Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

Etudes, Pratiques & Compassion.



Bienvenue sur L'Arbre des Refuges !

Forum bouddhiste: L'Arbre des Refuges

École de la Vérité Expérimentée


...

Adblock Plus

Surfez sans désagrément !


  • Bloque les bannières, pop-ups, malware, etc.
  • Par défaut, les publicités non intrusives ne sont pas bloquées
  • Gratuit et en source libre (GPLv3)


Accepter et installer pour Chrome


Accepter et installer pour Firefox


Accepter et installer pour Internet Explorer

Connexion

Récupérer mon mot de passe

Flux RSS


Yahoo! 
MSN 
AOL 
Netvibes 
Bloglines 

Etudes, Pratiques & Compassion


Derniers sujets

» Question sur nos conditionnements
Aujourd'hui à 10:49 par Ortho

» Novice dans ce monde qui m’interpelle.
Hier à 19:28 par Mila

» Soutra du Bonheur - Canon Pali
Hier à 17:46 par Disciple laïc

» Qu’entend-on vraiment par « tout vient de l’esprit » ?
Hier à 14:43 par Disciple laïc

» question concernant la méditation
Hier à 12:39 par Yeshé Kunga

» Moi c'est Cedpa
Hier à 12:23 par Disciple laïc

» Prise de Refuge et Bodhicitta
Hier à 11:47 par Mila

» Toute l'équipe de l'Arbre des Refuges vous souhaite ses meilleurs voeux pour 2019!
Hier à 11:19 par Karma Trindal

» Pèlerinage Bouddhiste en Europe
Hier à 09:48 par Karma Trindal

» L'Arbre des Refuges/- Les mots qui se suivent
Mar 15 Jan 2019, 21:45 par Mila

» Ôtani Chôjun et la véritable Ecole de la Terre Pure
Dim 13 Jan 2019, 21:40 par Disciple laïc

» Présentation
Ven 11 Jan 2019, 15:36 par Nangpa

» Illusion ou Réalité: Ram Bahadur Bamjon - Réapparition de Little Buddha
Ven 11 Jan 2019, 14:41 par Nangpa

» Psychologie: Le pouvoir nuit-il gravement au cerveau ?
Ven 11 Jan 2019, 13:58 par Mila

» Naissances et vies: OÙ EN EST LA SCIENCE SUR LA VIE APRÈS LA MORT ?
Mer 09 Jan 2019, 12:24 par Mila

» Padthaï végétalien
Mar 08 Jan 2019, 14:33 par Mila

» Le Mahamoudra du Gange .
Mar 08 Jan 2019, 13:55 par Mila

» Des arbres , pour l'Arbre .
Lun 07 Jan 2019, 11:50 par Mila

» Aoyama Roshi à la Demeure sans limites
Lun 07 Jan 2019, 07:11 par Disciple laïc

» le Dalaï-lama a félicité Nancy Pelosi
Dim 06 Jan 2019, 11:33 par Mila

» Regard bouddhiste sur l’éducation et la jeunesse - Forum tenu à Dhagpo Kagyu Ling en août 2018
Dim 06 Jan 2019, 10:29 par Disciple laïc

» Les 12 signes
Dim 06 Jan 2019, 01:45 par petit_caillou

» Année du Cochon 2019
Dim 06 Jan 2019, 01:40 par petit_caillou

» Le Rat
Dim 06 Jan 2019, 01:34 par petit_caillou

» Le Lapin (ou Chat)
Dim 06 Jan 2019, 01:27 par petit_caillou

» Le Cheval
Dim 06 Jan 2019, 01:04 par petit_caillou

» Le Coq
Dim 06 Jan 2019, 00:57 par petit_caillou

» Le Buffle
Dim 06 Jan 2019, 00:52 par petit_caillou

» Le Dragon
Dim 06 Jan 2019, 00:45 par petit_caillou

» La Chèvre (ou Mouton)
Dim 06 Jan 2019, 00:37 par petit_caillou

» Le Chien
Dim 06 Jan 2019, 00:30 par petit_caillou

» Le Tigre
Dim 06 Jan 2019, 00:21 par petit_caillou

» Le Serpent
Dim 06 Jan 2019, 00:07 par petit_caillou

» Le Cochon
Sam 05 Jan 2019, 23:56 par petit_caillou

» Le Singe
Sam 05 Jan 2019, 23:42 par petit_caillou

» Sadhguru: Comment arrêter les pensées ?
Sam 05 Jan 2019, 16:29 par Admin

» Comment la Terre survit-elle ?
Sam 05 Jan 2019, 12:12 par Pema Gyaltshen

» Elevage industriel , nous vivons un divorce total avec la nature .
Mer 02 Jan 2019, 21:22 par Pascal Ceurtvriend

» J'ai l'impression de régresser
Mar 01 Jan 2019, 21:02 par Pascal Ceurtvriend

» justice à Kagyu Ling
Lun 31 Déc 2018, 12:29 par Ortho

» L'enfance d'un maître .
Lun 31 Déc 2018, 10:35 par Nangpa

» Le bouddhisme, une religion tolérante ?
Dim 30 Déc 2018, 11:03 par Ortho

» Toc Toc Toc
Ven 28 Déc 2018, 12:09 par michael19711

»  Se libérer en devenant fort
Jeu 27 Déc 2018, 23:01 par Karma Trindal

» Hondelatte Raconte: Le psychiatre du Bouddha (Récit intégral)
Jeu 27 Déc 2018, 23:00 par Karma Trindal

» Pourquoi je suis ici
Jeu 27 Déc 2018, 22:54 par Karma Trindal

» Bonjour à toutes et tous
Jeu 27 Déc 2018, 22:48 par Karma Trindal

» JOYEUX NOEL
Jeu 27 Déc 2018, 22:33 par Karma Trindal

» Soutra des Quatre Établissements de l’Attention
Jeu 27 Déc 2018, 09:38 par Disciple laïc

» Rencontre d'une petit fille Zoulou avec le Bouddha (en Anglais).
Mer 26 Déc 2018, 11:04 par Mila

» Rituel annuel, Drouptcheu de Karmapakshi , à Bruxelles
Mer 26 Déc 2018, 10:14 par Mila

» Kalachakra, l’Eveil - 1 et 2/2
Dim 23 Déc 2018, 10:15 par Disciple laïc

» Le XVIIème Karmapa Thayé Dorje présente son fils.
Jeu 20 Déc 2018, 09:58 par Ortho

» Question au sujet des intoxicants.
Lun 17 Déc 2018, 12:56 par Mila

» Message aux dirigeants et aux décideurs selon l’expérience du roi Trân Nhân Tông
Dim 16 Déc 2018, 17:21 par Disciple laïc

» Les dédicaces dans les cérémonies zen
Dim 16 Déc 2018, 10:03 par Disciple laïc

» Atiśa Dīpaṃkara: La guirlande de joyaux du bodhisattva
Sam 15 Déc 2018, 16:17 par Admin

» Appel à l'aide au sujet d'un soutra
Ven 14 Déc 2018, 18:06 par levitrailleur

» Préoccupation sur la situation sociale en France
Mer 12 Déc 2018, 13:32 par indian

» MATRUL Rinpoché à Bruxelles décembre 2018
Mar 11 Déc 2018, 16:15 par Pema Gyaltshen

» Sauvetage d'un éléphanteau au Kerala en Inde
Lun 10 Déc 2018, 14:54 par Mila

» Atelier de méditation « Joie de Vivre I »
Lun 10 Déc 2018, 00:11 par Tergar Bruxelles

» L’importance de l’amour dans le bouddhisme
Dim 09 Déc 2018, 11:05 par Disciple laïc

» Noorung le chien vagabond
Dim 09 Déc 2018, 07:50 par Disciple laïc

» Soutra de Celui qui Connaît l’Art de Vivre Seul
Ven 07 Déc 2018, 14:30 par Disciple laïc

» Sutra de la Voie du Milieu - sur la Vue Juste
Jeu 06 Déc 2018, 19:49 par Disciple laïc

» Le Bouddha a-il vraiment besoin qu’on lui offre de l’encens ?
Mer 05 Déc 2018, 16:15 par indian

» Discours sur l’Enseignement donné aux Malades
Mer 05 Déc 2018, 14:56 par Mila

» L’Enseignement au disciple vêtu de blanc (les laïcs)
Mer 05 Déc 2018, 14:48 par Mila

» Le Discours d’Anuradha
Lun 03 Déc 2018, 22:49 par Disciple laïc

» Le Discours sur la jeunesse et le bonheur
Lun 03 Déc 2018, 22:21 par Disciple laïc

» Bouddhisme et christianisme
Lun 03 Déc 2018, 10:04 par Disciple laïc

» Le Discours sur les Huit Réalisations des Grands Êtres
Dim 02 Déc 2018, 22:40 par Disciple laïc

» Le Discours d’Anuradha
Dim 02 Déc 2018, 15:42 par Disciple laïc

» Le Discours sur la Prise de Refuge en Soi-même
Dim 02 Déc 2018, 15:32 par Disciple laïc

Qui est en ligne ?

Il y a en tout 28 utilisateurs en ligne :: 2 Enregistrés, 0 Invisible et 26 Invités :: 2 Moteurs de recherche

Abhradan, Akana


[ Voir toute la liste ]


Le record du nombre d'utilisateurs en ligne est de 605 le Dim 10 Sep 2017, 22:58

Statistiques

Nos membres ont posté un total de 98252 messages dans 11314 sujets

Nous avons 4276 membres enregistrés

L'utilisateur enregistré le plus récent est Marquise Du Mont

Meilleurs posteurs

Pema Gyaltshen (7502)
 
Karma Trindal (6929)
 
petit_caillou (4746)
 
Karma Döndrup Tsetso (3503)
 
karma djinpa gyamtso (3386)
 
MionaZen (3353)
 
Karma Yéshé (2779)
 
vaygas (2471)
 
Karma Yönten Dolma (2311)
 
hananou (1701)
 

Le fruit de la pratique

Partagez
avatar
petit_caillou
Protectrice de l'Arbre [PdA]
Protectrice de l'Arbre [PdA]

Féminin
Nombre de messages : 4746
Age : 36
Contrée : ici
Arts & métiers : Secrétariat
Disposition de l'Esprit : Bouddhisme, Zen, Lecture.....
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 12/02/2011

Le fruit de la pratique

Message par petit_caillou le Sam 10 Déc 2011, 23:02

Le fruit de la pratique

par Charlotte Joko Beck

Ce texte est tiré du livre de Charlotte Joko Beck "Soyez Zen" , la pratique du zen au quotidien, paru chez Presse Pocket en 1989. En anglais : Every day zen.

Nous sommes constamment à la recherche du bonheur, ce qui pour la plupart d'entre nous signifie éliminer les expériences malheureuses de la vie pour les remplacer par des moments heureux. Cependant, cette quête pourrait aussi s'envisager sous une autre forme : tenter de passer d'un quotidien de luttes incessantes à une vie de joyeuse acceptation. Or il ne s'agit pas du tout de la même finalité dans les deux cas : chercher à remplacer le mal-être par du bien-être est une choise - c'est dans cette perspective que s'inscrivent bon nombre de systèmes de thérapie qui visent à remplacer un moi malheureux par un moi heureux -, et vouloir substituer la joie à un état de lutte permanente en est une autre, et fort différente. Cette démarche est celle du zen (et peut-être aussi de quelques autres disciplines ou thérapies) et elle est conçue pour nous aider à passer du soi malheureux - la lutte - au non-soi, qui est la joie à l'état pur.

Dès que l'on postule l'existence d'un soi, toutes les expériences du sujet seront nécessairement égocentriques - centrées sur ce moi. Le moi, étant le centre de toutes nos préoccupations, nous oppose à tout ce qui nous est extérieur. Nous sommes constamment en état d'alerte et d'autodéfense: nous avons vite fait de nous hérisser ou de nous fâcher si les choses ne vont pas comme nous le souhaitons - cette résistance est interprétée par le moi comme une agression de la part de son environnement. Mais ce n'est pas tout, l'égocentrisme a aussi une autre conséquence : à force de toujours tourner en rond dans son petit univers restreint, on est incapable d'une vision globale et lucide des choses, d'où un état de confusion permanent. Voilà malheureusement comment vivent la plupart d'entre nous.

Bien que n'ayant aucune expérience de ce que pourrait être le contraire du moi - le non-soi -,
essayons d'imaginer ce que serait la vie vécue à travers un non-soi. D'abord, entendons-nous bien: être en état de non-soi ne signifie pas disparaître de la face de la terre et cesser d'exister. Cela désigne simplement un recentrage ; on n'est plus centré sur soi, ou sur les autres, on
est centré, tout court. Mais sur quoi, me direz-vous? On n'est plus centré sur le particulier - certaines choses ou certains êtres - mais sur l'universel. On embrasse toutes choses, mais sans attachement particulier pourquoi que ce soit, si bien que les caractéristiques typiques du moi n'ont pas l'occasion de se développer. En l'absence d'affirmation du moi, il n'y a plus d'autre ni de monde extérieur susceptibles de représenter une menace pour vous. On n'a plus de territoire à défendre et donc plus de raison d'être tout le temps soucieux et angoissé,d'être toujours à cran et de se fâcher pour un rien; et surtout, la vie émerge enfin du brouillard de la confusion. C'est pourquoi vivre en non-soi, c'est demeurer dans la joie. Une joie qui rejaillit sur tout le monde,d'ailleurs; comme le non-soi ne s'oppose à rien ni à personne, il a des effets bienfaisants sur tout.

Si le non-soi est une perspective inspirante que nous devons garder en tête pour guider et nourrir notre évolution spirituelle, il faut bien reconnaître que, pour la plupart d'entre nous, la pratique devra suivre une approche très graduelle qui produira une érosion progressive du moi. Et la première étape du voyage consiste à cheminer du mal-être jusqu'au bien-être. Dans quel sens faut-il l'entendre? Il est impossible de sauter directement d'un état de douleur et de confusion - quand on se sent si mal dans sa peau qu'on ne supporte rien, ni soi, ni les autres, ni les situations du quotidien -, à un état de non-soi. C'est pourquoi le premier stade de la pratique du zen est destiné à amorcer ce virage, et c'est le travail qu'on accomplit pendant ses premières années de zazen. A ce stade-là, il peut être indiqué pour certaines personnes de suivre parallèlement une forme de thérapie intelligente, mais ne généralisons pas: chacun est un cas particulier. En tout cas, l'essentiel est de retenir qu'on ne peut pas se dispenser de cette première étape et que ce serait une erreur grossière que d'essayer de la sauter: il est indispensable de passer d'un état de mal-être relatif à un état de bien-être relatif.

Pourquoi ai-je parlé de bien-être relatif? Même si l'on a l'impression d'avoir trouvé une forme de vie plus heureuse, ce bonheur n'est pas un état définitif. Il reste très précaire tant que notre vie reste basée sur la notion d'un soi. Et d'où vient cette précarité? Du fait que le fragile édifice de notre vie repose sur les sables mouvants d'une idée fausse: l'idée que nous sommes un moi. Tout le monde y croit dur comme fer et, pour erronée qu'elle soit, cette conviction n'en est pas moins solidement ancrée au cœur de chacun d'entre nous. C'est pourquoi toute forme de pratique spirituelle qui s'attaque à cette croyance nous est d'un abord difficile: elle nous met mal à l'aise.

La seule solution réellement satisfaisante, à terme, est d'emprunter la voie qui nous amènera à comprendre que notre véritable nature est le non-soi - bouddha -,et à la réaliser pleinement. C'est cela, la finalité de zazen. En nous aidant à explorer la question de notre véritable nature - soi ou non-soi - la pratique du zen va complètement transformer l'orientation et les valeurs de notre vie, ainsi que la tonalité de notre vécu. Examinons les différentes étapes de cette pratique.

J'ai déjà évoqué le premier stade, qui consiste à nous faire passer d'un état de mal-être relatif à un état de bonheur relatif. Ce bien-être est tout à fait précaire,puisque susceptible d'être remis en question à chaque instant, mais il n'en est pas moins indispensable. Il faut en effet avoir un minimum de stabilité et se sentir au moins un petit peu bien dans sa peau pour pouvoir s'engager sérieusement dans une pratique spirituelle. Ce premier problème réglé, on peut passer au stade suivant : le zazen va nous permettre d'analyser et de passer au crible, sans relâche et avec un maximum de lucidité, toutes nos caractéristiques physiques et mentales. Ainsi verrons-nous émerger certains schémas: ayant appris à reconnaître ses désirs, ses envies et ses pulsions égoïstes,
on finira par se rendre compte que ces schémas récurrents, ces réflexes de désir ne sont ni plus ni moins que ce que nous avons coutume d'appeler le « moi ». Et,à mesure que nous progresserons dans notre pratique, nous en viendrons à comprendre l'impermanence* et la vacuité* de ces schémas. A tel point que nous serons capables de nous en dessaisir. Nous n'aurons même pas à nous forcer pour les laisser tomber, ils se détacheront d'eux-mêmes petit à petit, comme une feuille morte tombe d'un arbre en automne, tout naturellement. Si ces vieux schémas peuvent se dissoudre ainsi tous seuls, c'est parce que leur irréalité foncière apparaît clairement à la lumière de la conscience lucide - un feu éblouissant qui vous fait tout de suite reconnaître le vrai du faux. Et le meilleur moyen d'aviver la lumière de la conscience, en la rendant toujours plus alerte et lucide, et de faire zazen intelligemment, jour après jour, et en sesshin. Avec la disparition graduelle des vieux schémas égocentriques,le non-soi - déjà présent - se révélera progressivement à nous, en nous remplissant d'une paix et d'une joie toujours plus grandes.

Bien sûr, il est facile de décrire un tel processus,mais c'est tout autre chose de le vivre. Il y a de quoi être plutôt effrayé, déprimé, voire découragé devant une remise en question aussi radicale: c'est notre moi, ou tout au moins ce qu'on avait toujours considéré comme tel, qui se voit soudain battu en brèche. Et s'il est merveilleusement inspirant d'entendre parler de la fin de l'ego et du non-soi, cela peut être une expérience terriblement difficile à vivre, car comment ne pas avoir peur quand on voit soudain basculer entièrement toutes ses références habituelles...

Malgré tout, ceux qui sauront se montrer patients et résolus dans leur pratique en récolteront sûrement les fruits : ils connaîtront de plus en plus de joie et de paix, et ils seront capables de mener une vie riche de bienfaits pour les autres, parce qu'inspirée par la compassion. Parallèlement, leur vulnérabilité aux aléas des circonstances diminuera, lentement mais sûrement. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'une telle évolution soit exempte de problèmes, car il y en aura forcémentc'est le lot de la condition humaine. Il se peut même qu'on ait l'impression de se retrouver encore plus mal loti qu'avant, en voyant tout ce qui refait surface en soi: tant de choses jusque-là réprimées ou occultées. Cependant, on aura tout de même l'impression de sortir de la confusion et de mieux comprendre les choses, ce qui nous permettra d'éprouver une certaine satisfaction.

Il faut s'armer d'énormément de patience, de persévérance et de courage pour continuer sa pratique spirituelle dans les moments d'extrêmes difficultés. Car seule une pratique décidée est capable de battre en brèche nos vieilles habitudes de vie, ces anciens réflexes qui nous poussent à poursuivre le bonheur à tout prix, à tout faire pour satisfaire nos désirs et à nous plier à n'importe quelle bassesse pour éviter de souffrir - physiquement ou moralement. C'est dans nos tripes, et pas dans nos têtes, qu'il faut comprendre l'essentiel: ce n'est pas en courant après le bonheur qu'on goûtera à lajoie, mais en expérimentant la vie telle qu'elle se présente à nous, en toutes circonstances. En étant sa vie. Il faut vivre sa vie pleinement, sans biaiser, sans rien esquiver; pas pour satisfaire ses propres envies mais en réponse aux sollicitations que la vie elle-même nous présente. Pas en évitant la douleur mais en l'expérimentant directement et totalement, en étant la douleur. Vous pensez que c'est trop demander, que c'est trop difficile? Au contraire,vous aurez sûrement moins de mal à vivre qu'avant.

Nous sommes tous des êtres à deux dimensions physique et psychologique - dans la mesure où nous ne pouvons expérimenter le monde qu'àtravers un corps et un mental. Ce qui veut dire que nos expériences sont toujours teintées de sensations et de sentiments: pensées, espoirs, craintes, blessures et colères, pour n'en citer que quelques uns-. Cependant, ce n'est pas en nous enferrant dans la dimension psychosomatique de notre être que nous allons trouver le chemin de notre liberté, mais en cultivant le non-attachement, en pratiquant le non-soi. Ce n'est qu'à la fin de notre cheminement spirituel que nous comprendrons enfin.

En réalité, il n'y a pas de chemin, pas de voie, pas de solution, car, dès le départ, notre propre
nature est déjà ce chemin, ici et maintenant. Il n'y pas de voie et notre pratique consiste juste
ment à suivre cette absence de voie, à la suivre sans fin et sans espoir de récompense. Car il n'y a pas besoin de récompense: le non-soi est déjà tout, complètement parfait depuis l'origine des temps sans commencement.

Source: http://www.vipassana.fr/Textes/JokoBeckLeFruitDeLaPratique.htm


_________________
avatar
MARCOMAGICO
Philanthrope
Philanthrope

Masculin
Nombre de messages : 544
Age : 50
Contrée : FRANCE
Arts & métiers : OFFICIER POLICE
Disposition de l'Esprit : BOUDDHISTE
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 30/11/2011

Re: Le fruit de la pratique

Message par MARCOMAGICO le Dim 11 Déc 2011, 00:06

Merci !

Cette exégèse est magnifique .....


_________________
marcomagico
avatar
Chokdee
Les Racines de l'Arbre [RdA]
Les Racines de l'Arbre [RdA]

Masculin
Nombre de messages : 413
Age : 70
Contrée : Normandie
Arts & métiers : retraité
Disposition de l'Esprit : humeur féconde
Appréciations : Aucun avertissement

Date d'inscription : 11/12/2011

Re: Le fruit de la pratique

Message par Chokdee le Dim 11 Déc 2011, 20:00

Il y a beucoup à lire, faudra que je revienne sur ce texte et le lise de paragraphe en paragraphe. J'ai eu la bonne fortune de commencer à pratiquer dès ma naissance, grâce à mes parents et mes professeurs successifs. Cela s'est fait tellement naturellement, je ne me suis jamais posé la question du fruit de la pratique. Je suis un homme bien ordinaire, parfois je fais de la musique avec le Gros Pierre.

Contenu sponsorisé

Re: Le fruit de la pratique

Message par Contenu sponsorisé


    La date/heure actuelle est Jeu 17 Jan 2019, 10:54