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Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

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Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par petit_caillou le Sam 25 Fév 2012, 23:10

Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel a infatigablement offert ses services afin de réaliser les souhaits de Lama Yéshé et de Lama Zopa Rinpoché durant presque 40 ans au Monastère de Kopan au Népal. Lama Lhoundroup est arrivé au Népal en 1972 sur la requête de Lama Yéshé qui lui avait simplement écrit : “J’ai quelques moines ici, pouvez-vous les instruire ? Si oui, veuillez venir, je vous prie.” Dès lors, Lama Lhoundroup a eu un impact sur la vie de milliers d’étudiants, prenant soin des moines et des nonnes du Monastère de Kopan et aussi des étudiants du Dharma venus à Kopan du monde entier, Singapour, Malaisie, Australie, Europe, Amérique du nord et du sud. Lama Lhoundroup a officiellement reçu le titre d’abbé du Monastère de Kopan en 2001, bien qu’il ait tenu ce rôle de façon non officielle dès le décès de Lama Yéshé en 1984. Lama Lhoundroup a démissionné de son rôle d’abbé en juillet 2011, à cause d’un cancer de l’estomac avancé, diagnostiqué en janvier 2011.

Le 7 septembre 2011, à 23h10, après une vie d’étude du Dharma, de pratique et de service altruiste auprès d’innombrables êtres, Lama Lhoundroup a cessé de respirer et est passé dans la claire lumière de la méditation. Le 9 septembre 2011, à 17 heures, le Vén. Thoubten Kunkyen a observé les signes manifestant que la conscience de Lama Lhoundroup avait quitté son corps.

(Nous sommes également honorés de partager une sélection de photos prises les jours précédant son décès et au cours des activités qui ont suivi).

Par Jo Hathaway


Lama Lhundroup recevant les bénédictions de Lama Zopa Rinpoché, 5 septembre 2011. Photo de Jo Hathaway.


Peu des signes habituels d’une mort imminente étaient visibles. Nous savions que Lama Lhoundroup manifestait une grave maladie. Les résultats de l’échographie et les examens physiques montraient une évolution rapide du cancer et nous pouvions voir que les tumeurs dans son estomac avaient progressé jusqu’à la surface de la peau. Pourtant, il continuait à recevoir l’équivalent de trois repas par jour via sa sonde d’alimentation – ou “sa nouvelle bouche” comme il la surnommait –il pouvait marcher, il demeurait aussi alerte et ne se plaignait pas, comme toujours. Les signes étaient subtils. Il parlait plus souvent de l’impermanence et de la mort avec les visiteurs et ses au-revoir avaient quelque chose de définitif. Beaucoup de ses biens précieux ont été offerts. Deux semaines avant son décès, Lama Lhoundroup a demandé au Vén. Kunkyen, son intendant dévoué durant plus de 15 ans, d’organiser des poujas pour lui au Monastère de Séra, en Inde du Sud ; la date de ces poujas fut fixée au 7 septembre. La semaine précédant son décès, il annonça que le temps était venu pour lui de quitter sa chambre située au-dessus de la gompa principale pour s’installer dans son appartement de retraite au-dessus de la gompa de Tchènrézi ; il s’y installa le 4 septembre. Lors de la dernière semaine, Lama Lhoundroup commença à répondre aux questions concernant sa santé – “Comment vous sentez-vous aujourd’hui, Khensour Rinpoché ?” – avec des yeux pétillants, un large sourire et par des réponses énigmatiques comme “la sensation est la sensation” ou “ la sensation n’existe pas.”

Lorsqu’arriva le moment pour Lama Lhoundroup de quitter sa chambre, il donna comme instructions au Vén. Kunkhen de disposer des offrandes sur tous les autels qui y restaient puis, tenant une khata et des offrandes dans les mains, il parla doucement au Vén. Sangpo, lui transmettant ce message pour Lama Zopa Rinpoché :

Veuillez informer Rinpoché que, jour et nuit, les souffrances sont insupportables, mais je prie pour qu’elles purifient mes négativités. S’il vous plaît, demandez à Rinpoché de me bénir, afin que je puisse développer un respect et une dévotion inébranlables envers Rinpoché. Quels que soient les samayas que j’ai brisés envers Lama Zopa Rinpoché depuis des renaissances sans commencement et jusqu’à aujourd’hui, puissent-ils être purifiés. Puissè-je être libéré de la souffrance. J’offre mon corps, ma parole et mon esprit à Lama et quels que soient les obstacles rencontrés par le saint corps du maître, puissent-ils mûrir en moi.1


Lama Lhundroup donnant au Vén. Sangpo un message pour Lama Zopa Rinpoché, 4 septembre 2011. Photo de Jo Hathaway.

Les larmes aux yeux, les moines aidèrent précautionneusement Lama Lhoundroup à revêtir toutes ses robes avant de délicatement le pousser sur une chaise roulante hors de sa chambre. Ils circumambulènt tout d’abord autour du mandala de Yamèntaka avant que Lama Lhoundroup ne dise adieu à Guéshé Tsering (le frère de Lama Yéshé) en larmes. Avant de quitter les lieux, ils firent des offrandes aux trônes et aux statues de la gompa principale. À son arrivée à l’appartement, Lama Lhoundroup leva ses mains dans le geste de la prosternation et murmura une prière alors qu’il passait le seuil dans sa chaise roulante. Il y eut un temps de prières devant chaque autel avant qu’il s’installe, épuisé, dans sa chaise, dans sa chambre de méditation.

Alors que le déménagement avait vidé le corps de Lama Lhoundroup de son énergie, son état sembla revenir à la normale le 5 septembre. Je lui donnai ses repas habituels et ses médicaments au cours de la journée et je retournai dans ma chambre à 19 heures. Juste avant 23 heures, mon téléphone sonna. C’était le Vén. Kunkyen qui me demandait de revenir à l’appartement de retraite. Lama Lhoundroup avait annoncé à ses deux intendants – le Vén. Kunkyen et le Vén. Thardoe – qu’il était en train de mourir. Le temps était venu d’entamer les préparatifs de sa mort. Le Vén. Kunkyen avait déjà contacté Dagri Rinpoché pour adresser une demande de prière à Sa Sainteté le Dalaï Lama et pour ensuite informer Lama Zopa Rinpoché.

J’entrai pour voir Lama Lhoundroup. De toute évidence, son état avait évolué de façon impressionnante au cours des quatre dernières heures. Il était maintenant très hâve, pâle et manifestait les signes physiques d’une occlusion intestinale avancée et d’une intense douleur, mais il était toujours assis dans sa chaise, souriant sereinement. Chaque mot lui coûtait un gros effort de prononciation alors qu’il continuait à nous guider dans tout ce qui devait être fait.

Il y avait eu des moments, au cours des mois précédents, où la pensée de la mort de Lama Lhoundroup avait fait surgir un sentiment de panique en mon cœur. Pourtant, maintenant que ce moment était arrivé, c’était comme si le calme et la clarté de son énergie imprégnaient tout son environnement. Lama Lhoundroup et Lama Zopa Rinpoché nous avaient tous deux si parfaitement préparés. Il n’y a eu ni panique ni désespoir, uniquement le désir de faire de notre mieux pour exaucer les souhaits de notre maître en ce moment si important.


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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par petit_caillou le Sam 25 Fév 2012, 23:12

Je fis une petite injection de morphine contre la douleur à Lama Lhoundroup. Par-dessus tout, il voulait demeurer aussi éveillé que possible au moment de la mort. Nous avions donc fait des essais avec des anti-douleurs au cours des semaines précédentes afin de trouver ce qui marchait le mieux avec le moins d’effets secondaires. Bien que la morphine atténuât la douleur, il n’appréciait pas la torpeur qu’elle provoquait ; aussi, n’acceptait-il toujours que la plus petite dose.

Lama Zopa Rinpoché arriva bientôt à l’appartement avec son second intendant, le Vén. Sangpo, et avec Guéshé Jangchub. Beaucoup de moines de Kopan avaient été réveillés et étaient en train de psalmodier une pouja au Bouddha de la Médecine dans la gompa principale. Au cours des deux heures et demie suivantes, Rinpoché a psalmodié les textes et les prières de préparation pour la mort au côté de Lama Lhoundroup, avant de placer des cordons bénis autour de son cou et un mantra contre son cœur. Doucement et lentement, Lama Lhoundroup émit la requête suivante :

Moi, du fond du cœur, par moi seul vous prie solennellement, Lama Zopa Rinpoché. S’il vous plaît, guidez-moi avec joie dès maintenant et jusqu’à ce que soit réalisée la bouddhéité. Dès cet instant, puissent mes trois portes pleinement s’engager dans le saint Dharma du Mahayana. Puissè-je être capable de pratiquer le Dharma complet du soutra et du tantra de manière pleinement qualifiée. Puissè-je accomplir cela et puissè-je obtenir les qualités nécessaires pour que cela arrive. Je vous prie, Lama Zopa Rinpoché, s’il vous plaît, accordez-moi vos bénédictions pour que je puisse devenir ainsi, et quoi que Rinpoché ait à faire, du côté de Rinpoché, veuillez s’il vous plaît accorder vos bénédictions avec compassion afin que cela se réalise. Je vous fais cette supplique. S’il apparaît des erreurs et si j’ai troublé votre esprit saint, veuillez me pardonner. Voici ma requête, Rinpoché. Je suis désolé de vous demander peut-être un peu trop et de manquer de respect, mais il n’existe personne d’autre que Lama auprès de qui je puisse rechercher assistance et aide.2


Lama Lhundroup récitant la Prière royale, 6 septembre 2011. Photo de Jo Hathaway.

Lama Zopa Rinpoché assura à Lama Lhoundroup qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Grâce à leur puissante connexion karmique, tous les souhaits et toutes les prières de Lama Lhoundroup deviendront indubitablement réalité. Rinpoché parti, Lama Lhoundroup fit cette prière :

Si je devais renaître et être torturé dans les enfers, puissent les souffrances de tous les êtres de ces enfers et les souffrances de ceux qui vont renaître dans ces enfers dans le futur, mûrir en moi. S’il vous plaît, accordez-moi vos bénédictions.3



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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par petit_caillou le Sam 25 Fév 2012, 23:14

Le Vén. Kunkhen, le Vén. Thardoe et moi-même nous assîmes en silence aux pieds de Lama Lhoundroup. Il nous remercia pour nos services et nous donna des instructions pour les pratiques à venir. Ils psalmodièrent ensemble la Prière royale. Tout au long de la nuit jusqu’au matin, les Vén. Kunkhen et Thardoe prirent inlassablement soin de leur maître, lui faisant boire quelques gorgées de liquide, l’aidant pour sa toilette, ajustant ses oreillers et lui massant l’estomac et les jambes, souvent durant des heures vers la fin, semblant savoir exactement ce dont avait besoin Lama Lhoundroup. Alors que le soleil se levait au-dessus des montagnes, répandant sa lumière dorée à travers la pièce, nous aidâmes Lama Lhoundroup à s’installer dans son lit.


Lama Lhundroup offrant une khata au Dr Bishnu, 6 septembre 2011. Photo de Jo Hathaway.

Le 6 septembre, le Dr Bishnu, un oncologue local spécialisé en soins palliatifs, vint rendre visite à Lama Lhoundroup. Lama Lhoundroup l’accueillit chaleureusement, comme d’habitude. Il ne souhaitait ni aliments ni médicaments supplémentaires, mais il accepta néanmoins que l’excès de liquide accumulé dans son abdomen soit drainé pour réduire son inconfort. Avant que le Dr Bishnu parte, Lama Lhoundroup le remercia intensément, lui offrit une ultime khata et pria pour sa santé et pour qu’il puisse continuellement atténuer la souffrance de tous ceux qui sont malades. Même au plus proche de sa propre mort, les pensées de Lama Lhoundroup demeuraient indéfectiblement centrées sur le confort et le bien-être des autres, ne cherchant pas une seule fois à attirer l’attention sur les souffrances de son propre corps.

Pendant que je surveillais le drain abdominal, les Vén. Kunkhen et Thardoe continuaient à s’occuper de l’organisation des divers poujas et rites qui devaient être pratiqués. Nous nous assîmes discrètement à tour de rôle dans la pièce avec Lama Lhoundroup pendant qu’il faisait ses prières, complétées avec les moudras des mains. A 14h45, Lama Lhoundroup demanda à Kunkhen de lui laver les bras, les mains, le visage, la bouche et la langue. Puis, couvert de son zen d’or, le texte du lam-rim à sa tête, il demanda à être installé dans la position allongée du Bouddha avant de remercier et de congédier ses deux fidèles intendants.

Tous trois nous assîmes à l’extérieur de sa chambre et attendîmes. Je demandai au Vén. Kunkhen ce que nous devions faire maintenant. “Soyez aussi discrets que possible et ne le dérangez pas”, a-t-il répondu. “Mais si nous n’entrons pas, comment saurons-nous qu’il est en train de mourir ? Il pourrait décéder seul !” fut ma réponse perplexe. Très gentiment, le Vén. Kunkhen m’expliqua que c’était l’objectif prévu. Il ne m’était jamais venu à l’esprit que Lama Lhoundroup serait seul au moment de sa mort. Nous l’avions accompagné nuit et jour, à tour de rôle, depuis qu’il était tombé malade et, comme de nombreux Occidentaux, je suppose que je considère que laisser mourir une personne seule s’apparente à un abandon. J’avais inconsciemment présumé que par respect, quelqu’un accompagnerait Lama Lhoundroup tout le long et jusqu’à son dernier souffle. Mais évidemment, il est tout à fait logique qu’un pratiquant accompli du Dharma, qui s’est préparé à ce moment tout au long de sa vie, se sente mieux si on ne le dérange pas.

Néanmoins, nous avions encore besoin de nous assurer que Lama Lhoundroup avait tout ce qu’il souhaitait, aussi le Vén. Kunkhen vérifia discrètement auprès de lui, régulièrement, tout au long de l’après-midi. Lama Lhoundroup demeurait toujours éveillé, psalmodiant des prières et se préparant à la mort, lui souriant parfois ou le renvoyant quand il ouvrait la porte.

A 19h45 ce soir-là, les plus anciens moines s’étaient installés, prêts à entamer la veillée de pouja dans l’appartement qui, en fin de compte, continuerait tout au long du processus de la mort physique de Lama Lhoundroup, puis lors de sa méditation de la claire lumière et enfin les 49 jours suivants. Souvent, des groupes de moines et de nonnes s’installeront dans les deux pièces de l’appartement et les poujas se poursuivront continuellement, nuit et jour, les groupes se relayant, sans jamais cesser. Maintenant, je comprenais pourquoi il avait déménagé dans l’appartement : ce dernier possédait l’espace et l’intimité suffisante pour accueillir tout le monde confortablement sans perturber le fonctionnement au jour le jour du monastère.

J’observais la manière dont la communauté se rassemblait autour et à l’intérieur de l’appartement. A l’image d’une chorégraphie parfaitement ordonnée, les anciens de la Sangha de Kopan savaient intuitivement ce qu’il fallait faire. Il suffisait de quelques mots et tout se manifestait juste au bon moment, que ce soit des fleurs pour la table, un festin végétarien composé de nouilles à 15h30, des offrandes pour les poujas ou encore, un café fumant au moment où le niveau d’énergie commençait à décliner.

Tard dans la nuit, l’instant était calme, je commençais à m’inquiéter pour Lama Lhoundroup, allongé dans la même position depuis plus de 7 heures. De par ma formation, je savais que cela est une source de malaise et d’escarres, même s’il est vrai que je me réjouissais de me rendre compte qu’il m’avait fallu longtemps avant que mon obsession d’occidentale concernant le bien-être du corps ne refasse surface ! Je demandais au Vén. Kunkhen si nous devions nous inquiéter à ce propos. “L’esprit de Lama Lhoundroup est déjà loin de son corps, donc, ces choses n’ont aucun effet sur son esprit désormais”, me rassura-t-il.

Les prières et les méditations de Lama Lhoundroup durèrent toute la nuit alors que la Sangha offrait des poujas de l’autre côté du mur. Au matin du 7 septembre, les effets d’une non-alimentation et d’une non-médication commencèrent à être visibles : l’abdomen de Lama Lhoundroup était de nouveau gonflé, ses intestins étaient crispés et des sécrétions œsophagiennes obstruaient sa gorge. Il ne le remarquait même pas : il était totalement absorbé dans ses méditations. Lorsque le Vén. Kunkhen, suivi de près par le Vén. Thardoe, entra dans sa chambre à 20h45 pour l’informer que Lama Zopa Rinpoché allait arriver, Lama Lhoundroup les remercia énergiquement par un “Tu n’existes pas ! Et tu n’existes pas toi non plus !”. Lorsque Lama Zopa Rinpoché arriva peu après, il fut accueilli avec la même proclamation.

Lama Zopa Rinpoché s’assit avec Lama Lhoundroup et récita des prières. Quand ils eurent terminé, Lama Lhoundroup se coucha, les mains dans le geste de prosternation, et répéta lentement et doucement “Merci, Rinpoché, merci beaucoup, merci pour tout, merci, merci, merci” alors que Rinpoché se dirigeait vers la porte. En quittant la pièce, Rinpoché fit encore des mos, passant de nouveau en revue tous les symptômes de Lama Lhoundroup. Il nous donna des consignes concernant les médications (occidentales, tibétaines et népalaises) à utiliser et nous conseilla pour aider Lama Lhoundroup à vivre aussi longtemps que possible, car chaque heure, chaque minute, chaque seconde supplémentaires étaient infiniment précieuses.


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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par petit_caillou le Sam 25 Fév 2012, 23:16

Nous décidâmes tous trois d’une nouvelle organisation pour alimenter Lama Lhoundroup et lui donner les remèdes indispensables, et ensemble, nous sommes entrés dans sa chambre. Il avait d’autres idées. Tout ce que nous essayions de lui soumettre était refusé par un geste dédaigneux de la main, hormis l’eau bénite qui avait été envoyée par Sa Sainteté le Dalaï Lama et qui était miraculeusement arrivée juste à temps. Son corps pouvait bien présenter une apparence faible et être prêt de la mort, son esprit demeurait plus clair, concentré et parfaitement sous contrôle que jamais. Il refusa même la morphine, préférant à la place cogner le sol de son poing, un moyen de gérer la douleur qui, désormais, pour un être ordinaire, aurait été insupportablement atroce. Au cours des deux heures suivantes, je pus observer les plus remarquables preuves de dévotion au maître. Penchés sur son lit selon un angle difficilement supportable, les Vén. Kunkhen et Thardoe, à tour de rôle, essayaient d’arrêter les coups de poings de Lama Lhoundroup ou de le protéger avec un coussin, alors qu’il cognait le sol encore et encore. Un jeu d’esprits silencieux qu’ils avaient peu de chance de gagner, bien qu’avec patience et amour, ils aient tout tenté. Lorsqu’ils retenaient son bras, il était le plus fort ; lorsqu’ils disposaient des coussins sur le sol, il les envoyait à travers la pièce ; lorsqu’ils mettaient leur main sur le sol, Lama Lhoundroup frappait partout ailleurs que là ; et lorsqu’ils plaçaient leur corps entre son poing et le sol, Lama Lhoundroup cognait plus fort.


Lama Lhundroup avec Lama Zopa Rinpoché, 5 septembre 2011. Photo de Jo Hathaway

A 14h15, Lama Zopa Rinpoché demanda à me voir. Je me dépêchai jusqu’à sa chambre et confessai notre absence de succès. Rinpoché éclata de rire alors que j’expliquais que nous n’étions pas de force face à la puissance de volonté de Lama Lhoundroup. Il me renvoya à l’appartement avec un message à adresser directement à Lama Lhoundroup :

“Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup, Lama Zopa Rinpoché dit que la mort arrivera quand elle arrivera. En attendant, nous devons prendre soin de votre corps de notre mieux par l’alimentation et les médications.”

Aussitôt, Lama Lhoundroup accepta, installant son corps de sorte qu’il nous soit plus facile d’accéder à sa sonde d’alimentation et à son bras. Désormais, il acceptait complètement notre présence et nos soins médicaux – néanmoins, nous essayions toujours de n’intervenir que le minimum.

En début de soirée, Lama Lhoundroup se reposait confortablement, mais sa respiration était en train de changer, signe que la mort approchait. Après avoir donné à Lama Lhoundroup ses médicaments du soir et un petit peu de nourriture, je quittai sa chambre à 23 heures. Son état était sensiblement le même, sans aucun des signes d’absorption de la mort. Il avait été conscient de ma présence, ouvrant à moitié les yeux et éloignant sa main droite de la sonde d’alimentation au moment où je m’approchais doucement de son chevet, la replaçant sur la sonde une fois que j’avais terminé. Je n’avais jamais auparavant vu quelqu’un si près de la mort demeurer aussi conscient et toujours aussi calme et maître de soi. Avant mon départ, il me permit de soulever délicatement sa main et de la reposer à son côté ; je craignais qu’en pesant sur la sonde, elle devienne douloureuse dans les heures à venir. Quelques minutes plus tard, le Vén. Sangpo arriva sans prévenir une khata à la main. Avant de le faire entrer dans la chambre de Lama Lhoundroup (afin qu’il puisse constater que Lama Lhoundroup était vraiment paisible et qu’il puisse en faire part à Lama Zopa Rinpoché), je fis une rapide vérification. Lama Lhoundroup était paisiblement couché, il ne respirait pas, son visage irradiait désormais d’une douce lumière. L’air dans la chambre était parfaitement immobile. C’était comme si rien n’avait bougé depuis que j’étais sortie, hormis que Lama Lhoundroup avait de nouveau placé sa main sur la sonde d’alimentation – ou plus exactement, comme je le réalisai alors – sur le mantra que Rinpoché avait placé sur son cœur. Le Vén. Kunkyen me rejoignit au moment où Lama Lhoundroup prenait une infime dernière respiration. Il était 23h10, 48 heures s’étaient écoulées depuis qu’il avait annoncé sa mort.

Pendant que les Vén. Kunkyen, Thardoe, Sangpo et Géshé Jangchub passaient quelques minutes avec Lama Lhoundroup, je restai assise devant la porte. Jamais je n’avais imaginé que sa chambre puisse être emplie de tant de paix, de calme et de tranquillité qu’il soit impossible de ressentir autre chose. Les larmes qui me venaient aux yeux étaient des larmes de gratitude, celle d’avoir pu assister à un événement si remarquable et si profond : le passage dans la claire lumière de la méditation de notre précieux maître, le passage d’un grand maître bouddhiste.



Jo Hathaway est une infirmière en soins palliatifs de Nouvelle-Zélande et une étudiante de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup. Elle a rédigé pour Mandala ce témoignage sur le décès de Lama Lhoundroup en novembre 2011. Elle souhaite exprimer “une profonde gratitude et de très sincères remerciements à Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup, au Vén. Kunkyen, au Vén. Thardoe et à la communauté de Kopan qui m’ont ouvert leur cœur et leur maison durant huit mois et demi. De même, mes remerciements infinis à tous ceux qui nous ont soutenus de tant de manières, nous permettant de prendre soin de notre maître sur son chemin et dans sa propre demeure.”

Source: http://www.mandalamagazine.org/archives/mandala-for-2012/january/le-deces-de-khensour-rinpoche-lama-lhoundroup-rigsel/



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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par Pema Gyaltshen le Dim 26 Fév 2012, 09:01



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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

Message par Karma Yéshé le Dim 26 Fév 2012, 16:19


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Re: Le décès de Khensour Rinpoché Lama Lhoundroup Rigsel

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