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Les préceptes du bouddhisme: 8 pépites du bouddhisme pour gérer la colère

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Les préceptes du bouddhisme: 8 pépites du bouddhisme pour gérer la colère

Message par Admin le Sam 02 Juin 2018, 17:58




8 pépites du bouddhisme pour gérer la colère



Matt Lindén


Nous vivons à une époque où l’on nous dit qu’il faut exprimer notre colère, mais le Bouddha ne serait pas d’accord. Agir sous l’impulsion de la colère pousse à recommencer, créant un cercle vicieux. Le Bouddha conseille de ne pas réprimer nos émotions et de ne pas les laisser prendre le dessus, mais de les analyser pour trouver le bug qui est à l’origine de la colère. 


Les bouddhistes ont beau parler d’amour, de compassion et de tolérance, mais lorsque même de grands maîtres comme le Dalaï-Lama admettent qu’ils se mettent parfois en colère, quelle chance avons-nous ? Selon les scientifiques, la colère est un sentiment normal et les psychologues nous conseillent de l’exprimer ; certaines religions parlent même de « juste colère ». Le bouddhisme, quant à lui, affirme que la colère est toujours néfaste.
Shantidéva, l’érudit bouddhiste du 8e siècle, a décrit la colère comme la plus extrême des forces négatives, capable de détruire d’un seul coup tout ce que nous avons pu faire de bon ou de bien au prix de tant d’efforts. Réfléchissons : un coup de colère associé à une arme à feu peut complètement changer l’avenir de quelqu’un, le faisant passer d’une vie en liberté à une vie derrière les barreaux. D’une façon plus banale, la colère peut détruire l’amitié et la confiance que nous avons peut-être mis des décennies à construire. En fin de compte, la colère est plus dangereuse que toutes les bombes, tous les fusils et tous les couteaux réunis dans le monde.

Video : Le 14ᵉ Dalaï-Lama — « Désamorcer la colère »
Pour afficher les sous-titres : cliquez sur l’icône des sous-titres en bas à droite de l’écran de la vidéo. Pour changer de langue, cliquez sur l’icône « Paramètres » puis « Sous-titres » et sélectionnez votre langue.


Nous savons que la colère n’est pas un état d’esprit heureux, mais qu’y faire ? Le bouddhisme propose un éventail de méthodes simples qui aident à transformer notre esprit. Mais ne soyons pas naïfs : il n’y a pas de potion magique. Voici donc notre « top 8 » des pépites du bouddhisme pour gérer la colère :

1. C’est la vie : le samsara


Le premier enseignement du Bouddha il y a 2.500 ans va droit au but : la vie est frustrante. Et vous savez quoi ? La vie sera toujours frustrante.
Nous naissons puis nous mourons. Entre les deux, il y a des bons et des mauvais moments et d’autres qui passent inaperçus : c’est un cycle sans fin et c’est ce que le bouddhisme appelle le « samsara ». Quand nous sommes venus au monde, personne ne nous a dit que la vie sera toujours agréable, facile, drôle, et que tout ira tout le temps comme nous voulons. Quand nous aurons compris notre propre situation dans le samsara, nous comprendrons mieux les autres aussi.
Nous sommes tous dans le même bateau. Se mettre en boule contre les autres ou contre soi-même n’arrangera pas les choses. S’il y a des gens qui disent et font des choses qui ne nous plaisent pas, c’est parce que, eh oui !, leur vie aussi est merdique...
Cette sorte de pensée peut radicalement transformer notre point de vue. Même si chacun de nous a l’impression d’être le nombril du monde, cela ne veut pas dire que tout doit se passer, ou se passera, exactement comme nous le souhaitons.

2. Soyons des héros de patience!


Pour surmonter les émotions perturbatrices, le mieux est d’appliquer leur antidote. Combattre le feu par le feu ne marche pas. Pourquoi ? Parce qu’il est impossible d’éprouver simultanément deux émotions opposées. On ne peut pas fulminer contre quelqu’un et, en même temps, être patient avec lui – cela ne marche pas, tout simplement. Beaucoup considèrent la patience comme un signe de faiblesse où on laisse les autres nous marcher sur les pieds et s’en tirer à bon compte. Mais la réalité est toute autre. Quand nous sommes frustrés, avec quelle facilité nous crions et hurlons ! Et comme nous avons du mal à garder notre calme et à maîtriser nos émotions ! Suivre nos sentiments là où ils nous poussent ne fait pas de nous des héros – mais des lâches. Alors la prochaine fois que nous sommes sur le point de crier à tue-tête, dégainons notre épée de patience et tranchons la tête de la colère !
Comment procéder ? Nous pouvons respirer profondément – antidote direct au souffle court et rapide que nous avons lorsque nous sommes en colère – si nous remarquons que nous nous raidissons. Ou nous pouvons compter lentement jusqu’à 100 pour nous empêcher de dire des choses que nous regretterons plus tard. Ou si nous sommes pris dans une confrontation directe, nous pouvons battre en retraite avant que la situation ne dégénère. Chaque cas étant différent, il faudra utiliser notre cerveau pour voir ce qui marchera le mieux.

3. Soyons réalistes : analysons la situation


Quand la colère nous prend, il semble qu’elle arrive comme une sorte de protecteur, comme notre meilleur ami qui défendrait nos intérêts et volerait à notre secours sur le champ de bataille. Cette illusion nous fait croire que notre colère est justifiée. Mais en y regardant de plus près, la colère n’est pas notre amie : elle est notre ennemie.
La colère provoque en nous stress et angoisse, nous fait perdre le sommeil et l’appétit. De plus, la colère laisse une impression durable sur les autres. Voyons les choses en face : qui a envie de côtoyer une personne en colère ?
Quand quelqu’un nous accuse de quelque chose, si nous sentons un nœud se nouer au creux de notre estomac, signe que nous sommes sur la défensive, nous devrions nous arrêter et réfléchir de manière rationnelle. Il n’y a que deux possibilités : soit les accusations sont vraies, soit elles sont fausses. Si elles sont vraies, à quoi bon nous fâcher ? Si nous voulons nous comporter en adultes mûrs, nous devrions reconnaître nos torts, en tirer une leçon et tourner la page. Si les accusations sont fausses, encore une fois, à quoi bon se fâcher ? La personne s’est trompée : cela ne nous est-il jamais arrivé ?

4. Regardons notre esprit : la méditation


Les pratiques de méditation et de pleine conscience peuvent s’avérer extrêmement bénéfiques pour combattre la colère. Beaucoup de gens considèrent que la méditation est une perte de temps – à quoi bon passer 20 minutes assis sur un coussin au lieu de profiter au maximum de sa journée, n’est-ce pas ? D’autres pensent que la méditation est un bon moyen d’échapper à la réalité en passant du temps loin des enfants/e-mails/mari ou femme.
Mais la méditation va bien plus loin ! La méditation prépare à la vie réelle. À quoi bon méditer sur l’amour et la compassion tous les matins si, pas plus tôt arrivés au bureau, nous nous mettons à crier sur nos employés ou à nous plaindre de nos collègues ?

La méditation familiarise notre esprit avec des pensées positives – patience, amour, compassion. C’est quelque chose que nous pouvons faire n’importe où et n’importe quand. Si nous passons une demi-heure dans les transports à écouter nos musiques préférées, nous pouvons prendre dix minutes sur ce temps pour générer des pensées positives envers autrui, car c’est une méthode efficace pour réduire la colère et faire de nous quelqu’un dont la compagnie sera recherchée par les autres.

5. Battons en retraite : apprenons de nos ennemis


Souvent le bouddhisme nous invite à faire exactement le contraire de ce que nous ferions normalement. Quand nous sommes en colère contre quelqu’un, nous avons l’impulsion de nous venger. Résultat ? Nous sommes toujours aussi malheureux qu’avant, sinon pire. Cela semble contre-intuitif, mais faire l’inverse donne le résultat inverse : c’est le chemin du bonheur.
Autre chose qui peut sembler dingue : pensons à considérer l’objet de notre colère comme un maître. Si nous voulons nous améliorer – c’est-à-dire, devenir quelqu’un de plus patient, de plus aimant, de plus gentil et de plus heureux – il faut nous entraîner. Nous savons tous qu’il faut du temps et des efforts pour devenir un footballeur ou un violoniste de classe mondiale, alors pourquoi en irait-il autrement des exercices mentaux ? Si nous sommes entourés de gens qui sont toujours d’accord avec nous et font toujours ce que nous voulons, nous n’aurons jamais de défis à relever.
En ce sens, les personnes ou les situations qui nous mettent en boule sont extrêmement précieuses. S’il nous est difficile de les considérer comme un maître, voyons-les au moins comme une chance de pratiquer la patience ; cette pensée permet de stopper net la montée de la colère car elle change notre point de vue sur les autres : au lieu de regarder le mal qu’ils nous ont fait, nous regardons ce qu’ils font de bon pour nous .

6. Pensons à la mort : l’impermanence


« Tu vas mourir un jour. Je vais mourir un jour. Nous allons mourir un jour. » Alors quand une certaine personne que nous détestons fait quelque chose qui nous met hors de nous, arrêtons-nous un instant et réfléchissons : « Quelle importance cela aura-t-il quand je serai sur mon lit de mort ? » La réponse catégorique, à moins que cette personne ne veuille à tout prix dominer le monde et le détruire, sera probablement : « Aucune ! » Cette petite pépite est tellement simple ! Et pourtant elle permet de relativiser nombre de petites contrariétés dans la vie quotidienne.
Nous savons tous pertinemment que nous mourrons un jour, mais de toute évidence, nous ne savons pas vraiment ce que cela veut dire. La mort est un concept abstrait et loin de nous, qui n’arrive qu’aux autres – aux personnes âgées, aux malades, aux accidentés... Stop ! Cette idée ne correspond pas à la réalité ! Il y a des jeunes qui meurent avant les vieux, des personnes en bonne santé qui meurent avant des malades, tous les jours…
Si nous envisageons notre mort inexorable et inéluctable (demain ? dans un an ? dans 50 ans ?), nous nous rendons compte que cette pensée réduit littéralement à néant beaucoup de choses qui normalement nous font péter les plombs. Cela ne veut pas dire que ces choses ne nous agaceront plus, mais nous aurons reconnu qu’il ne sert à rien de perdre notre temps précieux, notre souffle et notre énergie à leur sujet.

7. Notre récolte : le karma


On entend souvent dire : « C’est le retour de bâton», ou : « C’est son karma, il n’a que ce qu’il mérite », impliquant ainsi que l’on récolte ce que l’on sème. Mais ce n’est pas tout à fait l’explication bouddhique du karma, laquelle est beaucoup plus complexe et subtile. Et même si les gens ont l’air de se réjouir du malheur des autres sous prétexte que c’est leur karma, la plupart sont réticents à l’idée que, lorsqu’ils se retrouvent eux-mêmes dans une mauvaise passe, c’est aussi le résultat de leur karma.
Toutes nos expériences – de nos plus grandes joies à nos plus profonds désespoirs – proviennent de causes. Ces causes ne tombent pas du ciel, nous les avons créées. Ainsi, quand nous faisons l’expérience d’une situation difficile, au lieu de laisser place à la colère, marquons une pause et réfléchissons : « D’où cela vient-il ? Est-ce que je veux vraiment faire empirer les choses ? »
Le karma explique nos comportements compulsifs selon lesquels nous réagissons comme nous l’avons toujours fait. Si nous comprenons comment le karma fonctionne, nous voyons qu’il est possible de changer nos expériences futures en changeant ce que nous faisons maintenant. Or, dans notre cas présent, il s’agit de pratiquer la patience quand la colère nous attaque.

8. Ce n’est pas réel : la vacuité


Si la patience est l’antidote direct contre la colère, la vacuité est l’antidote le plus puissant qui soit, non seulement contre la colère mais aussi contre tous nos problèmes et toutes nos difficultés. En fait, nous aurons beau pratiquer la patience, tant que nous n’aurons pas compris la vacuité, les problèmes continueront de s’abattre sur nous comme la mousson s’abat sur l’Inde.
Si nous nous arrêtons un instant pour analyser notre état d’esprit quand nous sommes en colère, nous remarquons un sens très développé du « moi/je ». Je suis en colère contre ce que tu m’as dit à moi. Je ne peux pas croire ce qu’il m’a fait à moi et à mon ami(e) ! Moi j’ai parfaitement raison et elle a complètement tort ! » MOI, MOI, MOI.
La colère est pour nous l’excellente occasion d’analyser ce moi/je qui nous apparaît tellement clairement… mais qui n’existe pas ! Cela ne revient pas à dire que nous n’existons pas ou que rien n’existe, mais quand nous cherchons ce moi/je – se loge-t-il dans notre esprit ? Dans notre corps ? Dans les deux ? – nous ne trouvons aucune raison d’affirmer que « Oui, c’est là qu’il se trouve ! »
Certes, il est difficile de le concevoir, mais le fait est que lorsque nous nous mettons à analyser la réalité, notre point de vue change radicalement. Nous nous apercevons qu’il n’y a rien d’identifiable, rien en premier lieu qui puisse faire l’objet de notre colère.



Video : Jetsunma Tenzin Palmo — « Remède rapide contre la colère »
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Résumé


Nous pouvons répéter comme un moulin ou égrener comme un mantra « je ne me mettrai pas en colère », nous n’obtiendrons jamais la paix d’esprit sans faire de véritable effort.
Ces 8 pépites du bouddhisme ne sont pas une gentille liste de conseils, mais de véritables outils de libération pour tenir en échec les frustrations, la colère et la déprime. Avec de la pratique, nous pouvons tous y arriver.

Article validé par Alexander Berzin, PhD




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Re: Les préceptes du bouddhisme: 8 pépites du bouddhisme pour gérer la colère

Message par manila le Dim 03 Juin 2018, 12:03

Oh mais c'est une grosse pépite cet enseignement 

Si on l'a à l'esprit tous les jours , on ne peut que changer le cours des choses .

Un tout grand merci . 

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