Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

Bouddhisme et politique Croppe10 Etudes, Pratiques & Compassion

Bouddhisme et politique B9254110

Bienvenue sur L'Arbre des Refuges !

Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

Une Philosophie Non Confessionnelle- École de la Vérité Expérimentée


...

Adblock Plus

Surfez sans désagrément !


  • Bloque les bannières, pop-ups, malware, etc.
  • Par défaut, les publicités non intrusives ne sont pas bloquées
  • Gratuit et en source libre (GPLv3)


Accepter et installer pour Chrome


Accepter et installer pour Firefox


Accepter et installer pour Internet Explorer

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Flux RSS


Yahoo! 
MSN 
AOL 
Netvibes 
Bloglines 

Etudes, Pratiques & Compassion


Derniers sujets

» Difficultés dans l'approche théorique
Bouddhisme et politique EmptyAujourd'hui à 15:47 par Ysengrin

» Prise de Refuge et Bodhicitta
Bouddhisme et politique EmptyAujourd'hui à 09:23 par Mila

» Boîte aux lettres " Besoin de prières"
Bouddhisme et politique EmptyHier à 20:05 par Shi Fu

» Pensée du jour ...la liberté
Bouddhisme et politique EmptyHier à 14:03 par Mila

» Les voeux de Bodhisattva
Bouddhisme et politique EmptyHier à 10:39 par Mila

» Citation d ' Erasme
Bouddhisme et politique EmptyHier à 10:25 par Mila

» Le sapajou à barbe est plus rusé que toi !
Bouddhisme et politique EmptyHier à 07:52 par Disciple laïc

» Plutôt vidéo du jour
Bouddhisme et politique EmptyHier à 07:17 par Disciple laïc

» La vraie Dévotion
Bouddhisme et politique EmptyLun 11 Nov 2019, 20:13 par Mila

» Le Bouddhisme et la politique
Bouddhisme et politique EmptyLun 11 Nov 2019, 07:57 par Disciple laïc

» Des arbres , pour l'Arbre .
Bouddhisme et politique EmptyDim 10 Nov 2019, 14:11 par Mila

» L’extraordinaire voyage des reliques de Sariputta et de Mogallana, deux grands disciples du Bouddha - 1ère partie
Bouddhisme et politique EmptyDim 10 Nov 2019, 12:10 par Disciple laïc

» A propos du Sutra sur les 8 réalisations des Grands Etres
Bouddhisme et politique EmptyDim 10 Nov 2019, 07:53 par Disciple laïc

» Une tsa-tsa et beaucoup d'éveil
Bouddhisme et politique EmptyJeu 07 Nov 2019, 18:33 par Shi Fu

» La source d'inspiration
Bouddhisme et politique EmptyJeu 07 Nov 2019, 14:51 par Mila

» Le Mahamoudra du Gange .
Bouddhisme et politique EmptyJeu 07 Nov 2019, 11:25 par Mila

» L'Arbre des Refuges/- Les mots qui se suivent
Bouddhisme et politique EmptyMer 06 Nov 2019, 11:03 par Mila

» L'univers est-il bouddhiste ?
Bouddhisme et politique EmptyMer 06 Nov 2019, 11:01 par Mila

» "Messages des visiteurs"
Bouddhisme et politique EmptyMar 05 Nov 2019, 21:20 par Mila

» Sondage : présence
Bouddhisme et politique EmptyMar 05 Nov 2019, 20:58 par Ortho

» Le paradoxe de Fermi: où sont les civilisations extraterrestres?
Bouddhisme et politique EmptyMar 05 Nov 2019, 18:28 par Disciple laïc

» Sujet de réflexion commune : peur ambiante
Bouddhisme et politique EmptyMar 05 Nov 2019, 12:18 par Disciple laïc

» Existe-t-il un bouddhisme politique en Thaïlande ?
Bouddhisme et politique EmptyLun 04 Nov 2019, 13:03 par Disciple laïc

» Crises d'angoisse
Bouddhisme et politique EmptyDim 03 Nov 2019, 19:10 par Marquise Du Mont

» C'est quoi, la générosité ?
Bouddhisme et politique EmptyDim 03 Nov 2019, 17:01 par Mila

» Le temps existe-il ? Etienne Klein
Bouddhisme et politique EmptyDim 03 Nov 2019, 16:09 par Disciple laïc

» L'histoire de Chizin Rabten, devenu fondateur d'une école de Thangkas au Tibet
Bouddhisme et politique EmptyDim 03 Nov 2019, 12:26 par Mila

» Prière commune des deux Karmapas pour le prompt retour du 15e Shamarpa
Bouddhisme et politique EmptyVen 01 Nov 2019, 22:20 par Ortho

» La PRAJNAPARAMITA SUTRA
Bouddhisme et politique EmptyJeu 31 Oct 2019, 13:21 par Mila

» Les chemins de la philosophie : philosophies indiennes : et l'Inde créa Bouddha
Bouddhisme et politique EmptyMer 30 Oct 2019, 18:11 par Shi Fu

» "Je ne suis pas mort, je dors !"
Bouddhisme et politique EmptyMer 30 Oct 2019, 18:06 par Disciple laïc

» Hindouisme : les sadhous ou l'apologie de l'indigence
Bouddhisme et politique EmptyMer 30 Oct 2019, 13:48 par Mila

» La perfection
Bouddhisme et politique EmptyMar 29 Oct 2019, 21:00 par Shi Fu

» Le changement climatique, un défi pour les bouddhistes ?
Bouddhisme et politique EmptyLun 28 Oct 2019, 23:11 par Pema Gyaltshen

» Le leader de l'Etat Islamique Al-Baghdadi serait mort.
Bouddhisme et politique EmptyLun 28 Oct 2019, 13:28 par Disciple laïc

» Bardo-Thödol.Films
Bouddhisme et politique EmptyLun 28 Oct 2019, 12:10 par Mila

» Ce qui est illusion et ce qui est réalité
Bouddhisme et politique EmptyLun 28 Oct 2019, 12:01 par Disciple laïc

» Le concept de dieu dans le bouddhisme - Dominique Trotignon
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 23:43 par Disciple laïc

» Les fondements du bouddhisme: Réalistes, Idéalistes, Et Conséquentialistes: Tout un discours !
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 22:47 par Shi Fu

» Polémique sur le voile islamique en France
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 21:33 par Ortho

» Éducation: La médecine chinoise au centre d'un nouvel Entretien d'Issy
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 20:54 par Pema Gyaltshen

» Les koans dans la tradition zen sôtô
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 20:48 par Disciple laïc

» Demande de renseignements
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 08:06 par Disciple laïc

» Zen, éthique et environnement
Bouddhisme et politique EmptyDim 27 Oct 2019, 00:55 par Shi Fu

» Rubrique de livres
Bouddhisme et politique EmptySam 26 Oct 2019, 19:56 par tindzin

» Kagyu Mönlam 2020 à Bodhgaya
Bouddhisme et politique EmptySam 26 Oct 2019, 14:05 par Mila

» Albert Einstein
Bouddhisme et politique EmptyVen 25 Oct 2019, 19:42 par Mila

» Dialogue entre Sa Sainteté le Dalaï Lama et les jeunes bâtisseurs de paix
Bouddhisme et politique EmptyJeu 24 Oct 2019, 19:42 par Mila

» Pensées et réflexions
Bouddhisme et politique EmptyJeu 24 Oct 2019, 09:52 par Disciple laïc

» Réfugiés tibétains en île de France
Bouddhisme et politique EmptyJeu 24 Oct 2019, 08:56 par Nangpa

» Science et bouddhisme : à la croisée des chemins
Bouddhisme et politique EmptyMer 23 Oct 2019, 18:41 par Disciple laïc

» Le voyage en Occident
Bouddhisme et politique EmptyMer 23 Oct 2019, 16:51 par Ortho

» Kalou Rimpoché à Paldenshangpa La Boulaye , fin 2019
Bouddhisme et politique EmptyLun 21 Oct 2019, 13:08 par Mila

» La Baule. Un temple bouddhiste inauguré
Bouddhisme et politique EmptyDim 20 Oct 2019, 12:34 par Mila

» Comment progresser vers la liberté intérieure
Bouddhisme et politique EmptyDim 20 Oct 2019, 12:00 par Disciple laïc

» Le Bhoutan, le seul pays au monde à avoir une pollution négative .
Bouddhisme et politique EmptyVen 18 Oct 2019, 23:30 par Mila

» Retraite de fin d'année 2019 à Beaumont
Bouddhisme et politique EmptyVen 18 Oct 2019, 10:54 par Mila

» Chant bouddhiste
Bouddhisme et politique EmptyJeu 17 Oct 2019, 10:16 par Shi Fu

» Qu'est-ce qu'un MALA et comment l'UTILISER?
Bouddhisme et politique EmptyMer 16 Oct 2019, 11:32 par Mila

» Le bouddhisme selon Matthieu Ricard #1 : la naissance de la religion
Bouddhisme et politique EmptyLun 14 Oct 2019, 17:37 par Disciple laïc

» What is Emptiness?
Bouddhisme et politique EmptyLun 14 Oct 2019, 15:00 par Disciple laïc

» Quand on n'a pas le mode d'emploi ....
Bouddhisme et politique EmptyLun 14 Oct 2019, 11:08 par Mila

» Bouddha, la légende dorée, une exposition exceptionnelle au musée Guimet
Bouddhisme et politique EmptyDim 13 Oct 2019, 23:11 par Disciple laïc

» Les offrandes brûlées
Bouddhisme et politique EmptyDim 13 Oct 2019, 09:29 par Mila

» Bouddhisme et Islam : si différents ?
Bouddhisme et politique EmptyDim 13 Oct 2019, 08:09 par Disciple laïc

» Contes bouddhistes
Bouddhisme et politique EmptySam 12 Oct 2019, 23:14 par Shi Fu

» Heureux anniversaire !
Bouddhisme et politique EmptySam 12 Oct 2019, 13:44 par petit_caillou

» La fonction des initiations et les engagements qui y sont liés , par Tulku Damtcheu Rimpoché
Bouddhisme et politique EmptyVen 11 Oct 2019, 21:36 par Mila

» Décès du Khenpo Karthar Rimpoché à 96 ans , le 6 octobre 2019
Bouddhisme et politique EmptyVen 11 Oct 2019, 21:25 par Mila

» Le bouddhisme est-il politique?
Bouddhisme et politique EmptyVen 11 Oct 2019, 15:55 par Disciple laïc

» La confiance aveugle en l'autorité ...
Bouddhisme et politique EmptyVen 11 Oct 2019, 11:19 par Disciple laïc

» Emptiness : la vacuité
Bouddhisme et politique EmptyMer 09 Oct 2019, 23:16 par Disciple laïc

» Qu'est ce que la vacuité ?
Bouddhisme et politique EmptyMer 09 Oct 2019, 07:27 par Disciple laïc

» Le régime alimentaire non-violent de la religion jaïne ..
Bouddhisme et politique EmptyMer 09 Oct 2019, 00:34 par Mila

» Le retour du Dalaï Lama , une chanson de Julos Beaucarne
Bouddhisme et politique EmptyMar 08 Oct 2019, 23:47 par Mila

Qui est en ligne ?

Il y a en tout 43 utilisateurs en ligne :: 5 Enregistrés, 0 Invisible et 38 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Disciple laïc, Mila, Nangpa, Ortho, Ysengrin


[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 605 le Dim 10 Sep 2017, 22:58

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 102035 messages dans 11835 sujets

Nous avons 4368 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est FULLMINDLESS

Meilleurs posteurs

Pema Gyaltshen (7581)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
Karma Trindal (7012)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
petit_caillou (4756)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
Karma Döndrup Tsetso (3503)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
karma djinpa gyamtso (3386)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
MionaZen (3353)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
Karma Yéshé (2936)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
vaygas (2689)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
Karma Yönten Dolma (2309)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 
Mila (1941)
Bouddhisme et politique Bar_leftBouddhisme et politique BarBouddhisme et politique Bar_right 

Bouddhisme et politique

Anonymous
Invité
Invité

Bouddhisme et politique Empty Bouddhisme et politique

Message par Invité le Mar 14 Juin 2011, 07:36

Ajahn Santikaro — Buddhadasa Bhikkhu et sa pratique du Socialisme Dhammique
mercredi 29 décembre 2010, par Buddhachannel Asia
Langues : Buddhadasa Bhikkhu et sa pratique du Socialisme Dhammique
- par Ajahn Santikaro -
Traduit par Hervé Panchaud

Situation Générale
Le terme de « socialisme Dhammique » a été forgé par Ajahn Buddhadasa à la fin des années 1960 en réponse à la polarisation politique croissante dans le sud-est asiatique. Durant les années soixante, la Thaïlande a été entraînée dans le tumulte géopolitique dont la guerre du Vietnam était le principal embrasement.

Durant les années soixante, les violences grandissantes entre les insurgés communistes et l’aile droite de l’armée soutenue par les États-Unis ont causé la mort de dizaines de milliers de personnes. A la même époque, les moines bouddhistes ont été régulièrement forcés de s’abstenir de commentaires sur la politique ; un silence issu de nombreuses décennies de croyance a persuadé la majorité des moines que la politique et les « affaires du monde » ne les concernaient pas.

C’est dans ce climat qu’Ajahn Buddhadasa commença à parler de « socialisme dhammique ». Depuis les années quarante, alors qu’il devenait de plus en plus connu en Thaïlande, il n’avait jamais eu peur de parler de politique. Auparavant, il le faisait en se référant à la démocratie, qui n’était pas le système en vigueur en Thaïlande.

Par la suite, dans les années soixante, il commença à soutenir ouvertement et avec conviction, que le bouddhisme, à la base et par nature, est socialiste. Il fut la première grande figure en Thaïlande à le faire (quelques dirigeants birmans avaient déjà utilisé le terme de « socialisme bouddhique »), et il fut le premier à aborder cette notion avec la signification particulière qu’il lui donna et qu’il ne cessa de développer le reste de sa vie.

La définition qu’il donnait au terme « socialisme » n’était pas une définition marxiste. La traduction en thaï signifie littéralement : « en faveur de la société » ou « qui est du côté de la société ».

Dans cette définition, socialisme veut dire prendre le parti de la société, de la communauté, et est en opposition avec la notion d’individualisme. Tandis que la responsabilité individuelle est importante dans l’éthique bouddhiste, « l’individu » n’existe pas dans la vérité ultime et le bouddhisme n’a jamais promu l’individualisme, même si on pourrait parfois le croire à notre époque.

De fait, les enseignements du Dhamma mettent l’accent naturellement sur le bien collectif - sans que cela soit au détriment de l’individu -, mais le bien-être social ne peut être sacrifié à des intérêts et des désirs personnels.

Cette notion de socialisme apparaît dans la perspective fondamentale que le Dhamma est la nature et que la nature est le Dhamma, inséparablement. Comme toute chose est le Dhamma, il n’y a rien qui ne soit pas le Dhamma. Dhamma signifie « la loi naturelle », qui est en interrelation. Si vous regardez notre monde et notre place dans le monde, avec ce regard-là, il n’est pas difficile de voir une nature socialiste, et non individuelle. Dans un monde où tout est en interrelation, la responsabilité individuelle prime sur les droits individuels et elle concerne le collectif comme l’individuel.

La forme la plus visible du socialisme à cette époque, comme sans doute encore aujourd’hui, était une vision matérialiste du socialisme. Le bouddhisme, de tout temps, n’a jamais été une forme de matérialisme, pas plus qu’il n’a été une sorte d’idéalisme qui voit le monde comme une quelconque illusion sans importance. La réalité est l’interdépendance du corps et de l’esprit, de l’individu et de la collectivité, et ainsi de suite. Par conséquent, Ajahn Buddhadasa insistait sur le fait que le socialisme bouddhique ne pourrait jamais être un socialisme matérialiste.

De plus, les premières formes historiques du socialisme ont été violentes et un socialisme bouddhique ne peut être que non-violent. Ajahn Buddhadasa critiquait le communisme et le marxisme avec leur définition de la « guerre des classes », comme étant prioritairement motivés par un sentiment de revanche. Il comparait le « capitalisme assoiffé de sang » avec le « marxisme revanchard » et il s’efforça de créer une alternative, une compréhension médiane, du juste milieu. Il décrivait ainsi un socialisme qui était avant tout un système moral basé sur la spiritualité. Cette forme de socialisme ne peut fonctionner que si nous réfrénons notre égoïsme ; il ne peut fonctionner avec les habituels stimulants – telles l’avidité et la peur – employés par les systèmes non-dhammiques.

Dans la pratique
Ajahn Buddhadasa fonda Suan Mokkh en 1932. Sous son influence, ce lieu se transforma en un monastère avec des caractéristiques et un état d’esprit tout à fait différents de la plupart (voire de tous) les autres monastères thaïlandais.

C’est là que nous pouvons le mieux voir et comprendre comment lui-même pratiquait les principes du socialisme dhammique. Parce que la nature et la loi naturelle sont inhérentes dans la compréhension du Dhamma et du socialisme dhammique, Suan Mokkh met l’accent sur la communion avec la nature. Ajahn Buddhadasa croyait que pour être capable de comprendre « la nature socialiste de la nature », il fallait vivre au plus près de la nature. Sans cette intimité, nous ne pouvons avoir que des notions abstraites sur le Dhamma et des notions abstraites de nos théories politiques aussi. Ainsi, il vivait immergé dans un environnement naturel et il créa un endroit pour que d’autres puissent faire de même.

De la même manière, il fit de son mieux pour diriger Suan Mokkh comme une entreprise coopérative. Une version capitaliste de coopérative avait été introduite en Thaïlande par des experts allemands, pendant que des marxistes en introduisaient une autre version. Ajahn Buddhadasa avait sa propre conception des coopératives. Il insistait sur l’idée que la nature est une forme de coopérative. Dans la forêt, les plantes, les animaux, les insectes et les microbes font chacun leur part de travail en coopération pour entretenir la forêt. Ceux qui vivent proches de la nature et qui l’observent peuvent comprendre cela. Il croyait que les êtres humains pouvaient aussi apprendre à vivre de manière coopérative avec les forêts, les champs et tout l’environnement naturel.

Pour l’administration de Suan Mokkh, Ajahn Buddhadasa n’était pas du genre à « administrer les gens ». Par certains côtés, il dirigeait Suan Mokkh comme s’il en avait la charge, prenant les importantes décisions qu’il jugeait de sa responsabilité. Bien que, dans ce sens, il fût un véritable meneur d’hommes, il ne dirigeait pas les gens. Il ne leur disait ce qu‘ils devaient faire. Il conseillait à chacun de « trouver son rôle ». Si quelqu’un avait des difficultés et voulait son aide, il discutait volontiers de la situation avec cette personne, mais jamais on ne le vit assigner des tâches à l’un ou à l’autre. Les gens choisissaient de faire le travail qu’ils voulaient faire et il leur expliquait comment faire pour que cela devienne une pratique du Dhamma. Pour qu’un tel endroit puisse fonctionner harmonieusement, chacun devait être motivé pour faire sa part du travail.

La plupart des activités à Suan Mokkh était optionnelle. Il n’y avait pas beaucoup de règles et Ajahn Buddhadasa ne s’occupait pas de combien de temps chacun méditait, ce qu’il lisait, s’il participait ou non aux récitations des textes.

D’un autre côté, il pouvait être dur, en accord avec sa conception de la nature. La nature peut être dure : la stupidité et l’attachement se terminent en souffrance. Bien qu’il puisse parfois être dur avec les gens, il leur laissait aussi la liberté d’être responsables, de faire leurs propres choix, de faire leurs propres erreurs et d’apprendre de la vie elle-même.

Suan Mokkh a toujours eu une vision écologique. Ajahn Buddhadasa fut un des premiers en Thaïlande à parler de la nécessité de préserver la forêt, et à mettre l’accent sur le fait que la forêt était en train de disparaître rapidement et que des actions devaient être entreprises pour la préserver. Sa vision écologique prenait racine à la fois dans le bouddhisme et dans les expériences de son enfance où la forêt faisait partie de la vie de tout un chacun, comme l’étaient les rizières et la mer.

Ses soucis écologiques se sont traduits naturellement dans sa préférence pour la simplicité. A Suan Mokkh, la plupart des enseignements, des cérémonies et autres activités se faisaient en extérieur. Jusqu’à la fin de sa vie, alors que d’autres personnes commençaient à prendre en charge le monastère, les constructions ont été limitées au strict minimum et la vie était restée simple. Le socialisme dhammique ne peut être efficace que si les gens sont d’accord pour vivre simplement. Dès que l’opulence apparaît, certaines personnes auront davantage de biens matériels, vont acquérir plus de pouvoir et auront plus d’occasions d’exploiter les autres.

Durant la lutte politique entre capitalisme et communisme, Suan Mokkh servit de terrain neutre pour la droite et la gauche. Même au sein des gouvernements à dominante militaire qui dirigèrent la Thaïlande, il y eut des personnalités de haut rang, ayant des convictions libérales, qui furent des étudiants d’Ajahn Buddhadasa. Le plus important fut Chaophaya Ladplee, ministre de la Justice pendant de nombreuses années, qui permit à Than Ajahn Buddhadasa de donner des enseignements sur le Dhamma à toute une génération de juges.

Ajahn Buddhadasa ne se détournait de personne, aussi les militaires, les bureaucrates et les hommes d’affaire ont toujours été bienvenus à Suan Mokkh, à condition qu’ils soient sincèrement intéressés par le Dhamma. Dans un même temps, des insurgés marxistes, des étudiants radicaux, des activistes et des paysans étaient également bienvenus. Il fut l’une des rares figures religieuses avec lesquelles la gauche pensait qu’il était possible de discuter et il eut de franches discussions avec les deux bords.

Durant les années soixante-dix, plusieurs massacres sanglants eurent lieu, dus au sentiment et à l’idéologie réactionnaire anti-communiste croissants. La violence eut un impact important sur l’esprit des Thaïlandais, pour finalement réduire en lambeaux l’illusion d’une société thaïlandaise heureuse, alors que l’oppression militaire se faisait de plus en plus brutale. Des soldats, armés de fusils et de baïonnettes, violèrent des étudiantes, y compris des lycéennes. Les cadavres d’étudiants furent suspendus à des arbres au milieu du campus, puis ils furent lacérés et brûlés. Cette violence fit naître une immense blessure dans cette génération, blessure encore ouverte trente années plus tard.

Au milieu de cette brutalité militaire contre ce qui était perçu comme une menace communiste, Ajahn Buddhadasa choisit de parler du socialisme dhammique, insistant sur le fait que ce socialisme n’était pas une si mauvaise chose, que le bouddhisme était, par nature, davantage socialiste que capitaliste. Selon lui, le capitalisme est un système pour produire de l’argent ; un système basé sur l’avidité, plus intéressé par le profit personnel que par le bien commun. Bien qu’il parlât parfois en bien de la démocratie, il faisait remarquer que celle-ci met en avant un système qui favorise l’égoïsme. Comme nous l’avons dit précédemment, il était également très critique de la nature violente et revancharde du marxisme. Du fait de son intégrité en tant que moine et enseignant, de telles positions ne pouvaient pas être ignorées.

Alliant le bouddhisme avec une conception du socialisme non-marxiste, il aida à créer une couverture sociale et une certaine protection pour les gens qui se faisaient les défenseurs d’un changement progressif non-violent. Il est impossible de quantifier le nombre de vies qui ont été ainsi sauvées par la création de ce terrain neutre, mais de nombreuses personnes en situation de responsabilité, parmi lesquelles des militaires, furent influencées à un degré ou un autre par Buddhadasa Bhikkhu. Je pense qu’il a joué un rôle dans l’inflexion politique, pour une approche « du cœur et de l’esprit », par les gouvernements militaires du début des années quatre-vingt.

L’espace qu’Ajahn Buddhadasa aida à créer, permit le développement de nombreuses ONG à cette époque. Certaines étaient originellement issues de réseaux marxistes clandestins, d’autres furent développées par des non-marxistes à la recherche d’une voie médiane pour promouvoir des alternatives à la violence. Parmi ceux-ci, Sulak Sivaraksa et ses étudiants furent importants. Sulak fut fortement influencé par Ajahn Buddhadasa et il continue à travailler principalement dans le domaine de la justice sociale et du bouddhisme engagé.

Le bouddhisme présenté par Ajahn Buddhadasa a inspiré ceux qui travaillaient dans le domaine de l’éducation alternative, de l’environnement et du développement des villages, pour ne citer que quelques domaines d’intervention. Beaucoup de ces organisations et de ces travailleurs sociaux étaient directement inspirés ou influencés par lui : le seul maître bouddhiste renommé de son temps à réfléchir sérieusement et à parler des problèmes sociaux et politiques. Bien que ce ne soit plus dangereux aujourd’hui en Thaïlande, il fut un pionnier à une époque où des gens étaient tués pour s’être opposés au gouvernement. Du fait de son prestige, il ne risquait guère d’être tué. Pourtant, dans les années cinquante, le patriarche suprême, qui le détestait profondément, tenta de le faire arrêter, en créant des charges mensongères contre lui et en l’accusant d’être communiste. Il fut démontré que les charges retenues étaient sans fondements, mais la menace était claire.

Le rôle de l’éducation

Quand je lui demandais comment le socialisme dhammique pourrait voir le jour, il reconnaissait que, à l’instar d’une véritable paix dans le monde, cela risquait de prendre du temps. Néanmoins, un voyage de mille kilomètres commence et continue toujours avec le pas que l’on fait maintenant. Il pensait que l’éducation (y compris l’enseignement public traditionnel, l’éducation bouddhique et les enseignements alternatifs) avait un rôle crucial dans le développement du socialisme dhammique. En tant que maître réputé avec, dans son sillage, de nombreux enseignants et éducateurs, il entreprit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour nourrir une juste compréhension du Bouddha-Dhamma. Ce fut le travail de sa vie. Le point central de son enseignement était le fait évident que Dhamma et société, spiritualité et politique ne pouvaient être séparés en différents domaines, et qu’une vie exempte d’égoïsme était la seule manière de vivre harmonieusement. Il suggéra que la voie du Bouddha, en lien avec d’autres religions, était le meilleur chemin pour y parvenir.


--------------------------------------------------------------------------------

Source : www.dhammadelaforet.org


Anonymous
Invité
Invité

Bouddhisme et politique Empty Re: Bouddhisme et politique

Message par Invité le Mar 14 Juin 2011, 07:37

Que pensez vous du melange bouddhisme/politique? J'ai un peu de mal avec çà.
Pema Gyaltshen
Pema Gyaltshen
Modérateur d'honneur [RdA]
Modérateur d'honneur [RdA]

Masculin
Nombre de messages : 7581
Zodiaque : Cancer Âge : 65
Contrée : Bruxelles
Arts & métiers : Artiste
Astrologie chinoise Astrologie chinoise : Cheval
Théorie de l'esprit Théorie de l'esprit : Arts
Éthique de la vertu : Aucun avertissement

Date d'inscription : 13/02/2007

Bouddhisme et politique Empty Re: Bouddhisme et politique

Message par Pema Gyaltshen le Mar 14 Juin 2011, 08:34

Le principe du Bouddhisme est d'abord de se changer soi-même.

Ensuite c'est affaire de sensibilité personnelle et d'éthique.
En Belgique je connais des pratiquants dans les 4 partis démocratiques principaux ( écolos, socialistes, libéraux et Humanistes )
Au Portugal vient de se créer un parti tendance écolo par des pratiquants de l'union Bouddhistes du Portugal, mais c'est rare.

Autrement l'on a tendance à bien séparer la politique de l'aspect spirituel de chacun, c'est la "mode" et la vision actuelle laïque prédominante dans nos sociétés et il vaut lieux rester libre dans ce domaine que d'avoir une imposition.

Évidemment dans l'absolu, il vaudrait beaucoup mieux avoir des dirigeants éclairés et bienveillants...tolérants et compassionnés et ayant les qualités essentielles, mais de nos jours c'est plutôt difficile et aussi rare que le lotus Udumvara.


_________________
Bouddhisme et politique Benzar10
Bouddhisme et politique Pema_g10
Anonymous
Invité
Invité

Bouddhisme et politique Empty Re: Bouddhisme et politique

Message par Invité le Mar 14 Juin 2011, 09:27

oui, je suis d'accord avec toi.
heyopibe
heyopibe
Protecteur de l'Arbre [PdA]
Protecteur de l'Arbre [PdA]

Masculin
Nombre de messages : 1522
Zodiaque : Balance Âge : 54
Contrée : france
Arts & métiers : bénévole chez les migrants
Astrologie chinoise Astrologie chinoise : Serpent
Théorie de l'esprit Théorie de l'esprit : apaisement
Éthique de la vertu : Aucun avertissement

Date d'inscription : 16/07/2009

Bouddhisme et politique Empty Re: Bouddhisme et politique

Message par heyopibe le Mar 14 Juin 2011, 17:15

Que dois je vous dire ?!!

Le mélange je ne peux m'en passer , vous le savez !!

maintenant les 3 joyaux m'aident beaucoup pour transformer haine en positif, pour dépasser la critique vaine et créer, pour ne pas tomber dans la violence mais précher le contraire.

maintenant les paroles de P.G au sujet des manif restent aussi pour ne pas tomber dans l'ego en se dévouant au collectif

Voila mon ressenti




Contenu sponsorisé

Bouddhisme et politique Empty Re: Bouddhisme et politique

Message par Contenu sponsorisé


    La date/heure actuelle est Mer 13 Nov 2019, 16:12