautes et de nos voiles et nous confèrent leur grâce, que nous recevons avec beaucoup de joie.

En dehors des périodes de méditation, quand nous sommes assis, nous pensons que les lieux de refuge sont au-dessus de notre tête ; quand nous sommes allongés, nous pensons qu'ils sont sur l'oreiller, au-dessus de nous ; quand nous mangeons, nous les imaginons dans notre gorge et nous leur offrons tout ce que nous mangeons. Au moment de nous endormir, le plus simple consiste à penser que tous les aspects du refuge sont réunis dans le Lama et que celui-ci, très lumineux, se tient dans notre coeur.

Engendrer la Bodhichitta



Après les prosternations, nous nous asseyons, nous joignons les mains et nous récitons la formule par laquelle nous prenons les voeux de Bodhisattva. Pour ce faire, nous pensons que de la même manière que les Bouddhas du passé ont engendré la Bodhichitta puis l'on mise en pratique jusqu'à l'Eveil, de la même manière nous engendrons maintenant la Bodhichitta et nous nous engageons de la mettre en pratique jusqu'à l'Eveil.

Après la récitation des voeux de Bodhisattva, nous pensons que les lieux de refuge se réjouissent
extrêmement de notre attitude, puis, qu'ils se fondent en lumière et que cette lumière est absorbée en nous. Considérant que notre corps, notre parole et notre esprit ne font plus qu'un avec les leurs, nous demeurons ensuite aussi longtemps que nous le pouvons dans l'état naturel de l'esprit.

Sens de la Souffrance et du Bonheur



Dans la perspective du refuge, nous devons apprendre à placer nos souffrances comme nos bonheurs sous le regard des Trois Joyaux et des Trois Racines. Lorsque nous souffrons ou que nous sommes malades, ne pensons pas que c'est en contradiction avec la protection que nous accordent les lieux de refuge. Pensons au contraire que c'est grâce à eux que nous rencontrons ces difficultés maintenant. Elles sont en effet le résultat d'un mauvais karma passé et il est bien préférable que celui-ci mûrisse dans cette vie plutôt qu'il ne s'exprime dans une condition d'existence beaucoup plus douloureuse après cette vie. C'est pourquoi, nous considérons ces souffrances comme un don de la grâce et de la compassion des Trois Joyaux et des Trois Racines.

Lorsqu'au contraire nous sommes heureux, que nos projets réussissent et que nous obtenons ce que nous souhaitons, n'en tirons ni orgueil ni vanité, mais pensons simplement qu'il s'agit encore de la grâce des lieux de refuge ; remercions-les, en souhaitant que cette situation puisse durer.

Les Quatre Degrés du Refuge



La motion de refuge peut être envisagée à différents niveaux de profondeur :

  • extérieur : les Trois Joyaux,
  • intérieur : les Trois Racines,
  • secret : les trois corps de l'Eveil,
  • très secret ou ultime : l'essence de notre esprit.

Fin de Session



Lorsqu'on a terminé la session, après la période d'absorption méditative, on en dédie le mérite au bien de tous les êtres.
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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:31

Pratique de Vajrasattva (Dordjé Sempa)

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000001Le second préliminaire spécifique consiste en la pratique purificatrice de Vajrasattva (tib. Dordjé Sempa). La pureté fondamentale de notre esprit est entravée par les voiles et les fautes. Les voiles se réfèrent ici à ce qui nous empêche de reconnaître la véritable nature de notre esprit ; les fautes désignent le karma négatif dont nous subissons les conséquences douloureuses, comme si nous nous frappions nous-mêmes.

Les Quatre Voiles



L'ensemble des dérèglements qui affectent notre esprit est décrit dans la notion des quatre voiles :

  • Le simple fait de ne pas reconnaître la nature de notre esprit, de ne pas reconnaître qu'il est Bouddha constitue le voile de l'ignorance.
  • sur cette absence de reconnaissance se greffe la notion d'un "moi" qui engendre à son tour celle d'un "autre". Notre esprit est dès lors conditionné à fonctionner en mode duel, ce qui forme le voile des conditionnements latents.
  • Entre les pôles "moi" et "autre" se développent les 84.000 émotions conflictuelles dont les principales sont les désir-attachement, la haine-aversion, l'aveuglement, la jalousie, etc., ce qui représente le voile des émotions conflictuelles.
  • Enfin, sous l'influence des émotions conflictuelles, nous accomplissons des actes négatifs, des "fautes", qui créent le voile du Karma.

Etant donné que le voile des émotions conflictuelles et celui du karma engendre directement nos souffrances, on les regroupe quelquefois sous l'appellation unique de "mauvais voile".

S'il fallait donner une forme aux voiles et aux fautes dont est chargé notre esprit, l'univers entier ne suffirait pas à les contenir. L'état de Bouddha implique que nous en soyons totalement débarrassés. C'est la fonction de la pratique de Vajrasattva, qui, dans le Vajrayana, s'applique spécifiquement à la purification.

Les Voiles Immatériels mais Effectifs



La description des voiles recouvrant l'esprit laisse certaines personnes dubitatives dans la mesure où, les voiles étant immatériels, leur réalité n'apparaît pas de manière évidente. Il est vrai que les voiles sont sans forme, tout comme l'esprit lui-même, à l'intérieur duquel il se constituent, sans que cela nie son existence. d'autres admettent bien que les voiles existent mais tirent argument de leur immatérialité pour avancer qu'on ne peut les dissiper,qu'on ne peut rien faire qui les atteigne.

En fait, tout ce qui se rapporte à l'esprit est dépourvu de forme, mais cela n'implique pas une absence d'existence ni une impossibilité de modification.

Une personne qui aura accompli de longues études aura accumulé de nombreuses connaissances. Où sont ces connaissances ? d'une certaine manière nulle part. Si elles avaient une forme, la France entière ne suffirait peut-être pas à les contenir. Bien que ces connaissances soient immatérielles, elles restent à notre disposition et nous pouvons nous en servir lorsque nous en avons besoin. Prenons encore l'exemple des pensées qui traversent l'esprit d'une seule personne du matin jusqu'au soir. S'il fallait les matérialiser, nous aurions besoin d'un espace immense pour les entreposer. Mais les pensées sont immatérielles. Fort heureusement : quel fardeau nous porterions autrement sur nos épaules !

Notre esprit n'a donc pas de forme, pas plus que les pensées ni le karma qui y est inscrit. Cependant, tant que nous n'avons pas réalisé la vacuité ultime, les pensées et le karma continuent de produire des effets bénéfiques ou néfastes à partir de l'esprit où ils sont emmagasinés. supposons qu'une personne conçoive, en ce mois de septembre, le projet de se rendre en Inde au mois de septembre de l'année prochaine. Ce projet n'est qu'une pensée et, en tant que telle, n'a aucune réalité matérielle. Cependant sa force invisible est suffisante pour que la personne mette en oeuvre les moyens qui lui permettront de transformer la pensée en réalité. Son voyage en Inde au mois de septembre de l'année prochaine sera un résultat matériel de la pensée immatérielle conçue en septembre de cette année.

Pratique de Vajrasattva



Lorsque, dans le but de nous purifier des fautes et des voiles, nous faisons la pratique de Vajrasattva, nous imaginons que celui-ci se trouve au-dessus de notre tête, assis sur un lotus et un disque de lune. Son corps est blanc, il tient dans sa main droite, placée devant son coeur, un vajra d'or (tib. dordjé) et dans sa main gauche, posée sur l'aine, un cloche d'argent. Il est paré des soieries et des bijoux propres au corps de gloire. Nous pensons qu'il est indifférencié de notre Lama racine. Dans son coeur brille la syllabe Houng blanche, entourée du mantra de cent syllabes.

Pour renforcer dans notre esprit la conviction que Vajrasattva est véritablement présent au-dessus de notre tête, nous pensons que son coeur émet un rayon lumineux qui s'élève dans l'espace afin d'inviter le "Vajrasattva de sagesse" à se fondre dans le Vajrasattva visualisé par nous. Nous imaginons que cette fusion s'opère et rend effective la présence réelle de la divinité.

Dans la phase suivante de la méditation, en même temps que nous récitons le mantra, nous visualisation que du coeur de Vajrasattva s'écoule un nectar lumineux et blanc qui entre en nous par le sommet de la tête et remplit notre corps. Ce nectar a pour effet de nous nettoyer des fautes, des voiles et des causes de maladies, que nous imaginons s'échapper de notre corps sous la forme d'un liquide épais et noir sortant par tous les pores de notre peau.

A la fin de la méditation, nous pensons que nous sommes entièrement purifié et que notre corps est devenu de la nature de la lumière. Nous pouvons alors réciter le mantra en pensant que notre corps est comme une enveloppe de cristal emplie de lait ou comme un arc-en-ciel.

Les Facteurs de la Purification



Par la grâce et la compassion de Vajrasattva, par la visualisation de son corps et la récitation de son mantra, ainsi que par notre propre dévotion et aspiration, la purification est rendue effective. La réunion de l'ensemble de ces facteurs est nécessaire tout comme il faut la réunion de plusieurs éléments pour laver un vêtement sale : de l'eau, du savon, des mains pour frotter et la volonté de la faire.

Dans ce processus de purification, c'est l'esprit qui est à l'oeuvre, tout comme c'est l'esprit qui avait accumulé les fautes et les voiles.

Le mantra de Vajrasattva possède une force qui lui est propre de sorte que si nous le récitons distraits il s'en dégage quand même un certain bienfait. Mais cet effet bénéfique ne saurait être que réduit. si nous récitons sans distraction, en revanche, la force de notre méditation s'ajoute à la puissance du mantra ainsi qu'à la grâce de la divinité de sorte que nous en retirons le plus grand bien possible. Pour pouvoir nous investir pleinement dans la méditation, nous devons être convaincu de la réalité de la grâce que dégage Vajrasattva et son mantra. Il nous faut donc développer confiance et dévotion.

Fin de Session



A la fin de la session, nous pensons que Vajrasattva, heureux de notre purification, nous sourit et nous dit : "Fils de noble famille, tu es désormais purifié de tout acte nuisible, de toute faute et de toute transgression." Après quoi, le corps de la divinité au-dessus de nous se résorbe en lumière qui vient se fondre dans notre coeur. Pensant que notre corps, notre parole et notre esprit sont désormais indifférenciés du corps, de la parole et de l'esprit de Vajrasattva, nous demeurons un moment en méditation silencieuse.

Nous concluons la session par la dédicace et les souhaits auspicieux.
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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:31

L'Offrande du Mandala de l'Univers

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000003Après la pratique de Vajrasattva, vient l'offrande du mandala, troisième préliminaire spécifique.

La visualisation de base se révélera ici d'autant plus facile que nous nous serons appliqués correctement à la prise de refuge. Nous retrouvons en effet dans l'offrande du mandala les Trois Joyaux et les Trois racines, avec la différence qu'au lieu d'être disposés sur les branches d'un arbre s'élevant au milieu d'un lac, il sont cette fois-ci, face à nous dans l'espace, à l'intérieur d'un "palais inévaluable", c'est-à-dire une demeure parfait dans ses proportions et composée des matériaux les plus précieux. En leur présence et à leur intention va être faite l'offrande du mandala.

Dans la pratique de Vajrasattva, nous débarrassions notre esprit de toutes les négativités qui l'encombrent et l'altèrent ; l'offrande du mandala nous permet maintenant de l'enrichir en procédant, grâce à l'offrande, à l'accumulation de mérite.

Nous offrons, en effet, l'univers entier, doté d'une structure bien précise : une montagne axiale entourée de quatre continents, chacun flanqué de deux sous-continents.

La Structure de l'Univers



Il n'est pas possible de décrire l'univers en des termes qui seraient valables pour tous. L'univers n'est pas, en effet, une réalité absolue, mais une projection de l'esprit des êtres, dont la forme et la perception sont conditionnées par leur karma. Certains êtres verrons ainsi l'univers comme un structure carrée, d'autres circulaires, d'autres linéaire, etc..., sans qu'il soit possible d'affirmer que la vision des uns serait juste et celle des autres fausse, comme l'a expliqué le Bouddha.

Cependant, il est dit que parmi le nombre infini de visions possibles d'un univers, la plus harmonieuse, la plus belle, est celle dans laquelle il est perçu comme reposant sur un fondement d'or, organisé autour d'une montagne axiale de forme pyramidale inversée, le Mont Mérou, entourée de quatre continents, chacun pourvu d'une forme géométrique propre, séparés par des océans, l'ensemble étant délimité par un cercle de hautes montagnes.

Notre karma est suffisamment positif pour que maintenant nous puissions, si ce n'est voir, du moins imaginer l'univers sous cet aspect parfait et l'offrir mentalement. C'est pourquoi la liturgie des pratiques préliminaires le décrit ainsi.

Une Offrande Infinie



Notre esprit est à la fois vide et pourvu d'une dynamique que rien ne limite, ce qui nous procure la faculté d'imaginer l'univers de la forme que nous voulons, de la taille que nous voulons et multiplié autant de fois que nous le voulons. De la même manière que la colère ou le désir peuvent donner lieu à des pensées d'une infinie variété, de cette même manière notre esprit possède la possibilité de créer un nombre infini d'univers et d'en faire offrande au Lama et aux Trois Joyaux. Nous les offrons aux Trois Joyaux et aux Trois Racines avec toutes leurs beautés, toutes leurs splendeurs, tout ce qu'ils recèlent de précieux. Nous pouvons ainsi penser que nous offrons notre corps, notre parole et notre esprit, ainsi que des objets que nous possédons réellement : des fleurs, des bijoux, tout ce qui nous paraît beau. En dehors même des sessions de pratique, chaque fois que nous voyons quelque chose qui nous touche par sa beauté : un paysage, un édifice, un monument, une fleur, etc..., nous l'offrons aussi en pensée.

Trois Sortes et Quatre Degrés



Les offrandes peuvent être de trois sortes :

  • les offrandes matérielles comme, par exemple, les bols d'eau, les lumières et les fleurs que nous plaçons sur l'autel ;
  • les offrandes en esprit, c'est-à-dire, principalement l'univers que nous imaginons ;
  • les offrandes de "ce qui existe primordialement", autrement dit ce qui n'a pas été fabriqué par les hommes : les montagnes, les cours d'eau, la mer, les forêts, les paysages ...
Toutes ces offrandes sont égales du point de vue du mérite qu'elles permettent d'accumuler.

Diverse dans la nature de ce qu'elle contient, l'offrande du mandala peut aussi être diverse selon les degrés où elle est envisagée : mandala extérieur, mandale intérieur, mandala secret, mandala de quiddité.

  • Le mandala extérieur est constitué de l'univers tel que nous venons de le décrire, avec la montagne axiale, les quatre continents, etc.
  • Le mandala intérieur se réfère à l'offrande de notre corps, dont les différentes parties représentent symboliquement l'univers : le tronc la montagne axiale, les quatre membres les quatre continents, les deux yeux, le soleil et la lune, etc. Cette visualisation est notamment utilisée dans la pratique de Tcheu.
  • Le mandala secret pourra être compris à partir d'un exemple : la nuit, lorsqu'aucun nuage n'altère la limpidité du ciel, une multitude d'étoiles scintille dans le ciel. De la même manière, s'élèvent dans notre esprit de multiples pensées qui en sont le scintillement. Lorsqu'on le reconnaît, on en fait offrande : c'est la mandala secret.
  • Le mandala de quiddité consiste à offrir sa propre réalisation de la nature ultime de l'esprit, sans altération ni contrainte.

Fin de Session



Lorsque nous terminons une session d'offrande du mandala, nous pensons que, grâce à notre pratique, notre accumulation de mérite est achevée, ainsi que celles de tous les êtres. Nous imaginons que le Lama et les trois Joyaux sont satisfaits, qu'ils se résorbent en une lumière se fondant en nous et que notre corps, notre parole et notre esprit ne font plus qu'un avec leur corps, leur parole et leur esprit. Puis nous demeurons un moment en méditation sans support et nous concluons par la dédicace.
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Message par Invité le Sam 05 Juil 2008, 10:32

Le Gourou Yoga

pratiques - Les 4 préliminaires Bv000004Dans la pratique du gourou yoga, le quatrième préliminaire, le Lama racine, sous la forme de Vajradhara (tib. Dordjé Tchang) ou bien sous sa forme réelle, entouré d'une multitude de lamas de la lignée, est visualiser soit face à nous dans l'espace, soit au-dessus de notre tête. Bien que la visualisation de base se rapproche ainsi beaucoup de celle du refuge ou de l'offrande du mandala, l'esprit dans lequel elle est effectuée est sensiblement différent : dans les pratiques précédentes, en effet, chacun des Trois Joyaux et chacune des Trois Racines étaient envisagés comme possédant ses qualités propres, tandis que dans la perspective du gourou yoga, on considère que tous les lieux de refuge et de leurs qualités sont rassemblés dans le Lama.

En la présence du Lama, nous récitons en premier la "prière à sept branches" :

  • rendre hommage,
  • présenter des offrandes,
  • se réjouir du mérite des êtres réalisés et ordinaires,
  • demander aux Bouddhas de ne pas partir dans le nirvana,
  • les prier d'enseigner le Dharma,
  • dédier le mérite.
Vient ensuite le "cycle des quatre Ma Nam", prière de quatre vers dont chacun commence par les syllabes Ma Nam, signifiant "nos mères". Nous pensons alors que tous les êtres, nos mères dans nos vies passées, dont le nombre est infini, adressent leur prière au Lama en même temps que nous.

Le Lama, Activité des Bouddhas



Après quoi, nous récitons un grand nombre de fois une courte formule, KARMAPA TCHENNO, signifiant : "Karmapa, pensez à moi". Si nous avons une grande dévotion pour le Karmapa, si nous avons reçu directement de lui des initiations ou des instructions de méditation, nous prenons la formule au sens littéral et nous nous adressons effectivement à lui.

Mais la formule peut être aussi envisagée sous son aspect étymologique. "Karmapa" signifie en effet "Celui qui met en oeuvre l'activité des Bouddhas" et, en ce sens, s'applique à tous les maîtres. Nous trouvons un cas semblable dans les prières adressées à Padmasambhava sous son nom tibétain de "Gourou Rinpotché" ; l'expression signifie "Précieux Maître" et peut donc s'appliquer à Padmasambhava lui-même ou bien à tout autre maître. si l'on a pas de connexion particulière avec le Karmapa, si l'on n'a pas reçu de lui initiations ou enseignements, on pense donc qu'on s'adresse à son propre Lama racine. En récitant Karmapa Tchènno on garde à l'esprit le sens premier : "(Maître), vous qui êtes l'activité des Bouddhas, pensez à moi".

Les Sept Vers Principaux



La partie suivante de la pratique consiste en la récitation autant de fois qu'on le peut de la prière principale du Gourou yoga, celle qu'on récite au total cent mille fois, composée de sept vers.

Nous prions tout d'abord : A vous, précieux maître, j'adresse ma prière. Accordez votre grâce afin que soit rejetée per mon esprit la saisie d'un moi (deux premier vers).

Ce "moi" est le centre d'une multitude de besoins qui lui paraissent indispensables pour assurer son bonheur : il me faut, pour "moi", de la bonne nourriture, de beaux vêtements, une maison confortable, des amis, etc. C'est pourquoi le troisième vers dit : Accordez votre grâce afin que naisse dans le courant de conscience l'absence de besoin.

Notre esprit est, au cours de journée, encombré d'une foule immense de pensées sans rapport avec le Dharma. Nous prions donc : Accordez votre grâce afin que cesse les pensées profanes.

La source de toutes nos souffrance réside dans la croyance que notre esprit existe réellement en tant qu'objet, alors qu'il est dépourvu de naissance, de fin et de localisation : il est vide, matériellement inexistant. Le cinquième vers résume cette nature de l'esprit en soulignant son caractère non-né :Accordez votre grâce afin que mon propre esprit soit réalisé comme non-né.

En raison des dérèglements que sont le désir, l'attachement, la haine, l'aversion, la jalousie, l'aveuglement, etc., nous sommes pris dans le jeu des apparences illusoires. Ces apparences régissent notre vie présente, elles se manifestent dans le rêve et se produisent encore durant le bardo. Nous prions donc : Accordez votre grâce afin que les illusions se dissipent d'elles-mêmes.

La réalisation de la nature vide de l'esprit, le Mahamoudra, est aussi la réalisation du corps absolu, le Daharmakaya. Le Dharmakaya n'est cependant pas dissocié de la manifestation. Lorsqu'on se réfère à sa connexion avec les formes, on parlera donc de "formes vides". De la même manière, on parle de sonorités vides ou encore d'activité mentale vides. Cette vacuité de tous les phénomènes n'est cependant pleinement expérimentée qu'à l'état de Bouddha. Dans le septième vers, nous prions : accordez votre grâce afin que toutes les apparences soient réalisées comme étant le Dharmakaya.

Le premier vers de la prière est un appel au Lama, les six autres concernent notre progression spirituelle et notre réalisation. Celle-ci n'est possible que par la grâce de trois Joyaux et plus encore du Lama ; c'est pourquoi ces six vers demande la grâce. Encore faut-il que nous soyons réceptif et ouvert, c'est-à-dire que nous priions du fond du coeur, animés d'une totale sincérité. Une histoire tibétaine illustre la puissance de la dévotion et de la foi.

La Dent du Bouddha



Une vieille tibétaine avait pour fils un commerçant qui se rendait souvent en Inde pour vendre et acheter de denrées. La vieille femme avait une foi très profonde dans le Bouddha, si bien qu son voeu le plus cher était de posséder une de ses reliques. A l'occasion d'un de ses voyage en Inde, le fils, décrivant son itinéraire à sa mère, mentionna qu'il passerait à Bodhgaya. Bodhgaya ! Le lieu de l'Eveil du Bouddha !

  • Puisque tu te rends dans un endroit si sacré, dit la mère, essaye de me rapporter une relique du Bouddha ou du moins quelque chose qui lui aurait appartenu.
  • Promis ! répondit le fils.
Le marchand prit donc la route de l'Inde, fit son commerce dans les différentes villes où il avait prévu de se rendre, passa par Bodhgaya et...pris par les soucis de l'achat et de la vente, du marchandage, du calcul du bénéfice et de l'évaluation de la qualité des denrées, oublia complètement la relique du Bouddha.
Dès qu'il rentra dans son village, c'est pourtant la première question que lui posa sa mère :

  • As-tu pensé à ma relique ?
Hélas, non. Le fils n'avait pensé à rien !
L'année suivante, le fils entreprit un nouveau voyage en Inde ; la mère lui renouvela sa demande de manière pressante, pour le voir revenir quelques mois plus tard les mains aussi vides que la première fois. Les affaires étaient si pressantes !
Troisième voyage en perspective, troisième requête de la mère qui, poussée autant par la dévotion que par le désespoir d'avoir un fils aussi négligent, lui dit :

  • Si tu oublies cette foi-ci encore de me rapporter ce que je t'ai demandé, quand tu reviendras, je me tuerai devant toi.
Et le fils, fort impressionné, de promettre plus que jamais.
Sur les routes de l'Inde, il pensa bien à sa promesse, mais les jours passant et la fièvre du commerce le prenant chaque semaine davantage, il se retrouva au Tibet sans s'être soucié de la moindre relique. N'étant qu'à un jour de marche de chez lui, il était en train de prendre son repas de midi, lorsque, horreur ! il se souvint de la promesse faite à sa mère. Il savait qu'elle était capable de la mettre à exécution. Que faire ?
Soudain son regard se porta sur le cadavre d'un chien en décomposition qui se trouvait non loin. Un éclair jaillit dans son esprit : dent de chien, dent d'homme, la différence n'est pas si grande ; il rapporterait à sa mère une "dent du Bouddha" !
Un objet si sacré ne saurait être présenté sans un emballage qui en souligne la grandeur. Aussi notre commerçant l'enroba-t-il d'un brocart blanc très précieux, puis d'un jaune, puis d'un rouge. La merveille était prête.
Lorsqu'il se présenta devant sa mère, il attendit sa question avec une joie non dissimulée :

  • Alors, as-tu fait bon voyage ? N'as-tu pas oublié encore ma demande ?
  • Mère, comment l'aurais-je oubliée alors que ta vie en dépendait ? Je t'ai rapporté une dent du Bouddha. Regarde !
Les yeux brouillés de larmes, la vieille femme reçut le précieux paquet et, avec un respect infini, défit les brocarts un par un jusqu'à ce qu'apparaisse cette chose si extraordinaire, incroyable, inouïe : une dent du Bouddha !
Elle s'empressa de placer la dent sur un autel, fit ciseler une châsse en or pour la contenir, puis, chaque jour, récita des prière et disposa des offrandes devant le saint objet. Les gens des environs ne manquaient pas de se joindre à elle en grand nombre pour témoigner leur dévotion.
Tant et si bien que la vulgaire dent de chien, au bout d'un certain temps, se mit à produire des perles saintes (tib. ringsels). Quant à la vieille femme, lorsque son temps fut venu, son corps disparut dans un arc-en-ciel en même temps qu'une pluie de fleurs tombait du ciel.
La dent n'était qu'une dent de chien, la vieille femme était dans l'erreur, mais la puissance de sa dévotion était si grande qu'elle put donner lieu à de tels prodiges.

Nous souvenant de cet exemple, nous devons cultiver une semblable dévotion en prenant appui sur la pratique du Gourou Yoga. Nous ne pourrons le faire qu'en évitant trop de distractions extérieures, en ne nous laissant pas aller à la paresse et en ne laissant pas les doutes nous perturber. Dans ces conditions seulement nous pourrons nous ouvrir à la grâce.

Considération Finale



Après la récitation de la prière de sept vers, nous pensons que les Lama qui entourent Vajradhara, ou bien notre Lama sous sa forme réelle, se dissolvent en lumière qui est absorbée en lui.

Nous visualisons ensuite un quadruple processus :

  • De son front marqué de la syllabe OM blanche est émise une lumière blanche qui vient toucher notre propre front, nous purifie de toutes les fautes commises par le corps et nous confère la possibilité d'actualiser utilement le corps d'émanation (Nirmanakaya).
  • De sa gorge marquée de la syllabe AH rouge est émise une lumière rouge qui vient toucher notre propre gorge, nous purifie de toutes les fautes commises par la parole et nous confère d'actualiser utilement le corps de gloire (Sambhogakaya).
  • De son coeur marqué de la syllabe HOUNG bleue est émise une lumière bleue qui vient toucher notre propre coeur, nous purifie de toutes les fautes commises par l'esprit et nous confère la possibilité d'actualiser utilement le corps absolu (Dharmakaya).
  • Des trois syllabes sont émises simultanément des lumières blanches, rouges et bleues, qui nous purifient simultanément des fautes commises par le corps, la parole et l'esprit et nous confèrent la possibilité d'actualiser ultimement le corps d'essence même (Svabhavakaya).

Fin de Session//



Pour finir, Vajradhara ou le Lama se fond en lumière et celle-ci est absorbée en nous. Nous gardons un moment l'esprit au repos dans la conviction que notre corps, notre parole et notre esprit sont unis aux siens, puis nous récitons la dédicace.


http://pagesperso-orange.fr/bouddhisme-tibetain/
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pratiques - Les 4 préliminaires Empty Les pratiques préliminaires ordinaires

Message par Karma Trindal le Lun 04 Aoû 2008, 21:17

Une autre version des pratiques préliminaires, tout aussi intéressante! Smile

pratiques - Les 4 préliminaires Vajrasattva


Les pratiques préliminaires ordinaires


1) La méditation sur la difficulté d'obtenir un précieux corps humain.

Ce précieux corps humain bien nanti est très difficile à obtenir,
Puisqu'il rassemble toutes les qualités de Pourousha,
Si l'on n'exploite pas toutes ses capacités pour pratiquer le Dharma,
A l'avenir, comment pourrait-on obtenir encore une fois ce précieux corps humain ?


Au sommet de notre tête, nous visualisons le Maître-racine et d'une dévotion venue du fond de notre coeur, nous supplions : libre des huit incapacités, nous possédons le corps humain avec ses huit libertés (1) et ses dix qualités (2), ce support qui permet de pratiquer et de réaliser le Dharma, bien que très difficile à obtenir, cette fois-ci, nous l'avons enfin grâce à la force des actions vertueuses faites dans le passé. Ayant obtenu ce précieux corps humain, cela signifie que nous avons la possibilité et la capacité d'atteindre la Libération.

Donc, avec cette rare opportunité, nous devons oeuvrer avec grands efforts pour obtenir la bouddhéité. Si nous mourrons sans avoir pratiqué le Dharma, nous n'aurons tiré alors aucun bénéfice de ce précieux corps humain bien pourvu. Par la suite, il sera très difficile d'acquérir cette base, puisque cela dépend de notre karma.

"Sans accumuler de karma, nous ne récolterons pas de fruit et le karma accumulé ne sera jamais perdu !"

Comme il est cité dans les écritures : si on nait dans les états indésirables du cycle des existence, même l'écho des êtres des états heureux ne sera pas entendu.
L'apparition de cette base favorable étant due à un grand mérite, je m'engage à pratiquer le Dharma de tout mon coeur.
Ceci est la méditation sur la difficulté d'obtenir le précieux corps humain.

Le présent vers est tiré du Bodhisattvacharia-avatara

2) La méditation sur la mort et l'impermanence.

Les trois mondes sont impermanents comme les nuages d'automne,
Les naissances et les morts des êtres sensibles sont comme une danse,
Le cours de la vie des êtres sensibles est comme un éclair dans le ciel,
Comme les torrents qui coulent des hautes montagnes, leurs existences passent rapidement.


Le sens de ces vers du Lalitvistara sûtra est :
Dans les trois mondes, comme un nuage d'automne, comme des mains de danseurs, comme un éclair dans le ciel, comme des torrents des hautes montagnes, le cours de la vie ne s'arrète pas, même un instant en allant sur le chemin de la mort. De plus, dû à l'incertitude des causes, le moment de la mort est aussi indéfini.

"Le cours de la vie, avec un vent de maux et d'obstacles, est plus impermanent que des bulles d'eau..."

Comme il est cité dans le texte Souhrlléhha, cette période appropriée pour pratiquer le Dharma ne devrait pas être négligée et ce qui peut être fait maintenant ne doit pas être reporté à plus tard.
Au contraire, sans plus tarder, nous devons penser à developper la persévérance et à pratiquer le Dharma.

3) La méditation sur la loi de cause à effet ou karma.

Au moment venu, si un roi trépasse
Ses richesses, ses amis et ses parents ne le suivront pas.
Ou que nous allions,
Notre karma nous suivra comme une ombre.


Ces vers signifient :
Si nous ne renonçons pas aux actions non vertueuses et si nous ne cultivons pas les actions vertueuses, alors après la mort, nous en expérimenterons les effets indésirables ou fruits du karma. Puisque le karma ne sera jamais perdu, le moment viendra ou nous serons obligés de subir la maturité de l'accumulation de notre propre karma.

Ainsi qu'il est dit dans un sûtra :
"Les karmas des êtres vivants ne seront pas perdus même après un éon comme des arbres qui doivent inévitablement porter des fruits le moment venu !"
Quand on passera de cette existence à une autre en mourrant, quelque fût la prospérité que l'on possèdat tels la nourriture, les vêtements, les richesses, les amis ...etc..., tout devra être laissé derrière soi.
Par contre, puisque le karma positif ou non nous suivra comme une ombre, nous devrions dès maintenant éviter de faire même la plus petite mauvaise action et s'efforcer de faire même la plus petite bonne action.
Bien qu'il y ait beaucoup de possibilités de faire du mal sous des formes grossières ou subtiles, nous pouvons neanmoins les classer comme suit :
. Tuer, prendre ce qui n'est pas donné, avoir un mauvais comportement sexuel, ce sont les trois mauvaises actions principalement commises par le corps.
. Mentir, semer la discorde par ses paroles, dire des mots blessants, dire des futilités, ce sont les auatres mauvaises actions principalement commises par la parole.
. La convoitise, la malveillance, avoir des vues erronnées, sont les trois mauvaises actions relatives à l'esprit.

"En bref, l'attachement, la colère et l'ignorance donnent naissance à des actions non vertueuses."
Comme il est cité, toutes les actions commises sous l'emprise des trois poisons et les émotions perturbatrices résultantes sont non-vertueuses et doivent etre évitées. Opposées à celles-ci sont les actions vertueuses qui doivent cultivées du mieux que nous pouvons.

4) La méditation sur les vicissitudes et les imperfections du cycle des existences ou samsara.

Les êtres vivants sont, par le pouvoir de l'attachement et de l'ignorance,
Des êtres humains, des dévas ou bien des êtres des états indésirables : animaux, êtres affamés et habitants des enfers.
Parmi ces trois états d'existence, les êtres sensibles transmigrent,
Comme tourne le tour d'un potier,
Les trois mondes brûlent des souffrances de la vieillesse et des maladies,
Dans ce bûcher, il n'y a pas de guide.
Parce qu'ils sont pris dans le samsara, les êtres sensibles sont toujours ignorants et confus,
Comme une abeille captive, piégée dans un pot.


Si par la force du karma qui défile, nous transmigrons dans le cycle des existences, il n'y a pas de bonheur mais seulement de la souffrance comme pour une abeille captive, souffrant dans un pot un long moment.

Ainsi qu'il est dit dans le Saddharna-Smrtyoupasthana-Sûtra :
"Les êtres des enfers sont torturés par le feu des enfers, les êtres affamés souffrent le martyr de la faim et de la soif, les animaux souffrent de se manger les uns les autres, les êtres humains souffrent d'une vie trop courte, les asouras sont oppressés par les luttes et les guerres, les dévas souffrent de distraction et d'étourderie, comme sur la pointe d'une aiguille, dans le samsara, il n'y a jamais aucun bonheur."

Comme le dit aussi ce paragraphe, il y a huit enfers chauds et huit enfers froids dont les souffrances dépassent notre imagination. Les êtres affamés souffrent de la faim et de la soif, les animaux de se manger les uns les autres et d'être exploités à faire des travaux forcés, tandis que les êtres humains souffrent de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort, les dévas souffrent de savoir absolument et précisement le moment ou ils mourront et dans quel état ils iront renaitre.
En bref, il n'y a pas seulement ces souffrances évidentes mais même un bonheur apparemment parfait ou un moment apparamment calme sont voués à se changer en souffrance. Il est donc impératif et juste de faire l'effort maximum pour s'échapper de ce samsara.

"Le samsara est ainsi : pour les dévas, les humains, les etres des enfers, les êtres affamés et les animaux, les naissances ne sont bonnes qu'à nous faire savoir qu'elles sont les véhicules de nombreuses souffrances."
Comme il est dit par Atcharia Nagardjouna, en ce moment opportun, il est très important de pratiquer le Dharma et de faire un effort pour mettre en oeuvre les moyens d'acquérir le bonheur permanent et l'ultime Bouddhéité.



Notes :

Ces notes sont issues de celles d'une traduction du bodhisattvacharya-avatara de Shantidéva "La marche vers l'éveil" aux éditions Padmakara ISBN 2-906949-03-5.

(1) Les huit libertés : ne pas être né dans les enfers, le monde des esprits torturés, le règne animal, parmi les barbares, les dieux de longue vie, dans un âge obscur durant lequel aucun Bouddha n'est apparu, ou comme un handicapé mental incapable de saisir le sens du Dharma.
(2) Les dix conditions favorables : avoir une existence humaine, être né dans un lieu ou le Dharma existe, posséder toutes ses facultés physiques et mentales, ne pas agir contrairement au Dharma et avoir foi en ceux qui en sont difnes; il faut aussi qu'un bouddha soit apparu durant notre ère et qu'il ait exposé le Dharma; que ses enseignements subsistent et soient mis en pratique; enfin,, qu'un maître spirituel soit présent pour nous guider.

Source: pratiques - Les 4 préliminaires 254666


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Message par Invité le Lun 04 Aoû 2008, 21:43

merci pour ces enseignements extrèmement interessant KDTD
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Message par hananou le Sam 13 Oct 2012, 06:08

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Puisse la bodhicitta, le précieux esprit d’éveil, qui n’a pas été générée dans notre esprit être générée et croître,
Et puisse l’esprit d’éveil qui a été généré dans notre esprit et dans celui des autres ne pas dégénérer mais augmenter toujours plus.

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